RésistanceS 07-01-2008

Enquête sur une mouvance littéraire bien particulière


Le who's who des auteurs des éditions Dualpha et Déterna


En août dernier, RésistanceS publiait une enquête suite à l'ouverture à Liège de Primatice, une librairie liée à l'extrême droite française. Son patron : l'écrivain et publiciste Philippe Randa, propriétaire également d'une société de vente par correspondance et des éditions Dualpha et Déterna. Dans le catalogue de ces dernières, les livres édités sont présentés de façon généraliste et ne laissent donc pas nécessairement deviner leur véritable nature idéologique. Les curriculum vitae de leurs principaux auteurs démontrent pourtant la véritable orientation politique des éditions de Philippe Randa. RésistanceS a portraitisé une bonne partie d'entre eux. Parmi ceux-ci, il y a aussi quatre Belges.


Quelques couvertures de livres d'extrême droite publiés chez Dualpha et Déterna, maisons d'éditions de Philippe Randa – Document : RésistanceS.


Alain de Benoist
Auteur chez Dualpha en 2004 de la « Bibliographie générale des droites françaises ». Il est né en 1943 et va faire partie, en 1969, du noyau fondateur du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (Grece). Le Grece sera à l'initiative de la Nouvelle Droite (ND), le courant intellectuel de l'extrême droite proposant alors une nouvelle stratégie pour la prise du pouvoir, notamment via le « combat culturel » (alors propre à la gauche) et la réunification des droites au sein d'un seul et même parti. Alain de Benoist deviendra bien vite, au milieu des années 1970, l'idéologue le plus en vue de la ND.

Mais son parcours politique avait déjà débuté bien avant. A l'âge de 17 ans, il publie son premier essai politique et adhère à la Fédération des étudiants nationalistes (Fen). Cette Fen est en contact avec l'Organisation armée secrète (OAS), luttant par des actions terroristes contre l'indépendance de l'Algérie française. Alain de Benoist va aussi collaborer dans ces années 1960 à diverses publications racialistes et national-européennes : « Défense de l'Occident » (du néofasciste Maurice Bardèche), « Europe-Action »... En 2007, il reste le principal dirigeant du Grece, toujours actif mais dont l'attrait n'est plus le même qu'il y a trente ans. Le philosophe français Raymond Aron avait affirmé qu'Alain de Benoist lui « rappelle irrésistiblement les fascistes ou les nationaux-socialistes ». Tout en précisant : « je ne l'accuse pas d'être l'un deux, je dis qu'il pense souvent de la même manière qu'eux » (1).

 


Francis Bergeron
Auteur chez Dualpha en 2006 du « Dictionnaire du collectionneur politiquement incorrect » et co-auteur la même année (avec Philippe Randa) du « Dictionnaire commenté de livres politiquement incorrects ». Francis Bergeron a été un des proches collaborateurs de Jean-Pierre Stirbois, le dirigeant du solidarisme français, l'un des importants courants de l'extrême droite des années 1970 et pilier radical du Front national français. Collaborateur de « Présent », quotidien national-catholique d'extrême droite, Francis Bergeron est également l'auteur de divers livres de propagande : « Guide des citations de l’homme de droite (exemples : Pétain, Brasillach, Le Pen, Stirbois...), « De Le Pen à Le Pen : une histoire des nationaux et des nationalistes sous la Ve République » chez l'éditeur catholique Dominique Martin Morin, en 1986, du « Guide de l'homme de droite à Paris » aux éditions d'extrême droite du Trident, en 1989, de « Léon Daudet » publié aux éditions Pardès, en 2007... Plusieurs des livres de Francis Bergeron ont été illustrés par des dessins de Chard, caricaturiste vedette de « Rivarol », un hebdomadaire nostalgique de l'Ordre nouveau.

 


Gilbert Sincyr
Auteur chez Dualpha en 2006 de « L'épopée d'Aetius, dernier général de la Rome antique » et cette année de « La chaussée des martyrs ». Cet ancien secrétaire général du Front national français fut également un membre actif du Grece (revoir la notice d'Alain de Benoist). Après des conflits internes survenus au sein de cette organisation, il fonde en 1993 une nouvelle structure, Synergies européennes, avec le belge Robert Steuckers (également dissident du Grece). Sincyr et Steuckers vont tenter, sans succès, de concurrencer le Grece d'Alain de Benoist. Cet intellectuel français poursuit désormais son combat en publiant des livres chez Philippe Randa.

