RésistanceS.be 27-02-2011

Informations exclusives de RésistanceS.be


Le Front national français rompt ses (derniers) liens avec le FN belge


La cheffe de l'extrême droite française ne veut plus être associée à ses partisans en Belgique. Selon des informations exclusives recueillies par RésistanceS.be, Marine Le Pen, vient d'interdire au FN belge l'utilisation de son image. Un très mauvais coup pour les frontistes de notre pays : leur retour autoprogrammé sur les devants de la scène politique, en 2012, est sérieusement mis à mal.

 

 

 

Marine Le Pen

Il y a quelques temps encore cette photo de Marine Le Pen figurait sur un des sites du Front national belge. Il lui a été formellement ordonné de la retirer. Ce qui a été fait après la capture d'écran figurant ci-dessus et surtout le courrier de la présidente du FN français envoyé au secrétaire nationale du FN belge (Doc. Archives RésistanceS.be).


Marine Le Pen, la nouvelle présidente du Front national français (créditée de 19 % dans les sondages) ne veut plus avoir aucun lien avec les éléments qui ont diabolisé son parti, depuis son apparition dans le paysage politique en 1972. Ainsi, dès sa prise de contrôle du FN, en janvier dernier, elle a placé aux postes clés ses fidèles lieutenants, en général des cadres issus de la nouvelle génération militante frontiste. Des hommes et des femmes n'ayant pas - ou que très peu - de liens avec les racines idéologiques néofascistes du FN.

Marine Le Pen veut un FN «new look». Performant et irréprochable. Sans poids lourds néfastes. C'est pourquoi, les marinistes ont pour mission d'éliminer, un à un, les restes des oripeaux nauséabonds du parti qui fut géré d'une main de fer par Jean-Marie Le Pen, son paternel. Dans cette perspective les partisans de Bruno Gollnisch, ex-vice-président et candidat battu par Marine Le Pen lors de l'élection présidentielle frontiste, ont été mis sur étroite surveillance. Le moindre faux pas pourrait leur coûter une mise au placard, voire une exclusion sur le champ. Avec la nouvelle présidente, il faut marcher au pas, enfin au sien. L'autoritarisme présidentiel reste ainsi le mode exclusif de fonctionnement au Front.

Les marinistes ont donc lancé une grande opération de nettoyage interne, avec pour objectif la préparation et l’émergence d'un FN présentable, pouvant accéder au pouvoir. Cette opération se fait aussi dans la galaxie étrangère pro-FN. Alors que son père développait allègrement des relations internationales avec des formations d'extrême droite radicale et même des groupuscules néofascistes, Marine Le Pen ne veut plus rien avoir à faire désormais avec ces nostalgiques rétrogrades de l'Ordre nouveau, en vigueur à l'époque de l'occupation nazie de l'Europe.

 

FN belge partisan de Bruno Gollnisch
Comme en témoignent ces documents photographiques, les frontistes belges furent jusqu'à présent surtout des partisans de Bruno Gollnisch, l'adversaire de Marine Le Pen au Front national français (Doc. Archives RésistanceS.be).


Les lepénistes du VB flamand et du FN belge
En Belgique, l'extrême droite locale a dès le milieu des années 80 pris pour modèle Jean-Marie Le Pen et son Front national. En Flandre, la «génération militante des années 80» du Vlaams Belang, conduite alors par Filip Dewinter (actuel chef officieux du parti nationaliste néofasciste flamand) et Franck Vanhecke (aujourd'hui en dissidence interne), s'est fortement inspirée du modèle français.

En 1985, à Bruxelles, un Front national voyait le jour autour de Daniel Féret, ancien responsable wallon du parti libéral. Dans ses statuts, le FN belge représentait officiellement le FN de Le Pen. Les liens entre les frontistes français, les VBistes flamands et le FN belgicain se sont maintenus jusqu'il y a peu de temps encore, pas toujours sans tensions il est vrai. Aujourd'hui, par exemple, Filip Dewinter et Franck Vanhecke apportent également leur soutien politique aux dissidents du Front national français, qui se regroupent dans les rangs du Parti de la France (PdF) de Carl Lang et le mouvement Nouvelle droite populaire (NDP) de Robert Spieler.

Les frontistes belges francophones avaient, à l’occasion de la présidentielle du FN français, clairement manifesté leur appui à Bruno Gollnisch contre Marine Le Pen. Ce fut ainsi le cas de l'avocat belge Ghislain Dubois, déjà cofondateur en 2007 du Comité belge de soutien à Jean-Marie Le Pen. Patrick Cocriamont, président du FN «réunifié», était jusqu'il y a peu encore un gollnischien belge inconditionnel. Plusieurs frontistes de Belgique, dont Cocriamont, sont membres par ailleurs de la bannière wallonne de Terre & Peuple, un mouvement de «résistance européenne identitaire» basé en France et violemment hostile à la ligne politique et à la stratégie de Marine Le Pen.

Cependant, après l'élection de cette dernière à la tête du Front, des responsables du FN «réunifié» belge ont manifesté ouvertement leurs sympathies, opportunistes cela va de soit, à son égard. Ainsi, sur des sites, des blogs et des profils de comptes ouverts sur Facebook par des frontistes du plat pays, les photos de la nouvelle présidente du FN français ont fleuri. Souvent en compagnie de ces Belges devenus comme par enchantement des marinistes convaincus.

