RésistanceS.be 11-01-2013


L'extrême droite banalisée en Flandre


Retour aux sources du cordon sanitaire


A l'occasion de la constitution de coalitions communales au début du mois, suite aux élections d'octobre dernier, dans plusieurs communes flamandes le cordon sanitaire a été rompu d'une façon ou d'une autre. Des élus locaux de la N-VA et du CD&V sont à l'origine de cette manoeuvre à Denderleeuw. Ce n'est cependant pas la première fois. Comme l'explique l'extrait ci-dessous du livre Guide des résistances à l'extrême droite de Manuel Abramowicz, le coordinateur de notre rédaction. En expliquant aussi les principes de base du cordon sanitaire.
 



Manifestation d'extrême droite dans les années quatre-vingt, le Vlaams Blok défile alors avec Bert Eriksson (au premier plan de cette photo), l'un de ses premiers partisans et leader du néonazi Vlaamse militanten orde (VMO )
© Photo : Guyaux


Lors des élections communales de 1988, le premier réel succès électoral du Vlaams Blok (le nom jusqu'en 2004 du Vlaams Belang) apparaît. Ces élections seront le début de son ascension politique. A Anvers, la liste des blokkers, conduite par Filip Dewinter, obtient plus de 17 % des voix. A Molenbeek, le Front national obtient son premier élu, avec un total de 4 % des voix. Cette commune populaire de Bruxelles va devenir le fief électoral bruxellois du VB et du FN. Sur le plan national, un « cordon sanitaire » est ensuite proposé pour contrer la montée de ces partis.


Le cordon sanitaire
C’est donc après ces élections communales que la notion de cordon sanitaire est utilisée. Au fait est réutilisée : un cordon sanitaire de type politique fut effectivement mis en oeuvre pour la première fois dans les années vingt, par un diplomate français qui préconisait l’isolement de l’Union soviétique.

Réintroduit par l’antifasciste anversois Hugo Gijsels et proposé à l’ensemble du monde politique démocratique par Jos Geysels, le dirigeant de l'époque d’Agalev (l’ancêtre de l’actuel parti écologiste flamand Groen!), le cordon sanitaire vise à isoler à la fin des années quatre-vingt l’extrême droite dans le paysage politique.


Objectifs
Le principe de base est un engagement à ne pas soutenir, d’une façon ou d’une autre, les propositions politiques émises par l’extrême droite. Le cordon sanitaire sera signé par tous les partis démocratiques flamands. Ses signataires affirment également qu’ils ne feront jamais d’alliances avant et après les élections avec les partis liberticides (ceux programmant la fin des libertés individuelles et collectives).

Son but est d'empêcher l’arriver au pouvoir de l'extrême droite.


Premières ruptures
Cependant, on constatera que cette stratégie ne sera pas toujours respectée. Des leaders de partis traditionnels appuieront, certes en catimini, le Vlaams Blok/Belang ou prôneront carrément la rupture du cordon sanitaire.

Des alliances avec le parti séparatiste flamand - d’essence fasciste ne l’oublions jamais – seront évoquées au grand jour. En Flandre, des responsables locaux des tendances radicales du VLD (libéral) et du CD&V (démocrates-chrétiens) sont les partisans les plus acharnés de la fin de l’isolation de l’extrême droite. Il se pourrait donc que la mise en quarantaine organisée du VB ne soit plus prochainement d’actualité.


Récupération
Du côté francophone, le respect des principes de base de la stratégie contre les ennemis de la liberté est de rigueur. Néanmoins, dans les années 1990 des dirigeants de l’aile ultraconservatrice de l’ex-PSC (Parti social-chrétien) ont poursuivi vaille que vaille leurs bonnes relations avec des représentants de l’extrême droite. Des slogans, des thèmes et des parties de programme de formations d’extrême droite ont pour leur part été récupérés par des hommes et des femmes de partis dits démocratiques…

Par ailleurs, dans un objectif électoraliste à l’égard des « nouveaux électeurs », des mandataires politiques fréquentent des associations culturelles ou religieuses issues des immigrations turques ou nord-africaines ; associations liées soit à des organisations nationalistes d’extrême droite, soit avec des courants religieux intégristes qui partagent le même discours (sur le droit des femmes, les homosexuels, la démocratie, la presse…) que le Vlaams Belang ou le Front national.

Manuel ABRAMOWICZ

[Extrait du livre Guide des résistances à l'extrême droite, Manuel Abramowicz, éditions Labor, Bruxelles, 2005, p. 19 et 20. Revu et adapté en janvier 2013 pour le site RésistanceS.be]

 

 

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© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 11 janvier 2013.



Manifestation nationaliste flamande à Bruxelles au début des années 1990. Le Vlaams Blok/Belang y scandait « België ? Barst ! »... « La Belgique ? Qu'elle crève ! » © Photo : Manuel Abramowicz


L'ARTICLE CI-CONTRE
est un extrait du livre Guide des résistances à l'extrême droite, de Manuel Abramowicz, éditions Labor, Bruxelles, 2005.

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