RésistanceS 10-03-2009

Rudy Aernoudt quitte le navire et accuse


LiDé implose à l'extrême droite !


Il y a un mois, RésistanceS.be publiait un article sur les liens possibles entre LiDé, le parti d'ultradroite populiste cofondé par Rudy Aernoudt, et l'extrême droite. Depuis, la saga de LiDé et de son initiateur n'a pas cessé de faire des vagues. Et un tsunami politique vient de ravager ce tout jeune parti suite au départ d'Aernoudt. Qui accuse ses colistiers d’être en lien avec l'extrême droite ! Pour sa part, le coordinateur bruxellois de LiDé, Pascal de Roubaix, s’est adressé personnellement à RésistanceS.be.


Dans le «monde politique» dont est issu le parti Libéral démocrate (LiDé), se croisent des membres de l'ultra droite nationaliste, catholique traditionaliste, poujadiste, libérale antisociale, mais aussi des ex-membres du Front national et du journal raciste «Le Cri du Citoyen». Il s'agit sans doute d'un hasard... – Doc. RésistanceS.be


Ce lundi, Rudy Aernoudt annonçait son départ de LiDé, le parti Libéral démocrate qu'il avait initié voici quelques mois. Mis en minorité au sein de sa direction, il est aujourd'hui accusé par ses ex-compagnons politiques d'être un «arriviste», «individualiste» singularisé par un «autoritarisme» bien marqué. La sortie de route d'Aernoudt est dès lors stratégique : le capitaine quitte son navire avant d'être jeté de celui-ci par ses marins.

LiDé en voie de marginalisation
En guise de justification : l'ex-chef de cabinet flamand libéral du ministre régional wallon Serge Kubla accuse son parti d'avoir été infiltré par l'extrême droite. Des liens existeraient même entre LiDé et le Front national ! Aernoudt met en avant deux individus en particulier : Georges-Pierre Tonnelier et Pascal de Roubaix. Le premier est un ancien dirigeant du Front national (qui affirme aujourd'hui avoir quitté ses rangs), le second un ancien député de l'UDRT, une formation d'ultradroite poujadiste des années 1970, qui aurait collaboré à un journal raciste et partisan des dictatures de Franco, de Salazar et de Pétain. Rudy Aernoudt, après ses discours anti-chômeurs, deviendrait-il un militant antifasciste ? Bien sûr que non. Sa sortie n'est que stratégique. L'extrême droite n'est dès lors qu'une excuse.

Une chose est évidente maintenant, avec cette crise interne et son alliance avortée avec le Mouvement réformateur (MR) de Didier Reynders : LiDé semble être voué à la marginalisation politique. Avec le départ de son leader - présenté par certains comme charismatique - il est évident que cette nouvelle formation aura beaucoup de mal à se développer. D'autant plus que la propriété de son nom pourrait se retrouver au cœur d'un conflit judiciaire. Ne lui laissant pour le moment que peu de chances de se présenter aux prochaines élections régionales.

En attendant la suite des événements, revenons à Pascal de Roubaix. Ce cofondateur de la régionale bruxelloise de LiDé réfute les informations publiées par RésistanceS.be et les déclarations faites à son égard par Olivier Maingain, le président du FDF, l'un des partis-fondateurs du Mouvement réformateur.

 


Rudy Aernoudt accuse désormais les dirigeants de LiDé de vouloir transformer son parti en un «Front national bis» ! - Doc. RésistanceS.be

 

De Roubaix piraté par «Le Cri du Citoyen» ?
Dans un e-mail envoyé à la rédaction de RésistanceS.be, le 2 mars dernier, Pascal de Roubaix écrit : «Suite aux allégations de M. Maingain et de Me Onkelinckx (NDLR : vice-première ministre fédérale PS) qui ont provoqué un petit lynchage médiatico-politique à mon sujet, j'ai visité votre site, cité comme source de leurs affirmations. J'y ai trouvé une série d'affirmations fausses que je vous prie d'effacer ou de corriger immédiatement». Le coordinateur bruxellois du parti Libéral démocrate précise encore : «je suis un père de famille catholique, belge, bourgeois, libéral et conservateur, fier de mon pays et de ma culture». Il écrit aussi qu'il a «assumé une vocation politique qui se résume à vouloir favoriser, par tous les moyens structurels possibles, la liberté responsable de chaque personne au sein d'une société de liberté. Je crois qu'une telle option me classe à l'opposé absolu du fascisme de la grandeur de l'Etat et de son leader».

Dans le même e-mail, il niera tous contacts avec l'extrême droite : «Essayer de me classer dans l'extrême droite sous prétexte que je déteste le socialisme matérialiste et l'hédonisme sans espoir qui nous sont imposés actuellement, est donc une entreprise absurde à moins qu'elle ne soit malhonnête». Pour se justifier et prouver ses dires, Pascal de Roubaix joindra à son courriel toute une série de documents.

RésistanceS.be n'a jamais affirmé que ce dirigeant de LiDé était d'extrême droite. Il fut juste mentionné qu'à la fin des années 1990, des articles signés de son nom avaient été publiés dans «Le Cri du Citoyen», un journal ouvertement d'ultra droite, xénophobe et poujadiste qui deviendra au même moment l'un des partenaires du Front national belge (sur ce journal ).

