RésistanceS 15-10-2008

Lettre ouverte de la Flandre antifasciste au monde politique !


Stop à l’impuissance contre Blood and Honour !


Samedi prochain, les nostalgiques du nazisme de Blood and Honour se réuniront une fois de plus en Région flamande. Dans une « lettre ouverte », publiée ce 16 octobre dans le quotidien De Morgen (et dans le quotidien francophone Le Soir, via RésistanceS.be), l’interdiction des activités néonazies de cette organisation internationale en Belgique est demandée.

Plus de 65 personnalités flamandes du monde associatif, universitaire et culturel (mais aussi deux francophones : l’historien Maxime Steinberg et le coordinateur de RésistanceS.be) ont déjà signé cette déclaration urgente adressée aux ministres fédéraux de l'Intérieur et de la Justice, Patrick Dewael (Open VLD) et Jo Vandeurzen (CD&V).

Face au laxisme des autorités politiques fédérales, régionales et communales pour mettre fin aux meetings-concerts des néonazis de Blood and Honour, les signataires de cette « lettre ouverte » mentionnent notamment : « D’autres, dans notre pays, ont été privés de leur liberté pour moins que ça »… Cette salutaire réaction démontre qu’en Flandre, la résistance à l’extrême droite est toujours vivace, malgré les stéréotypes encore diffusés en « Belgique francophone »… Voici ci-dessous, le texte en français de cette « lettre ouverte ».


Née en Grande-Bretagne, au début des années 1980, Blood and Honour est aujourd’hui actif dans le monde entier. En Belgique, une « division flamande » de cette organisation « nazi-skin », responsable d’action terroriste, existe depuis le milieu des années 1990. En Wallonie et à Bruxelles, plusieurs « crânes rasés NS» (national-socialiste) fréquentent les meetings-concerts de Blood and Honour-Vlaanderen. Ces nazis-skins francophones étaient actifs dans le groupe Konflikto 28 (K28), apparu à Marche-en-Famennes. Certains d’entre eux sont à la base du Front Eolh Belgica (FEB), un petit groupe néonazi qui recrute chez les jeunes « identitaires » francophones © Documents RésistanceS 2008.


Ce samedi 18 octobre, l’organisation néonazie Blood and Honour (Sang et Honneur) organise à nouveau un concert en Flandre. Ce sera la 14e rencontre dans notre pays de cette organisation « nazi-skin » internationale se revendiquant ouvertement de l’hitlérisme, depuis que les autorités des Pays-Bas ont empêché, le 4 mars 2006, la cérémonie en honneur des combattants de la SS de la Deuxième Guerre mondiale qu’elle avait programmé dans le Limbourg néerlandais. Depuis lors, la Belgique, et la Région flamande en particulier, est devenue une « terre d'accueil » pour ces jeunes nostalgiques du IIIe Reich hitlérien. Le 4 mars 2006, c'est donc dans la commune de Lommel (Province du Limbourg flamand) qu'ils se sont réunis pour honorer les soldats nazis qui restent de nos jours des modèles pour Blood and Honour. Le soir, lors du concert néonazi qui devait clôturer cet « événement » à Vremde, dans la région anversoise, un cameraman de VTM (télévision privée flamande) s’est fait violemment agressé. La police, quant à elle, s’est contentée de surveiller si la circulation autour de l’église de Vremde n’était pas trop dérangée par les membres présents de Blood and Honour ! Combien de temps faudra-t-il encore accepter que les lois de notre pays soient appliquées différemment pour des néonazis que pour de simples citoyens ?

Après la cérémonie de Lommel et le concert à Vremde du 4 mars 2006, d’autres concerts de musique « nazi-skin » ou de « National Socialist Black Metal » (NSBM) et rassemblements à la gloire du nazisme ont encore été organisés par la « division flamande » (sic) de Blood and Honour : à Boortmeerbeek, à Wolfsdonk (près d’Aarschot), à Malines, à Wolfsdonk, à Schoten, à Bellegem (près de Courtrai), à Lebbeke... Le groupe Combat 18 (18 pour la première et la huitième lettres de l'alphabet, soit AH... les initiales d'Adolf Hitler !), pseudopode prônant le terrorisme de Blood and Honour-Vlaanderen, a organisé pour sa part une commémoration d’hommage à Adolf Hitler à Overpelt.

Et puisque la Belgique est un pays tellement hospitalier, en tout cas pour les néonazis, il a également été possible pour la « division allemande » de Blood and Honour d’organiser à son tour, durant cette même période, des concerts « nazi-skins » à Ravels, à Kinrooi, à Hotton et à Zandvliet (près d’Anvers).



Lors de la commémoration organisée dans la commune flamande de Lommel, le 4 mars 2006, par Blood and Honour en l’honneur des SS, un sosie d’Adolf Hitler animait les festivités nostalgiques © Document RésistanceS 2008.

Les agissements de Blood and Honour dans notre pays ont certes suscité des réactions. Mais ces réactions sont restées trop timides.

