RésistanceS.be 14-11-2010

Extrême droite juive israélienne


Avigdor Lieberman, parcours d’un extrémiste


Le mois dernier, le gouvernement de l'État d'Israël, sous l'impulsion de son ministre d'extrême droite, a proposé une loi considérée comme raciste. L'occasion pour la revue juive belge Regards de dénoncer la dérive actuelle du pouvoir politique israélien et de retracer le parcours de ce ministre d'extrême droite (M.AZ).

 


Affiches dans les années nonante à Jérusalem du parti Kach de Meir David Kahane. Fasciste et raciste, ce groupuscule israélo-américain sera ensuite interdit, en 1994. Aujourd'hui, l'extrême droite israélienne est au gouvernement © Photo Manuel Abramowicz


Pour l’historien israélien Zeev Sternhell, spécialiste des origines du fascisme en France, Avigdor Lieberman, qu’il compare à Benito Mussolini, est «le plus dangereux politicien de l’histoire d’Israël». Ancien videur de boîte de nuit, né en Moldavie en 1958, Avigdor Lieberman émigre en Israël en 1978. Il entre en politique au début des années nonante et rejoint rapidement la direction du Likoud (NDLR : le parti historique de la droite israélienne) pour ensuite devenir directeur de cabinet de Benjamin Netanyahou (NDLR : déjà premier ministre) entre 1996 et 1999. Opposé à toute négociation avec les Palestiniens, il claque la porte du Likoud et crée son propre parti, Israël Beiteinou, parti d’extrême droite russophone.

États ethniquement homogènes
Très vite, Avigdor Lieberman imprime son style brutal en multipliant les déclarations anti-Arabes. Lors des moments les plus meurtriers de la seconde intifada, il exige le bombardement des stations d’essence, banques et centres commerciaux palestiniens.

Plus récemment, il a préconisé des échanges territoriaux et de populations entre Israël et l’Autorité palestinienne, «pour créer deux États ethniquement homogènes».

Aux élections législatives de 2006, son parti Israël Beiteinou remporte onze sièges à la Knesset. Fort du soutien d’une base qui dépasse désormais largement la population russophone, Avigdor Lieberman appelle à bombarder l’Iran et demande la mise à mort des députés arabes israéliens qu’il soupçonnerait de collaborer avec le Hamas.

Coalition de droite et d’extrême droite
Ministre des Affaires stratégiques du gouvernement Olmert, il démissionne en 2008 pour protester contre les négociations de paix avec les Palestiniens dans le cadre de la Conférence d’Annapolis. Lors des élections législatives de 2009, alors que Tsahal a mené des opérations ayant occasionné de nombreuses victimes dans la Bande de Gaza, Lieberman déplore que le gouvernement israélien n’ait pas recours à la bombe atomique, «comme les États-Unis en 1945 à Nagasaki».

Bien qu’il soit poursuivi par la Justice pour fraude et blanchiment d’argent, il occupe encore la fonction de ministre des Affaires étrangères du gouvernement actuel. Poids lourd de cette coalition de droite et d’extrême droite, Lieberman s’efforce de se présenter comme le sauveur d’Israël.

Nicolas ZOMERSZTAJN

[Article publié dans REGARDS, le mensuel du Cercle communautaire laic juif de Belgique (CCLJ), du mois de novembre 2010, et republié sur le site de RésistanceS.be avec l'aimable autorisation de son auteur. Sur-titre, chapeau, sous-titres, illustration et légende de RésistanceS.be].

Un fascisme israélien ?


Suite à la proposition de loi sur la «fidélité à l'État juif» du gouvernement israélien, en octobre 2010, à nouveau, il est dénoncé la fascisation du pays.


Extrait d'une affiche du parti Israël Beiteinou d'Avigdor Lieberman, le principal leader de l'extrême droite fasciste et raciste juive israélienne.

«De grands chroniqueurs du Haaretz et du Yediot (NDLR : deux importants quotidiens hébreux israéliens) qui n’ont pas leur plume dans leur poche ont mis en garde : le fascisme est à nos portes. Oh, bien sûr, pas le fascisme de la Marche sur Rome ou de l’incendie du Reichstag. Un fascisme rampant, insidieux, larvé, qui ne paie pas de mine, qui avance à tâtons, qui n’aura jamais les traits de celui d’antan, un fascisme sans chemises brunes ou noires».

