RésistanceS 14-02-2008

Opération de réhabilitation du nazisme ?

Un Vlaams Belang biographe relativiste d'Adolf Hitler

Il y a 75 ans, les nazis arrivent au pouvoir en Allemagne. L'histoire du « national-socialisme » suscite encore de nos jours un intérêt certain. Son étude reste au programme de divers centres de recherches historiques, pour mieux en comprendre les mécanismes. Pendant ce temps, certains livres tentent de relativiser, réviser, banaliser et réhabiliter cette idéologie criminogène. C'est le cas d'Adolphe Hitler – Sa véritable histoire (1), un ouvrage de 479 pages récemment écrit par un responsable bruxellois du Vlaams Belang.

Par Manuel Abramowicz
Coordinateur de RésistanceS et de l'Observatoire de l'extrême droite


Plusieurs journaux ont évoqué le rappel de l'arrivée, le 30 janvier 1933, des nazis au pouvoir. Comme le montre ci-dessus la couverture de l'hebdomadaire belge de télévision Télémoustique du 30 janvier dernier.


Le mois dernier, l'Europe se rappelait un dramatique événement de son histoire : l'arrivée il y a 75 ans du parti nazi (NSDAP) au pouvoir en Allemagne. Le 30 janvier 1933, Adolf Hitler est nommé chancelier du Reich par le président de la République allemande, le maréchal Paul von Hindenburg. Le führer du NSDAP forme un gouvernement de coalition avec la droite nationale conservatrice pour se hisser au sommet de l'Etat. La suite des événements est connue.

Seuls quelques néonazis de par le monde ont fêté, en catimini, cet anniversaire. Il n'est en effet pas bon, en 2008, de s'afficher comme nostalgique du régime hitlérien. Y compris au sein des partis politiques de ladite « droite nationale », comme le Front national (FN) ou le Vlaams Belang (VB), pourtant constitués d’un important « pilier historique » issu en droite ligne du nazisme. Pour rappel, plusieurs fondateurs du FN français ou du VB flamand ont agi durant la Deuxième Guerre mondiale dans les rangs de mouvements collaborateurs pro-nazis. A la création du FN à Paris et du VB (en 1972 et en 1978), des organisations ouvertement néonazies se trouvaient en très bonne place parmi les cofondateurs.

Désormais, l'époque – marquée par l'esprit du politiquement correct - est à une extrême droite polie, BCBG et s'affirmant « démocrate ». De la poudre aux yeux, bien entendu : la façade est une façade de carton. Derrière le décorum mis en place pour berner l'opinion publique, la sympathie pour les modèles dictatoriaux d'antan reste de mise chez pas mal de militants, cadres et dirigeants du Front national (de Féret, de Delacroix et de Le Pen), du Vlaams Belang, ainsi que des groupuscules qui gravitent dans leur orbite : Mouvement national républicain, Bloc identitaire, Parti nationaliste français, Oeuvre française, Alsace d'Abord... en France ; mouvement Nation, Belgique & Chrétienté, Jongeren aktief, NSV, Nieuw-solidaristisch alternatief... en Belgique.

Le nazisme n'est donc pas rangé dans les oubliettes de l'histoire. De leur histoire. En coulisses, cette idéologie criminogène reste une référence positive. Comme en témoigne le livre Adolphe Hitler – Sa véritable histoire.

L'auteur ? Un cadre du Vlaams Belang !
Cet ouvrage de 479 pages a été publié voici quelques mois en France, par les éditions Grancher (2). Il est vendu en Belgique et en France, au prix de 34 euros, dans certaines librairies spécialisées, notamment en questions militaires. Il peut surtout s'acheter sur des sites Internet de ventes par correspondance : Mollat librairie, Librairie La Procure, Ellipse (en Suisse), Libre-Diffusion (diffuseur français d'extrême droite bien connu), La Librairie du Centre (sise à Ottawa), Le choix des libraires... Ce dernier est un site réalisé en partenariat avec le quotidien français Le Monde !

