RésistanceS.be 10-05-2011

Projecteur sur la «Facho-Pride» parisienne


La journée des (derniers) purs et durs de l'extrême droite

Depuis plusieurs années, au début du mois mai, la mouvance radicale de la droite nationaliste française se donne rendez-vous à Paris p our y défiler en rangs serrés. De manière martiale, para-militaire. A la mode «Ordre nouveau». Cette manifestation de force est cependant des plus folkloriques et marginalise encore plus ses représentants qui espèrent malgré tout toujours représenter l'avant-garde de l'alternative nationaliste au Front national lepéniste.

Le 8 mai dernier, ils n'étaient pas plus de 700 militants sur le pavé parisien, contre plus de 3 500, le dimanche d'avant, lors du défilé annuel du FN en l'honneur de Jeanne d'Arc. Voici le compte-rendu, réalisé par les spécialistes français du blog «Droite(s) Extrême(s)» (partenaire désormais de RésistanceS.be),  sur cette véritable «Facho-Pride» (M.AZ)

 

 

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En mai 2010, les mêmes néofascistes avaient déjà manifesté également de façon très martiale. Ils étaient cependant bien plus nombreux que lors de l'édition de cette année.


«La France est de retour, tous unis contre le mondialisme». C’est sous ce slogan qu’était convoqué ce dimanche matin, 8 mai, à Paris, le rassemblement traditionnel de l’extrême droite radicale, à l’appel du Comité du 9 mai (C9M), de Troisième voie (3e Voie) et des Jeunesse nationaliste-révolutionnaire (JNR), les deux mouvements dirigés par Serge Ayoub, de la Nouvelle droite populaire (NDP) de Roland Hélie et Robert Spieler, de Terre et Peuple de Pierre Vial, du Renouveau Français (RF) et du Groupe union défense (Gud). Fait notable: pour la première fois, un responsable du Parti de la France de Carl Lang, en l'occurrence son numéro deux, Thomas Joly, a assisté au défilé. L’an passé, M. Lang avait refusé de s’associer à l’évènement en raison de son caractère «sulfureux». A l’époque, il ne souhaitait pas se voir assimiler aux rangs - très skinheads - de l’extrême droite «hard».

Malgré une très large publicité donnée par les organisateurs à leur initiative, sur Internet et les réseaux sociaux, la participation est restée la même qu’en 2010 : environ 700 personnes. Un important dispositif de plusieurs centaines de policiers en tenue et de gendarmes mobiles avait été déployé dans le quartier Madeleine-Opéra-Pyramides c ar une contre-manifestation était organisée au même moment à l’appel de plusieurs organisations libertaires (CNT, Alternative libertaire) et du syndicat SUD-Étudiants, à un jet de pierre du premier défilé.


Nationalistes autonomes et électro néofasciste
Le défilé d’extrême droite était un test pour les Nationalistes autonomes (NA) et Troisième voie. Ces bannières ou appellations sont prisées des jeunes militants «durs» en province. Pour autant,  ce petit effet de mode n’a pas débouché sur une mobilisation massive, ce 8 mai. Plusieurs raisons peuvent être avancées : les NA, notamment dans l’Est de la France (Alsace et Lorraine) ont eu maille à partir avec la police, le milieu «nationalistes autonomes» semble extrêmement divisé et a du mal à s’organiser. S’agissant de 3e Voie, il est sans doute un peu tôt pour tirer des conclusions , sa création ne remontant qu’ à l’automne 2010. Par ailleurs  il est très difficile de faire le distinguo entre NA et le mouvement de Serge Ayoub : un même groupe réduit de militants se réclamant indifféremment de l’un ou de l’autre.

Le nouveau Groupe union défense d’Edouard Klein n’a pas non plus fait le plein de ses effectifs, alignant une petite trentaine de ses militants. On a également pu remarquer la présence de quelques militants du Mouvement d’action sociale (Mas), dont les relations ne sont pourtant pas au beau fixe avec Serge Ayoub, principal organisateur du défilé.

L’ambiance musicale, cette année, était un peu moins électro martiale que l’an passé. Les manifestants, au son des roulements de tambours, ont chanté les Lansquenets, et scandé le slogan favori des mouvements néofascistes : «Europe, Jeunesse, Révolution».

