RésistanceS 06-10-2008

Enquête sur les germes criminogènes de l'extrême droite


«Terrorisme identitaire» : toujours à l'ordre du jour


Responsable de campagnes de propagande contre les terrorismes «islamique» et «rouge», l’extrême droite fait pourtant partie d’un courant politique où la violence est monnaie courante. Les partis électoraux de la «droite nationale» ont tous été fondés par des mouvements ou des personnalités provenant des rangs néonazis. Un «milieu» constitué de partisans fanatiques de la lutte armée. Aujourd’hui encore, en parallèle à la participation électorale, le «terrorisme identitaire» reste une option. Que certains envisagent toujours…

Par Manuel Abramowicz


Activistes de l'extrême droite française en action dans les années 1970. La violence est alors quotidienne entre les «commandos» néofascistes et les mouvements d'extrême gauche. Les premiers deviennent de véritables «auxiliaires de police» pour s'opposer aux seconds, de véritables révolutionnaires anticapitalistes menaçant directement la «bourgeoisie». Certains de leurs militants respectifs vont ensuite «tomber» dans la lutte armée, contre les étrangers pour l'extrême droite, contre le système capitaliste pour les gauchistes – Document : Archives Ras l'Front.


Cet été, l'extrême droite belge s'est mobilisée, une nouvelle fois, contre le terrorisme, à l'occasion de l'opération policière et judiciaire contre le Secours rouge, une organisation d'extrême gauche de défense des «prisonniers politiques». A cette occasion, un «Observatoire européen des terrorismes et des subversions» a même été mis sur pied à la hâte, dans la mouvance de Belgique & Chrétienté, un groupuscule intégriste proche des néofascistes (1). L'antiterrorisme, version extrême droite, est une posture conservatrice bien connue de ce milieu politique. La mobilisation de la droite nationaliste contre le terrorisme est basée sur une peur obsessionnelle du «rouge» (rouge étant la couleur des communistes, des socialistes et de la gauche révolutionnaire). Cette «maladie» politique est apparue dans l'entre-deux-guerres au cœur de la droite conservatrice, mais a aussi touché les partis sociaux-démocrates (2).

Le reflexe pavlovien antiterroriste de l'extrême droite est aussi utile pour redynamiser ses troupes (bien plus maigres que son électorat) et tenter de lancer des campagnes démagogiques et populistes, dans le but de se faire passer pour la «solution politique» au terrorisme. L'extrême droite fait flèche de tout bois pour faire croire à ses ouailles que le terrorisme est exclusivement islamique et d'extrême gauche. En oubliant savamment le terrorisme... d'extrême droite ! Qui existe bel et bien. De plus, le «terrorisme noir» est bien plus meurtrier que le «terrorisme rouge». L'histoire de l'Europe et des Etats-
Unis nous rappelle les nombreux attentats aveugles commis par des organisations néofascistes. Les attentats de la gare de Bologne en 1980 (85 tués) ou d'Oklahoma city en 1995 (168 tués) ne sont que deux exemples parmi tant d'autres.


La gare italienne de Bologne, le 2 août 1980, après l'attentat aveugle (85 innocents assassinés) commis par l'extrême droite, pour le compte de services secrets italiens et américains.


Logique guerrière
Force est aussi de constater que le corpus doctrinal, la «vision du monde» et la stratégie politique de beaucoup de représentants actuels de l'ultra droite nationaliste s'arc-boutent sur une «logique de guerre».

«Nous voulons que nos petits-enfants soient, à leur tour, Gaulois et fiers de l’être. Que cela plaise ou non aux amateurs de sociétés multicolores, sans corps et sans âme, contre lesquels nous avons engagé la résistance. Dans une guerre qu’il faut appeler par son nom : une guerre de libération nationale».

