| RésistanceS 1999 |
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Un héritier de Degrelle au Blok
Frayant depuis de longues années dans les eaux troubles de lantisémitisme, du négationnisme et du néonazisme à léchelle internationale, Jean-Robert Debbaudt affectionne aujourdhui limage dun paisible retraité francophone. Loin du portrait rassurant quil tente de forger face aux caméras de la VRT, à loccasion du Congrès bruxellois du Vlaams Blok, ou lorsquil est interviewé par le magazine du parti, Debbaudt incarne le lien permanent entre lextrême droite actuelle et un passé aux relents pour le moins nauséabonds. Une vocation fasciste
qui commença très tôt... Un an plus tard, il prend part à la renaissance du fascisme en Europe par le biais du Mouvement social européen (MSE), dont il dirige la section belge : le Mouvement social belge (MSB). Très vite Debbaudt rejoint le Nouvel ordre européen (NOE), une dissidence antisémite et néonazie du MSE. Le NOE est dirigé par lécrivain français Maurice Bardèche, beau-frère du collabo Robert Brasillach et kamarade dun certain Karel Dillen (le futur fondateur du Vlaams Blok). Lofficine belge du Nouvel ordre européen, le MSB, survit et dépose même une liste électorale aux élections législatives de 1954. Debbaudt et linternationale
nazi En 1962, on retrouve Debbaudt parmi les participants dun camp international organisé par la WUNS, lUnion mondiale des nationaux-socialistes (2). Quelques années plus tard, il devient lanimateur de lantenne belge du « groupe Paladin », un réseau international de recrutement de mercenaires qui apporte un soutien logistique au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), organisation dissidente de lOLP qui mène des actions terroristes (3). Très présent sur la scène néonazie internationale, Debbaudt fourmille également de projets pour la Belgique. Rex tombe le masque Loin de se décourager, Debbaudt cherche alors à encourager les « vocations » en ressuscitant Rex par la fondation, en 1971, du Mouvement rexiste. La référence explicite au rexisme permet au parti détoffer quelque peu sa base militante. Celle-ci, à travers lOrdre de Saint-André, affectionne en particulier les rassemblements néofascistes, où elle peut parader en bottes noires et uniformes vert-de-gris en brandissant des étendards marqués de la croix de Bourgogne. Au grand désappointement du leader qui exclut rapidement cette frange folklorique de son mouvement. Plus fondamentalement, ce sont les rivalités entre Jean-Robert Debbaudt et Émile Robbe qui précipitent, vers 1973-1974, léclatement du néorexisme en deux fractions : lAction rexiste dirigée par Debbaudt et Rex national mené par Robbe (ce dernier sera, dans les années 80, lidéologue du VMO-Bruxelles et ensuite celui du groupe lAssaut). En mars 1977, le parti néorexiste de lex-SS Debbaudt change à nouveau dappellation pour devenir le Front nationaliste populaire (FNP). Ce front rassemblera de jeunes militants qui proviennent pour la plupart du GRECE-Belgique et du Front de la jeunesse (5). Parmi eux : le futur traducteur Robert Steuckers et le futur neuropsychiatre Eric Wilmart. La même année, le FNP dont lemblème est la croix celtique et le slogan invite à chasser les pourris, les vendus, les ploutocrates et les banksters récolte 0,2 % des suffrages lors des élections législatives. La filiation avec Rex dépasse la stratégie purement électoraliste. En effet, depuis les années 50, le « fils spirituel » de Léon Degrelle se rend très fréquemment en Espagne pour rencontrer son maître. En 1975, cest dailleurs lui qui assure lédition du livre de Degrelle "Lettres à mon Cardinal" ainsi que la publication, en 1979, dune fracassante et négationniste "Lettre au Pape à propos dAuschwitz". Plus discret au cours des années 80, suite sans doute à sa condamnation, en 1981, pour incitation à la débauche de mineurs et tenue dune maison de débauche (6), Debbaudt milite aujourdhui dans les rangs du parti « de la vertu et du retour de la morale ». Denis Grégoire Notes : (1) "Rex",
Didier Pirlot, éditions Phigi, Bruxelles, 1978, p. 75. ATTENTION
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