 


Jean Mabire
Auteur en 2006 de « Que lire ? », il avait réédité chez Dualpha son célèbre livre « La Division Charlemagne ». Cette « division » regroupait les volontaires français de la SS durant l'occupation nazie.

Ce militant, écrivain et journaliste français d'extrême droite, récemment décédé (en 2006), a collaboré à plusieurs titres de la presse dite nationaliste : « Défense de l'Occident », « L'Esprit Public », « Europe-Action », « Minute », « National-Hebdo » (un journal lié au FN de Jean-Marie Le Pen), « Eléments » (organe du Grece)... Après avoir accompagné les premiers pas du Grece, Jean Mabire se rapproche de ses dissidents qui fondent ensuite Terre & Peuple (T&P). Conduit par Pierre Vial (ex-dirigeant du FN lyonnais), le mouvement identitaire et racialiste T&P revendique la constitutution d'une Europe basée exclusivement sur son héritage ethnique (celui des « peuples blancs ») et religieux (le paganisme pré-chrétien). Son approche doctrinale s'arc-boute sur la plus pure tradition partagée jadis par le courant païen des SS... Jean Mabire était l'un des meilleurs spécialistes de ce corps d'élite du régime nazi.



Henri De Fersan
Auteur en 1999 chez Dualpha du livre « La malédiction du Titanic ». Ce nom est utilisé comme pseudonyme par Christophe Picard. Sous le nom d'Henri De Fersan, il est l'auteur du livre « Le Racisme antifrançais » (en 1997, publié aux éditions néofasciste de L'AEncre), puis l'année suivante du « Racisme anti-français et anti-chrétien » et de « L'Imposture antiraciste » en 2001. Ce jeune militant d'extrême droite (il est né en 1969) avait rejoint les rangs du FN lepéniste en 1991. Après 1998, il suit les dissidents mégretistes au sein du Mouvement national républicain. Henri De Fersan est également lié à l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif), d'obédience nationale-catholique. Aujourd'hui, De Fersan préside le Parti français chrétien (PFC). Ce PFC est un groupuscule national-catholique (apparu en 1984) proche des thèses idéologiques de Léon Degrelle, l'ex-chef de l'extrême droite belge des années 1930. Henri De Fersan ne cache par ailleurs pas son soutien à Vincent Reynouard (2). Bien connu des lecteurs de RésistanceS, ce négationniste néonazi (il fut l'un des dirigeant du Parti nationaliste français et européen, PNFE) s'est exilé en Belgique suite à ses ennuis judiciaires en France.

 


Jean Desgranges
Auteur du livre « Les crimes masqués du Résistantialisme », réédité en 2003 chez Dualpha. Ce livre de l'abbé Jean Desgranges (né en 1874) date de 1948 et fut réédité une première fois en 1998 par les éditions de L'AEncre. Philippe Randa, le dirigeant-fondateur de Dualpha, était lié à ses éditions parisiennes spécialisées en ouvrages néonazis et négationnistes. Les versions contemporaines (1998 et 2003) de ce livre de Jean Desgranges sont préfacées par André Figuéras, un ancien résistant qui rejoindra ensuite les rangs catholiques intégristes et le Front national français où il côtoya d’anciens « collabos ».

 


Jean-François Chiappe
Auteur de « La Vendée en armes », réédité en 2006 chez Dualpha. Ecrivain français, il a reçu en 1983 le Grand Prix Gobert octroyé par l'Académie française. Connu pour son appartenance à l'ultradroite monarchiste, dès 1958, Jean-François Chiappe va collaborer au journal « Rivarol », nostalgique du régime fasciste de Vichy. Il présidera l'Association des amis de « Rivarol ». Son parcours politique va le conduire jusqu'au Front national. Dès 1974, il siège au comité central du FN et sera même pour un moment le vice-président des frontistes. Il a encore vice-présidé l'Association professionnelle de la presse monarchique et catholique.

 


Nicolas Tandler
Auteur chez Dualpha de l'ouvrage « Les secrets de Lénine » en 2005. C'est un ancien activiste des mouvements néofascistes Jeune Nation et Occident, dans les années 1960. Après un passage dans les rangs gaullistes (au RPR de Jacques Chirac) on le retrouve en 1988 au Front national de Le Pen. Spécialiste de l'anticommunisme, il poursuit aujourd'hui ses conférences sur le sujet. Comme en octobre 2006 auprès d'un cercle national-catholique d'extrême droite.

