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Chili 1973-2003 : un autre 11 septembre

Allende, le camarade-président

Camarade. Président. Deux mots qui sont indissociables lorsqu’on évoque Salvador Allende, président élu du Chili du 3 novembre 1970 au 11 septembre 1973, date du coup d’Etat et de son assassinat par la junte militaire chilienne.

Né le 26 juin 1908 à Valparaíso, Allende est le fruit de l’union de Salvador Allende Castro, avocat, notaire et militant du Partido Radical et de Laura Gossens Uribe.

Etudiant assez brillant, il entre à la faculté de Médecine à Santiago en 1925. Dès 1927, Salvador Allende, alors président du Cercle des étudiants de médecine, anime régulièrement un groupe de discussion où il est surtout question d’écrits marxistes. En 1929, il intègre la franc-maçonnerie, suivant une vieille tradition familiale. Un an plus tard, en tant que vice-président de la fédération des étudiants du Chili, il lutte activement contre la dictature de Carlos Ibáñez del Campo et est emprisonné. Il est libéré rapidement mais exclu temporairement de l’université, puis réintégré pour finalement terminer ses études en 1932.

La politique par la grande porte
Tout en continuant à exercer son métier de médecin, Salvador Allende devient de plus en plus actif en politique. En 1936, il crée le Front Populaire. Il est élu député des comtés de Quillota et Valparaíso, poste qu’il assumera de 1937 à 1939, date à laquelle il deviendra Ministre des Affaires Sociales et de la Santé publique sous le gouvernement socialiste de Pedro Aguirre Cerda. Brillant dans cette fonction, il y renonce néanmoins en 1942 pour devenir secrétaire général du Parti socialiste. Il se présente une première fois aux élections présidentielles en 1952, sans succès. Il entame alors une série de voyages qui le conduiront de la Chine à la France et de l’Italie à l’Union Soviétique. En 1957, le Parti socialiste populaire et le Parti socialiste du Chili s’unissent et rejoignent le Parti communiste pour fonder le Front d’action populaire. C’est sous cette bannière qu’Allende se représente aux élections de ’58 et de ’64, toutes deux perdues. Enfin, en 1970, c’est la consécration.

Un homme de gauche amoureux de la loi
Salvador Allende est proclamé président le 24 octobre 1970 et assume ses responsabilité selon la constitution le 3 novembre. Il entreprend une tournée présidentielle et, lors d’une assemblée des Nations Unies, Allende est ovationné par ses pairs suite à un discours sur les droits humains. Lors des élection de ’73, l’Union Populaire obtient 45% des votes et augment sa représentation parlementaire.

Tout au long de sa longue carrière politique, et durant son court passage à la présidence, Salvador Allende ne gardera qu’un but en tête ; celui de porter les aspirations du peuple tout en ne s’écartant à aucun moment de la loi. C’est ce qui lui permit, fait unique dans l’histoire, de mener une révolution tranquille, celle du peuple chilien, par les suffrages et dans la plus stricte légalité. Ses détracteurs ne le lui ont pas pardonné ; croyant la situation mûre pour accueillir le communisme, ils n’ont pas compris que le gouvernement Allende était en fait, et le plus simplement du monde, la prolongation des désirs d’une majorité du peuple chilien.

Ann-Eve FILLENBAUM
© asbl RésistanceS – Bruxelles – septembre 2003

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NOUVEAU (11 SEPTEMBRE 2013)
Il y a 40 ans au Chili
Putsch pour une dictature fasciste et néolibérale

 

Sommaire

Pourquoi ce dossier ?

Allende, le camarade-président. Une courte biographie du président socialiste dont la mort coïncide avec la fin du système démocratique au Chili.

Pinochet ou la banalisation chilienne du mal ou comment un « paisible » militaire de 58 ans se transforma en dictateur, leader d’une répression sanguinaire qui dura près de vingt ans.

La connexion US. La dictature chilienne bénéficia du soutien quasi inconditionnel des Etats-Unis, première « démocratie » mondiale, tant en matière « logistique » et financière qu’idéologique.

Opération Condor, un terrorisme international au service de la dictature chilienne

Des néonazis adeptes du dictateur Pinochet (un reportage au Chili du correspondant de « RésistanceS »)

Les lobbies belges pro-pinochetisteS : de la droite chrétienne et libérale à l’extrême droite pure et dure

Baudouin Ier contre Salvador Allende ?

Présentation du Collectif Européen contre l’impunité. La dictature n’est plus mais au Chili et ailleurs, le combat continue.

L’agenda des manifestations et autres commémorations du trentième anniversaire du coup d’état en Belgique et ailleurs.

Une liste non exhaustive de liens Internet vous est proposée pour approfondir les sujets abordés dans ce dossier.