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Dans les coulisses de l’extrême droite

L’Extrême droite est-elle nazie ?

Les partis politiques catalogués à l’extrême droite se revendiquent souvent comme étant de « simples » partis de « droite nationale » ou « populaire ». Ils mettent en avant les transfuges de formations classiques (PRL, PSC, VLD, CVP…) qui ont rejoint leurs rangs. Pourtant, leur origine fondatrice nous démontre à chaque fois que c’est sur un terreau fasciste, voire nazi, qu’ils sont nés. Rappel historique.

 


Léon Degrelle (à l’extrême droite), ex-chef des nazis wallons, en compagnie de Patrick Sessler, un des actuels dirigeants du Front national de Daniel Féret (document : RTBF).

Les liens entre l’extrême droite d’aujourd’hui et celle d’hier sont très nombreux. Des nazis et des fascistes français et belges, qui avaient pendant la Deuxième Guerre mondiale collaboré avec l’occupant nazi, ont directement participé à la création du Front national français (en 1972), du Vlaams Blok / Belang (en 1978) et du Front national belge (en 1985). Léon Degrelle, un des plus importants collaborateurs belges des nazis et chef de la SS wallonne, a soutenu politiquement, jusqu'à sa mort en mars 1994, les actuels partis d’extrême droite. Des contacts réguliers seront ainsi maintenus entre plusieurs dirigeants du FN et du VB avec Léon Degrelle.


Honneur à un néonazi et fondateur du FN
Aujourd’hui encore, Jean-Marie Le Pen rend hommage à François Duprat, membre historique de la direction de son « front » et chef des néonazis des années septante. La plupart des dirigeants actuels de l’extrême droite proviennent d’organisations néonazies. Par exemple, Filip Dewinter était le chef du NSV, une association d’étudiants nationalistes liée au mouvement néonazi et aux négationnistes.

Roeland Raes, vice-président-fondateur et aujourd’hui toujours dirigeant de ce parti, a fait partie d’un réseau international néonazi. Raes n’a jamais renié son parcours militant et reste entièrement soutenu par l’appareil de direction du VB.

Daniel Féret affirme avoir milité à Jeune Europe, un mouvement d’extrême droite fondé par un ancien collaborateur qui, pendant la Guerre 39-45, était membre de l’association des Amis du Grand Reich Allemand. Plusieurs élus et dirigeants frontistes proviennent des rangs d’une formation politique néonazie, le Parti des forces nouvelles. C’est le cas de Patrick Cocriamont (député fédéral) ou de Patrick Sessler (le secrétaire général du FN jusqu’il y a récemment).

 


Léon Degrelle, référence des néonazis, ici en compagnie de Koen Dillen, fils du fondateur du Vlaams Blok. Koen Dillen est actuellement député européen du VB (document RTBF).

De nos jours, l’extrême droite parlementaire reste soutenue par des organisations ouvertement néonazies ou néofascistes (Altaïr, Renaissance européenne – Terre et Peuple wallonie, Voorpost, Vlaamse jongeren Mechelen, Blood and Honour…). D’ailleurs, c’est un cercle de réflexion politique se revendiquant du nazisme, du nom de Were Di, qui est à la base du manifeste de fondation du Vlaams Blok. Son fondateur et actuel président d’honneur, Karel Dillen, dirigea autrefois Were Di.


Aux Etats-Unis, l’extrême droite est bien moins « politiquement correcte » qu’en Europe. Elle défile sous ses vraies couleurs, comme ici les nervis du « Mouvement national-socialiste », en juin 2005.

Influence nazie pour le VB
Le 18 novembre 1992, le Parlement flamand vote une motion qui condamne le programme « anti-immigrés » du Vlaams Blok et affirme que celui-ci s’inspire directement des lois racistes de l’Afrique du Sud, à l’époque de l’apartheid, et de la dictature d’Adolf Hitler en Allemagne. Aujourd’hui encore, le VB revendique une Flandre indépendante fondée sur une « communauté homogène », c’est-à-dire une « race pure », comme hier, les nazis. Enfin, en novembre 2004, lorsque le Vlaams Blok devient le « Vlaams Belang », il se choisit un nouveau sigle : le dessin d’un lion flamand qui jusqu’alors était utilisé par une association d’anciens combattants flamands… nazis ! Un hasard, comme de bien entendu.

N’oublions donc jamais ceci : qu’elle soit radicale ou BCBG, le l’extrême droite entretient toujours, aujourd’hui, des sympathies nazies.

Manuel ABRAMOWICZ

© RésistanceS – www.resistances.be - Bruxelles – Belgique – 23 septembre 2005

 


Document
« Certaines des propositions soutenues par le Vlaams Blok sont directement reprises du programme en cinquante points du Front national (français). Elles ont pour but d’isoler les immigrés et de les exclure peu à peu de la vie sociale ; par là, elles tendent à instaurer un régime d’apartheid et rappellent le traitement infligé par les nazis, à partir de 1933, aux citoyens juifs en Allemagne ».
Parlement flamand, extrait d’une motion votée par les partis démocratiques, le 19 novembre 1992.


Définitions

Nazisme
Idéologie fondée dans les années vingt en Allemagne, le nazisme est aussi le système politique qui fut mis en place, entre 1933 et 1945, par le parti NSDAP d’Adolf Hitler. Cette doctrine idéologique préconise l’établissement d’un Etat dictatorial basé sur une « communauté homogène » (voir plus bas). La dictature nazie est responsable de la mort de millions d’êtres humains durant la Deuxième Guerre mondiale. Le nazisme fut condamné par la justice internationale au cours du procès de Nuremberg. Aujourd’hui, il existe encore des nostalgiques du nazisme : ce sont les néonazis. Ceux-ci sont à l’origine de la fondation des partis antidémocratiques, comme le Vlaams Blok, le Front national français ou son homonyme belge.

Communauté homogène
Ce terme est utilisé régulièrement dans les publications du Vlaams Blok / Belang. Ce dernier préconise la fondation d’un Etat flamand indépendant. Selon les théoriciens blokkers, la base structurelle de ce dernier doit être constituée d’une « communauté homogène ». Dans l’idéologie nationaliste germanique, celle défendue par le VB depuis sa création, la « communauté » se réfère directement au peuple. Ce parti se bat donc pour la création d’un pays réservé à un peuple – le peuple flamand - d’une même nature organique, soit un peuple racialement pur. Au même titre que les plans des nazis pour l’Allemagne, après leur arrivée au pouvoir en 1933, les plans des « blokkers » sont clairement la création d’un Etat raciste fondé sur une « communauté homogène ».

Ces deux définitions sont extraites du « Guide des résistances à l’extrême droite » (RésistanceS – éditions Labor).


Pour mieux approfondir ce sujet / A lire encore sur RésistanceS :

Were Di – Vlaams Blok, même combat

Staf De Clercq, un collabo nazi de référence pour le Vlaams Blok

Quelle est la véritable idéologie du Blok ?

Qui est réellement Filip Dewinter ? :

Roeland Raes, un idéologue de la « race blanche »

Un héritier de Léon Degrelle au Vlaams Blok

Les liens entre le VB et le VMO néonazi

Le Blok est négationniste

Les liens du FN avec le néonazisme

Un néonazi désigné député FN

Dossier Antisémitisme :

Dossier Négationnisme