RésistanceS 22-11-2007

Dans la série « FN contre FN »


Le FN-Delacroix en voie de développement


Depuis le mois de septembre dernier, le Front national belge est coupé en deux. D'un côté, il se trouve celui de Daniel Féret, son président-fondateur depuis sa création en 1985. Le « FN-Féret » ne regroupe plus qu'une poignée de partisans fanatiques. Ce front est littéralement en voie de disparition. De l'autre, il y a celui rassemblant tous les députés wallons et les cadres du parti. Il est mené par le sénateur frontiste Michel Delacroix. Le « FN-Delacroix » s'organise désormais pour proposer à la « droite nationale » un parti strcuturé. Capable de se développer solidement en Wallonie et à Bruxelles. RésistanceS a visiter en exclusivité son site Internet, dont l'ouverture n'est pourtant annoncée que pour le mois prochain...

Par Manuel Abramowicz


Daniel Féret et Michel Delacroix (à droite), président et vice-président du Front national, en 2005, à l'époque de l'« unité frontiste ». Depuis lors, le FN belge a implosé...


Le « Front national-Delacroix » est présidé par le sénateur frontiste Michel Delacroix. Depuis le mois de septembre, il regroupe l'ensemble des parlementaires frontistes, à l'exception du député fédéral Patrick Cocriamont et des deux députés régionaux bruxellois, restés fidèles coûte que coûte à Daniel Féret. Ciblé par plusieurs procédures judiciaires et totalement mis en minorité au sein de la « droite nationale », le président-fondateur du FN belge pourrait disparaitre prochainement de l'échiquier politique. A l'avantage du FN-Delacroix qui se structure et se développe de semaine en semaine, dans le but de mettre sur pied un véritable parti nationaliste d'extrême droite.


Offensive sur le Net
Les frontistes anti-Féret (s'autoproclamant comme étant des « réformateurs ») ont annoncé l'ouverture prochaine d'un site Internet qui portera le nom de « Front national » et utilisera la « flamme tricolore », le logo officiel du parti depuis sa fondation en 1985. Travaillant jour et nuit à sa construction, selon nous informations, son ouverture est prévue officiellement pour le mois de décembre. Actuellement référé sur aucun sites mis en ligne par les « réformateurs », l'Observatoire belge de l'extrême droite (qui édite « RésistanceS »), ayant obtenu par un « vent favorable » son adresse URL, a déjà pu le visiter en « avant-première ».

Ce site propose plusieurs documents démontrant que ce parti reste bel et bien ancré à l'extrême droite et reçoit le soutien officiel de Jean-Marie Le Pen, le président du FN français (réélu ce dimanche avec un « score stalinien ») et véritable parrain des « frontistes belges ». On y découvre encore plusieurs textes écrits par des dirigeants de ce FN et une interview de leur avocat, Ghislain Dubois (voir notre encadré, ci-dessous). Sur ce site, il est aussi possible de consulter les publications du « FN réel » : « FN-Sénat News » et « A Droite ».

L'organigramme de ses structures et les missions de ses différents « secrétariats » y sont également présentés. L'organisation actuelle du parti est sous la responsabilité de son secrétaire général, Patrick Sessler, le « numéro deux » du FN-Delacroix (après avoir été celui du FN-Féret !). Ce dernier est un véritable professionnel qui fit « ses classes politiques » en la matière, dans les années 1980, au Parti des forces nouvelles (une formation d'obédience néonazie) puis, de 1995 à 2004, au Vlaams Blok.


Futur élément nocif
Le FN dirigé par Michel Delacroix et Patrick Sessler prend pour modèles étrangers le FN lepéniste, l'extrême droite xénophobe suisse et danoise. La page « Lien » de son site Internet propose des hyperliens vers les sites de sa section de Charleroi, de Michel Delacroix, de Patrick Sessler, du député wallon Charles Pire et de Georges-Pierre Tonnelier, membre-fondateur du Comité belge de soutien à Jean-Marie Le Pen (mis en place à l'occasion de l'élection présidentielle française) et l'un des anciens webmaster du Front national de Daniel Féret.

La création de ce site confirme l'offensive des anti-Féret pour récupérer le nom, le logo et la place de leadership du FN sur l'extrême droite belge francophone. Une fois leur opération réussie, il se pourrait alors que l'extrême droite se développe structurellement en Wallonie et à Bruxelles. Et devienne un élément politique réellement nocif pour les partis démocratiques.

Manuel Abramowicz


Daniel Féret, un « gourou » en voie d'extinction

Daniel Féret, caricaturé en 1991 dans le journal d'AGIR, parti d'extrême droite wallon qui finira par rejoindre le FN belge - Document : Archives CelsiuS-RésistanceS.

Le FN-Delacroix propose sur son site Internet une interview de Ghislain Dubois. Ex-président-fondateur de Belgique & Chrétienté (une association politico-religieuse intégriste), il est également le président du Comité belge de soutien à Jean-Marie Le Pen, mis en place en avril dernier à l'occasion de l'élection présidentielle française. Dans cet entretien proposé par le Front national de Michel Delacroix, Ghislain Dubois développe des orientations doctrinale qui pourraient servir de modèle à ce parti.

Avocat des dirigeants frontistes qui ont porté plainte contre Daniel Féret, il s'exprime également à son sujet. Voici l'extrait de son interview le concernant :

« Je pense que le sieur Féret est pris par où il pèche depuis toujours ; Il est en train de payer les conséquences de sa politique qui a consisté à s’entourer de médiocres pour mieux les tenir sous sa coupe. Car il est davantage un gourou qu’un chef de parti. Et à éjecter les femmes et les hommes de qualité par peur qu’ils lui fassent de l’ombre.
C’est ainsi qu’à l’heure actuelle je n’ai plus en face de moi que ses femmes et ses hommes de paille qui sont obligés de plaider eux-mêmes la cause de leur chef car il n’y a plus d’avocat qui accepte pour l’heure d’intervenir pour lui.
J’assiste à la descente aux enfers d’un homme et d’un système qui font honte aux valeurs qu’ils prétendent défendre, et qui, somme toute, ne valent guère mieux que ceux qu’ils prétendent combattre et qu’en réalité ils servent si bien par leurs prévarications, leur corruption, et leur bêtise.
Je pense que depuis que ce monsieur a pris la tête du FN, nous n’avons jamais été aussi près d’aboutir à sa disparition politique complète, grâce à des actions judiciaires concertées
».

© RésistanceS – Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 22 novembre 2007.

REMARQUE REACTUALISATION du 31 novembre 2008 : Georges-Pierre Tonnelier n'est plus d'extrême droite CLIQUEZ

 


© Dessin : Hajimé - RésistanceS


Plus d'infos sur le FN-Delacroix ?
L'Observatoire belge de l'extrême droite et son site « RésistanceS » ont déjà évoqué l'apparition du Front national-Delacroix. A son sujet, vous pouvez consulter notamment l'article suivant :

Le Front national coupé en deux (15/09/2007)

Et notre présent encadré :

Daniel Féret, un « gourou » en voie d'extinction


Nos plus récents articles mis en ligne (en octobre et novembre 2007) :

Prison ferme pour avoir nié la Shoah

Belgium : a playground for Nazis

Le point sur Georges-Pierre Tonnelier

Le VMO, toujours un exemple pour le Vlaams Belang

Le journaliste Mehmet Koksal agressé à Bruxelles par les Loups gris, organisation fasciste et raciste turque

Des sarkozystes belges rejoignent Nation

Les revers de la Scientologie