 


Roland Gaucher
Auteur chez Dualpha en 2007 (avec Philippe Randa) du livre « Les rescapés de l'épuration, Marcel Deat et Georges Albertini ». Roland Gaucher fut le nom utilisé par Roland Goguillot (1919-2007). Venant des rangs de l'extrême gauche, il passe durant l'occupation nazie à la direction du Rassemblement national populaire, l'un des principaux mouvements collaborationnistes. Condamné à la Libération aux travaux forcés à vie, il est néanmoins amnistié et libéré en août 1948.
Ce qui lui permet de poursuivre son engagement à l'extrême droite : à la revue « Est Ouest », au journal « Minute », parmi les fondateurs en 1972 du Front national, en 1974 au Parti des forces nouvelles (dissidence du FN)...

En 1979, il réintègre le FN et cinq ans plus tard met sur pied son nouvel hebdomadaire, « National-Hebdo ». Roland Gaucher a aussi été conseiller régional et député européen pour le compte du parti de Jean-Marie Le Pen. Lors de son décès, le 26 juillet dernier, plusieurs organisations et publications françaises d'extrême droite lui rendirent un dernier hommage. En Belgique, ce fut le cas du mouvement Nation, dont le dirigeant-fondateur, Hervé Van Laethem, était très proche de Roland Gaucher.

 


Christian Bouchet
Auteur en 2005 chez Dualpha du livre « Les nouveaux païens ». Né en 1955, il est un leader de longue date de l’une des tendances les plus radicales l’extrême droite française. Actif en politique depuis le début des années 1970, il est passé par l’Organisation lutte du peuple (groupuscule qualifié de « nazi-maoïste »), le Mouvement nationaliste révolutionnaire, Troisième Voie, le Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne, Nouvelle Résistance, Unité radicale, le Mouvement national républicain (scission du FN de Le Pen), le réseau Radical... Christian Bouchet est également un spécialiste des sociétés secrètes, en particulier politico-religieuses. Il anime un site Internet, Vox-NR... Philippe Randa est l'un de ses chroniqueurs...

 


Olivier Grimaldi
Il a dirigé l'ouvrage collectif « Présence de José Antonio - 1936-2006 du mythe fasciste à la vérité historique » édité chez Déterna en 2006. Olivier Grimaldi (1954°) est un activiste français d'extrême droite de longue date : il fut notamment membre du mouvement Ordre Nouveau, du Parti des forces nouvelles (dans les années 1970-1980) et du comité Espace nouveau (regroupant dans les années 1990 des dissidents du FN). Il est surtout connu comme étant le président du Cercle franco-hispanique (CFH), dès son apparition en 1982. Le CFH se charge de cultiver la mémoire de l'Espagne franquiste et phalangiste. En effet, ce cercle propage toujours de nos jours les écrits idéologiques de José Antonio Primo de Rivera, le dirigeant de la Phalange espagnole, incarnant un fascisme version hispanique. Olivier Grimaldi et son CFH organisent chaque année des pèlerinages sur les traces de l'Espagne franquiste. Le CFH est soutenu par la plupart des courants de l'extrême droite, de la droite nationale populiste à la fraction néonazie de celle-ci. Olivier Grimaldi reste proche de l'OEuvre française, un groupuscule disciple de l'antisémite Henry Coston.


Philippe Alméras
Il est un des meilleurs spécialistes de l'écrivain controversé Louis-Ferdinand Céline. Il a consacré plusieurs ouvrages à celui-ci, dont certains publiés chez Dualpha. Philippe Alméras a également préfacé l'autobiographie de Michel Lajoye, un terroriste néonazi (voir la notice qui suit). Cette dernière a été publiée par les éditions dirigées par Philippe Randa.


Michel Lajoye
Auteur de « 20 ans, condamné à la prison à vie », un livre sorti en 2002 aux éditions Dualpha. En 1987, Michel Lajoye commet un attentat à la bombe contre un café fréquenté par des Nord-africains, dans une petite commune de Normandie. Arrêté, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Aujourd'hui, il coule toujours ses jours à l'ombre des murs d'une prison française. Michel Lajoye est un pur et dur : au début des années 1980, il milite déjà à l'extrême droite, en passant du Front national de Le Pen (qu'il jugera finalement trop mou) à l'OEuvre française, un groupuscule néofasciste et national-catholique intégriste. En prison, il prendra sa carte d'adhésion au Parti nationaliste français et européen (PNFE), ouvertement national-socialiste (nazi).

