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Changement de sexe linguistique en vue
pour le FN ?

Dans un communiqué, le bureau politique du Front national, présidé par l’inamovible Daniel Féret, exprime son intention de constituer, avec « un parti flamand », un levier de blocage des institutions bruxelloises.

On savait déjà que le Vlaams Blok rêvait de provoquer le blocage du Parlement bruxellois. Le plan était simple : rendre le Vlaams Blok incontournable au niveau de la composition de la composante flamande du Parlement bruxellois, et à partir de là, agir en tant que grain de sable dans l’engrenage et provoquer rien moins que l’éclatement de l’Etat belge.
Or, voici que le Front national, certes de la même famille politique que le Vlaams Blok, mais, depuis sa création en 1985 jusqu’aujourd’hui, francophone et unitariste, envisage de changer de sexe linguistique en vue de s’allier avec le Vlaams Blok dans son plan de paralysie des institutions bruxelloises.

La cause de cette soudaine conversion ? Les modifications de la loi électorale, jugées défavorables au FN.

Pour parvenir à ses fins, le Front national devra cependant surmonter quelques obstacles, et non des moindres : ainsi, depuis 1989, l’appartenance linguistiques des candidats aux élections régionales bruxelloises est figée. Ce qui signifie que, si le FN veut se présenter en tant que parti flamand, il ne pourra présenter que des candidats dont le nom n’a jamais figuré, depuis 1989, sur une liste francophone… Il faudra également que chacun des candidats présentés par le FN « flamand » soit présenté soit par un élu du groupe linguistique flamand, soit par 500 électeurs de ce groupe linguistique.

Il ne faudrait donc pas s’étonner de voir le Front national commencer bientôt à courtiser les électeurs flamands de la capitale…

À l’heure où nous rédigeons ces lignes, le programme du Front national n’est pas disponible via leur site. Où on nous le promet pourtant pour la mi-janvier… La cause en serait-elle à un retournement de veste opportuniste, destiné à faire d’un parti jusqu’ici partisan de la Belgique unie et « ethniquement pure », un parti ouvertement séparatiste et flamand ?

Nadia Geerts

© Résistance – Bruxelles – 24 janvier 2004.