 

FN belge sur Facebook. Interdiction de Le Pen de publier des photos du FN français

En Belgique, le Front national «réunifié», présidé par l'ex-député fédéral Patrick Cocriamont, et plusieurs de ses responsables exploitent toujours abondamment, à des fins de propagande notamment sur Facebook, des photos de la nouvelle «star de l'extrême droite française». Ils ne peuvent pourtant plus le faire, sur ordre de Marine Le Pen en personne, depuis le début du mois de février de cette année (Doc. Archives RésistanceS.be).

 


Marine Le Pen rompt avec le FN belge
Ce voisinage frontalier n'a semble-t-il pas du tout enthousiasmé la cheffe de l'extrême droite française, comme RésistanceS.be a pu le constater. Le 3 février dernier, le secrétaire national du FN «réunifié» belge, Quentin de Launois, a reçu une mise en demeure de Marine Le Pen en personne lui ordonnant de retirer des sites, blogs et comptes Facebook de frontistes belges toutes les images d'elle. Marine Le Pen est claire, elle indique ainsi dans un courrier obtenu par RésistanceS.be : «en conséquence, il n'est pas possible d'utiliser des photos me représentant pour illustrer des documents de propagande inhérent au Front national belge».

Cette rupture claire et nette du FN français avec ses «camarades» belges clôt définitivement des relations politiques vieilles de près de 26 ans. Ce clash et la cessation des liens avec les frontistes d'outre-Quiévrain est bien entendu un très mauvais coup pour le FN «réunifié». Effectivement, celui-ci espérait profiter d'un «effet Marine Le Pen» à la Présidentielle de 2012, pour pouvoir se relancer en Belgique et sortir de sa «groupusculisation» actuelle. Sans le «sponsor» mariniste, l'avenir des restes du FN belge est des plus sombres. D'autant plus qu'il doit faire face, à nouveau, à des «guerres de clans» s'exprimant à tous les niveaux en ce compris au grand jour sur le mur de son «groupe d'amis» de Facebook. Constat : le mur frontiste belge continue à se craqueler de partout...

Manuel ABRAMOWICZ



Note de la rédaction
Nous acceptons volontiers que nos informations soient reproduites. Nous souhaitons cependant que vous en citiez la source, en indiquant clairement qu'elles proviennent de ResistanceS.be, l'Observatoire belge de l'extrême droite.

 

© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le dimanche 27 février 2011.

Marine Le Pen

La rupture entre les frontistes français et les frontistes belges est aujourd'hui officielle, selon un document de Marine Le Pen, obtenu en exclusivité par RésistanceS.be.



Nos derniers articles publiés sur le Front national belge

Où en est l'extrême droite francophone ? (un entretien avec Jean Faniel du CRISP)

Les micmacs du Front national belge  (avec Jean-Claude Defossé)

Négationnisme et obsession des Juifs : règlement de compte au Front national !

Le FN belge fête ses 25 ans d'âge en espérant se relancer en 2012



Sur l'histoire des partisans en Belgique du FN français, lire notre enquête :



Les lepénistes belges de 1972 à nos jours CLIQUEZ ICI



Sur le Front national français et Marine Le Pen, lire notre dossier



CLIQUEZ ICI


Note de la rédaction
Nous acceptons volontiers que nos informations soient reproduites. Nous souhaitons cependant que vous en citiez la source, en indiquant clairement qu'elles proviennent de ResistanceS.be, l'Observatoire belge de l'extrême droite. Pour la reprise de nos informations sur des sites Internet, veuillez faire un hyperlien vers notre site : www.resistances.be



Campagne « Extrême droite : ils se trompent de colère ! »

Depuis le mois d'août 2008, RésistanceS.be, le web-journal de l'Observatoire de l'extrême droite, anime une campagne d'information pédagogique en direction des électeurs et des militants d'extrême droite !

Pour plus d'information et la soutenir CLIQUEZ ICI


Comité de soutien de l'asbl RésistanceS



Pour bénéficier de nos services :
que faire ?

Soutenez vous aussi RésistanceS.be !
Média gratuit proposé par l'Observatoire belge de l'extrême droite, RésistanceS se réalise uniquement grâce à l'apport financier de son équipe et de certains lecteurs qui lui font des dons.
Vous lisez gratuitement les articles de RésistanceS.be !
Soutenez financièrement ce service exceptionnel en versant un don sur son compte bancaire :

n° 310-1618732-82
IBAN : BE25 3101 6187 3282

Avec en communication : « Don 2011 »

... et abonnez-vous gratuitement à sa Newsletter !
Vous souhaitez recevoir des informations sur l'Observatoire de l'extrême droite, le journal RésistanceS.be et les réactualisations de son site Internet :
=> Abonnez-vous (c'est en plus gratuit, mais cela n'empêche pas de faire un don : revoir ci-dessus) à sa Newsletter : CLIQUEZ ICI




Affiche de la campagne d'information 2009 de RésistanceS.be, le web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite © asbl RésistanceS.be 2011