Les ministres de l'Intérieur et de la Justice ont exprimé leur souhait de faire interdire Blood and Honour. Patrick Dewael (Open VLD) a fait appel au Parlement afin de formuler une loi permettant l'interdiction des organisations néonazies. Jo Vandeurzen (CD&V) a pointé les possibilités existantes pour y arriver, via les lois antiraciste et antinégationniste. Il est par contre regrettable que Patrick Dewael soit convaincu qu’une nouvelle loi est la seule manière possible de réagir, alors que ses prédécesseurs ont réussi, il y a vingt ans, par le biais d’un arrêté royal et grâce à la présence de la gendarmerie de l'époque, à éviter la tenue d’une commémoration en l'honneur des SS à Lommel. En réponse à une lettre ouverte de l'Anti-fascistisch front (AFF), le ministre fédéral de la Justice Jo Vandeurzen a écrit qu’une réaction judiciaire est essentiellement rendue difficile à cause de l'organisation secrète des activités de Blood and Honour. Au moment de ses concerts, la police - prévenue à la dernière minute - est présente certes, mais juste pour réguler la circulation et constater les irrégularités possibles dans les rues avoisinantes... Sans se soucier à aucun moment des « discours de haine » tenus dans la salle louée par l'organisation néonazie.

Pourtant, à écouter les paroles des chansons des groupes programmés et les extraits de concerts proposés par Blood and Honour passés sur YouTube, il est possible de savoir à quoi s’attendre dans la salle de concert : ce sont des appels directs à la haine et à la violence contre les Juifs, les étrangers, les militants de gauche, les homosexuels... C’est un étalage de saluts hitlériens et de symboles historiques du « national-socialisme hitlérien »... Tout cela, on a encore pu le voir sur les images filmées secrètement à Malines, Wolfsdonk et Bellegem lors de tels concerts. Et pourtant, la police n’intervient jamais pour mettre fin à ces rassemblements néonazis ! « Pour ne pas susciter des problèmes » déclarait le bourgmestre de Lebbeke…

Nous comprenons naturellement les propriétaires des salles, qui ne souhaitent pas que celles-ci soient endommagées lors d’une évacuation qui ferait suite à des infractions manifestes. Mais nous ne comprenons pas que nos gouvernements permettent à des néonazis de piétiner impunément les lois contre le racisme et le négationnisme et de faire des saluts hitlériens lors de rassemblements proposés par une organisation revendiquant rien moins que le terrorisme contre ses adversaires. D’autres, dans notre pays, ont été privés de leur liberté pour moins que ça.

Dire que les concerts et cérémonies de Blood and Honour sont « d’ordre privé » ne constitue pas un argument valable. Pour le professeur Leo Neels, la loi antiraciste est aussi explicitement applicable à des « rassemblements d’ordre privé ». Après les images prises dans un des concerts de Blood and Honour par le journaliste antifasciste d'investigation Thomas Kuban, et diffusées dans une émission télévisée flamande (Koppen), le parquet de Courtrai a entrepris de « se concerter pour voir si » ... Mais qu’est-il advenu de cette « concertation » ? Pourquoi, par exemple, la police n’est-elle pas intervenue le 6 septembre dernier à Zandvliet (dans le nord d’Anvers), lors d'un de ces concerts néonazis ? La police suisse, quant à elle, a arrêté l’un des groupes qui avaient joué à Zandvliet, lors d'un autre concert prévu trois semaines plus tôt sur son territoire.

Nous, citoyens inquiets que l’idéologie nazie puisse encore se répandre auprès de la jeunesse, demandons expressément que la police et le parquet interviennent véritablement ce samedi 18 octobre, et pas seulement à l’extérieur de la salle où Blood and Honour se rassemble, pour régler la circulation…

La Flandre contre l’extrême droite

Cette « lettre ouverte » aux ministres de l'Intérieur et de la Justice a déjà été signée par plus de 65 personnalités flamandes (mais aussi deux francophones) du monde associatif, universitaire et culturel :