Tels étaient les propos tenus en 1998 par Pierre Vial (3). Ancien membre de la direction du Front national français, celui-ci est toujours l'actuel dirigeant-fondateur de Terre & Peuple. Ce mouvement racialiste, païen et revendiquant un véritable «apartheid racial» exerce une forte influence sur l'extrême droite d'outre-Quiévrain, mais également chez nous en Belgique. En effet, Pierre Vial est une référence pour les radicaux du Vlaams Belang. Il est aussi en contact avec le mouvement «identitaire» Nation. Au Front national de Daniel Féret, son actuel président ff Patrick Cocriamont est un fidèle des théories idéologiques de Terre & Peuple. Rien d'étonnant, il milite au sein de la «bannière wallonne» de ce mouvement communautariste ethnique nationaliste-européen. Pierre Vial a aussi précisé un jour au sujet des «cadres du mouvement national» (décrits comme des «intellectuels organiques») :

«La mission de l’intellectuel organique (est d’)armer mentalement les militants pour leur permettre, ensuite, d’être physiquement efficaces. L’intellectuel organique définit les enjeux, éclaire et instruit, trace la voie. Puis il applique les principes qu’il a enseignés en prenant la tête de sa section pour conduire la vague d’assaut (…)» (4).

Cette logique guerrière reste d'actualité au sein de l'extrême droite. Notamment en renforçant le souvenir des combats du passé. C'est le cas de ceux livrés en Italie durant les «années de plomb» (1968-1982). L'un des acteurs de cette période terroriste, Gabriele Adinolfi (né en 1954, il était l'un des leaders de l'organisation Terza Posizione) est devenu une vedette dans les milieux nationalistes et identitaires, de Rome à Paris, en passant par Bruxelles. Il est l'auteur du livre «Nos belles années de plomb – La droite radicale italienne dans l'orage de la lutte armée et de l'exil», publié en Italie et édité en français en 2004 par les éditions néonazies parisiennes L'AEncre. Depuis lors, Gabriele Adinolfi sillonne les pays européens pour donner des conférences auprès de ses «camarades politiques». Le 7 octobre 2004, il était à Bruxelles pour une causerie tenue à l'occasion du «Second jeudi identitaire» organisé par l'ex-revue «Devenir» (titre faisant référence directement à la publication du même nom de la SS nazie française !), la «bannière wallonne» de Terre & Peuple et le réseau Synergies européennes. Selon un compte rendu de ce rendez-vous : «Gabriele Adinolfi est venu de Rome présenter son ouvrage «Mes plus belles années de plomb» expliquant la vraie histoire du combat des nationalistes italiens de la fin des années 60 au début des années 80. Cette guerre civile larvée fera plus de 30 morts parmi les nationalistes italiens. Adinolfi a livré un témoignage passionnant et poignant de ces années».

Dans son journal confidentiel «jusqu'à Nouvel Ordre», le GUD justifiait encore récemment le passage à la lutte armée pour la défense de l'«Europe blanche», sous l'exemple du «terrorisme identitaire». En Belgique, ce groupe néonazi violent est en contact avec les étudiants pro-Vlaams Belang du NSV et le mouvement «identitaire» Nation © Documents : Archives RésistanceS.be.


Guerre civile larvée en Europe
Les références à la violence armée politique sont des plus nombreuses au sein de cette droite radicale. Il y a quelques années, un dirigeant du Front national belge affirmait dans son mensuel «Le National» :

«Les élections ne sont pour nous, nationalistes, qu'un moyen de sauver le pays. Moyen légal. Moyen parmi d'autres...».

Depuis lors, rien n'a vraiment changé chez les radicaux de la «révolution blanche». Sans cesse, le recours à la lutte armée est évoqué en filigrane comme un passage incoutournable pour tous les militants nationalistes et identitaires. L'observation de cette réalité se fait à la lecture des publications publiques des partis et mouvements d'extrême droite. A l'abri des regards extérieurs, lors de réunions internes, des propos plus extrémistes encore sont tenus au plus disciplinés d'entre eux, comme le confirment plusieurs témoignages d'ex-militants d'organisations nationalistes, néonazies et identitaires recueillis par RésistanceS.be.

