RésistanceS 27-12-2007

Mauvaise nouvelle pour l'extrême droite belge....

Purges et scission au British national party...

Le British national party (BNP), le plus important parti d'extrême droite anglais, est actuellement traversé de l'intérieur par un important conflit entre ses dirigeants.
Au programme : déstabilisations internes, accusations diverses, vols, espionnage, intimidations, exclusions... et la création toute récente d'une fraction dissidente, le « Real BNP ». Une nouvelle formation politique pourrait donc apparaitre et diviser encore l'extrême droite d'outre-Manche. Comme les Front nationaux belges et français, le Vlaams Belang et bientôt le NPD allemand, l'actualité du British national party confirme que les ennemis de l'extrême droite sont parfois beaucoup plus dangereux quand ils apparaissent « derrières les lignes ».
La crise du BNP est une très mauvaise nouvelles pour toute l'extrême droite en Europe. Voici un article du journal « A voix Autre » sur la situation politique interne déstabilisant désormais le BNP et complété de diverses informations dans la colonne de droite de cette page [M.AZ].


Nick Griffin, le patron du British national party, sur le banner du dossier consacré à l'implosion de son parti néofasciste proposé par le site antifasciste « Stop the BNP » (voir dans la colonne de droite).

Une soixantaine de cadres du British national party (BNP, voir Portrait du British national party ) ont créé récemment leur propre fraction. Une mauvaise nouvelle pour le BNP qui ne peut se permettre d’apparaître divisé avant les prochaines élections, en mai de cette année, à Londres. Une bonne pour les antifascistes anglais...

Bonne nouvelle : le BNP, la plus forte formation d’extrême droite, traverse actuellement la crise la plus importante depuis le début des années 1990. Une rébellion ouverte secoue en effet ce parti national anglais de l'intérieur. Menée par des dizaines de cadres, elle menace Nick Griffin, le leader du BNP. Sadie Graham et Kenny Smith, deux cadres accusés de fomenter un « coup d’Etat » interne, ont d’ailleurs été exclus, au début du mois de décembre. Ils ont maintenant mis sur pied une faction rivale, soutenue par une soixantaine de cadres. La direction nie cependant qu’il s’agisse là d’une scission.

Virés
L’émergence d’une faction dissidente ne peut pas tomber à un plus mauvais moment pour ce parti d’extrême droite. Il espérait justement réaliser une percée en mai prochain, lors des élections à l’assemblée de Londres, et ne peut donc pas se permettre d’apparaître divisé. La querelle vise les activités de Sadie Graham, l’ex-« group development officer » du BNP, et Kenny Smith, l’ex-chef de l’administration de la formation politique.

Ils ont été accusés d’« inconduite choquante », après que le parti ait déclaré qu’ils dirigeaient un blog critique à l’égard de Griffin. Blog qui réclame également le renvoi de deux officiels du BNP : Mark Collett et Dave Hannam. Une transcription, qui serait celle d’une conversation téléphonique entre trois « rebelles » au sujet du blog, a été publiée sur le site du BNP. La manière dont cette conversation a été enregsitrée reste confuse. Le site Internet du parti d'extrême droite les accuse par ailleurs d’avoir piraté illégalement les comptes e-mails de membres du BNP, dont celui de Griffin. En réponse à cette trahison, le BNP a mis en place un service d’enquête, l’« Intelligence Department », dirigé par un ancien policier sud-africain, afin de découvrir la source « des fuites et des désinformations », qui aideraient les adversaires politiques, selon les accusations du BNP.

Mais les « rebelles » affirment agir pour défendre la réputation du BNP. Ils se présentent eux-mêmes comme des « réformateurs » frustrés par l’incapacité du parti à faire face à ses problèmes internes. La dernière chose qu’ils souhaitent, insistent-ils, c’est de provoquer l’éclatement du parti ou de mener un coup de force interne.

Ils ont maintenant mis sur pied une faction intitulée « Real BNP » (« le vrai BNP »). Il semble que celle-ci ait reçu le soutient de 60 membres du parti, allant du leader de la branche jeunes du BNP aux organisateurs régionaux, de conseillers à des collecteurs de fonds et autres activistes. Graham et Smith engagent cependant les activistes à ne pas quitter le parti mais à siéger – pour ses élus locaux - comme « nationalistes indépendants ». Ils accusent la direction du BNP « d’arrogance, de mensonge et d’incompétentence ». Un des bloggueurs du Real BNP compare d’ailleurs Nick Griffin à un « dictateur ». Un autre déclare qu’à côté de lui « Staline apparaît comme un modéré » !

Tract du BNP pour les prochaines élections locales à Londres, en mai 2008. Le parti d'extrême droite restera-t-il uni d'ici-là ? Document : RésistanceS.

