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International : dans les coulisses du Front national français

Département « Heil Hitler »...

Un camp de vacances qui amène un élu du FN français devant les tribunaux


Décembre 1999 - Une centaine d'activistes d'extrême droite se rassemblent dans les Vosges (département 88). Un choix qui, déjà, pourrait être très symbolique : 88 ou deux fois la lettre H, ce qui signifie pour les néonazis : « Heil Hitler »). Quelques mois plus tôt, le collectif local Ras l’front (organisation nationale de résistance au néofascisme) avait déjoué un concert du groupe néonazi Panzerjäger prévu, lui aussi, dans les Vosges, à Plainfaing.

Le but de l'escapade du mois de décembre 1999 était de fêter le solstice d'hiver... sous le drapeau nazi. Cette réunion d'extrême droite avait été ponctuée de saluts hitlériens et de chants peu équivoques. Le « Chant des partisans » avait ainsi été détourné en des formules telles que « Il est des pays où les juifs, au creux des draps font des rêves. Nous, on vous pille, on vous tue, on vous crève ». Une autre chanson faisait rimer « Santiago » avec « Dachau » et glorifiait les camps d'extermination de la dictature hitlérienne.

Ce rassemblement avait été filmé par l'un des participants. La découverte de cette vidéo et son envoi aux autorités judiciaires permettra l’identification de cinq personnes. Parmi elles : Jean-Yves Douissard (sur la photo), un élu régional du Front national. Ce digne représentant du parti de Jean-Marie Le Pen vient de voir requérir contre lui 18 mois de prison, dont trois mois fermes et cinq ans d'inéligibilité, tandis que des peines de 18 mois avec sursis à un an ferme ont été requises contre les autres militants néonazis. « On chantait ces chants pour se moquer des juifs comme certains humoristes se moquent des noirs, des homosexuels et des handicapés », a plaidé l’un de ceux-ci, Cédric Bégin, contre lequel sont demandés trois ans de prison, dont un an ferme. Ce chauffeur-livreur de 27 ans, qui était à l'époque membre du DPS (Département Protection Sécurité, le service d'ordre du Front national), est également poursuivi pour détention d'armes et d’explosifs ainsi que pour avoir dégradé, dans un village, une statue du général Leclerc. Par ailleurs, il expliquera à l’audience que le motif de cet attentat était de faire porter le chapeau par « les étrangers ».

La défense de ces nervis d’extrême droite se fonde sur l'humour et « le caractère privé de la réunion ». Le procureur de la République n'a pas manqué de corriger ces arguments. Quant au conseiller régional FN, il affirme que jamais il ne se permettrait « de faire ça ». Pour la simple et bonne raison qu’il est « catholique et baptisé ».

Le jugement devrait être mis en délibéré le 21 février prochain.

David Lefébure (avec Reuter).

 Dépêche diffusée dans le n°63 du 31 décembre 2001 de « RésistanceS-Info-Net » (le journal électronique de « RésistanceS ») .

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Jean-Yves Douissard, un élu régional du Front national amateur de fêtes nazies ?