«Le droit à la résistance (NDLR : violente), à la défense de sa terre et de son peuple, est un droit fondamental. Il se peut qu'un jour nous devrons nous-mêmes faire appel à ce droit. La colère et le désespoir provoqués par le climat d'une guerre civile larvée en Europe sont susceptibles de provoquer des actes de résistance, des sursauts destinés à réveiller le peuple qui dort. Les Français et les Européens qui se sentent menacés en tant que communauté politique seront bientôt traités de terroristes. Il y a déjà des lois contre eux».

C'est ainsi que se conclut l'éditorial du journal français d'extrême droite «jusqu'à Nouvel Ordre» consacré au «terrorisme identitaire» (5). Ce dernier est réalisé par le Groupe-Union-Défense (le GUD), une organisation étudiante nationaliste toujours active aujourd'hui. Le GUD est également connu pour ses actions commandos violentes contre ses adversaires principaux, les étudiants syndicalistes de gauche. Dans le numéro spécial «Terrorisme identitaire» de sa publication confidentielle, il mentionnait encore au sujet du terme «terroriste» :

«(...) ce qualificatif destiné à discréditer l'ennemi occupe la deuxième position sur le Top 50 d'injures politiques, juste après ''fasciste''. Parfois, cette arme sémantique n'est pas efficace. Les combattants qu'on en affabule y voient même une certaine marque d'honneur et de respect. Le terrorisme d'aujourd'hui c'est un peu le hors-la-loi d'antan» (6).

Parmi le GUD, ses partisans et disciples contemporains se manifeste même une admiration pour le «terrorisme identitaire d'extrême gauche» :

«Les terroristes identitaires se revendiquent souvent à la fois nationalistes et de gauche, ce qui révolte les gens de notre sensibilité politique. L'explication de cette contradiction apparente est en réalité très simple : ils sont de gauche car, à un certain moment de l'histoire, leurs nations se sont retrouvées en face d'un ennemi oppresseur qui était de droite.

En s'élevant au-dessus du clivage gauche/droite, on aperçoit derrière un verbiage marxiste une vision très saine, celle du sang et de la terre. (...) Car, pour ces nationalistes en armes, le principe fondateur de leur combat n'est pas la subversion internationaliste mais l'identité nationale. Ils entendent défendre le sang et le sol, protéger la langue et la culture, conserver l'histoire et le patrimoine... Ces thèmes ne font-ils pas vibrer aussi nos cœurs ?» (7).

Selon les radicaux du GUD, le recours électoral n'est pas l'unique voie pour atteindre l’objectif final (l'édification d'une Nation d'Ordre nouveau). «Le Pen à 17 %, qualifié pour le 2e tour : nous sommes au courant, et c'est super ! (C'est d'ailleurs un peu l'approche de ce séisme qui a incité les Rats Noirs (8) à sortir de leurs caves.). Mais c'est aussi le moment de rappeler, avec notre sens excessivement gudesque de l'à-propos, qu'il n'y pas que les bulletins de vote qui font l'Histoire»... le reste des déclamations du GUD est ensuite consacré à la lutte armée identitaire !


Des organisations terroristes d'extrême droite en Belgique ?
Dans les années 1970 et 1980, plusieurs groupes nationalistes se sont rendus responsables d'attentats dans notre pays. On observe à nouveau une radicalisation d'organisations d'extrême droite. En Flandre, la section «Vlaanderen» de Blood & Honour, un réseau international de nazi-skins adeptes du terrorisme contre leurs adversaires, s'est redynamisé récemment avec l'arrivée de nouvelles jeunes recrues. Du côté francophone, la «division Belgica» du Front Eolh (ci-dessus quelques exemples de sa propagande) recrute dans le milieu des «crânes rasés» wallon et bruxellois. Ouvertement NS («national-socialiste»), ce Front affirme vouloir défendre la «race blanche», y compris les armes à la main. Certains de ses adeptes belges proviennent de «Konflikto 28» (K28), un groupuscule nazi-skin actif à Bruxelles et en Wallonie qui était il y a quelques moins encore lié à un groupe similaire présent en France. Et qui a été depuis lors démantelé par la police, suite à une fusillade à l'arme de guerre © Documents : Archives RésistanceS.be.



