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Anti-globalisation :
infiltration néonazie

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Juste après les provocations policières et les opérations d’infiltration orchestrées par des organisations néonazies italiennes (au service de qui ?), observées lors du sommet du G7 à Gênes (en juillet 2001), un « Comité Nationalisten tegen globalisering » (NtG) est apparu en Belgique. Comme par hasard au moment où notre pays prenait la présidence de l’Union européenne.

Ses initiateurs proviennent de la mouvance nationaliste flamande pure et dure et d’une fraction ultra du Vlaams Blok. Cette même mouvance est caractérisée par un discours royalement anti-belge. Lors des manifestations du NtG, il est scandé, par exemple : « Voor Vlaanderen : alles, voor ‘t Belgikske : nikske » et « België barst !», c’est-à-dire en français : « Pour la Flandre : tout, Pour la (petite) Belgique : rien » et « Que la Belgique crève !». Ce comité reçoit, entre autres, le soutien d’un ancien député fédéral Vlaams Blok (impliqué dans un dossier de mœurs !). Du coté francophone, les adeptes de ce nouveau groupuscule sont originaires du parti nationaliste wallon AGIR, du mouvement REF (d’Hubert Defourny) et de l’ex-groupe néonazi l’Assaut.

Combat pour Adolf Hitler
Autres partisans dudit comité :« Blood & Honour Flanders ». Ce dernier est l’officielle section flamande d’une organisation skinhead anglaise engagée dans un combat néonazi sans bornes. En Grande-Bretagne et en Suède, Blood & Honour est également impliqué dans des actions terroristes, via son bras armé « Combat 18 » (pourquoi 18 ? parce ce que :1 = A et 8 = H , soit les initiales… d’Adolf Hitler !). Le 3 novembre dernier, au cours d’un meeting, où Rudolf Hess (l’ancien bras droit d’Adolf Hitler) fut honoré, Blood & Honour Flanders appelait ses activistes à participer aux prochaines activités du « Comité Nationalisten tegen globalisering ».

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3 novembre 2001, meeting de Blood & Honour Flanders, avec à la tribune le portrait de Rudolf Hess, l’ex-bras droit d’Adolf Hitler. Ce groupuscule skinhead néonazi soutient les activités du « Comité Nationalisten tegen globalisering » (photo extraite de son site Internet).

En France, ce comité reçoit l’appui d’Unité Radicale. Un groupuscule (moins de 200 militants sur l’ensemble du territoire français) luttant pour « le respect de la race et du sol, du sang et de la terre des ancêtres » (extrait de l’éditorial de son site Internet du mois d’octobre 1999). Unité Radicale est par ailleurs l’une des tendances formant le Mouvement national républicain, la dissidence d’ultradroite du Front national de Jean-Marie Le Pen menée par Bruno Mégret. Depuis toujours, ce dernier préconise des alliances électorales avec la droite conservatrice française partisane du système libéral actuel.

Comme nous pouvons le remarquer après la description de ses principaux liens et l’observation de ses activités antérieures, « la lutte contre la globalisation » de ce comité nationaliste n’est qu’un leurre. En effet, l’opposition supposée au système économique dominant sert de « cheval de Troie ». En réalité, ces pseudo antimondialistes d’extrême droite sont contre le système économique libéral uniquement pour des raisons d’ordre « racial ». Ils sont contre la mondialisation de l’économie parce que, selon eux, cette mondialisation ouvre les portes de l’Europe à de nouveaux mouvements migratoires. En septembre dernier, à Bruges, parmi les slogans du maigrichon cortège organisé par le « Comité Nationalisten tegen globalisering » pour protester contre la présidence belge de l’Union européenne, ceux du style « Neen, asielmisbruik – neen multikul » (« Non à l’abus de l’asile – non au multiculturalisme ») faisaient bien plus recette que les quelconques slogans contre la globalisation entendus ce jour-là.

Reagan pour modèle !
Cela n’est en rien étonnant. Les animateurs de ce comité proviennent effectivement soit de groupuscules néonazis, soit de formations électorales d’extrême droite, ou même des deux à la fois...

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Jean-Marie Le Pen, le modèle de l’extrême droite européenne, ici avec l’ancien président des Etats-Unis Ronald Reagan. A cette époque, plusieurs piliers du « Comité Nationalisten tegen globalisering », soutenait en Belgique le Front national de Jean-Marie Le Pen et son programme économique ultralibéral.

Ces derniers ont toujours préconisé une économie de type capitaliste, comme cela a déjà été démontré dans diverses études historiques, universitaires ou journalistiques. Ils ont tous soutenu, un jour où l’autre, Jean-Marie Le Pen, notamment au moment où celui-ci se faisait passer pour le « Ronald Reagan européen ». Le discours anti-globalisation de ces fractions de l’ultradroite ne vise donc, derrière un masque, qu’à :

  • Remplacer la lutte mobilisatrice contre le communisme
  • poursuivre une « croisade » contre l’immigration sous le couvert d’un autre thème
  • entrer en confrontation directe avec la gauche anticapitaliste (en effet, ces néofascistes avouent vouloir « reprendre la rue aux gauchistes ». Pour le compte de qui ?)
  • discréditer le mouvement contre la globalisation, au moment ou celui-ci constitue une nouvelle mobilisation des forces progressistes. Et donc un danger pour le système.

Comme quoi, l’extrême droite reste le chien de garde qu’elle a toujours été. Utilisée hier par les patrons pour briser les piquets de grève, l’extrême droite sert aujourd’hui à justifier la répression du mouvement en faveur d’un autre système économique. Elle ne change donc pas d’un iota ses méthodes ni ses idéaux d’antan ; malgré ses nouveaux oripeaux.


Simon HARYS
Bruxelles, 11 décembre 2001

 

< Paris, mai 1991 - Hervé Van Laethem (au centre avec la barbe), ancien dirigeant-fondateur du groupe néonazi l’Assaut, lors d’une manifestation du Front national français. Il scandait alors « Le Pen président ! ».