[Denis Charbit, correspondant israélien de REGARDS, mensuel du Cercle communautaire laic juif de Belgique (CCLJ), dans son numéro du mois de novembre 2010].

 

Israël : 10 000 manifestants contre loi raciste


Plusieurs milliers de manifestants juifs et palestiniens dans les rues de Tel Aviv contre «Le fascisme et le nettoyage ethnique» - Photo publiée sur le blog communiste Solidarite-internationale-PCF.

«Voici quinze jours, le gouvernement israélien a apposé sa signature au bas d’une loi qui oblige les nouveaux citoyens à jurer fidélité à Israël en tant qu’''État juif et démocratique''. C’est surtout le mot ''juif'' qui a suscité la colère des parlementaires arabes. Ils parlent de racisme parce qu’avec cette loi, les droits des Arabes en prennent encore un coup. (...).

Le ministre des minorités, Avishai Braverman, du Parti travailliste, a qualifié la nouvelle loi d’''horrible faute''. Il s’interroge sur les raisons qui poussent le gouvernement à offenser la minorité palestinienne en Israël par une loi de ce genre. La raison est simple : le premier ministre Benyamin Netanyahou doit satisfaire son ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, leader du parti ultranationaliste Yisrael Beitenu. Toutefois, la loi doit encore être approuvée par la Knesset, le Parlement israélien.

Lieberman entend d’ailleurs aller encore plus loin. D’ici peu, il voudrait étendre la loi et obliger tous les Israéliens de plus de seize ans à prêter ce serment. Son parti entend aussi rendre punissable toute commémoration publique du ''jour de la Nakba'' (commémoration du départ de centaines de milliers d’Arabes d’Israël, en 1948). De même, il est de plus en plus fréquemment question aussi de ''transfert'' - un euphémisme pour expulsion – de la minorité arabe hors des territoires israéliens.

''La voix de Lieberman, les mains de Netanyahu''
Pour contrer cela, un mouvement progressiste s’est enclenché. Samedi 16 octobre, à Tel-Aviv, 10 000 manifestants ont défilé pour protester contre cette loi du ''serment d’allégeance'' et contre la pléthore de mesures et lois racistes à venir.

Sous le mot d’ordre ''Tous ensemble contre le racisme – Juifs et Arabes marchent pour la démocratie'', la manifestation a pris la direction du ministère de la Défense. Parmi les manifestants, se trouvaient des membres et des militants du Parti communiste d’Israël, du Front démocratique pour la paix et la liberté (Hadash), de la Jeunesse communiste, du parti de gauche Meretz, de nombreuses ONG et associations d’activistes et des milliers de citoyens soucieux du respect de la démocratie.

Les manifestants brandissaient des banderoles portant des slogans comme ''La voix de Lieberman, les mains de Netanyahu'', ''Le fascisme et le nettoyage ethnique relèvent la tête'' et ''Ensemble, nous défendons la démocratie''.

Les organisateurs de la manifestation distribuaient des tracts conviant le gouvernement israélien lui-même à jurer allégeance à la population de son pays : ''Je promets de ne discriminer ni priver de ses droits quiconque en raison de ses origines, son sexe, sa nationalité, son accent, sa couleur de peau, sa culture, son statut économique ou tout autre facteur''(...).».

[Extraits d'un article de Stéphane Lejoi publié dans Solidaire, l'hebdomadaire du Parti du Travail de Belgique (gauche populaire), du 26 octobre 2010].

 


Articles mis en ligne sur RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – le 14 novembre 2010.

 


Extrême droite en terre promise :
Avigdor Lieberman et le fascisme israélien


L'article ci-contre a été publié une première fois dans REGARDS, le mensuel du Cercle communautaire laic juif de Belgique (CCLJ), du mois de novembre 2010, et republié sur le site de RésistanceS.be avec l'aimable autorisation de son auteur.


A lire également, sur cette même page :

Un fascisme israélien ?

Israël : 10 000 manifestants contre loi raciste



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