Pour retracer son histoire, Michel Lajoye publie en 2002 le récit de son parcours, aux éditions Dualpha. Son livre contient une lettre de soutien de Carlos, l'ancien terroriste et mercenaire international. Il est préfacé par Philippe Alméras et postfacé par Christian Bouchet, deux autres auteurs de Dualpha (revoir ci-dessus leur notice respective). En 2006, plusieurs personnalités issues des différents courants de l'extrême droite vont réclamer sa libération en lançant l'« Appel des 25 pour une grâce présidentielle de Michel Lajoye », initié par le Comité d'entraide aux prisonniers européens, une structure de défense des détenus d'extrême droite liée aux « Identitaires ». Parmi ses signataires, se retrouvent notamment… Philippe Randa, le patron de Dualpha, ainsi que le belge Marc Laudelout (voir notre encadré ci-dessous sur les auteurs belges de Dualpha).

 

Alexandre VICK


Notes :
(1) Raymond Aron : « Mémoires , 50 ans de réflexion politique », éditions Julliard, Paris, 1983, p. 701.
(2) Ce fut le cas, entre autres, dans plusieurs éditoriaux d'Henri De Fersan publiés dans son journal, le Libre Arverne : « Révolution nationale » (n°110, du 1er décembre 2004), « Il n'y a pas pire criminel qu'un humaniste » (n°214, du 23 novembre 2006)...


Les collaborateurs belges de Dualpha-Déterna

Les éditions françaises Dualpha-Déterna publient la plupart du temps des auteurs nationaux. Dans leur catalogue, on retrouve cependant la trace de quatre étrangers, de nationalité ou d'origine belge. Portraits.

Marc Laudelout
Auteur en 2003 chez Déterna (la deuxième maison d'éditions de Philippe Randa) de « Rivarol, hebdomadaire d’opposition nationale ». Marc Laudelout est par ailleurs le préfacier de « Robert Denoël, un destin », un livre écrit par un autre belge, Jean Jour (voir ci-dessous sa notice), et édité en 2006 par Dualpha. Spécialiste et surtout admirateur inconditionnel de l'écrivain français Louis-Ferdinand Céline, Marc Laudelout consacre à celui-ci son militantisme. Depuis 1979, il édite un périodique entièrement consacré à l'auteur du « Voyage jusqu'au bout de la nuit », aux autres céliniens, aux études et à l'actualité céliniennes. C'est une passion indéfectible. Mais aussi une quête sans nuance visant à la réhabilitation complète d'un écrivain qui fit de son antisémitisme littéraire un succès durant l'occupation nazie. Les céliniens les plus orthodoxes péchent par leur obstination à apporter des justifications alambiquées aux propos de Céline. De plus, leurs connivences avec l'extrême droite sont légion.

Au début des années 1990, après avoir collaboré au « Nouvel Europe magazine » (un journal d'ultradroite visant notamment à relativiser la période collaborationniste), Marc Laudelout eut des contacts directs avec le Parti des forces nouvelles, un groupuscule néofasciste belge soutenu par Léon Degrelle. A l'heure actuelle, comme auteur d'articles sur Céline, il poursuit sa collaboration avec « Rivarol ». Le livre qu'il a publié chez Déterna, en 2003, retrace l'histoire de ce journal visant à l'unité de la droite nationaliste et resté profondément partisan de l'Ordre nouveau. Avec Georges Hupin, le leader de Terre & Peuple Wallonie (branche locale d'un mouvement racialiste actif surtout en France), Marc Laudelout est l’un des deux belges à avoir signé l'« Appel des 25 pour une grâce présidentielle de Michel Lajoye ». Ce dernier est un des autres auteurs de Dualpha. Militant néonazi, il fut condamné pour un attentat anti-immigrés (au sujet de Michel Lajoye: revoir la notice le concernant dans l'article ci-dessus).

 


Francis Verdavoine-Bourget
Auteur de « Génération et évolution humaines », un gros livre (616 pages) publié il y a quelques années aux éditions Dualpha. En août dernier, il a été réédité et réactualisé chez le même éditeur sous le titre de « Surpeuplement : Un drame planétaire ! » (654 pages), dans la collection « politiquement incorrect ».

