RésistanceS.be 10-10-2010

Cérémonie à Bruxelles en hommage aux Brigades Internationales


Ils furent des mille et des cents à crier «no pasaran !»


Ce samedi 9 octobre, au cimetière de la commune bruxelloise de Saint-Gilles, s'est déroulée la cérémonie annuelle à la mémoire des Brigadistes internationaux qui partirent de Belgique combattre le fascisme en Espagne en 1936. Devant le monument en l'honneur de ces combattants antifascistes, Judith Kronfeld, au nom de «Présence juive pour la Mémoire», groupement fédératif qui rassemble quatre associations (l'Union des anciens résistants juifs de Belgique, l'Union des déportés juifs en Belgique-Filles et Fils de la Déportation, L'Enfant caché et la Continuité de l'Union des anciens résistants Juifs de Belgique), y prit la parole pour un discours des plus actuels. Rappelant le passé, pour secouer le présent et son actualité : la chasse aux Roms, la montée des nationalismes exacerbés, la prétendue identité nationale, le repli identitaire... RésistanceS.be était présent à cette cérémonie et vous propose ci-dessous le discours de Judith Kronfeld dans son entièreté (M.AZ).

 


Judith Kronfled lors de son discours, le samedi 9 octobre 2010, devant le monument en l'honneur des combattants antifascistes de Belgique des Brigades internationales, au cimetière de Saint-Gilles. Derrière elle, le drapeau de l'Union des anciens résistants juifs de Belgique © photo Manuel Abramowicz / RésistanceS.be


Ils furent des mille et des cents pour sauver la république espagnole des griffes du fascisme et du nazisme. Ils furent des mille et des cents à tomber au cri de «no pasaran»! Ils considéraient, avec la Passionaria, qu'il valait mieux mourir debout que vivre à genoux.

C’étaient des intellectuels, des médecins, des infirmiers, des travailleurs, des socialistes, des communistes, des anarchistes, des sans-parti, des antifascistes. Certains haïssaient le fascisme, d'autres voulaient en découdre en faisant la guerre. La plupart s'engageaient par internationalisme et solidarité. Ils avaient soif de liberté, conscients qu'en défendant l'Espagne, ils protégeaient leur propre pays.

Parmi les 59.000 hommes et femmes accourus du monde entier et qui s'engagèrent dans les Brigades Internationales, il y avait plus de 7.000 Juifs, venus de plusieurs pays, y compris la Belgique. Ceux-là étaient animés par une double motivation: ils étaient démocrates, épris de liberté et ils savaient qu'en tant que Juifs, le fascisme et le nazisme étaient leurs pires ennemis.

Aujourd'hui, que reste-t-il de l'esprit qui a galvanisé tant de ces jeunes adultes ? Eux qui, pour la plupart, n'avaient jamais tenu une arme en main ?

Aujourd'hui, nous sommes réunis pour nous souvenir de ceux qui ont su surmonter leurs angoisses, eux qui ont considéré que le danger était tel qu'il fallait repousser au loin les aspirations individuelles et la construction d'un avenir personnel.

Aujourd'hui, dans nos pays occidentaux, des usines et entreprises ferment tandis que le nombre de ceux qui vivent avec des moyens en dessous du seuil de pauvreté ne cesse d'augmenter.

Aujourd'hui, des hommes, des femmes et des enfants sont jetés à la porte de notre Europe libérale parce qu'ils sont Roms ou Manouches, gens du voyage, gens différents. Jetés à la porte, stigmatisés, désignés comme cibles des rancœurs des déçus de notre société.


Cela ne vous rappelle-t-il rien ?
Il fut un temps maudit où des commerces, ici en Belgique, comme ailleurs, affichaient: «interdit aux chiens et aux Juifs».

Aujourd'hui, le Rom bénéficie de moins de considération que le pigeon voyageur : le pigeon voyageur qui, fatigué d'un long vol, vient se poser sur l'appui de votre fenêtre, est accueilli avec bienveillance, reçoit le gîte et la nourriture jusqu'à ce que, reposé, il décide de poursuivre sa route.

Période inquiétante que la nôtre, celle qui voit s'épanouir les fleurs vénéneuses des nationalismes exacerbés, dont les exhalaisons nauséabondes divisent les pays, dressent des barrières entre citoyens, au nom d'une prétendue identité nationale. A quand l'identité réduite à celle du département, de son quartier, de sa famille ? Le repli identitaire est mauvais conseiller et ceux qui clament «mijn volk eerst» sont les protagonistes d'une démarche en réalité suicidaire.

Camarades, amis, souvenons-nous du sacrifice des Brigadistes Internationaux. Le prophète Isaïe a dit : «Pour voir le futur, il faut regarder derrière soi». Son message reste d'une brûlante actualité.

Judith KRONFELD

Membre de «Présence Juive pour la Mémoire», groupement fédératif qui rassemble quatre associations : l'Union des anciens résistants juifs de Belgique, l'Union des déportés juifs en Belgique-Filles et Fils de la Déportation, L'Enfant caché et la Continuité de l'Union des anciens résistants Juifs de Belgique.



Les drapeaux de l'Union des anciens résistants juifs de Belgique et de la république espagnole antifasciste © photo Manuel Abramowicz / RésistanceS.be



© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 10 octobre 2010.

Mille et cents crièrent «no pasaran !» - Cérémonie en hommage aux Brigades Internationales de la guerre d'Espagne – Par Judith Kronfeld

Le combat contre le fascisme des Brigades Internationales – Par Manuel Abramowicz

Esplanade et monument à Bruxelles en l'honneur des antifascistes des Brigades internationales



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