Pour un Ordre nouveau
Deux ans avant cette «déclaration» forte de sens, le GUD était présent à Bruxelles pour apporter sa vision de la politique à l'occasion d'un meeting du mouvement «identitaire» Nation. Le titre de ce rassemblement était «Meeting pour un ORDRE NOUVEAU». L'organisation admirative du «terrorisme identitaire» est par ailleurs régulièrement en contact avec le Nationalistische Studentenvereniging (NSV), l'association des étudiants nationalistes flamands liée directement à la direction du Vlaams Belang. Filip Dewinter, ex-dirigeant du NSV et leader charismatique du parti d'extrême droite flamand, était, en novembre 2006, l'une des vedettes principales des cérémonies organisées pour le trentième anniversaire de naissance du NSV (9). Le même Dewinter recevait en avril 2007 à Bruxelles une délégation d'extrémistes identitaires français, pour qui le GUD reste un modèle. Ainsi que son option terroriste ?

Une évidence : la mouvance extrémiste de droite, adepte des slogans antiterroristes lorsqu’il est de gauche ou islamique, se tait dans toutes les langues quand la violence politique provient de son propre camp. Et adopte un reflexe négationniste sur les nombreuses participations de l’extrême droite aux diverses «stratégies de la tension». Stratégies utilisant les méthodes terroristes (attentats aveugles) pour terrifier la population et justifier l’instauration d’une dictature d’Ordre nouveau. L'extrême droite compte également dans ses rangs des individus qui ont du sang sur les mains. Et chaque jour qui passe endoctrine peut-être encore de futurs assassins. De futurs Hans Van Temsch. Ce jeune garçon, un peu paumé, avait été fanatisé par un milieu politico-familial identitaire. En pleine crise d'adolescence (période psychologique de recherche de sa propre identité), il passa à l'acte et se rendit responsable d'un carnage, en mai 2006, dans les rues d'Anvers. Une jeune africaine et un bébé «blanc» furent assassinés et une jeune femme d’origine turque gravement blessée. Le nationalisme finit toujours, un jour où l'autre, par la mise à mort de ses ennemis. L'extrême droite porte ainsi en elle des germes criminogènes.

Manuel Abramowicz

Notes :
(1) A ce sujet, lire l'article de RésistanceS.be «L'antiterrorisme, version extrême droite»
(2) Sur le phénomène de la «peur du rouge», il faut consulter le livre «La peur du rouge», coordonné par les professeurs Pascal Delwit (sciences politiques) et José Gotovitch (histoire) et publié en 1996 aux éditions de l'Université de Bruxelles-Institut de Sociologie (ULB), Bruxelles, 230 p.
(3) Pierre Vial : «Gaulois ? Présents !», in «La Lettre de Terre et Peuple», janvier-février 1998.
(4) Extrait d’un article de Pierre Vial publié dans «Offensive pour une nouvelle université» (trimestriel du Renouveau étudiant, organisation du Front national de Jean-Marie Le Pen), n° 1, 1er. Trimestre 1997, page 4.
(5) «Jusqu'à Nouvel Ordre», dossier «Terrorisme identitaire», n°5, 2002, Paris, 42 pages. Toujours vendu, diffusé et référé en 2008 dans les milieux d'extrême droite.
(6) «Ils font parler la poudre», premier article, non signé, du numéro spécial «Terrorisme identitaire» de la publication «Jusqu'à Nouvel Ordre», n°5, 2002, Paris, p. 1 (en réalité 3).
(7) Idem.
(8) Note de RésistanceS.be : le terme «Rats Noirs» est utilisé dès les années 1970 par les radicaux de l'extrême droite pure et dure pour s'auto-désigner. Au Front national belge, ce terme a aussi été revendiqué : «Nouvelle Droite ? Droite Nationale ? Royaliste, etc. ? Qu'importe ! Il y a les rats des villes et les rats des champs... mais nous sommes tous des RATS NOIRS» explique en janvier 1994 «Jeunes d'Europe», le journal du FNJ, l'organisation frontiste belge de jeunesse.
(9) Lire au sujet des liens du Vlaams Belang avec le NSV, l'article de RésistanceS.be : «VB-NSV, des liens pour un Ordre nouveau»

