RésistanceS.be 29-03-2011

Réactualisation de cet article : 6 avril 2011
Article du quotidien belge francophone L'Avenir (voir en-bas de cette page)



Invité par une association d'étudiants catholique flamands

 


Un leader néofasciste italien à l'université flamande de Gand

 


Le 6 avril prochain, une «conférence exceptionnelle» aura théoriquement lieu dans l'enceinte de l'université flamande de Gand. Son organisateur : le KVHV, une association d'étudiants catholiques flamands. L'orateur : Gabriele Adinolfi, l'un des plus importants leaders et théoriciens de l'extrême droite subversive italienne. L'ensemble des mouvements néofascistes et néonazis de Belgique se mobilise pour l'accueillir.

 

Adinolfi

Leader néoafsciste bien connu, Gabriele Adinolfi est aussi un nostalgique affiché de Benito Mussolini, l'ancien dictateur italien. Sur cette photo, il apparait (au centre) lors d'un enterrement récent d'un de ses «camarades de combat» © Image RTL-TVi-Reporters

 


Une mobilisation générale s'organise chez les «purs et durs» de l'extrême droite de Belgique et du Nord de la France pour accueillir prochainement Gabriele Adinolfi dans notre pays. Ce théoricien néofasciste italien viendra donner le mercredi 6 avril prochain, en début de soirée, une «conférence exceptionnelle» (sic) à l'université flamande de Gand. Ce rassemblement se tiendra à l'auditoire n°8 du campus de la première ville étudiante du pays.


Terrorisme noir et exil politique
A 57 ans, Gabriele Adinolfi a un parcours politique bien long. Aussi long que le bras d'une «chemise noire». Dès la fin des années 1960, il fait partie du Mouvement social italien (MSI), le parti néofasciste de l'époque qui resté nostalgique du dictateur Mussolini. Refusant la voie parlementaire, Adinolfi, met sur pied au milieu des années 1970,  avec plusieurs autres militants radicaux d'extrême droite, Lutte étudiante, une organisation d'action directe active sur les campus universitaires, qui prendra ensuite le nom de Troisième position (TP). Les noms de TP et de Gabriele Adinolfi seront plus tard cités dans les dossiers liés aux «terroristes noirs», commis dans le cadre de la «Stratégie de la Tension». Cette «stratégie» est alors orchestrée et planifiée par des services de renseignements italiens et des États-Unis, impliqués dans Gladio, le réseau clandestin de lutte contre le communisme mis en place par l'Organisation de l'Atlantique nord (Otan) durant la Guerre froide. Son but est de déstabiliser la République italienne et d'empêcher ainsi l'arrivée au pouvoir du Parti communiste, avec le soutien de l'aile gauche du parti catholique.
En 1980, après l'attentat à la bombe à la gare de Bologne où furent assassinés 85 italiens, la justice s'intéresse au milieu de l'extrême droite criminelle. C'est une organisation néofasciste, les Nuclei armati rivoluzionari (Nar), qui a en effet commis l'attentat dans le cadre de la stratégie de la tension. Lié aux Nar, le groupe Troisième position de Gabriele Adinolfi sera inquiété par la justice italienne, mais considéré ensuite comme étranger à l'action meurtrière de Bologne. Cela n'a pas empêché Gabriele Adinolfi de prendre la fuite à l'étranger, comme d'autres responsables de TP, afin d'éviter une arrestation réclamée par la justice. C'est à Paris que Gabriele Adinolfi trouvera un refuge politique et y poursuivra ses activités militantes au sein de l'«orchestre noir».
Après la prescription d'une des condamnations, ce leader d'extrême droite revient en Italie et prendra la tête de plusieurs initiatives de l'extrême droite radicale locale. Gabriele Adinolfi est l'auteur de plusieurs ouvrages théoriques et relatant ses expériences politiques. Ils ont tous été publiés dans des maisons d'éditions néofascistes et néonazies (notamment pour la traduction en français en 2004 d'un de ceux-ci).



