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Réflexion

L’extrême droite
est antisociale

Une fois de plus, l’extrême droite ment. Son programme politique n’est pas populaire, il est composé des valeurs traditionnelles de l’ultra-droite conservatrice et du darwinisme social : exclusion et expulsion des plus faibles... des pauvres et des laissés-pour-compte de cette société. Dans la rue, le FN parle de social. En privé, ses chefs fréquentent des hommes d’affaires et autres financiers internationaux.

Le dossier de notre numéro zéro (mai-juin) était consacré à l’extrême droite antisociale. En dix pages nous y dénoncions le proxénétisme social du Front national, son imposture sociale en direction des ouvriers et des syndiqués. L’extrême droite, comme nous le rappelions, a toujours été un adversaire farouche de la lutte des classes. Aujourd’hui, elle dénonce la mondialisation de l’économie. Or, au Parlement, quand elle est représentée, elle défend - comme dans ses programmes - une politique économique ultra-libérale ayant pour modèle Reagan et Thatcher. Marianne, l’hebdomadaire français de Jean-François Kahn, consacra dans son édition du 1er au 7 septembre une excellente enquête intitulée Le Pen et l’argent.

Le chapeau précisait : L’histoire de sa fortune commence avec l’héritage contesté d’un riche et fantasque alcoolique. On y rencontre aussi ses épouses, un truand, quelques amis de l’OAS et la banque suisse. Claude Askolovitch, le journaliste auteur de l’enquête, traçait le parcours de Le Pen, un "gigolo politique" ayant très vite su flairer l’argent. "Il tonne contre la société, mais dîne aux meilleures tables, avec le meilleur monde. Il rage en public. En privé, il jouit", note Askolovitch, qui rappelle aussi les alliances idéologico-financières des frontistes français avec l’Opus Dei, la secte Moon ou encore des hommes d’affaires du monde arabe proches de la dictature irakienne. Cette enquête est révélatrice de l’hypocrisie lepéniste. En Belgique, Le Pen est, depuis le milieu des années quatre-vingt, le modèle de la nouvelle génération dirigeante du Vlaams Blok et des différents FN francophones. Comme lui, ils mentent.

Pour mieux dénoncer ce proxénétisme social de l’extrême droite, nous reproduisons ci-dessous un des encadrés de l’enquête de Claude Askolovitch

Le FN à l’Assemblée : tout pour les riches
En 1986, le FN obtint plusieurs dizaines de députés au Parlement. Comment votèrent ces élus pendant deux ans ? C’est très simple : ils repoussèrent toutes les propositions qui allaient dans le sens du progrès social et approuvèrent tout ce qui était favorable aux puissances d’argent. Par exemple, la suppression de l’impôt sur la fortune ou le rétablissement de l’anonymat sur les ventes et les achats d’or.

A l’époque, le programme lepéniste en matière économique était ultrareaganien. La loi de la jungle, au bénéfice des plus riches et des plus forts, y était érigée en dogme, ce qui séduisait fort l’aile la plus réactionnaire du patronat. Depuis, pour se mettre au diapason d’un électorat de plus en plus populaire, le FN a donné à son discours une coloration plus "sociale". Mais, concrètement, cela se traduit par quoi ? Par rien, si l’on en juge par son programme intitulé l’Alternative nationale, publié en mars 1997. C’est ainsi qu’en matière fiscale, le FN propose tout bonnement la suppression des impôts sur le revenu, sur les droits de succession, sur la fortune, et le remplacement par une fiscalité indirecte de type TVA frappant les consommateurs. Autrement dit, la fiscalité qui vise surtout les riches de manière progressive serait remplacée par une taxation qui toucherait surtout les pauvres.

Pour le reste, si l’on se réfère à la dernière mouture de son "projet", le discours lepéniste reste résolument ultra-libéral : suppression des aides sociales et diminution des allocations, privatisation du secteur public, réductions drastiques des dépenses de l’Etat (500 milliards en dix ans !), remplacement du système de redistribution par le principe de charité : rien qui puisse déranger un milliardaire ou un spéculateur. Une seule proposition peut être qualifiée de " sociale " : le renvoi des immigrés, affirme le FN, permettrait de relever le SMIG, autrement dit, le peu que les lepénistes sont prêts à donner aux pauvres, ils ne le prennent pas aux riches mais aux plus pauvres.

Pour plus d'informations
Dans RésistanceS: Notre numéro zéro, édité à l’occasion du Premier mai 97, consacrait son dossier à l’extrême droite antisociale. Au sommaire : le "syndicalisme noir" du Front national en France, radioscopie de ses pseudo-syndicats, Nazisme et injustice sociale, la Charte du Travail corporatiste de Vichy, l’imposture sociale du programme frontiste, révélations sur la vie de ses chefs, sur les nantis de l’extrême droite belge, le programme antisocial du FN de Belgique, le contrôle social façon Big Brother du Vlaams Blok,...

Ce numéro est toujours disponible au prix de 4 euro (frais de port compris).

Informations syndicales antifascistes
Suite à notre numéro zéro (mai-juin 1997), nous avons reçu une lettre d’un responsable du réseau français Ras l’Front (RLF). Il nous signale l’existence, en plus du mensuel Ras l’Front, d’un bulletin (toujours) mensuel édité par la Commission syndicale de RLF du nom de Informations syndicales antifascistes (ISA) qui en est déjà à son douzième numéro. Une brochure d’analyse et d’information sur le proxénétisme social et les pseudo-syndicats du Front national a également été éditée par cette commission syndicale. Elle est disponible au prix de 50 francs français.

Pour de plus amples informations, vous pouvez contacter nos amis antifascistes de Ras l’Front à l’adresse, téléphone et fax suivants : BP 87, 75561 Paris cedex 12