L'auteur de cette nouvelle biographie d'Hitler est Roland Pirard. Mais nulle part, dans son livre, ne sont mentionnées ses qualités ou ses titres pour justifier la sortie d'une biographie favorable à Hitler. Roland Pirard est-il historien ou politologue ? Professeur d'université ou chercheur dans un centre d'études de renommée internationale ? A-t-il déjà écrit d'autres livres ? Aucune référence à ce sujet ne figure – ni en quatrième de couverture ni en pages intérieures (une habitude pourtant dans le monde de l'édition) - dans le livre en question. Seule indication personnelle sur ce Pirard, la dédicace qu'il écrit en début de livre : « A Anne-Marie, sans laquelle ce livre n'aurait peut-être pas paru » (page 11).

Quelle est donc l'approche que l'auteur souhaite apporter à son travail ? « Adolf Hitler est un des personnages historiques dont on parle le plus et dont, finalement, on sait peu de chose. Certes, on évoque régulièrement les déportations de Juifs, les camps d'extermination et le racisme, mais le phénomène hitlérien est plus complexe », est-il mentionné dans l'introduction (p. 13).

Roland Pirard précise alors : « L'objectif que j'ai poursuivi en écrivant ce livre, c'est d'essayer de comprendre Hitler et le national-socialisme sous tous leurs aspects ». Cependant, vu l'importance de l'histoire liée à son sujet d'étude, il ne pourra pas tout aborder et devra faire un choix : « Par manque de place, je n'ai pas détaillé les camps de concentrations, la Gestapo et la SS. Ces sujets étant évoqués dans de nombreux ouvrages sur cette période, je me suis plutôt penché sur les thèmes moins souvent expliqués que sont la politique sociale et la politique économique et monétaire » (p. 13).

Puisqu'il propose de présenter dans son livre la « véritable histoire » d'Adolf Hitler, Roland Pirard, dans son introduction annonce encore tout de go : « Je me suis efforcé, dans la mesure du possible, d'être ''objectif'' en ce qui concerne ce sujet très passionnel. Je crois qu'au XXIe siècle, il faut que le phénomène national-socialiste retrouve sa place dans l'Histoire, avec tous ses éléments constitutifs. C'est le but de ce livre ».

Trouvant peu d'autres informations sur ce livre, l'Observatoire belge de l'extrême droite s'est penché plus en détail sur ce dernier. Tout d'abord au sujet de son auteur. Celui-ci est référé à plusieurs reprises dans des articles publiés par RésistanceS, la publication de l'Observatoire. On y apprend que Roland Pirard n'est ni historien ni politologue. Il n'est pas connu du milieu scientifique pour des quelconques études sérieuses en histoire politique. L'auteur d'Adolphe Hitler – Sa véritable histoire est par contre, à l'heure actuelle conseiller à l'aide sociale (une instance communale) de Berchem-Sainte-Agathe (commune de la Région bruxelloise) pour le compte du Vlaams Belang (VB), le parti d'extrême droite indépendantiste flamand. Militant de l'ultradroite francophone dans les années 1980-1990 (il fut le dirigeant du cercle de réflexion « Copernic » et secrétaire général du Front national de Daniel Féret ), il rejoint ensuite les activistes francophones du VB. Ces derniers, déçus de l'inertie de l'extrême droite belge francophone et faute d'un mouvement politique sérieux, ont adhéré au parti flamand.

Occultant ses objectifs de dissolution de l'Etat belge, ils partagent avec lui un programme radical à l'égard des immigrés, de l'identité européenne et du modèle politique favorisé pour la gestion de la nation (quelle soit belge, flamande, wallonne...). Depuis, au VB, Pirard est devenu un cadre local. Il figure dans le who's who officiel du parti. Son épouse, Anne-Marie, est pour sa part l'une de ses conseillères communales à Berchem-Sainte-Agathe. Il arrive que celle-ci s'exprime sur son engagement politique dans Vérités bruxelloises. Ce « journal des amis de Johan Demol » (le président bruxellois du Vlaams Belang) est édité en français par le VB de la capitale en direction des membres francophones du parti. Pirard et son épouse sont par ailleurs proches - et soutenus - par la « mouvance identitaire » francophone (voir ci-dessous notre document extrait du site de Nation).


Extrait du site du Vlaams Belang. L'auteur d'Adolphe Hitler – Sa véritable histoire est un responsable bruxellois de ce parti d'extrême droite indépendantiste flamand, comme son épouse, Anne-Marie.


