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Dans les coulisses de l’extrême droite francophone

Le procès du Front national est remis au 18 mai 2005

Comme indiqué dans nos précédents articles relatant les frasques judiciaires de l’asbl Front national, de son fondateur Daniel Féret et de l’ancien collaborateur parlementaire de ce dernier, Georges-Pierre Tonnelier, le procès est émaillé d’incidents qui provoquent reports sur reports (1). La prochaine audience aura lieu devant un nouveau juge le 18 mai 2005.

L’audience qui aurait enfin pu entendre les parties plaider était repoussée à la date du 20 décembre, du fait que l’avocat du Front national s’était pourvu en cassation dans le cadre de débats annexes (Maître Delacroix, par ailleurs sénateur coopté F.N., met en doute la régularité de la participation des parties civiles – M.R.A.X. et Centre pour l’égalité des chances). Mais à l’ouverture des travaux à la cour d’Appel, la cour de Cassation n’avait pas encore tranché. L’arrêt sur le pourvoi est attendu pour ce… 22 décembre.

Si la cour de Cassation mettra un terme à cette manœuvre dilatoire, d’autres pourraient survenir. Ainsi, le principal intéressé, Daniel Féret, n’assistant plus aux audiences, il pourra tôt ou tard faire « opposition » à un jugement auquel il n’aura pas participé.

En outre, le juge de la 11ème Chambre qui présidait ce procès depuis son ouverture est en partance pour une Chambre civile. Et ce n’est que le 18 mai 2005 que pourront reprendre les audiences devant un nouveau juge. La procédure en appel recommencera alors « ab initio », ce qui signifie en pratique que le Ministère public devra recommencer son réquisitoire. Rappelons que le Procureur du Roi a requis deux années de prison (sans sursis) pour Daniel Féret, Un an avec sursis, éventuellement conditionné de travaux d’intérêt général, pour Georges-Pierre Tonnelier, et la dissolution de l’asbl Front National.

Conséquences : Francis Detraux a les atouts en main.
Si ces différents incidents contribuent à surseoir la condamnation des inculpés, ils n’accélèrent cependant pas le processus de restructuration de l’extrême droite francophone. On sait combien la haine fonde les relations entre les différents courants de l’extrême droite et Daniel Féret. Et ce, même dans son propre camp. Le retrait de Féret pourrait amener des partenariats à l’avenir. Mais voilà, il est toujours là, et si certains veulent précipiter son éviction, ils ne doivent pas compter sur la Justice dans l’immédiat. Seul le sénateur élu direct Francis Detraux, qui, comme annoncé par ailleurs (v. l’article Vers de nouvelles structures pour l’extrême droite francophone ), envisage de siéger comme indépendant, pourrait forcer la main de l’intérieur de l’appareil du Front national. En effet, s’il quitte la formation FN du Sénat, c’est plus que probablement le sénateur coopté (Michel Delacroix) qui sautera, ainsi que la dotation publique allouée pour les deux sièges de sénateur. Detraux a donc une précieuse carte en main, qui pourrait lui permettre de devancer la Justice en exigeant, lui aussi, le retrait de Daniel Féret.

(1) Voir nos RIN n°119 et n°120.

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David LEFÉBURE.
© ResistanceS – 21 décembre 2004

 

 

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