RésistanceS 16-01-2009

Opération mains propres


Nouvelles magouilles à l'ultradroite


Les partis d'extrême droite, de la dite « droite nationale » ou d'ultradroite aiment jouer les donneurs de leçon en matière de justice. Ils se présentent souvent comme des «justiciers en croisade» contre les magouilles commises par des politiciens classiques. Et pourtant, les «affaires politico-judiciaires» éclaboussent aussi parfois l'ultradroite. L'exemple par le maire d'Orange, membre - de 1972 à 2005 - de la direction du Front national et depuis 2005 du Mouvement pour la France.



Affiche du Front national de Jean-Marie Le Pen, un parti expert en dénonciation des «magouilles» des autres... Document : Archives RésistanceS.be


Ce 12 janvier, Jacques Bompard et son épouse Marie-Claude, respectivement maires des villes françaises d'Orange et de Bollène (dans le Vaucluse), ont été placés en garde à vue durant plusieurs heures. Le motif : une enquête pour «prise illégale d'intérêt». Ouverte en juin 2008, cette enquête est liée à une information judiciaire contre X concernant une opération immobilière, sans doute illégale. Les époux Bompard nient les faits. «Ce qu'on me reproche, ça ne tient pas» a déclaré Jacques Bompard. Ce dernier reconnaît cependant qu'«il y a peut-être eu une irrégularité administrative. Mais tout a été fait légalement». Toutefois, selon une source judiciaire, sa mise en examen devait désormais être considérée comme «probable» (Libération du 14 janvier).

Dirigeant-fondateur du Front national
Jacques Bompard (64 ans), réélu sans étiquette pour un troisième mandat à la mairie d'Orange en mars de l'année dernière, est membre depuis 2005 du Mouvement pour la France (MPF), la formation politique d'ultradroite souverainiste fondée et dirigée par le vicomte Philippe de Villiers. C'est au début des années 1960 que la carrière politique de Bompard débute, au sein de l'extrême droite, en particulier dans la mouvance de soutien à l'Organisation armée secrète (OAS). Fondée par les acharnés de l'Algérie française, l'OAS est alors responsable d'actions terroristes contre les autorités gouvernementales, les indépendantistes algériens et leurs partisans français. Le jeune Jacques Bompard adhère ensuite au mouvement néofasciste Occident (sur celui-ci ), dont il devient un des cadres dirigeants. Ensuite, il fait partie de la direction d'Ordre nouveau, l'organisation qui succède à Occident et qui sera à la base, en 1972, de la création du Front national. Cofondateur de ce dernier, Jacques Bompard siègera au bureau politique du «Front» de 1972 à 2005.

Il fut également tour à tour conseiller régional FN de Provence-Alpes-Côte d'Azur, député du Vaucluse, conseiller municipal à Orange puis élu en 1995, toujours sous les couleurs du Front national, maire de cette ville du Sud de la France. Réélu aux élections 2001, il obtiendra un troisième mandat aux élections municipales de 2008.

En 2004, il avait fondé sa propre organisation politique, l'Esprit public. Jacques Bompard reçut alors le soutien d'autres opposants internes au Front national de Jean-Marie Le Pen, notamment Marie-France Stirbois et Bernard Antony, respectivement héritière du «courant solidariste» et meneur des «nationaux-catholiques» du FN.

L'extrême droite magouilleuse ?
La longue carrière politique (plus de 40 ans) de Jacques Bompard est celle d'un digne dirigeant d'extrême droite. Si les enquêtes judiciaires actuelles le visant, ainsi que son épouse, débouchent sur des inculpations puis des condamnations, elles démontreront alors que ceux qui s'engagent en politique pour combattre officiellement les «magouilleurs» feraient mieux de d'abord balayer devant leur porte... D'autant plus que d'autres exemples existent pour démontrer que l'extrême droite est elle aussi impliquée dans des «affaires politico-judiciaires». En Belgique comme en France ...

Manuel Abramowicz


© RésistanceS – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 16 janvier 2008.

 

 

Autocollant belge des années 1980 du Parti des forces nouvelles (PFN) accusant ici Wilfried Martens et Jean Gol, premier-ministre et ministre de l'Intérieur de l'époque, de piquer de l'argent. L'extrême droite belge, elle non plus, n'a pas de leçon à donner en la matière – Document : Archives RésistanceS.be


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Avec en communication : « 16-01-2009 »

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