Véritable histoire contre fausse histoire ?
Grâce à l'Observatoire de l'extrême droite, les lecteurs du livre sur Hitler dont il est question dans cet article en savent désormais un peu plus sur les opinions et les appartenances politiques de l’auteur. Données importantes quand on sait que Pirard affirme avoir été « objectif » en écrivant son livre sur le dictateur allemand...

A sa lecture, le néophyte en matière d'hitlérisme pourra conclure qu'il s'agit d'un texte neutre. Bien écrit, démontrant même un certain don, Pirard (né en 1957) exploite pourtant la stratégie de l'écriture entre les lignes. Si son livre se réfère à des événements connus et déjà traités à maintes reprises, il jongle avec la réalité du contexte de l'époque et apporte même des explications partisanes afin de dédiaboliser - en le relativisant - le régime dictatorial nazi. Il agit également par omission et en utilisant la méthode de l'analogie pour justifier la « véritable histoire », selon lui, d'Adolf Hitler. Rien que le titre de son ouvrage démontre son objectif inavoué. S'il nous propose la « véritable histoire » d'Hitler, cela veut dire que pour lui les autres récits sur le Führer nazi étaient approximatifs, erronés ou carrément mensongers.

Quels sont donc la « véritable histoire » d'Hitler et son véritable « portrait » pour Roland Pirard, représentant communal du Vlaams Belang ? Tout d'abord, le portrait d'un homme intelligent, fin stratège et ému par les injustices sociales qui règnent dans son pays au début du XXe siècle. « Il est frappé par l'énorme différence entre la bourgeoisie aisée et la noblesse qui vivent dans le luxe et mènent une vie de plaisirs en dansant les valses de Strauss et la profonde misère des milieux ouvriers », écrit Pirard (p. 29).

Hitler « est frappé », constate-t-il seulement. L'auteur, pour justifier l'histoire hitlérienne selon sa vision, cite alors abondamment Mein Kampf, le livre-manifeste d'Adolf Hitler qui deviendra la « bible » des nazis. Concernant l'incendie criminel du Reichstag, en février 1933, Roland Pirard reprend la thèse nazie qui affirme avoir mis au jour un complot communiste contre les instances parlementaires.

Pour rappel, l'incendie du parlement allemand à Berlin avait permis la transformation du système démocratique en un système dictatorial. Pour Pirard : « On a souvent accusé les nationaux-socialistes d'être les auteurs de l'incendie, mais aucune preuve n'est venue étayer cette accusation » (p. 133). Plus loin, il poursuit : « Les nationaux-socialistes ont bien joué : qu'ils soient ou non à l'origine de l'incendie du Reichstag, ils s'en sont servi pour discréditer leurs principaux adversaires : les communistes et les sociaux-démocrates » (toujours à la page 133).


Roland Pirard, nouveau biographe relativiste du dictateur nazi, est lié à la « mouvance identitaire ». Cette dernière est menée par le mouvement Nation, cofondé en 1999 par un des anciens dirigeants du néonazisme belge. Celui-ci provient aussi de l'Europese partij-Parti européen (Epe), connu dans les années 1980 pour le culte de la personnalité qu'il entretenait à l'égard d'Adolf Hitler.


« Banquiers juifs new-yorkais » contre Hitler
Roland Pirard va aussi souscrire à la thèse officielle de la propagande nazie à propos de l'antisémitisme, même s'il reconnait que « l'antisémitisme, ou plus exactement l'hostilité à l'égard des Juifs (les Arabes étant aussi des Sémites (...)) était une composante importante de l'idéologie nationale-socialiste » (p. 195). Cette thèse explique que le régime nazi a dû par auto-défense réagir à l'agression étrangère organisée contre lui par les Juifs ! Si la communauté juive allemande fut la victime d'une répression, la raison en était simple : ce sont des organisations juives étrangères qui lancèrent les premières une campagne de propagande internationale contre l'Allemagne et son gouvernement.

