RésistanceS 12-12-2008

Suite du feuilleton «zizanie à l'extrême droite»

FN «rénové»... dégraissé ?


Apparu en septembre 2007, le Front national conduit par les dits «réformateurs» est en pleine crise interne. Dissidents et opposés au FN de Daniel Féret, ils avaient pourtant affiché leur unité. Ce n'était finalement que de la poudre aux yeux. Comme le confirment les dernières tensions internes. La «guerre des clans» aura-t-elle aussi lieu désormais au FN bis ?

 


Home page du blog de Charles Pire. Cet idéologue frontiste anti-Féret vient de fonder, avec un autre député régional, Charles Petitjean, la Fédération wallonne du Front national, un «Front dans le Front».


Le dernier communiqué de presse du FN «rénové», daté de ce 11 décembre et relatif aux actuelles émeutes en Grèce , n'est signé que par quatre membres de son bureau politique : Daniel Huygens (son nouveau président, depuis la démission de Michel Delacroix pour cause de scandale suite à la diffusion d'une vidéo antisémite ), Patrick Sessler (son député régional bruxellois et surtout son secrétaire général omniprésent), Jean-Pierre Borbouse (député wallon et chef de la section de Charleroi) et Quentin de Launois (le responsable du FN dans le Brabant wallon).

Jusqu'à récemment encore, les communications officielles du FN bis étaient signées par l'ensemble des membres de sa direction. Ce qui veut dire qu’en plus des dirigeants cités ci-dessus, il y avait également Charles Pire (député régional de l'arrondissement de Liège, auteur par ailleurs du «Manifeste» politique de ce FN) et Charles Petitjean (député régional de l'arrondissement de Charleroi). L'absence de leurs signatures dans les derniers communiqués de presse frontistes confirme la crise que vit actuellement le Front national «rénové».

Un «Front dans le Front»
En effet, les députés et dirigeants wallons Charles Pire (un ancien du Parti social-chrétien) et Charles Petitjean (un transfuge du PRL, droite libérale) animent aujourd'hui un courant interne au sein du parti d'extrême droite. Un courant opposé aux «radicaux» du Front national, conduits par les députés régionaux Patrick Sessler (Bruxelles) et Jean-Pierre Borbousse (Charleroi). Le premier provient des rangs de l'extrême droite néonazie et du Vlaams Belang, le second milita au PCN, une formation «national-bolchévique», avant de s'en faire exclure pour ses étranges comportements en interne et de rejoindre le Parti du Travail de Belgique, bien connu comme étant le fer de lance de l'extrême gauche dans notre pays. Les transfuges des partis traditionnels semblent donc avoir du mal avec les ex-militants de formations extrémistes pures et dures. D'autant plus que ces derniers ont été capables de prendre la présidence du parti, après le départ précipité de Michel Delacroix, en y plaçant un des leurs, le député régional Daniel Huygens. Un fidèle de Sessler. Donc un homme contrôlable... Face à lui, Charles Petitjean avait proposé sa candidature au poste de président frontiste. Sans succès.

Dans le but de renforcer leur positionnement en interne, et depuis leur mise en minorité au sein du bureau politique du parti, Pire et Petitjean ont annoncé la création d'une Fédération wallonne du Front national, c'est-à-dire un «Front dans le Front». Ils ne quittent donc pas leur parti. Leur calcul est simple : même si les divergences – idéologiques, stratégiques et personnelles – sont nombreuses entre les deux «clans» désormais adversaires officiellement, une division du FN et la mise en place d'une nouvelle formation électorale seraient totalement désavantageuses pour tout le monde. Résultat : par pragmatisme et opportunisme, le «clan de la droite national-libérale» (Pire-Petitjean) va continuer son combat politique avec ses rivaux du «clan des radicaux nationalistes et identitaires» (Sessler-Huygens-Borbousse).

 


Le logo de la dernière dissidence frontiste en date...


Une nouvelle scission...
Un autre opposant interne à la ligne majoritaire actuelle, Alex Quévy, a par contre décidé de claquer la porte du FN bis. Sa démission fait suite à la diffusion de la vidéo montrant le sénateur Michel Delacroix, le désormais ancien président de ce Front, fredonnant une chanson antisémite. Par sa démission, le FN des «réformateurs» perd un élu local : Alex Quévy siègera dorénavant comme conseiller communal «indépendant» dans la commune de Saint-Ghislain où il fut élu aux élections communales d'octobre 2006. L'ex-frontiste a aussi annoncé la création d'un nouveau parti politique, dissident du FN : les Forces démocrates wallonnes (FDW).

Un émiettement bien habituel dans l'histoire du Front national belge. En février 2005, RésistanceS.be, dans une étude détaillée, avait déjà listé plus de trente scissions dans ce partis d'extrême droite, un record absolu dans l'histoire politique belge . Ces dissidences avaient donné lieu à la création de nouveaux partis de droite nationaliste et populiste. La plupart d’entre eux eurent cependant une existence plus qu'éphémère, l'électeur frontiste préférant toujours l'original à la copie.

Alexandre Vick

© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 12 décembre 2008 .


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Avec en communication : « 12-12-2008 »

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