RésistanceS 08-12-2008

Les liens du Front national avec les néorexistes français


Forum pour les fanatiques de la Nation

Chaque année, à Lyon, un rendez-vous rassemble les purs et durs de l'extrême droite française. Organisé par «Jeune Nation», un journal confidentiel du mouvement l'Œuvre française, on y rencontre des disciples du nazi wallon Léon Degrelle, des «cadres» de la Nouvelle droite politique, des dirigeants phalangistes espagnols, mais aussi du Front national de Jean-Marie Le Pen. Eclairage sur une mouvance dans l'ombre de l'Ordre nouveau.


Quelques exemples de matériaux de la propagande de l'Œuvre française, dont le «numéro deux» (sic) édite «Jeune Nation» - Image doc. RésistanceS.be

Ce 6 décembre, à Lyon, s'est tenu le «XIIe Forum de la Nation». L'organisateur de ce rassemblement annuel est «Jeune Nation». Un journal réalisé par la section lyonnaise de l'Œuvre française (OF). Ce mouvement groupusculaire et folklorique existe depuis 1968. L'OF rassemble une partie des purs et durs du néofascisme français. Se revendiquant du «nationalisme intégral» de l'antisémite Charles Maurras (), l'OF est connue pour son radicalisme et sa nostalgie des principaux dictateurs européens : le Portugais Salazar, l'Espagnol Franco, le Français Pétain...


Œuvre française, FN et Nouvelle droite...
«Jeune Nation» se présente comme un «organe nationaliste d'information». Son directeur est Yvan Benedetti. Dirigeant «numéro deux» (sic) de l'Œuvre française, il l'est également du Front national. En effet, Benedetti est conseiller municipal dans la commune de Vénissieux du FN lepéniste et son secrétaire départemental adjoint dans le Rhône. Une preuve de plus des liens du parti de Jean-Marie Le Pen avec les radicaux du nationalisme français.

Lors du «XIIe Forum de la Nation» proposé par la revue de Yvan Benedetti, on put constater la présence de plusieurs «représentants» de l'extrême droite radicale : Pierre Sidos, le présideur-fondateur de l'Œuvre française, Philippe Randa, libraire-éditeur et directeur du journal «Flash», Roland Helie, ancien dirigeant du Parti des forces nouvelles, actuel responsable de la revue «Synthèse nationale» et de la Nouvelle droite populaire (au sujet de cette NDP, voir notre article «Après le Front national, la Nouvelle droite populaire ?» ), le «Docteur Merlin», le pseudonyme d'un chanteur nationaliste, et André Gandillon, le rédacteur en chef du journal «Militant».

Ce dernier fait - depuis quelques temps - partie de la mouvance de l'Œuvre française et de la revue «Jeune Nation». Les responsables de «Militant», fondé en 1967 par des anciens combattants français de la «Division Charlemagne», la Waffen-SS française, ont participé à la direction du Front national de Jean-Marie Le Pen au tout début de ses premières années d'existence. A l'initiative du Parti nationaliste français (PNF) en 1983, «Militant» maintient allumée la flamme du souvenir des «combats d'hier» pour en faire des modèles pour les «combats d'aujourd'hui». Les activistes de «Militant» et du PNF (qui aujourd'hui n'est plus mis en avant) restent des disciples inconditionnels de l'Ordre nouveau. Ce n'est donc pas pour rien qu'une certaine Chantal Degrelle fait partie de leur cercle d'amis restreints. Comme son nom peut le laisser supposer, il s'agit de l'une des filles de Léon Degrelle, le vieux nazi Belge qui avait – jusqu'à son décès en mars 1994 - de nombreux admirateurs parmi les dirigeants de l'extrême droite, de Jean-Marie Le Pen à Michel Delacroix, l'ex-président ff du FN belge rénové. Chantal Degrelle entretient toujours aujourd’hui l'héritage idéologique de son père, entre autres en participant aux activités de la revue «Militant».