Ces derniers devaient dès lors y répondre. Suite « à de nombreuses actions isolées de SA (note de RésistanceS : la milice paramilitaire du NSDAP) ou de membres du Parti contre des Juifs » et « quelques assassinats », Pirard rapporte qu'« aux Etats-Unis, l'''American Jewish Congress'', une des organisations juives américaines, appelle au boycott des marchandises allemandes. Les journaux étrangers contrôlés par des Juifs dénoncent les violences dont sont victimes leurs co-religionnaires » (p. 139).

Plus loin, il précise : « L'arrivée au pouvoir des nationaux-socialistes provoqua une tension entre le gouvernement de Berlin et les Juifs étrangers (principalement américains). (...) Les banquiers juifs new-yorkais n'appréciaient pas du tout l'arrivée au pouvoir d'Hitler » (p. 197). Cette « agression étrangère » sera alors suivie d'une vague d'actions visant les Allemands juifs. Actions décrites comme une contre-offensive...

Noir sur blanc et sans référence à aucune étude sociologique, Roland Pirard affirme qu'il y avait en Allemagne dans les années 1930 une « surreprésentation des Juifs dans la presse, dans les milieux bancaires et les professions libérales » (p. 196). Mais également parmi les « dirigeants bolchéviques ». « De nombreux écrivains ou artistes étaient Juifs et ceux-ci diffusaient des idées favorables au marxisme et à l'internationalisme » écrit-il toujours dans la chapitre VIII (« Hitler et les Juifs », p. 195 à 210). Pour lui, Hitler avait « adhéré à la théorie du complot juif mondial concrétisé selon lui à la fois par le capitalisme du même nom et le bolchévisme internationaliste » (p. 196).

Cette théorie antisémite de base est restée vivace jusqu'à nos jours au sein de l'extrême droite, fréquentée aussi par Roland Pirard (3). Pour Pirard, le IIIe Reich n'a pas été le responsable de la propagande anti-juive qui allait préparer l'acceptation et la réalisation de l'organisation d'un génocide hyper organisé, planifié et pensé selon un plan économique devant fournir un capital financier à ses gestionnaires. Pour Pirard, l'antisémitisme aurait été le « produit » de la réaction hostile des « Juifs étrangers » à l'Allemagne hitlérienne. Cette thèse est très exactement celle défendue par les nazis hier et les néonazis aujourd'hui...

Roland Pirard va ensuite aborder l'extermination des Juifs d'Europe. Cet épisode essentiel de l'histoire du national-socialisme est « détaillé » dans un paragraphe de seulement quatorze lignes, sur un livre, pour rappel, comptant 479 pages. Dans ce passage, l'auteur évoque au conditionnel qu'« Officiellement, il y aurait eu près de 6 millions de Juifs exterminés par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale » (p. 208).

A la page suivante, il va aussi – et surtout - informer son lecteur de l'existence qu'« Une thèse, ''révisionniste'' ou ''négationniste'', soutient qu'il n'y avait pas de chambres à gaz homicides et que les Juifs étaient simplement déportés dans des camps de concentration ou des ghettos, que les décès étaient provoqués soit par les mauvais traitements soit par la famines et des épidémies, notamment le typhus, qui sévissaient à la fin de la guerre. Cette thèse conteste aussi le chiffre de 6 millions de morts et prétend que le nombre des décès aurait été nettement inférieur (500 000 au maximum). Le soutien de cette thèse, dont le français Robert Faurisson est le principal héraut, relève de la loi pénale et est punissable dans plusieurs pays » (p. 209). Tout en prenant les précautions nécessaires, l'élu du VB donne plus de place à la « thèse révisionniste » - idéologique et falsificatrice - qu'à l'histoire reconnue et prouvée du génocide commis par les nazis.

« Haute finance » et « capitalisme international »
D'autres « vérités » seront encore rétablies par Pirard pour présenter la « véritable histoire » d'Hitler et de son régime : « Contrairement à une légende tenace, l'objectif principal de la construction des autoroutes n'était pas militaire » (p. 194), « contrairement aux populations d'Europe orientale, le peuple allemand n'était pas majoritairement antisémite » (p. 197), « [Rudolf Hess, bras-droit d'Hitler] mourra dans des circonstances suspectes. (La note de bas de page se référant à cette phrase mentionne: Officiellement, il s'agira d'un ''suicide'', mais certains soupçonnent le service secret britannique M16 de l'avoir assassiné le 17 août 1987, après plus de 46 ans de détention ! » (p. 351). Pirard parle de « certains » sans plus de précision : il s'agit de dirigeants néonazis...