Petits vols entre amis
Sadie Graham se plaint que le « département sécurité » du parti ait fracturé son domicile... qu’elle partage avec un autre activiste important - et c’est plus ironique - le chef de la sécurité, Matt Single. Ce dernier aurait emporté son ordinateur ainsi que d’autres informations personnelles. La réponse des autorités du BNP affirme qu’il est entré grâce à un « détenteur d’une clef » et qu’il a simplement repris ce qui lui appartient.

L’objet commun de la colère des rebelles est la présence de Mark Collet, le bras droit de Griffin (basé à Leeds) et de Dave Hannam, un trésorier du parti. Selon le blog « Enough is Enough », animé par des « rebelles », Nick Griffin et d’autres leaders ont dû supporter au moins deux meetings régionaux orageux depuis les exclusions du début décembre.


Sadie Graham et Kenny Smith, les deux premiers cadres du BNP exclus manu militari pour rébellion au début du mois de décembre. Le parti néofasciste anglais est un adepte des purges internes, comme ses homologues européens – Photo montage : RésistanceS.

Le député du BNP, Simon Darby, a déclaré à la BBC que la querelle se calmerait après après la Noël et que la majorité des 10.000 membres du parti soutiennent la direction du parti menée par Griffin. Simon Darby nie que le BNP soit irrémédiablement scinder et prétend qu’il s’agit simplement d’une de ces périodes de « tension » qui caractérisent l’histoire du parti. Nombreux sont ceux qui, néanmoins, espèrent que cette zizanie interne présagent d’une division similaire à celle qui a détruit le vieux National front anglais et a laissé l’extrême droite en plein marasme durant plus d’une décade.

A Voix Autre

Sources :

• Article de la BBC du 19 janvier 2007 : « BNP divided after leadership row »
• Article du 19 janvier 2007 sur le site du BNP : « The Graham / Smith / Blake / Dawson Dossier »
• Article du 22 décembre 2007 publié sur le site du BNP (il est évidemment partial) : « Faction’s Claim to “PC Theft’ Disproved ; Amnesty Offered to Those Duped ».
• Le site antifasciste anglais « Stop the BNP » http://www.stopthebnp.org.uk/

Article publié sur le site du journal bruxellois « A voix Autre » Republié, réactualisé et illustré par et sur RésistanceS, le journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 27 décembre 2007].

 

 


Visuel antifasciste contre le British national party


A lire également

Portrait du British national party par Manuel Abramowicz (27/12/07)

A lire sur RésistanceS à propos de la présence du leader du BNP en Belgique

« Euro-Rus », une association d'Indo-européens blancs pour la « Grande Europe »


Section « Anglaise » de RésistanceS
La revue de l'Observatoire belge de l'extrême droite publie aussi certains de ses articles en langue anglaise. Vous pouvez les consulter en cliquant ici


Stop the BNP !
Pour en savoir plus sur le British national party, son histoire, son programme et le conflit interne qui le secoue actuellement, RésistanceS vous invite à vous rendre sur le site « Stop the BNP » (en anglais), réalisé par le réseau antifasciste «Searchlight ».



Le BNP n'est pas le seul parti d'extrême droite à être traversé par des conflits internes. C'est également le cas du FPOe autrichien, des formations hollandaises, du NPD allemand, du Front national français et belge et du Vlaams Belang.

Le journal RésistanceS a consacré plusieurs articles et enquêtes sur ces crises endogènes à l'extrême droite :

Le Vlaams Belang en voie d'implosion ?

Conflits au Vlaams Blok/Belang : Zizanie sous chape de plomb

Inventaire des conflits internes au sein du VB - De 1978 à nos jours...

Le « Blok » continue de perdre des voix

Le putsch anti-Féret a réussi

Le Front national coupé en deux

Rendez-vous pour les règlements de compte : Bloc National – Front national

Ils ne seront pas présents aux élections

Plus de trente dissidences au FN depuis sa création

Des sarkozystes belges rejoignent Nation

Nicolas Sarkozy sur le terreau de l'extrême droite ?

Voyage en « lepénie »



Prochainement, une grande enquête de RésistanceS sur les néonazis d'Amérique latine vous sera proposeé. Elle évoquera notamment :

– la situation actuelle de l'extrême droite latino
– les filières d'évasion des ex-SS vers l'Argentine, la Bolivie...
– L'implication des services secrets des États-Unis dans la fuite d'anciens criminels nazis
– L'exil de terroristes néonazis européens en Amérique du Sud
– Le panorama des mouvements néonazis actifs au Brésil, au Chili, au Pérou, au Venezuela...
– L'utilisation de l'extrême droite locale par des propriétaires terriens et des entreprises capitalistes pour réprimer les mouvements populaires et sociaux.

Une enquête exclusive de RésistanceS à ne pas rater !


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