Étudiants catholiques flamands
La venue de ce leader néofasciste italien à Gand, le 6 avril prochain, enthousiaste les plus radicaux de l'extrême droite belge et du Nord de la France. Il est bien connu chez nous : Gabriele Adinolfi était il y a quelques années encore l'un des collaborateurs étrangers de la revue identitaire belge francophone «Devenir». Il a été également été, à plusieurs reprises, invité à donner des conférences en Belgique par Nation (mouvement fondé en 1999 par «Devenir»), par le réseau néo-droitiste Synergies européennes et par la bannière wallonne de Terre & Peuple, un «mouvement de résistance européenne» préparant ses militants à la «guerre ethnique à venir» (sic). Au Front national dit «réunifié», malgré son implosion totale en deux clans frontistes adverses, Gabriele Adinolfi compte aussi une poignée de partisans.

Mais, cette fois-ci, ce n'est ni Nation ni Terre & Peuple-Wallonie qui invite Gabriele Adinolfi en Belgique. L'organisateur de son déplacement en terres flamandes est le Katholiek Vlaams Hoogstudenten Verbond (KVHV), une association d'étudiants flamands catholiques très marquée à l'ultra droite. Plusieurs dirigeants du Vlaams Belang proviennent par exemple des rangs de la KVHV. Certes flamande et plus modérée que les précédentes rencontres avec Adinolfi, celle proposée par la KVHV n'empêchera pas tous les néofascistes et les néonazis flamands, bruxellois et wallons que compte encore notre pays d'être présents le 6 avril prochain pour participer à cette séance d'endoctrinement dans un auditoire de l'université de Gand.

Nora Vandertaelen


Gabriele Adinolfi en 2009 lors d'une interview avec Daniel Leskens (ici à l'extrême droite), actuel membre de la direction d'un des deux Front national belge.

 

Vers l'Avenir

Pour agrandir


Note de la rédaction
Nous acceptons volontiers que nos informations soient reproduites. Nous souhaitons cependant que vous en citiez la source, en indiquant clairement qu'elles proviennent de ResistanceS.be, l'Observatoire belge de l'extrême droite.

 

© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 29 mars 2011.

 

 

 

 



L'affiche officielle et très «Ordre nouveau» de la conférence du néofasciste Adinolfi, le 6 avril prochain à l'université flamande de Gand.



Sur Gabriele Adinolfi, lire l'article de RésistanceS.be

 

 


A lire encore sur RésistanceS.be à propos du terrorisme d'extrême droite et de ses liens avec les services secrets des États-Unis

 


Note de la rédaction
Nous acceptons volontiers que nos informations soient reproduites. Nous souhaitons cependant que vous en citiez la source, en indiquant clairement qu'elles proviennent de ResistanceS.be, l'Observatoire belge de l'extrême droite. Pour la reprise de nos informations sur des sites Internet, veuillez faire un hyperlien vers notre site : www.resistances.be



Campagne « Extrême droite : ils se trompent de colère ! »

Depuis le mois d'août 2008, RésistanceS.be, le web-journal de l'Observatoire de l'extrême droite, anime une campagne d'information pédagogique en direction des électeurs et des militants d'extrême droite !

Pour plus d'information et la soutenir CLIQUEZ ICI


Comité de soutien de l'asbl RésistanceS



Pour bénéficier de nos services :
que faire ?

Soutenez vous aussi RésistanceS.be !
Média gratuit proposé par l'Observatoire belge de l'extrême droite, RésistanceS se réalise uniquement grâce à l'apport financier de son équipe et de certains lecteurs qui lui font des dons.
Vous lisez gratuitement les articles de RésistanceS.be !
Soutenez financièrement ce service exceptionnel en versant un don sur son compte bancaire :

n° 310-1618732-82
IBAN : BE25 3101 6187 3282

Avec en communication : « Don 2011 »

... et abonnez-vous gratuitement à sa Newsletter !
Vous souhaitez recevoir des informations sur l'Observatoire de l'extrême droite, le journal RésistanceS.be et les réactualisations de son site Internet :
=> Abonnez-vous (c'est en plus gratuit, mais cela n'empêche pas de faire un don : revoir ci-dessus) à sa Newsletter : CLIQUEZ ICI




Affiche de la campagne d'information 2009 de RésistanceS.be, le web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite © asbl RésistanceS.be 2011