L'auteur de ce livre favorable à Hitler va aussi réviser le modèle économique choisi par les autorités berlinoises nazies. Pour lui, les nazis ont « (refusé) le mondialisme » et proposé un système d'« autarcie économique » : « Les dirigeants nationaux-socialistes étaient partisans de l'autarcie économique. L'objectif était de créer un espace économique aux dimensions européennes, dominé par l'Allemagne, auto-centré économiquement et excluant le capitalisme international et particulièrement la haute finance nord-américaine » (p. 219).

Par son positionnement et son « nouveau modèle » économique, « L'Allemagne troublait le système capitaliste international », note-il (p. 215). C'est pour cette raison selon Pirard que « les grands banquiers internationaux considérèrent alors que l'Allemagne représentait une menace et qu'il fallait l'abattre... » (p. 215). Une fois de plus, l'auteur démontre ses capacités de réécriture positive de l'histoire du nazisme. Effectivement, il oublie ici sciemment de citer les textes et discours liant la référence de cette « haute finance » et du « capitalisme international » directement aux Juifs (voir notre encadré ci-dessous).

Dans la présentation qu'il fait du choix économique de l'Allemagne nazie, Roland Pirard n'évoque pas – volontairement ou par incompétence en matière de recherche historique - les liens économiques entre l'industrie allemande et certains groupes financiers nord-américains, dont celui de la famille de l'actuel président des Etats-Unis (4). La réalité d'une Allemagne ayant fait le choix du maintien du système capitaliste inégalitaire et en relations économiques avec des investisseurs étrangers contredits la thèse de Pirard qui présente une Allemagne résistante au système capitaliste international. Thèse d'ailleurs déjà évoquée par plusieurs auteurs relativistes ou révisionnistes de l'histoire du nazisme.

Les Juifs !

Complot de la « Haute finance » contre l'Allemagne

Pour rafraichir la mémoire de ceux qui utilisent le terme de « haute finance » et souscrivent à la thèse d'une Allemagne nazie victime d'une agression étrangère (juive !) contre elle, voici quelques citations de référence :

• « On avait su autrefois occuper, pendant des années, l'opinion publique avec le combat que se livraient le fédéralisme et la centralisation et les user l'un par l'autre, tandis que le Juif faisait métier et marchandise de la liberté de la nation et trahissait notre patrie au profit de la grande finance internationale ».
• « Ce sont particulièrement les Juifs qui, depuis que la république existe, se déversent en flots d'une incroyable abondance dans tous les offices économiques et organes administratifs, de sorte qu'ils sont devenus aujourd'hui un domaine juif ».
Extraits de Mein Kampf d’Adolf Hitler.

• « Le Juif avait généralement pris depuis longtemps la direction de la lutte contre nous, et c’est lui qui était l’animateur occulte de nos différents adversaires. (...) Mais en dépit des différents aspects du masque, la face grimaçante qu’il cachait était toujours la même, celle d’Assuérus, le Juif éternel, creusant, agitant, et considérant n’importe quel moyen comme bon. (...) (Ces Juifs qui) avaient pris dans chaque profession une place démesurée par rapport à leur nombre. Ils étaient partout les maîtres de la haute finance. Ils étaient usuriers et corrupteurs sur une vaste échelle. Ils exploitaient et suçaient le sang de l’Allemagne dans ses veines ».
Extrait de Renaissance de l’Allemagne de Hermann Goering, un des premiers compagnons de route d’Adolf Hitler et membre de la direction du IIIe Reich (traduction française éditée par les éditions Sorlot, Paris, 1939).

• « Il est tout à fait officiel, cent fois prouvé, par documents irréfutables, que les premiers fonds décisifs de la Révolution bolchévique de 17, furent fournis à Trotski par les banquiers américains, de la haute finance juive (12 milliards, puis 125 milliards) ».
Extrait de Bagatelles pour un massacre de Louis-Ferdinand Céline, éditions Denoël, Paris, 1937.