• Johan Leman : professeur à l’Université Catholique de Leuven (KU-Leuven), ex-directeur du Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme)
• Jos Vander Velpen : président de la Liga voor Mensenrechten (section flamande de la Ligue des droits de l’Homme
• Ed Steffens : porte-parole de l'Anti-fascistisch front (AFF)
• Caroline Copers : secrétaire générale de l'ABVV (FGTB)
• Aaron Malinsky : rabbin et Commandeur de l’Ordre de la Couronne
• Fred Erdman : sénateur d'honneur, ancien parlementaire socialiste
• Rik Pinxten : président de l'Humanistisch-vrijzinnig vereniging
• Michael Freilich : rédacteur en chef «Joods Actueel»
• Lydia Chagoll : écrivaine et réalisatrice de film
• Marc Spruyt : auteur, cofondateur du réseau Blokwatch
• Hugo Van Minnebruggen : animateur du site antifasciste www.verzet.org
• Patrick Coeman : animateur du site antifasciste www.antifa.net
• Hugo Ongenae : président du Vaka/Hand in Hand
• Lucas Catherine : auteur, écrivain
• Bertje Palma-Ureel : présidente du 8 Mei Comité Mechelen
• Patricia Dewilde : guide du Musée Juif, de la Déportation et de la Résistance de Malines
• Mohamed Chakkar : Federatie van Marokkaanse Verenigingen
• Viviane Vermeulen : directrice dans l’enseignement primaire
• Sarah Hutse : présidente de l’asbl ’t Uilekot
• Mario Van Essche : président a.i. du 8 Mei Comité Mechelen
• Jef Van Iseghem : responsable du 8 Mei Comité Mechelen
• Luc Vandenhoeck : secrétaire général ACOD-VRT (délégation CGSP de la VRT)
• Paul Ambach : Boogie Boy
• Yves Aerts : fédération Holebi
• Hilde Uitterlinden : actrice
• Joke van Leeuwen : auteure-dessinatrice
• Remi Verwimp : coordinateur de Werkplaats voor Theologie en Maatschappij
• Filip Oosterlynck : responsable de l’association B-Plus West-Vlaanderen
• Rony Boonen : rédacteur à Joods Actueel
• Anne Provoost : auteur
• Dirk Van Duppen : président de Médecine pour le Peuple
• Yves van de Steen : directeur honorifique du Vlaams Parlement
• Régine Beer : témoin du régime nazi
• Wim Haelsterman : journaliste antifasciste AFF/Verzet, Searchlight et RésistanceS.be
• Koen Dille : citoyen actif
• Deborah Lambillotte : présidente de l’European Region of the International Lesbian and Gay Organisation
• Mong Rosseel : projet social artistique «De Vieze Gasten»
• Frank Stappaerts : Het Vrije Woord – radio
• Peter Holvoet : auteur
• Erik Van In : artiste
• Jos Hennes : éditions EPO
• Charles Ducal : poète
• Ann Meskens : philosophe
• Peter Theunynck : poète
• Kurt Van Eeghem : animateur radio
• Marc Vandepitte : auteur
• Wim Vandenbussche : citoyen actif
• Jeroen Hendrickx : étudiante
• Mischa Bludts : citoyen actif
• Ben Sluijs : musicien de jazz
• André Lambrechts : bediende
• Sonja De Schaepdryver : ethica
• Dylan Peere : Jeugdwerknet
• Filip De Bodt : ’t Uilekot
• Kitty Roggeman : enseignant pensionné
• Charles Cornette : acteur
• Ludo De Brabander : asbl Vrede
• Frank Maerten : instituteur primaire pensionné
• Michel Vanhoorne : coordinateur du Links Ecologisch Forum
• Raf Jespers : Progress Lawyers Network
• Hamel Puissant : travailleur social-culturel
• Tinus Schneider : citoyen actif
• Gio De Weerd : Pax Christi
• Paul Borghs : Mikpunt
• Maxime Steinberg : historien
• Manuel Abramowicz : coordinateur de RésistanceS.be, web-journal de l’Observatoire belge de l’extrême droite
• …

© ResistanceS.be – web-journal de l’Observatoire belge de l’extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – 15 octobre 2008 – Mis en ligne à 22 h 05


 

 

 

Couverture d’une des éditions du journal de Blood and Honour. Plusieurs «divisions» de cette organisation néonazie sont déjà passées au terrorisme pour sauver la «race blanche» du «cosmopolitisme». Ce qui ne semble pas inquiéter les politiciens belges, européens et américains. Ces néonazis sont-ils donc protégés ? © Document RésistanceS 2008.

NOUVEAU Affaire Blood & Honour : RésistanceS.be, référence des médias (19/10/2008)


PLUS D’INFOS ?
RésistanceS.be a déjà publié de nombreux articles et enquêtes de journalisme d’investigation sur Blood and Honour. Vous pouvez toujours gratuitement les consulter sur notre site :

Belgium : a playground for Nazis

Réseau terroriste démantelé en Belgique

La Belgique reste une plaque tournante des « négateurs-nazis »

L’extrême droite au stade

Anti-globalisation : infiltration néonazie

Tentative d’assassinat de Chirac

Et notre dossier :



Lire également, la dernière grande enquête de RésistanceS.be

«Terrorisme identitaire» : toujours à l'ordre du jour

 


Pour bénéficier encore de nos services gratuitement

QUE FAIRE ?
Soutenez vous aussi RésistanceS...
Média gratuit proposé par l'Observatoire belge de l'extrême droite, RésistanceS.be se réalise uniquement grâce à l'apport financier de son équipe et de certains lecteurs qui lui versent des dons.

Vous lisez gratuitement les articles de RésistanceS.be !

Soutenez financièrement alors vous aussi ce service exceptionnel en versant un don sur son compte bancaire :

n° 310-1618732-82
IBAN : BE25 3101 6187 3282
Avec en communication : « OCT-2008 »
D'avance toute l'équipe de RésistanceS.be vous en remercie.



© Affiche de RésistanceS – 2008-2009

Extrême droite : ils se trompent de colère !
Cette campagne d'information de RésistanceS.be peut vous aider !