De Roubaix affirme désormais n'avoir jamais collaboré directement au «Cri du Citoyen». La publication de ses articles – extraits du «Courrier de la bourse et de la banque» - n'aurait été qu'un copier/coller commis à son issu par la rédaction de ce journal d'extrême droite. Pour le prouver, il communique le texte du fax qu'il aurait envoyé, le 24 septembre 1998, au directeur de la rédaction du «Cri du Citoyen». Dans ce texte, Pascal de Roubaix demande l'arrêt immédiat de la récupération de ses articles. Mais étrangement, Pascal de Roubaix n'exige pas que soit publié, par exemple dans le numéro suivant de ce journal, un rectificatif (ou un droit de réponse). Ce qui aurait permis de faire savoir aux lecteurs que ses articles avaient été publiés sans son accord.

En effet, sans «publicité» de sa réaction, aucun lecteur ne put savoir qu'il était étranger à la republication de ses tribunes libres initialement publiées dans «le Courrier de la bourse et de la banque». Résultat : les lecteurs du «Cri du Citoyen» n'ont jamais été informés que de Roubaix ne souscrivait pas à la nature politique du journal. Ainsi, il n'est dès lors pas étonnant qu'il puisse aujourd'hui être supposé, à la lecture de ce mensuel, que de Roubaix y collaborait. Sa réaction a été fort légère à l'encontre du «Cri du Citoyen». De plus, le document qu'il a communiqué à RésistanceS.be (et à d'autres), affirmant être le texte de son fax adressé au directeur du «Cri du Citoyen», n'est pas la copie d'origine de ce fax, mais le texte copié dans un document word. Il ne peut donc aucunement être prouvé que ce fax existe bel et bien...


Comme par hasard. Bien entendu !
Pour en revenir aux articles de de Roubaix se trouvant dans «Le Cri du Citoyen», ceux-ci ont été, au moins, au nombre de sept durant l'année 1998. Voici leurs titres et mois de publication : «Petite devinette progressiste» (numéro de février, p. 8 et 9), «Une démonstration éblouissante» (mars, p.6), «La démocratie demande de la vertu» (également dans le numéro du mois de mars, p.7), «Où il faut agir» (avril, p.6), «La Belgique est un miracle» (toujours dans le numéro d'avril, p.7), «Du cœur pour l'école» (mai, p. 6 et 7) et «Les nouveaux tartufes» (juin, p.6).

Pour rappel, Pascal de Roubaix se serait adressé au responsable du «Cri du Citoyen» le 24 septembre 1998. Soit neuf mois après l'apparition, pour la première fois, de sa signature dans ce journal édité à Bruxelles, ville de de Roubaix, et dans un milieu politique proche de celui-ci ! Un des rédacteurs habituels et de longue date de ce «Cri» se nommait Christophe Buffin... déjà une bonne connaissance de Pascal de Roubaix. Comme par hasard. Bien entendu ! De Roubaix restera en contact avec Buffin, bien après 1998 et malgré son passage au Front national de Daniel Féret.


Christophe Buffin, rédacteur habituel du journal d’extrême droite «Le Cri du citoyen», a rejoint le Front national de Daniel Féret. Il fut notamment membre de la «rédaction générale» de son organe de presse et l’un de ses rédacteurs. Christophe Buffin fut aussi le responsable de deux commissions thématiques de ce parti nationaliste radical – Doc. RésistanceS.be

En 1999, avec Christophe Buffin, Pascal de Roubaix va conduire la liste «Alliance-Alliantie», un rassemblement politique bien marqué à droite, mais pas à l'extrême droite. Aujourd'hui, les deux hommes sont toujours liés. Notamment dans la mouvance de LiDé. De Roubaix a participé activement à la création de sa section bruxelloise et en est devenu le coordinateur régional. Christophe Buffin, sous son nom complet (Christophe Buffin de Chosal), vient de publier un ouvrage qui a été préfacé par... Rudy Aernoudt, le désormais ex-président de LiDé. Dans un e-mail adressé à RésistanceS.be, daté du 4 mars dernier, Pascal de Roubaix écrit, au sujet de l'appartenance passée de Christophe Buffin au Front national, «Mon ami Christophe Buffin n'a jamais fait partie de la direction du FN».

Le coordinateur bruxellois de LiDé devrait dès lors consulter la presse de l'époque. Et notamment «Le National», le mensuel du Front national. Son «ami» a bien été de l'aventure de ce parti d'extrême droite belge francophone. Récemment, il donnait un cycle de conférences pour Belgique & Chrétienté (B&C), une association reconnue par la justice comme pouvant être considérée comme un «nid de fascistes».

Malgré cette coexistence politique entre ces différents courants de la droite pure et dure, nous le répétons, jamais RésistanceS.be n'a affirmé que Pascal de Roubaix était d'extrême droite. Il a juste été mentionné que sa signature a figuré, pendant près d'un an, dans un mensuel de cette tendance politique. Il a également été affirmé que son principal partenaire politique avait été lui bien actif dans ce milieu. A Pascal de Roubaix désormais de tirer les conclusions de ces trop nombreux hasards. «Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es»...

La rédaction de RésistanceS.be

 


L’ami maintenu de Pascal de Roubaix est resté proche d’un milieu politique extrémiste. Christophe Buffin était en 2008 l’orateur d’un cycle de conférences proposé par Belgique & Chrétienté. Cette association se situe clairement à l’extrême droite sur notre échiquier politique. Notre document ci-dessus est extrait d’un des sites Internet de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, un courant intégriste catholique qui a récemment fait la Une de l’actualité. Par ailleurs, Rudy Aernoudt a préfacé le livre de Christophe Buffin qui vient de sortir de presse !

© RésistanceS – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 10 mars 2009.

 

 


Sur le même sujet et toujours sur RésistanceS.be :

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