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Politiquement correct: Quelle est la véritable idéologie du Blok ? (extrait)

Le corpus doctrinal de base du Vlaams Blok se réfère aux thèses géostratégiques dites "thioises", c'est-à-dire celles prônant la création des Grands Pays-Bas (unissant la Région flamande, la Flandre française et la Hollande). Les têtes pensantes, les dirigeants, les cadres et les militants, à la différence de la majorité des électeurs, partagent depuis leur prime jeunesse le rêve de la création d'une République flamande indépendante… avec Bruxelles pour capitale : un rêve, né au siècle dernier dans de petits cercles nationalistes rebelles qui mena à la création des principales organisations d'extrême droite des années 30 (Verdinaso et VNV essentiellement). Durant l'Occupation, les ancêtres directs de l'actuel Vlaams Blok pactisèrent sans difficulté avec les nazis, en espérant faire aboutir leurs revendications sécessionnistes. L'idéal de ces nationaux-fascistes nordiques s'arc-boute sur une société dite solidariste, sans classes sociales, sans syndicats, sans opposants, sans étrangers, sans francophones… La Communauté du Peuple, selon les théoriciens nationalistes, est le tronc commun de cet État d'Ordre nouveau. Une communauté qui se caractérise par une référence identitaire liée à l'ethnie. Dans les années 70, le sénateur Roeland Raes, que certains considèrent comme l'idéologue du Blok, parlait carrément de "race" flamande. C'était l'époque des groupuscules et d'une propagande confidentielle. Aujourd'hui, le Blok a troqué hypocritement son discours ultra-raciste biologique d'hier contre une ligne plus clean, proche de l'ethno-différentialisme pensé par la Nouvelle Droite française. A ce sujet, le politologue français Pierre-André Taguieff écrit dans son dernier livre (Le Racisme édité chez Flammarion) : Dernière ruse pour contourner les lois contre le racisme : invoquer l'antagonisme des cultures, la différence de religion, le choc des civilisations [...]

La majorité des Flamands s'oppose au Blok indépendantiste (extrait)

D'après une enquête de l'Université catholique de Leuven (KUL) publiée en décembre 1997, la revendication de l'indépendance de la Flandre n'est partagée que par un Flamand sur dix. Ce qui montre, une fois de plus, que l'intérêt de certains pour le Vlaams Blok se cristallise essentiellement sur son discours d'extrême droite et non sur ses positions séparatistes. [...]


Source : "RésistanceS", n° 2, hiver 1998

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