Sur cette photo dédicacée, le nazi wallon Léon Degrelle (troisième en partant de gauche) et son «ami» Alberto Torresano (quatrième personnage sur cette photo à partir de la gauche), le contact espagnol de «Jeune Nation», lors de la commémoration du 100e anniversaire de la naissance d'Adolf Hitler, le 20 avril 1989 à Madrid...


Degrelle : un «grand frère»
Lors de sa disparition en 1994, Yvan Benedetti rendra un vibrant hommage au père de Chantal Degrelle dans les colonnes de «Jeune Nation». L'actuel dirigeant du FN français écrira notamment : «Léon Degrelle n'est plus. Dans toute l'Europe, les nationalistes pleurent leur grand frère disparu (...). Tu nous a appris l'espérance. Tu nous a donné la foi et l'énergie de combattre pour vaincre. REX est mort, vive le REXISME ! SALUT CAMARADE!» (les mots en majuscule figurent dans le texte d'origine) *. Depuis, ni Benedetti ni les autres de ses amis n'ont renié leur «rexisme» de l'époque...

A ce «XIIe Forum de la Nation», une fois encore, la direction de la Phalange espagnole était présente. Ce mouvement est l'un des héritiers du parti unique de la dictature franquiste qui permit à Léon Degrelle de vivre en toute sécurité en Espagne lors de son exil politique. C'est Alberto Torresano, le délégué chargé des relations extérieures de la Phalange, et Jésus Fernandez, le chef national de ses jeunesses, qui firent le déplacement jusqu'à Lyon. Alberto Torresano est le responsable des contacts des phalangistes avec les partis et mouvements français d'extrême droite, mais aussi belges (voir à ce sujet notre article «Les liens du président Front national and C° avec un hitlérien...» ). Le même Torresano fut aussi un ami personnel de Léon Degrelle.

En relation de longue date avec «Jeune Nation», lors du précédent «Forum de la Nation», tenu le 6 octobre 2007, Alberto Torresano était accompagné de Manuel Andrino, le «Chef National» en personne de la Phalange. Ils purent alors y rencontrer une autre «personnalité» : Bruno Gollnisch, le numéro deux du Front national français ! µ

 


Lors du « XIe Forum de la Nation», le 6 octobre 2007 (de gauche à droite) : les chefs de l'Œuvre française Yvan Benedetti et Pierre Sido en compagnie de Bruno Gollnisch, le «numéro deux» du Front national français - Photo publiée par l'OF prouvant les liens du FN de Le Pen avec les radicaux du nationalisme français disciples de Léon Degrelle.

 

Négationniste et unité de la «famille»
Au sujet de «Jeune Nation», il faut encore signaler que cet «organe nationaliste d'information» apporte un appui inconditionnel et officiel à Vincent Reynouard, un négationniste français vivant en Belgique et condamné à un an de prison ferme en juin 2008 (). Depuis, ce partisan fanatique de l'Allemagne d'Adolf Hitler est en fuite et vivrait en clandestinité grâce à un réseau d'amis d'extrême droite, allant des intégristes nationaux-catholiques aux néonazis fanatiques.

La mouvance «Jeune Nation»/Œuvre française prouve qu'à l'extrême droite, un certain passé politique reste d'actualité... et que les liens entre les néonazis et ladite «droite nationale» - que veut toujours incarner le Front national - sont encore solidement à l'ordre du jour. Les membres de cette «famille idéologique» restent unis. Plus que jamais d'ailleurs.

Alexandre Vick

* Yvan Benedetti : «La mort d'un géant», article d'hommage à Léon Degrelle paru dans «Jeune Nation» d'avril 1994, page 4.

© RésistanceS – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 8 décembre 2008.


 


Le Front national français est lié aux radicaux de l'Œuvre française et à son journal «Jeune Nation», nostalgique du nazi wallon Léon Degrelle.


Sur RésistanceS.be

Lire aussi notre dernier article
mis en ligne sur l'extrême droite française :

Après le Front national, la Nouvelle droite populaire ?

 

Sur l'un des leaders de la mouvance NDP, lire sur RésistanceS.be :

Philippe Randa, un éditeur au service de l'Ordre nouveau


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lire notamment sur RésistanceS.be :

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