Inconnu de l'édition belge, Francis Verdavoine-Bourget est le père de Xavier Verdavoine, le gestionnaire de Primatice-Liège, la librairie ouverte en juin 2007 par... Philippe Randa. L'ouvrage de Francis Verdavoine-Bourget est, selon sa présentation officielle publiée sur les sites de et liés à Randa : « une mise en accusation de l'insouciance humaine » face aux dangers qui annoncent la fin de « l'espèce humaine ». Dès lors, il n'est pas étonnant qu'il soit promotionné et vendu (au prix de 45 euros) par le journal « Rivarol », dont les articles alarmistes sur la fin de « l'homme blanc » orchestrée par le « cosmopolitisme » se publient à un rythme soutenu.

 


Pol Vandromme
En mars 2004, les éditions dirigées par Philippe Randa proposent un nouveau livre, « Les saisons de Drieu ». Son auteur est le journaliste belge Pol Vandromme. Il n'est pas officiellement « catalogué » à l'extrême droite, il serait même plutôt considéré comme socialiste. Cependant, Pol Vandromme fricote depuis belle lurette avec des hommes se situant « à la droite de la droite ». Les éditions Dualpha avait déjà réédité en 2002 un autre brûlot de Pol Vandromme, « La droite buissonnière », précédemment publié aux éditions des Sept Couleurs, fondées et dirigées par Maurice Bardèche, un des meneurs théoriques de l'extrême droite fasciste, beau-frère et collaborateur de Robert Brasillach, un des plus illustres écrivains français pro-nazi durant la Guerre 40-45.

Connexion étonnante ? Non, puisque Pol Vandromme figure encore aujourd'hui dans la liste des « soutiens » de l'Association des Amis de Robert Brasillach (ARB), avec des « personnalités » telles que Karel Dillen, le président-fondateur du parti néofasciste Vlaams Blok, Alain de Benoist, le dirigeant de la Nouvelle Droite française, ou Pierre Vial, leader racialiste d'extrême droite. Le livre « Les saisons de Drieu » de Vandromme est entièrement consacré à l'écrivain collaborationniste Drieu-La-Rochelle. L'écrivain belge est par ailleurs connu comme étant un célinien de la première heure. En effet, outre Drieu, Vandromme s'est passionné pour Louis-Ferdinand Céline, un de ces autres « écrivains maudits ». Il est même l'un de ceux qui ont permis à l'oeuvre de l'écrivain antisémite d'être ressortie des bibliothèques par la publication de sa biographie. Nous étions alors en 1963. Deux ans plus tard, Vandromme écrira « Maurras, l'église de l'ordre », consacré cette fois-ci à l'idéologue français du nationalisme intégral, un antisémite de la pire espèce (sur Charles Maurras, lire le dossier que RésistanceS lui a consacré en août 2007).


Extrait d'un catalogue des éditions Dualpha, avec une promotion d'un livre de Jean Jour, un de ses auteurs belges – Document RésistanceS.


Jean Jour
Ce liégeois est l'auteur de plusieurs ouvrages publiés chez Dualpha et le préfacier d'autres livres proposés par ce même éditeur. En 2000, il publie la « Guerre d'Espagne en images ». En 2003, il propose « Simenon, romancier-nu », consacré au célèbre écrivain liégeois de romans policiers. En juillet 2006, Jean Jour, toujours chez Dualpha, propose « Robert Denoël, un destin », pour retracer l'itinéraire de l'éditeur parisien également d'origine liégeoise qui fut notamment le « découvreur », dans les « années noires », du pamphlétaire antisémite Céline. Rien d'étonnant alors de savoir que ce livre de Jean Jour fut préfacé par le belge Marc Laudelout (revoir plus haut son portrait). Amoureux fou d'une certaine Amérique (où il vécut plusieurs années), Jean Jour avait apposé sur sa voiture le drapeau de l'armée sudiste, pro-esclavagiste et raciste à l'époque de la guerre de Sécession. Par ailleurs, Jean Jour collabore occasionnellement à plusieurs titres de la presse périodique, dont... « La Libre Belgique »...

[A.V]


© RésistanceS – Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 7 janvier 2008.


La croix celtique et le rat noir, les symboles de l'extrême droite fréquentée par Randa.


Plus d'informations ?
Sur les éditions d'extrême droite Dualpha et Déterna, leur patron Philippe Randa, leur réseau d'influence et leurs auteurs français et belges, il faut lire les articles de RésistanceS suivants :

La Fnac au service de l'extrême droite?

Philippe Randa, un éditeur au service de l'Ordre nouveau

L'extrême droite française s'installe à Liège


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Avec en communication : «Soutien 07/01/2008»