RésistanceS 31-05-2007

Droit de réponse


Alain Escada réagit


Le président de Belgique & Chrétienté, Alain Escada, sur une affiche de ''Zut'', la liste électorale d'extrême droite qu'il présenta aux élections régionales bruxelloises de 1999 (document : RésistanceS).


Nous avons reçu ce 29 mai, suite à la publication de notre reportage « Voyage en 'lepénie' » , publié le 17 avril dernier sur notre site Internet, un droit de réponse du dénommé Alain Escada.

Conformément à la législation propre au droit de réponse, nous le publions ci-dessous, accompagné de notre réponse.

La rédaction de RésistanceS



Droit de réponse de d'Alain Escada

Le site Résistances.be prétend que j'étais absent au meeting de Jean-Marie Le Pen qui s'est tenu à Paris le 15 avril dernier. Visiblement, votre informateur avait mauvaise vue. En effet, sur invitation, j'y étais présent au second rang, accompagné de jeunes filles et garçons d'une association que je préside.

C'est d'autant plus vérifiable que j'y ai donné quelques interviews pour différents média français. En outre, vous êtes particulièrement inventifs lorsque vous prétendez que j'aurais critiqué publiquement Jean-Marie Le Pen. Je vous mets au défi de prouver une telle affirmation grotesque.

Enfin, pour clouer le bec à vos propos, je vous signale que, le 1er mai dernier, lors de la fête de Sainte Jeanne d'Arc à Paris, je présidais la seule délégation étrangère présente et saluée par Bruno Gollnisch.

Alain Escada


Nos réponses

Nous prenons acte de la présence, certifiée par lui-même, d'Alain Escada au meeting parisien pour l'élection présidentielle de Jean-Marie Le Pen. Nous confirmons cependant que nous ne l'avons pas remarqué à celui-ci. Perdu sans doute dans la foule, près de 6.500 lepénistes étant présents, Alain Escada n'était pas très visible semble-t-il. A la différence de ses autres participations à des rassemblements d'extrême droite, il n'a proposé, cette fois-ci, aucun reportage photos sur le site Internet de Belgique & Chrétienté, l'association d'extrême droite qu'il préside par ailleurs et qu’il dit avoir été présente le 15 avril dernier à Paris. Dans son droit de réponse, il évoque ''quelques interviews pour différents média français''. Nous avons cherché... et rien trouvé. Il devait sans doute s'agir, comme à l'habitude, de petits opuscules d'extrême droite, c'est-à-dire de feuilles de choux appartenant à la même ''famille de pensée'' que celle d'Escada.


Jean-Marie Le Pen, chef de l'extrême droite française, à l'honneur à la Une de Polémique (n°177, du 27 mai 1999), opuscule fondé et dirigé par Alain Escada. Ce qui n'incite par ailleurs pas Jean-Marie Le Pen de venir saluer Alain Escada lorsque celui-ci fait le déplacement jusque Paris (document : RésistanceS).

Notre reportage sur notre ''voyage en 'Lepénie''' confirme que nous pouvons être présents, sans ''indicateur'' (désolé monsieur Escada !), au coeur même de l'extrême droite, pour l'étudier d'encore plus près. Si nous n'avons pas vu Escada, lui non plus ne nous a pas vus ou pas reconnus ! Si cela avait été le cas, il aurait pu aller le rapporter, comme un bon élève, au DPS, le service de sécurité frontiste, pour nous expulser manu militari du meeting. Et du coup, bien se faire voir de ses amis du ''Front''.

Néonazis : aucune réaction !
Oui, Alain Escada est apprécié par quelques dirigeants du FN français, comme Bruno Gollnisch, par exemple, qui est encore venu le saluer le 1er mai dernier leur du défilé annuel du parti d'extrême droite français (il n'a pas reçu par ailleurs les salutations de Jean-Marie Le Pen, soit dit en passant). Mais il est aussi et surtout méconnu de la plupart des autres. La ''génération Le Pen'' – le courant conduit par Marine Le Pen (incarnant une vision stratégique et idéologique plus moderne du frontisme)–, considère le corpus doctrinal auquel se réfère Alain Escada comme désuet et contre-productif. Pour information, le courant ''national-catholique'' organisé (Alain Escada se revendique lui-même de celui-ci) est désormais hors du Front national. Notre Belge, ses idées et ses ''compagnons de route'' ne font donc pas l'unanimité au Front national. Il faut mentionner également que les liens revendiqués par Alain Escada avec ce dernier, confirment cependant encore une chose que nous avons toujours affirmée : Alain Escada et Belgique & Chrétienté font bel et bien partie de l'extrême droite. Et la présence dans ses rangs de néonazis, comme l'a confirmé notre reportage au meeting de Jean-Marie Le Pen, ne semble poser aucun problème à ceux-ci. En effet, nous n'avons trouvé aucune trace d'une critique ouverte faite par Escada ou B&C à l'encontre de cette connexion du lepénisme avec le néonazisme.


B&C et Alain Escada financent... RésistanceS !
Avec la réaction d'Escada à notre encontre, force est de constater encore aujourd'hui que ce personnage militant à l'extrême droite depuis plus de dix ans en veut réellement beaucoup à RésistanceS. De plus, le Tribunal de première instance de Bruxelles, dans un jugement rendu récemment, ordonne à son association (Belgique & Chrétienté) et à lui-même de verser la somme de 364,40 € à notre asbl, mais également la même somme à l'agence d'informations Belga et à un membre de notre rédaction pour une action judiciaire qu'il avait entamée mais qui a été jugée comme non fondée. En tout, B&C doit désormais payer 1.093,20 €. Une somme importante pour une petite association militante. Pire : ce jugement, en ordonnant à B&C et Escada de nous verser de l'argent, l'oblige du même coup à participer financièrement à notre travail de journalisme d'investigation contre l'extrême droite !

Vous l'aurez compris, RésistanceS est un problème pour Escada and C°.

La rédaction


 

 

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