RésistanceS.be 11-06-2011

Enquête sur Bart De Wever et son parti tout puissant


La N-VA est telle la «nouvelle (extrême) droite» ?


L’Alliance néo-flamande conduite par Bart De Wever est officiellement un parti démocratique. Mais pour certains, ses liens avec la «Nouvelle droite» et l’extrême droite sont établis. Marcel Sel, spécialiste du nationalisme flamand, vient de publier un livre de plus de 400 pages pour le démontrer, avec de très nombreux exemples à l’appui.

 

De Wever et Le Pen
Bart De Wever avec Jean-Marie Le Pen, en 1996, après une conférence de ce dernier en Flandre. Cette rencontre n’aurait été motivée que par la curiosité politique d’un jeune étudiant en Histoire, déjà très nationaliste, pour le président-fondateur du Front national français. Vraiment ?


La Nieuw-vlaamse alliantie (N-VA) - en français : Alliance néo-flamande - est un nouveau parti politique en Belgique. Il a juste dix ans mais, depuis les élections législatives anticipées de juin 2010, la N-VA – présidé par le jeune historien Bart De Wever - est devenu le premier parti du pays en voix et en nombre de députés au Parlement fédéral. Son succès historique a causé un véritable tsunami politique : la classe politique flamande est désormais complètement désorientée, le Vlaams Belang (le parti représentatif, depuis les élections communales de 1988, du nationalisme d’extrême droite) est en chute libre (ce qui a causé sa «lézardisation» (), les francophones se retrouvent face à un adversaire intransigeant et agressif… En recomposant le paysage politique nordiste, la N-VA mène la danse et dirige son agenda.


Droite flamande revancharde
Nationaliste sans complexes, sur le plan socio-économique, la N-VA est ultralibérale. Avec elle les inégalités sociales sont au rendez-vous. La fin de la Belgique est à son programme par étapes « réformistes» et surtout en filigrane. Il ne faut pas oublier que les créateurs de ce parti sont directement issus de l’aile ultradroitiste et flamingante de feue la Volksunie, le parti nationaliste démocrate flamand historique, fondé en 1954 et disparu en 2001.

Pour certains de ses observateurs et pourfendeurs, le parti de Bart De Wever incarne aussi la «nouvelle (extrême) droite». Marcel Sel, spécialiste francophone de la Flandre nationaliste, a consacré un important ouvrage (439 pages) dédié à cette thèse.

Dans Les secrets de Bart De Wever (éditions de l’arbre), il propose une enquête poussée sur les liens de la N-VA avec le corpus idéologique de l’extrême droite classique. Marcel Sel donne aussi des exemples concrets de contacts entre la droite nationaliste flamande, incarnée par la N-VA, et la droite national-flamande revancharde. Cette dernière s’était engagée durant la Seconde Guerre mondiale dans la collaboration avec les nazis, officiellement dans le cadre d’une stratégie qui aurait été favorable pour finir à l’indépendance de la Flandre.

Des responsables de la N-VA, dont Bart De Wever en particulier, fréquentent – ou l’ont fait dans un passé récent - les activités de la Fondation Joris van Severen, du nom de l’un des chefs charismatiques de l’extrême droite flamande des années 30 (). Précisons que cette fondation se consacre toujours de nos jours à faire perdurer l’héritage doctrinal de van Severen auprès des nouvelles générations militantes de la cause «national-flamande».


«Génération Le Pen»

Les connexions avec le fascisme ne sont pas qu’historiques. Marcel Sel révèle des fréquentations communes de Bart De Wever avec l’ultradroite contemporaine. Il dévoile l’influence que la «Nouvelle droite» française et flamande ont exercé sur le président de la N-VA. Directement issue, à la fin des années 60 de la mouvance néofasciste et néonazie, cette Nouvelle droite s’est engagée dans une entreprise intellectuelle et culturelle pour doter l’extrême droite classique d’une nouvelle stratégie de prise du pouvoir.

Sous la conduite de Filip Dewinter ( et Frank Vanhecke (), le Vlaams Blok/Belang avait déjà exploité, dès le milieu des années 80, les vade-mecum proposés par cette droite extrême dite «nouvelle». Dewinter et Vanhecke se caractérisent alors aussi pour leur appartenance à la «génération Le Pen», du nom de ces jeunes militants nationalistes qui vont prendre pour modèle vivant le président-fondateur du Front national français.

Ils ne seront pas les seuls en Flandre à s’intéresser à l’«effet Le Pen» (au milieu des années 80, Jean-Marie Le Pen a propulsé son Front sur les devants de la scène politico-médiatique). Les rencontres entre Bart De Wever et Jean-Marie Le Pen (dont la dernière remonte à 2006, à l’occasion des funérailles de Karel Dillen, activiste négationniste de la première heure et président-fondateur du Vlaams Blok/Belang) sont encore rappelées dans le livre de Marcel Sel (). Plusieurs personnalités de la N-VA collaborent par ailleurs activement, précise Sel, avec le Taal-Aktie-komitee (TAK), un groupe d’action nationaliste ayant été fondé par des radicaux de l’extrême droite flamande, notamment du VMO (tak01.html).

Le livre de Marcel Sel sur Bart De Wever et sa N-VA est une mine d’informations des plus utiles pour comprendre – et prendre en considération - les dangers du nationalisme fondamentaliste qui infiltre, à (très) grands pas, le nord du pays.

Manuel ABRAMOWICZ

 
Note de la rédaction
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© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 11 juin 2011.

Un livre grandement conseillé par Résistance.be

Les secrets de Bart De Wever
de Marcel Sel
Editions de l’arbre
Bruxelles-Paris, 2011
439 pages
21,90 euros.



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