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Dans les coulisses de l’extrême droite francophone

Les dernières (mauvaises) nouvelles du Front national belge

En cette fin d’années 2003, « RésistanceS » vous propose quelques petites nouvelles du Front national de Belgique. Souvent mauvaises pour lui…


Féret est « gugusse » à la Chambre
Lors d'une récente séance plénière à la Chambre des députés fédéraux, la Ministre de la Justice, Laurette Onkelinx (PS), a remis Daniel Féret à sa place: « Faire le gugusse et dire n'importe quoi n'aide pas les gens ! ».

Le procès du FN reprendra le 6 janvier prochain
Poursuivis pour incitation à la haine raciale, le procès du « gugusse », « nazi inavoué » (1), et de son déjà ancien collaborateur, Georges-Pierre Tonnelier (ex-membre de la direction du Front nouveau de Belgique), reprendra le mardi 6 janvier 2004.

Collusion d'intérêts
Maître Delacroix, qui défend les intérêts du Front national au procès mentionné ci-dessus et intenté par le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme, est également sénateur FN.
Collusion d'intérêts ? Le sénateur a déposé une proposition de loi visant à supprimer le Centre pour l'égalité des Chances, son adversaire judiciaire.
Le sénat a rejeté la prise en considération de cette proposition.

Changement de collaborateur...
Collaborateur du député Féret à la Chambre, Georges-Pierre Tonnelier n'y travaille plus. En prévision du procès ? Il est vrai qu'il faut posséder un casier vierge pour travailler auprès d'un député...

 

(1) « Nazi inavoué » n'est pas un terme diffamatoire. En effet, la Cour européenne des Droits de l'Homme (CEDH) vient de réhabiliter un chroniqueur autrichien qui avait qualifié de « nazis inavoués » les mandataires politiques du FPÖe (le parti d’extrême droite autrichien de Jorg Haider, enfin du moins, quand il ne démissionne pas). Dans un premier temps condamné par la justice autrichienne, la CEDH casse le jugement estimant que le fait de qualifier un mandataire politique de « nazi inavoué » n'était pas une diffamation mais « un jugement de valeur sur un important sujet d'intérêt public ».

© RésistanceS – Bruxelles – 22 décembre 2003

 


Droits de réponse

George-Pierre Tonnelier, assistant parlementaire d’extrême droite, réagit

Suite à notre article du 22 décembre 2003 sur les dernières mauvaises nouvelles du Front national (FN http://www.resistances.be/feret03.html ), groupuscule d’extrême droite, nous avons reçu deux droits de réponse de George-Pierre Tonnelier. Ce dernier est l’un des responsables et un candidat régulier de l’extrême droite francophone. Il fut tour à tour le “ bras droit ” de Daniel Féret, président du FN, celui de Marguerite Bastien, la fondatrice et la dirigeante jusqu’en 2001 du Front nouveau de Belgique (FNB) et à nouveau celui de Daniel Féret, jusqu’il y a peu. Suite à la distribution d’une propagande que nous jugeons insultante vis-à-vis de concitoyens belges ou d’origine étrangère, tant le FN que le FNB sont actuellement poursuivis devant nos tribunaux pour racisme, via leurs éditeurs responsables respectifs. Par ailleurs, la majorité des “ partenaires politiques ” et les références idéologiques de ces mêmes partis – dont fut et est membre Tonnelier - sont connues pour leur appartenance à l’extrême droite la plus radicale, voire néonazie…

Toujours actif au sein du FN, George-Pierre Tonnelier est devenu depuis les élections législatives de 2003 l’assistant parlementaire du sénateur FN Michel Delacroix. Il est également poursuivi devant les tribunaux, suite à une plainte déposée par le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, sur base de la loi antiraciste. Conformément à la loi sur le droit de réponse, voici les deux droits de réponse adressés à notre rédaction par George-Pierre Tonnelier.
Résistances


Premier droit de réponse
Vous laissez sous-entendre que je ne travaille plus pour le député Daniel Féret, à la Chambre, à cause de l’obligation pour le collaborateur d’un député de posséder un cassier judicaire vierge. C’est tout à fait faux. Etant étudiant en droit, je travaille actuellement pour le sénateur Michel Delacroix, qui est également avocat, dans un domaine donc plus en rapport avec ma formation. Cela est sans rapport avec l’issue du procès sus-mentionné, à propos de laquelle je ne doute pas qu’elle établira mon innoncence quant aux préventions retenues contre moi.

Second droit de réponse
Vous mentionnez espérer que le procès dont je suis actuellement l’objet se conclura par une condamnation à de la prison, à l’instar de celle qui vient de frapper Hubert Defourny. C’est là montrer une bien grande méconnaissance du cas d’espèce où les faits que me sont reprochés ne peuvent aboutir dans un Etat de droit, à une condamnation. En effet, ceux-ci – à savoir la rédaction d’un tract opposé à la présence d’un centre pour réfugiés dans ma commune de Woluwe-Saint-Pierre - ne peuvent être considérés comme du racisme que dans un contexte de malhonnêteté intellectuelle visant à assimiler toute opposition à la gestion par les autorités publiques d’un phénomène d’immigration, à de la haine raciale, transformant ainsi l’expression d’une opinion politique en délit, passible des Tribunaux. Sachez également qu’en tant que Chrétien, je condamne le racisme, et que, contrairement à ce que vous affirmez, je ne souhaite en aucun cas utiliser la démocratie pour la saborder. Je souhaite, bien au contraire, pour notre pays, plus de liberté, de liberté d’expression, surtout.

Georges-Pierre Tonnelier
Assistant parlementaire
Etudiant en droit
Bruxelles, 6 janvier 2003