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L’ex-bras droite
de Degrelle
est mort


Le 2 juillet dernier, Jean-Robert Debbaudt était enterré discrètement, après être décédé quelques jours auparavant, le 28 juin. Sa disparition tourne la page du rexisme. En effet, militant dès son plus jeune âge de Rex (le parti politique d’extrême droite fondé avant la Deuxième guerre mondiale par Léon Degrelle), il partit sur le Front de l’Est avec les SS wallons pour combattre le « bolchévisme ». Par la suite, Jean-Robert Debbaudt défendra bec et ongles les couleurs du rexisme jusqu’à sa récente mort.

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Jean-Robert Debbaudt posant avec le chef des SS wallons Léon Degrelle.

 

Après l’occupation nazie, le jeune Debbaudt avait été de quasi toutes les tentatives de renaissance du « fascisme à la belge ». Et ceci jusqu’aux élections législatives du 18 mai de cette année. Après avoir rejoint le Vlaams Blok, le Front national français (Debbaudt vivait alors entre Bruxelles et Lille) et le Bloc wallon, ainsi que le cercle culturel ethniciste Renaissance européenne, il termina sa carrière politique (et sa vie) au sein du groupuscule Nation, dont le dirigeant principal, Hervé Van Laethem, avait, comme Debbaudt jadis, été un partisan acharné du négationnisme, ce concept politique visant à blanchir le nazisme.

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L'ex-collaborateur nazi Jean-Robert Debbaudt au cours d'une réunion du groupuscule Nation.

 

L’ancien « compagnon de route » de Léon Degrelle collaborait également, encore tout récemment, à la revue « Devenir », animée par des activistes de Nation. Le titre de « Devenir » n’a pas été choisi par hasard. Durant la dernière guerre mondiale, un autre journal portait le même titre, et était édité par la SS française. Auparavant, une partie de la rédaction de « Devenir », avait participé à « L’Assaut », un mensuel réalisé autour d’Hervé Van Laethem, dont le titre, durant la dictature hitlérienne, avait été celui de l’organe de presse de la Division SS « Wallonie ». Des intitulés (et des contenus) de journaux qui ne pouvaient que séduire Jean-Robert Debbaudt.près la mort de Léon Degrelle, son « guide », en mars 1994, Debbaudt avait encore mis sur pied une structure chargée de faire perdurer sa mémoire politique, la Fondation européenne Léon Degrelle (FELD). Il anima cette dernière avec un ancien dirigeant du Parti des forces nouvelles (PFN), un groupuscule néonazi bruxellois actif de 1983 à 1991 et parrainé par Degrelle avant sa fusion au sein du Front national de Daniel Féret. L’hégémonie de la FELD sur le « degrellisme » n’était pas du tout totale puisque la majorité des ex-SS wallons et autres admirateurs du « Duce » belge méprisaient celle-ci. Il faut dire que Jean-Robert Debbaudt était particulièrement honni dans le milieu rexiste, certains remettant même en cause sa présence sur le Front de l’Est…

En 1999, notre revue, « RésistanceS » avait consacré un article détaillé au parcours politique de Jean-Robert Debbaudt et à ses liens avec le Vlaams Blok. Cet article est toujours consultable sur notre site.

 

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Comme l'équipe du journal néonazi " L'Assaut ", alors menée par Hervé Van Laethem (l'actuel dirigeant principal de Nation), Jean-Robert Debbaudt resta en contact avec Léon Degrelle jusqu'au décès de celui.

 

La mort de Debbaudt, fait certes d’actualité marginale, montre cependant que certains « acteurs » de l’Histoire du fascisme, de la Guerre 40-45, de l’occupation nazie et de la collaboration, sont toujours bel et bien présents au sein de « notre » extrême droite locale. Les nostalgiques de cette tranche d’histoire sont encore nombreux dans ses rangs.

Manuel Abramowicz
Bruxelles 3 juillet 2003