RésistanceS.be 28-02-2010

Une secte dans l'Église ?


Mort du chef-fondateur de la Contre-réforme catholique

L’abbé Georges de Nantes, fondateur et chef du mouvement intégriste français Contre-réforme catholique (CRC), est mort le 15 février dernier, laissant une communauté transformée en secte qui va sans doute, après sa mort, poursuivre son déclin amorcé dès la fin des années 80. Évocation.

 

Né en 1924 dans une famille d’officiers de marine royalistes, ce prêtre, ancien membre des Chantiers de Jeunesse du maréchal Pétain pendant l’occupation nazie, avait dès 1950 eu des ennuis avec sa hiérarchie en raison de ses articles dans le journal royaliste d’extrême droite «Aspects de la France» et de sa dévotion envers le régime de Vichy. Son soutien aux réseaux catholiques intégristes pro-Algérie française l’avait fait arrêter et révoquer en 1963. Par la suite, l’abbé de Nantes avait été le premier prêtre intégriste, avant même monseigneur Lefebvre, à s’opposer publiquement à l’évolution de l'Église.


Vatican II, «la perfidie juive»...
Installé dans la région de Troyes (Aube), il avait fait de la CRC, fondée en 1970, un mouvement comprenant plusieurs milliers de membres ( sans doute 25000 à son apogée) et capable de tenir des meetings de 3000 personnes à la salle de la Mutualité, à Paris. Toutefois, son mouvement avait été éclipsé par la Fraternité sacerdotale Saint Pie X : en raison de son immense orgueil personnel, mais aussi parce que l’abbé de Nantes, qui déclarait les enseignements pontificaux hérétiques, professait paradoxalement sa volonté de ne faire «ni schisme, ni hérésie» par rapport à Rome.

Opposé à l’ouverture du concile Vatican II qui incarnait selon lui «la perfidie juive» (sic), il avait accumulé les prises de position controversées. En 1981, à l’arrivée de la gauche au pouvoir, il avait prédit «l’arrivée des sous-marins soviétiques dans la rade de Brest», mais lorsque aux élections présidentielles, Jean-Marie Le Pen était candidat pour le Front national, il recommandait de voter pour Jacques Chirac. Puis à la fin des années 80, il avait appelé la justice divine à trancher son désaccord doctrinal avec Mgr Lustiger, en faisant mourir «dans l’année» celui qui avait tort. Une partie de ses adeptes fut très surprise de constater, un an après, que l’archevêque de Paris et l’abbé de Nantes étaient encore en vie !


La CRC, une secte ? Installée aussi en Belgique...
Son mouvement avait fini par être considéré comme une secte aux pratiques étranges, notamment celle du «baiser mystique» pratiqué par l’abbé avec certaines religieuses de sa communauté. Depuis la publication du rapport de la Commission parlementaire sur les sectes en 1995, la Contre-réforme catholique était considérée comme une secte par les autorités françaises.

La CRC est implantée depuis sa fondation, outre la France, au Québec et en Belgique. Elle publie un bulletin bimestriel en néerlandais intitulé «Hij is verrezen !». Le siège des fidèles de l'abbé Georges de Nantes en Belgique se trouve à Edegem, près d'Anvers. Dans les années 1970, le «Nouvel Europe magazine», journal d'extrême droite belge à grand tirage, avait apporté son soutien à la Contre-réforme catholique.

Son principal animateur est aujourd’hui Bruno Bonnet-Eymard. Il est à noter que, d’une manière fort peu charitable s’agissant d’un prêtre qui était suspens «a divinis», mais pas excommunié, l'évêché de Troyes a interdit l’usage de l’église paroissiale de Saint Parres pour l’enterrement de l’abbé de Nantes.

Jean-Yves Camus
Correspondant français de RésistanceS.be


© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 28 février 2010.

 

 


Logo des «croisés» de la Contre-réforme catholique, fondée en 1970 par l'abbé Georges de Nantes.

 


Sur les autres intégristes catholiques,
à lire notamment sur RésistanceS.be

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