 

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Tous les symboles – ici la croix celtique - de l'extrême droite historique se retrouvaient ce 8 mai à Paris, lors de la manifestation des nationalistes pure et dure – Image Youtube.


Hooligans et étrangers
On a pu entendre aussi «La France aux Français», «Islam hors d’Europe» ou «Une terre, un peuple». On a vu également énormément de croix celtiques, du treillis, de la triplex et des docs. Des hooligans du PSG avaient aussi fait le déplacement. Et puisqu’aujourd’hui à l’extrême droite plus personne ne recule devant rien, l’indicatif de Radio-Londres et des messages aux Résistants ont été diffusés juste avant les prises de paroles.

La grande nouveauté du cru 2011 était la présence de plusieurs mouvements étrangers : les Belges de Nation sont venus de manière plus étoffée que l’an passé; il y avait aussi les Espagnols du MSR, mouvement néofasciste «d’extrême droite subversive». Il faut dire que Troisième voie organisait dans la foulée du défilé un meeting «inter-national solidariste», avec des représentants des deux partis précités, mais aussi de Genève non-conforme, du mouvement flamand NSA et les Italiens de Sinistra Nazionale.

[article publié, le 8 mai 2011, sur le blog d'informations français «Droite(s) Extrême(s)». Republié sur RésistanceS.be, avec l'autorisation de ses auteurs, Abel Mestre et Caroline Monnot, journalistes au quotidien français Le Monde. Titre, chapeaux et sous-titres de RésistanceS.be]

 

Mesures frontistes anti-radicaux


Quand le FN surveille les activités de ses cadres



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Skinheads des JNR et du mouvement 3e Voie de Serge Ayoub, le 8 mai dernier dans les rues de Paris. Ils sont désormais persona non grata au Front national de Marine Le Pen – Image Youtube

Vendredi 6 mai, la consigne est tombée, à l’avant-veille de deux rendez-vous traditionnels de l’extrême droite : la manifestation des groupes radicaux le dimanche 8 mai au matin (revoir notre compte-rendu ci-dessus) et celle, l’après-midi, des catholiques traditionalistes et intégristes de l’Institut Civitas, notamment dirigé par le Belge Alain Escada, ancien porte-parole du très national-libéral Front nouveau en Belgique, puis partenaire du Front national belge.

Un courrier, signé de Steeve Briois, le secrétaire général du FN, a été envoyé à tous les membres du Conseil national (le «parlement» du parti). Dans cette lettre que «Droite(s) extrême(s)» s’est procurée, M. Briois indique que : «Les adhérents, cadres et militants du Front national, ne doivent en aucun cas participer à des manifestations organisées par des partis et organisations politiques, autres que le Front national, sans avoir préalablement demandé l’autorisation à la direction du mouvement. Je vous demande de respecter scrupuleusement cette consigne». Une décision adoptée «à l’unanimité» du Bureau exécutif (le gouvernement du parti, composé presque exclusivement de «marinistes»).

On ne sait pas si l’Institut Civitas peut être qualifiée «d’organisation politique». Il n’en demeure pas moins que plusieurs cadres du FN (toutes tendances confondues) étaient présents à son défilé.

[article du blog d'informations français «Droite(s) Extrême(s)», republié avec l'autorisation de ses auteurs, le 10 mai 2011, sur RésistanceS.be]

 


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© «Droite(s) Extrême(s)» / RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Articles mis en ligne le 10 mai 2011.

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Un reportage réalisé par «Droite(s) Extrême(s)», un blog d'informations proposé par Abel Mestre et Caroline Monnot, journalistes au quotidien français Le Monde. Leur but : décrypter les populismes de droite.

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Sur l'extrême droite française, lire notamment sur RésistanceS.be :

Le nouveau Front national est-il arrivé ?

Panorama de l'extrême droite française atomisée

Après le Front national, la Nouvelle droite populaire ?

Lepénisation des esprits...La fin de l'identité nationale ?

La guerre des clans frontistes, Marine contre Bruno

L'Ordre nouveau déstabiliséface à Mai 68

etc. etc

 


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