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Quand Leskens… écrit
!
Contre les « spéculateurs cosmopolites
» de la « haute finance »

Couverture de la brochure du Front de la jeunesse
écrite, en 1983, par Daniel Leskens, membre de la direction
du Front national et assistant parlementaire de son député
fédéral, Patrick Cocriamont (document : Archives-RésistanceS).
Depuis sa première prise d'armes
politiques dans les années 70, Daniel Leskens écrit
des courts textes à vocation idéologique ou poétique,
dans lesquels l'actuel dirigeant du Front national n'a jamais caché
son rattachement dogmatique. Comme le prouve sa brochure « Combat
nationaliste » qu'il avait éditée en janvier 1983
pour le compte du Front de la jeunesse. Dans celle-ci, il est question,
entre autres, « d'obscures puissances d'argent », d'une
« bande de spéculateurs cosmopolites », de «
multiples complots anti-nationaux », de « la dictature
du capital bancaire, apatride et vagabond », de « la haute
finance », des « martyrs de l'Algérie française
», de la « bolchévisation », de « notre
peuple », de « notre race »...
Voici quelques extraits de ce texte édifiant,
mettant en lumière la sale face de l'extrême droite :
Texte dédié à ses
« camarades » (sic) Patrick Cocriamont et Daniel Derbaudrenghien.
Le premier, actuellement député fédéral
du Front national, est son ami de toujours . Le second, comme Leskens,
collaborait à « Forces nouvelles », le journal
du Front de la jeunesse et du Parti des forces nouvelles, et à
la revue « Altaïr ». Daniel Derbaudrenghien fut aussi
membre du Front nationaliste populaire (FNP), un groupuscule néorexiste
des années 70, le responsable du Cercle de liaison et d'action
nationaliste (Clan) et adhéra en 1985 à l'association
des Amis de Robert Brasillach (voir plus bas). A leur attention, Daniel
Leskens écrit :
« (...) J'espère qu'ils
n'oublieront jamais le vif soleil de l'Idéal qui illuminait
nos frêles empires adolescents. Que toujours vive en leurs
coeurs le souvenir de cette époque bénie où,
jeunes militants nationalistes-révolutionnaires, nous étions
convaincus qu'il suffisait d'un livre, d'un fusil et d'une poignée
d'amis fidèles pour libérer l'Europe du matérialisme.
Qu'ils poursuivent la lutte, jusqu'à la victoire finale,
respectueux de l'exemple de nos maîtres : Robert Brasillach
et Henry de Montherlant », respectivement idéologue
français pronazi durant la Deuxième Guerre mondiale
et écrivain de droite récupéré par l'extrême
droite (page 3 de la brochure de Daniel Leskens).
« (....) la démocratie
ne représente rien d'autre que la dictature d'une majorité
de rencontre. Cette majorité est l'expression d'une opinion
publique fabriquée par la Grande Presse, elle-même
manipulée par d'obscures puissances d'argent... (...)
».
La démocratie n'est donc, en fin de compte, que le règne
implacable d'une bande de spéculateurs cosmopolites, bernant
le citoyen avec la complicité des chefs de partis (...)
» (page 8).
« Parlement : lieu où
l'on parle et où l'on ment, afin de masquer les multiples
complots anti-nationaux : capitalisme, maçonnerie, mondialisme,
communisme...
Au sommet de (ses) quatre piliers (du Parlement), réfugiés
derrière l'anonymat, les créatures de MM. Brzezinski,
Rothschild, Rockfeller, Oppenheimer et consorts tentent de mettre
en place la dictature du capital bancaire, apatride et vagabond
» (p. 9), cette dernière expression est directement
reprise de la propagande antisémite du régime nazi.
« Le Nationalisme est bien,
comme le patriotisme, une histoire d'amour entre un individu et
le sol qui l'a vu naître. Mais il enracine aussi cet individu
au sein d'une communauté populaire, culturelle et spirituelle
» (p. 13).
« De Charles Maurras aux
martyrs de l'Algérie française, nombreux furent les
cadres et militants qui contribuèrent au péril de
leur vie à endiguer la marée rouge déferlant
sur l'Europe. Tous ces hommes, bien que fort différents entre
eux, avaient un idéal commun : réagir contre la faiblesse
des démocraties, corrompues par la haute finance, et empêcher
la bolchévisation de notre continent » (p. 13).
Entre l'écrivain nationaliste antisémite français
Charles Maurras et les « martyrs de l'Algérie française
», il y eut également les pouvoirs et les organisations
pronazies durant l'occupation allemande de l'Europe (1939-1945),
ainsi que les SS, l'élite militaro-politique d'Adolf Hitler
!
« Nous ne croyons plus à
la lutte des classes qui dresse les travailleurs les uns contre
les autres, mais à la collaboration de ceux qui construisent
ensemble en apportant chacun sa part. Cette solidarité doit
s'exercer en priorité au bénéfice des gens
de notre peuple, de notre race » (p. 18).
« L'immigration est une véritable
invasion. (Les étrangers représentent, en effet, dix
pour cent de la population du pays !) » (p. 19). Dans
son chiffre, Daniel Leskens, englobe alors tous les étrangers,
les non-européens et les européens compris : grecs,
français, espagnols, italiens... Etonnant pour un «
nationaliste européen » !
« Les partis traditionnels
ont ruiné le pays. Le régime a détruit toutes
les valeurs qui faisaient sa grandeur. Abattons au plus tôt
ce régime ! (...) érigeons un ordre social, économique
et politique nouveau » (p. 20). Une référence
claire à l'« Ordre nouveau », si cher
à l'extrême droite fanatique et nostalgique de l'Europe
nazie.
Pour rappel, Daniel Leskens est toujours aujourd'hui membre
de la direction du Front national de Daniel Féret, l'un des
piliers de la rédaction de son journal (« Le National
») et l'assistant parlementaire de son ami député
fédéral Patrick Cocriamont. Au FN, Leskens a recyclé
le corpus doctrinal de base du Front de la jeunesse.
La présence de tels individus
au coeur du « système frontiste » démontre
une fois de plus la vraie nature idéologique de l'extrême
droite.
(M.AZ) |
Sommaire de notre
dossier
Féret : exit !
La fin du « féretisme » ?
Un dossier de RésistanceS
coordonné par Manuel ABRAMOWICZ
- La fin du
« féretisme » ?
- Les derniers
serviteurs du « président-fondateur » (Cocriamont,
Leskens, Hance, Rorive, Petitjean, Verlinden)
- Qui va remplacer
Daniel Féret ?
- Document
: nouvelles accusations de cadres du FN contre Féret
- Document
: « Bande des quatre » et Féret : kif-kif ?
Toujours en ligne
sur
RésistanceS.be
Pour comprendre l'histoire du FN belge (fondé
en 1985) et les problèmes actuels de son « président-fondateur
» Daniel Féret, il est également utile de consulter
les articles de RésistanceS suivants :
- Portrait politique
de Daniel Féret
- Le président
du FN condamné pour racisme
- Le cercle Droite
et Modernité, le Front national de demain ?
- La chute de
la maison Féret ?
- Daniel Féret
et « son FN » : une espèce en voie de disparition
?
- Une rébellion
antinazie au FN ?
- Un néonazi
du FN désigné député ?
- Plus de trente-trois
dissidences au FN depuis sa création
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