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Dans les coulisses de l’extrême droite francophone

Une information exclusive de RésistanceS

Le Front National
divulgue son propre carnet d’adresses

Le « président à vie » du Front national, Daniel Féret, un « nazi inavoué » (1), dévoile publiquement son carnet d’adresses électroniques comprenant 524 adresses. Un cadeau de Noël ainsi fait à « RésistanceS » dont les sympathisants et autres affiliés du Front national regretteront leur inscription à la « mailing-list féretiste ».

Dans un courrier électronique daté du 19 décembre 2003 et adressé à ses sympathisants, membres et « camarades », le président du Front national belge (FN) dévoile son carnet d’adresses par la même occasion. Plutôt que de mettre la liste des destinataires en « copie conforme invisible », comme c’était d’ordinaire le cas pour les précédents communiqués, voilà que chacun des destinataires reçoit la liste des 524 sympathisants électroniques.
Une gaffe dont le FN se serait bien passée. Car en matière de protection de la vie privée, il n’y a pas meilleure bourde qu’en livrant le carnet d’adresses d’un parti extrémiste et liberticide. Alors même que l’extrême droite se plaint continuellement d’être l’objet d’enquêtes de la part des services de renseignements de la Police fédérale ou de la Sûreté de l’état, il leur livre les noms et les adresses de sympathisants.

Une galaxie frontiste et néonazie
En outre, il livre aussi les liens que le FN belge entretient avec des groupuscules néofascistes étrangers. Comment en effet expliquer que la communication du FN est destinée au Movimento fascismo e liberta (groupuscule italien luttant pour la réhabilitation de Benito Mussolini !), aux néonazis de Fuerza nuova, au National front écossais, au Front national français, au Vlaams Blok ? Le FN belge a-t-il des comptes à rendre à David Irving (condamné à Londres pour négationnisme) ? Pourquoi vouloir informer les nostalgiques anglais de Oswald Mosley (le fondateur de l'ancien parti nazi britannique dans les années trente). Que dire aussi du Den Svenske, organe de presse antisémite et négationniste suédois (le magazine tire par ailleurs son nom d’une publication nazie des années ’40) ? Ou encore du NSF, le Front nazi suédois ? Etc…

Les sympathisants adhérant à la mailing-list du Front national savaient-ils dans leur ex-anonymat qu’ils étaient ainsi associés au fascisme et au nazisme ?

« RésistanceS » décortiquera cette liste d’adresses électroniques durant les semaines à venir et vous rendra compte de ses conclusions, mais nous pouvons dès à présent retenir que derrière un « gugusse » peut se cacher la bête immonde.

DL

Pour mieux faire connaissance avec Daniel Féret :

Féret un portrait


(1) « Nazi inavoué » n'est pas un terme diffamatoire. En effet, la Cour européenne des Droits de l'Homme (CEDH) vient de réhabiliter un chroniqueur autrichien qui avait qualifié de « nazis inavoués » les mandataires politiques du FPÖe (le parti d’extrême droite autrichien de Jorg Haider, enfin du moins, quand il ne démissionne pas). Dans un premier temps condamné par la justice autrichienne, la CEDH casse le jugement estimant que le fait de qualifier un mandataire politique de « nazi inavoué » n'était pas une diffamation mais « un jugement de valeur sur un important sujet d'intérêt public ».


© RésistanceS – Bruxelles – 22 décembre 2003