• « (...) en relevant l’Allemagne et en résorbant ses six millions de chômeurs en 1933, Hitler avait démontré qu’il était possible de relever une nation sans ni faire appel ni se soumettre à la finance internationale apatride ».
Extrait de Vers un matérialisme biologique de Claude Soas (pseudonyme de Claude Nancy), cadre de l'extrême droite belge subversive depuis les années 1960, éditions privées. Son livre fut diffusé auprès des membres du Front national de Daniel Féret, en 1996, par une activiste issue du Front de la jeunesse, du Parti des forces nouvelles et du Westland new post (WNP, une organisation néonazie clandestine responsable d'opérations terroristes).

 

Vers la réhabilitation du nazisme ?
Le livre de l'élu du VB sur Hitler et sa dictature n'est que l'addition d'un choix sélectif de faits historiques, mis les uns à la suite des autres. Quant à une critique raisonnée des nombreux crimes du régime nazi, elle n'apparaît jamais dans les pages de ce livre. Roland Pirard nous livre une histoire de l'hitlérisme comme si un auteur nous aurait proposé un livre sur les drogues, en relevant les gains économiques pour leurs producteurs et dealers ainsi que leur apport médical pour soigner certaines maladies, sans jamais expliquer les ravages dramatiques commis à causes d'elles.

Certes, Adolphe Hitler – Sa véritable histoire n'est pas un ouvrage qui peut être qualifié de néonazi et de négationniste. Cependant, en omettant de rappeler les preuves des gènes criminogènes du nazisme, de son rôle dans l'exploitation massive de l'antisémitisme d'antan et son entière responsabilité dans le judéocide, les différents autres crimes contre l'humanité commis entre 1940 et 1945, le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale (plus de 55 millions de morts)... Roland Pirard propose une « oeuvre » qui permet de relativiser et de banaliser le IIIe Reich. Au risque que le nazisme serve de modèle politique pour des futures générations militantes de l'extrême droite. Si ceci devait être le cas, Roland Pirard, cadre bruxellois du Vlaams Belang, aura alors une part de responsabilité dans la réhabilitation du nazisme. Comme bien d'autres activistes de l'ex-Vlaams Blok d'ailleurs...


Manuel Abramowicz


Notes :

(1) Sur la couverture, le prénom de Hitler est écrit à la française (Adolphe). Ce qui n'est pas le cas dans les pages intérieures du livre qui utilise le prénom écrit sous sa forme allemande (Adolf). Il s'agit donc ici d'une erreur, sans doute commise par le graphiste de la couverture.
(2) Les éditions Grancher ne doivent pas à être cataloguées à l'extrême droite de l'échiquier politique pour la publication de cet ouvrage sur Adolf Hitler. Le catalogue de cette maison d'éditions démontre son approche généraliste des ouvrages qu'elle propose. Concernant la publication de ce livre sur la « véritable histoire » du dictateur allemand, Grancher aurait cependant agi avec une certaine naïveté.
(3) En 1989, Daniel Féret, président-fondateur du Front national belge déclare lors de son discours prononcé à l'occasion de la « fête des Noirs-Jaunes-Rouges », en parlant de l'ancien ministre de la Justice, Jean Gol, dont les origines juives sont souvent rappelées par l'extrême droite : « Si. M. Gol se conduit en valet du grand capital cosmopolite, ce n'est pas du tout incompatible avec sa formation. La haute finance internationale et le communisme ont toujours fait bon ménage et je ne pense pas qu'un enfant adultérin de Karl Marx et du banquier Rothschild puisse témoigner beaucoup d'amour pour la Nation belge ». Roland Pirard rejoindra dans la même période le FN pour en devenir l'un des dirigeants.
(4) Lire notamment à ce sujet : Le mythe de la bonne guerre de Jacques R. Pauwels, éditions Aden, Bruxelles, 2005, 336 pages.

 

L'avis de Roland Pirard

« Je ne suis pas hitlérien. Je suis partisan d’un pouvoir fort »


Le 14 janvier 2007, Roland Pirard accordait un entretien à Novopress.be, un site belge d'extrême droite. Pirard, responsable bruxellois du Vlaams Belang, y dévoilait ses positionnements idéologiques. Voici quelques extraits de cette interview des plus instructives...


