RésistanceS 14-02-2008

Réponse aux intoxications de l'extrême droite


Le national-socialisme contre le socialisme


Les nazis se présentèrent comme les protecteurs du peuple allemand. Par leur discours et slogans populistes, ils manipulèrent l'opinion publique. Ce qui permit à Hitler de prendre le pouvoir... avec le soutien de la droite nationale conservatrice et une majorité du patronat allemand. Le système capitaliste resta la référence du Reich nazi.


Sur cette photomontage – intitulée « La signification du salut hitlérien » - de John Heartfield ont peut lire « Des millions sont derrière moi ». L'artiste allemand en résistance y dénonce ici les liens d'Hitler avec une bonne partie du patronat allemand. Dès les années 1920, les nazis se sont occupés de la répression des mouvements révolutionnaires anticapitalistes.


Ce sont des dirigeants de la droite nationaliste allemande - se restructurant après la Première Guerre mondiale – qui sont à la base d'une nouvelle doctrine idéologique, le national-socialisme. Ensuite, Adolf Hitler va incarner cette idéologie en devenant le führer du NSDAP, le Parti national-socialiste des ouvriers allemands. Programme politique, philosophique et économique, il propose l'instauration d'un système étatique de nature dictatoriale. La construction d'un Ordre nouveau est le modèle du national-socialisme pour diriger les Allemands et soumettre leurs ennemis. Opposants radicaux des marxistes révolutionnaires allemands – l'Allemagne de l'après 1914-1918 est traversée par une guerre civile -, le NSDAP propose un contre socialisme. Un socialisme de type national rejetant l'internationalisme, la quintessence du socialisme théorisé par Karl Marx et Friedrich Engels.

Nazis au service du capitalisme
Par des analyses poussées du national-socialisme, établies sur la base des ouvrages de base en sciences économiques, les conclusions purent très vite être tirées : le programme politique et économique du NSDAP était très éloigné des théories égalitaristes du socialisme. La solidarité et la lutte des classes furent en effet bannies de l'idéologie portée par Hitler. Celui-ci proposait à leur place une exclusion totale des plus faibles et la collaboration de classes, entre les ouvriers, les employés et les patrons, et ce dans un seul objectif : le renforcement de la Nation. Les contradictions et les exploitations entre les catégories sociales devaient être bannies. Or, elles allaient continuer à exister sous le IIIe Reich. Le socialisme, dans sa version hitlérienne, ne proposait pas, contrairement à Marx, Engels, Lénine... la destruction du système capitaliste. Un système considéré comme l'élément premier de l'aliénation de la classe ouvrière.

Les nationaux-socialistes prônaient l'édification d'un capitalisme d'Etat, sous le contrôle des nouvelles autorités de Berlin dès 1933. Un capitalisme qui continuait à permettre un processus de salariat injuste. C'est pour cela que les hitlériens reçurent le soutien d'une grande partie du patronat et de la droite conservatrice, allemands comme étrangers (notamment américains).


Couverture du magazine français Télérama (novembre 2007). Hitler a dynamisé un spectacle de diversion pour aliéner le peuple allemand et le soumettre au profit de la finance...


Opération manipulation
Le national-socialisme n'avait donc rien de socialiste, d'autant plus qu'il se basait sur des théories racistes. L'utilisation et l'exploitation de ce terme ne comportaient qu'un but stratégique : séduire les ouvriers, constituant la majorité des travailleurs, afin de les récupérer comme électeurs – la seule solution pour devenir un parti de masse et gagner les élections. Ce qui permit d'ailleurs au NSDAP d'accaparer le pouvoir par scrutins interposés. Grâce aux électeurs venant de la classe ouvrière, mais également grâce à ses alliances post-électorales avec des partis conservateurs de la droite nationale allemande, singularisés par leur opposition radicale au socialisme.

La stratégie de manipulation des masses par le NSDAP peut être résumée par cette phrase : « Nous avons choisi la couleur rouge pour nos affiches après mûre et solide réflexion, pour faire enrager la gauche, pour provoquer son indignation, et pour l'amener à venir à nos réunions, ne fût-ce que dans le but de les saboter, parce que c'était la seule façon de nous faire entendre de ces gens-là ». Cette phrase - avouant l'opération d'intoxication et la fausse nature de gauche du parti nazi - est extraite de Mein Kampf , le livre-manifeste d'Adolf Hitler. Afin de distinguer le national-socialisme du socialisme, l'utilisation des termes nazi et nazisme lui seront préférés.

Certains disciples de l'hitlérisme, plus tard, agiront comme le NSDAP en choisissant un « label » nationaliste-révolutionnaire pour s'autodésigner. Une fois de plus, ils ne seront « révolutionnaires » que de nom... et resteront les « domestiques » de l'ultradroite conservatrice et rétrograde. Avec pour unique but de rassembler sous leur égide des rebelles du système pour encore mieux les encadrer, contrôler et pour finir les désamorcer en les remettant de manière disciplinée dans les rangs de la majorité silencieuse.

Alexandre Vick


© RésistanceS – Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 14 février 2008.

 

 



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