Pourquoi l’extrême droite est-elle violente ?


Délégation de Blood & Honour-Vlaanderen (B&H-VL) défilant lors d'une manifestation, le 5 juillet dernier, à Zoetermeer, en Hollande. Cette manifestation était organisée par la NSA... National socialist action ! Sur le calicot de B&H-VL, il est fait référence à C18 (Combat 18), une organisation clandestine néonazie terroriste © Photo : Alert ! (revue antifa hollandaise).


L’extrême droite est violente. Partout où elle a été au pouvoir, elle a instauré par la force la dictature. Le Vlaams Belang (VB), les deux Front national belge ou les autres formations politiques d’extrême droite se revendiquent toutes, d’une façon ou d’une autre, des dictatures régnant jadis au Portugal, en Espagne, en Allemagne, au Chili... Aujourd’hui, ces anciens régimes non démocratiques et violents restent encore des modèles pour les partis et mouvements de la droite nationaliste.

Autre danger, le passage à l’acte. En effet, la violence politique est toujours un des traits communs des formations politiques néofascistes. Dans l’histoire de l’extrême droite, on retrouve d’ailleurs souvent la trace de groupements paramilitaires. Comme dans les années 1970, avec le Vlaamse militanten orde (VMO) et le Front de la jeunesse (FJ), connus pour leurs actions commandos et leurs références au nazisme. La majorité des dirigeants du VMO ont ensuite rejoint la direction du Vlaams Blok (devenu depuis le Vlaams Belang). Aujourd’hui encore, cette «milice» néonazie reste une référence pour le VB (voir à ce sujet l'article de RésistanceS.be : «Le VMO, toujours un exemple pour le Vlaams Belang» ). Pour leur part, beaucoup de nervis du FJ se sont recyclés dans les rangs du Front national (cf. notre article «Front de la jeunesse et Parti des forces nouvelles recyclés au FN» l).

La référence à la violence est régulière dans ce milieu politique. Elle s'exprime entre les lignes, en filigrane. Des dirigeants du fascisme d’aujourd’hui se sont en effet rendus personnellement responsables de menaces de représailles, formulées publiquement à l’encontre de ceux osant se trouver sur leur chemin. C’est le cas de Jean-Marie Le Pen, voici quelques années, qui menaça de représailles, après son arrivée hypothétique au pouvoir, un officier des forces de l’ordre lui refusant l’accès d’une salle d’un meeting interdit par les autorités. En novembre 2004, Gerolf Annemans, le numéro trois du Vlaams Belang, s’en prit aux magistrats ayant condamné son parti pour racisme.

Pour sa part, Daniel Féret promettait, en janvier 2005, de «faire la peau» à Jean-Claude Defossé, un journaliste de la RTBF qui consacrait un reportage télévisé aux affaires judiciaires dans lesquelles était impliqué le chef du FN. Lors des meetings de ce Front, il n'est pas rare encore que des militants et cadres de celui-ci proposent de loger une «balle dans la tête» de leurs opposants internes et externes (1).