Interview de Roland Pirard, l'auteur du livre Adolphe Hitler – Sa véritable histoire, réalisée et publiée par Novopress.be. Ce site internet est notamment animé par le dirigeant-fondateur du mouvement Nation et ex-leader de l'Assaut, groupe antisémite, négationniste et fidèle à l'héritage hitlérien. Le monde est petit... A l'heure actuelle, Roland Pirard reste soutenu par la « mouvance identitaire », conduite par Nation...

• « J’ai commencé à agir en politique (Note de RésistanceS : à la fin des années 1970) parce que j’étais scandalisé par l’américanisation culturelle (surtout musicale) de la jeunesse qui m’entourait. Le communisme m’a un peu tenté mais quand j’ai vu qu’il avait les mêmes valeurs matérialistes et mondialistes que les Etats-Unis, je l’ai aussi rejeté. »

• « Je rejetais l’immigration de masse non pas parce que je considérais ces gens comme ''inférieurs'' ou ''méchants'' mais parce qu’ils n’appartiennent pas à la sphère culturelle européenne. J’ai alors côtoyé divers partis et mouvements qui, malheureusement, restaient souvent prisonniers d’un nostalgisme stérile et brillaient par leur inefficacité… Actuellement, je suis au Vlaams Belang. »

• « Les exemples du mouvement palestinien Hamas ou du Hezbollah libanais montrent que c’est en s’occupant des problèmes terre à terre des gens que l’on se fond véritablement dans le peuple ».

• « Les problèmes de politique intérieure, pour lesquels je partage globalement les idées du VB, justifient ma présence dans ce parti. »

• « Je me sens proche de tout groupe qui veut soutenir notre identité, c’est-à-dire nos cultures ouest-européennes (en l’espèce, brabançonne, flamande, wallonne etc.) contre le mondialisme tout en ne manifestant aucun nostalgisme de mauvais aloi… »

• « Pour moi, être identitaire c’est défendre son identité comme on aurait fait dire à M. de La Palice ! L’identité, c’est à la fois une histoire et une origine communes et l’appartenance à une culture (langue, musique, peinture, architecture, littérature etc.). C’est aussi une sensibilité. C’est encore la préservation de l’environnement naturel dans lequel on a vécu. L’identité ce sont enfin nos ancêtres. »

• « Notre identité, c’est ce qui nous distingue des autres ethnies et des autres cultures. »

• « Les mondialistes (...) rêvent de dissoudre toutes les identités et particularités dans un magma mondial dont la langue serait un anglais abâtardi et dont l’ONU constituerait le Parlement et qui serait géré par les institutions financières transnationales (Banque Mondiale, FMI etc.) avec des politiciens interchangeables aux ordres de cette Haute Finance ».

• « Les identitaires (...) veulent préserver la diversité de l’humanité et particulièrement les cultures européennes; ce sont ceux qui disent « oui » à la vie et « non » à l’homogénéisation par le capitalisme mondial ».

• « En ce qui concerne le ''néonazisme'' (accusation lancée pour nous discréditer par les néocommunistes totalitaires et haineux qui sont actuellement au pouvoir), je connais très bien le national-socialisme allemand. C’est un mouvement issu de la défaite allemande de 1918. Il a mis sur pied une politique sociale très avancée pour son époque (comme le reconnaissait feu le professeur juif de l’ULB Georges Goriely) et il a mis fin à la soumission de l’Allemagne aux vainqueurs de 1918. Mais à côté de cela, il a développé une politique raciale aberrante et il a provoqué la plus grande catastrophe militaire et politique de l’histoire allemande, catastrophe dont l’Allemagne ne s’est pas encore remise. La guerre contre l’URSS a été menée de façon particulièrement cruelle et stupide ».

• « En ce qui me concerne, je ne suis pas hitlérien. Je suis partisan d’un pouvoir politique fort (reposant sur les référendums) mais pas dictatorial. De plus, je suis favorable à une décentralisation culturelle alors que le national-socialisme a instauré une centralisation jacobine (tous les pouvoirs émanaient du Führer). En politique étrangère, je suis bismarckien ou gaulliste ».

 


© RésistanceS – Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 14 février 2008.


 


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