Force est donc de constater que le terrorisme n’est pas toujours intégriste islamiste et d'extrême gauche. Il est aussi d’extrême droite. Deux ans et demi après les historiques attentats du 11 septembre à New-York, des bombes ont explosé, le 11 mars 2004, à Madrid, dans des trains bondés. Près de 200 innocents ont été lâchement assassinés. Le 2 août 1980, dans une autre gare, celle de la ville de Bologne, en Italie, un attentat tuait près d’une centaine de personnes. Le 19 avril 1995, dix ans avant Madrid, la ville d’Oklahoma City, aux Etats-Unis, était secouée par une terrible explosion. Un bâtiment de l’administration fédérale s’effondra suite à un attentat aveugle qui fit 168 morts. Furent-ils assassinés par des terroristes se revendiquant de la religion musulmane ? Non, les attentats de Bologne et d’Oklahoma City furent commis par l’extrême droite !

Il y a encore de nombreux cas qui montrent que l’extrême droite utilise aussi le terrorisme comme moyen pour terroriser la population. En septembre 2006, Bloed-Bodem-Eer en Trouw (BBET, en français : Sang-Terre-Honneur et Fidélité), un groupe néonazi flamand clandestin constitué de nombreux militaires, était démantelé par la police. Issu d'une dissidence de Blood and Honour-Vlaanderen (un autre mouvement néonazi), BBET s'apprêtait à commettre des attentats en Belgique. Quelques mois auparavant, Hans Van Temsch, un jeune néonazi proche des thèses du Vlaams Belang, assassinait en pleine rue, à Anvers, une jeune africaine et le bébé «blanc» dont elle avait la charge.

L’Histoire le démontre amplement : le racisme et le nationalisme débouchent toujours sur la violence et le meurtre, à petite ou grande échelle. Aujourd’hui, la propagande raciste de l’extrême droite à l’égard des étrangers est toujours digne de celle qui s’attaquait aux Juifs dans les années 1930 et 1940. Rien d’étonnant à cela : les publications d’extrême droite induisent régulièrement à la violence en recourant à un langage de guerre et en donnant la parole à des idéologues néonazis. Leur but officiel est de préparer leurs militants à la «guerre ethnique» qui va arriver prochainement, selon eux. Cet endoctrinement va pousser des activistes d’organisations populistes de droite nationaliste à passer à l’acte. Effectivement, au cours de ces dernières années, des personnes d’origine étrangères furent violemment agressées et même assassinées par des militants venant de la droite nationaliste. Y compris en Belgique. Des actions terroristes ont encore été perpétrées contre des organisations immigrées, des mosquées, des mouvements de la gauche radicale ou des militants antifascistes, après la planification de campagnes d’intimidation via des lettres de menaces anonymes.

Signalons encore que dans plusieurs pays européens, des néofascistes, adeptes de cultes sataniques, se sont rendus responsables de profanation de tombes chrétiennes, d’incendies d’églises et même d’assassinats contre des prêtres catholiques....

Manuel Abramowicz

[Extrait, revu et actualisé, du livre «Guide des résistances à l'extrême droite» de Manuel Abramowicz, édité en 2005 aux éditions Labor. Prix Condorcet-Aron du meilleur livre francophone en 2006].

(1) D’après le livre «Un an au Front national», de Thierry Huart-Eeckhoudt, publié par le MRAX aux éditions Luc Pire, en septembre 2008.

 

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© RésistanceS – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 6 octobre 2008 à 23 h 39.

 

 

 

Au sommaire de ce dossier de RésistanceS.be

NOUVEAU Attentats d'extrême droite d'Oslo : qui sont les responsables ? 24/07/2011


 

«Terrorisme identitaire» : toujours à l'ordre du jour

Pourquoi l'extrême droite est-elle violente ?

L'extrême droite terroriste aux Etats-Unis

Le «Manuel» de survie de la «race blanche»

L'antiterrorisme, version extrême droite

DOSSIER : les années de plomb belges

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