RésistanceS.be 18-10-2011

Double langage et vraie identité


Le FN belge et Nation manifestent avec des néonazis


L’extrême droite « traditionnelle» nie avec force tout lien avec les derniers partisans du nazisme. Mais comme par hasard (bien entendu !), ils manifestent parfois encore ensemble. Ce fut le cas le 8 octobre dernier à Lille.


Photo prise dans les rues de Lille (Nord de la France) lors de la manifestation à l’appel dudit «Front populaire solidariste». Des néonazis y étaient également de la partie © Photo Nord Eclair.


Tout récemment, à l’occasion de la publication de l’enquête exclusive de RésistanceS.be sur le lancement d’une «division Wallonie» de Blood and Honour (B&H, ), le Front national belge dit «réunifié» (constitué d’un des quatre clans frontistes en Belgique) a catégoriquement nié () tout lien avec les Belges de cette organisation internationale regroupant des skinheads néonazis. Le partenaire politique de ce FN, le mouvement Nation, refuse lui aussi tout amalgame pouvant être fait avec B&H. Le réflexe de la révision et de la négation est légion chez ces gens là…


Signes extérieurs d’affiliation
Pourtant, le mouvement Nation et le FN «réunifié » comptent dans leurs rangs des «crânes rasés» qui, lors de manifestations publiques (comme le 16 octobre à Bruxelles) ou lors de réunions internes, ont de grandes difficultés à cacher leur appartenance idéologique à une mouvance «NS» (national-socialiste/nazie) ou issue de celle-ci (nationaliste-révolutionnaire, nationaliste autonome, identitaire, solidariste…). Les signes extérieurs d’affiliation doctrinale sont nombreux : badges, blasons ou tatouages de tendances «radicales» sont en effet portés par des militants ou des sympathisants du FN et de Nation.

Dans le cadre de participations de ces derniers à des rassemblements proposés par des organisations-amies étrangères, en France par exemple, des rencontres peuvent encore se faire avec des militants de groupes radicaux, dont certains affichent sans détour leur filiation néonazie. Ce fut encore le cas, le samedi 8 octobre dernier à Lille (Nord de la France), à la première manifestation organisée par le «Front populaire solidariste» (à son sujet voir notre article «Solidaristes contre identitaires»). Une manifestation officiellement initiée par divers groupes et mouvements français d’extrême droite, mais également par le mouvement belge Nation.

A cette occasion, le mouvement Nation et sa branche jeune (Jeune Nation), accompagnés de membres du bureau politique du FN belge «réunifié», ont fait le déplacmement jusque Lille avec environ une vingtaine d’activistes. Sur place, ils retrouvèrent entre 500 et 600 autres militants d’extrême droite (contre plus de 1.500 personnes participant à la contre-manifestation antifasciste).

Si le label «solidariste» a pu être imposé lors de cette manifestation et aucun incident enregistré, les initiateurs de la manifestation «solidariste» ne pourront toutefois pas se dédouaner de la présence de véritables néonazis affirmés (et non refoulés ou cachés) dans ses rangs. Une preuve de plus que quand l’extrême droite se dit «nouvelle», agit sous des vocables servant de leurres (nationaliste-révolutionnaire, droite nationale, identitaire, solidariste…) et adopte un relooking de circonstance, en coulisses rien ne change réellement.


Blood and Honour et RVF : présents !

Dans le cortège lillois du Front populaire solidariste ont ainsi été repérée une délégation de la Racial volunteer force (RVF). Fondée en 2002 en Grande-Bretagne et disposant de sympathisants en Hollande et en France, cette «force de volontaires raciaux» s’est constituée autour d’anciens militants de Blood and Honour (B&H), un temps actifs au sein du groupe terroriste néohitlérien «Combat 18». La RVF est encore plus néonazie et violente que B&H «traditionnel». Son dirigeant anglais, Mark Atkinson, a passé plusieurs années en prison suite à une lourde condamnation prononcée en 2005. Le 8 octobre dernier, il conduisait la délégation de la RVF à la manifestation du Front populaire solidariste.

Des responsables de Blood and Honour-Vlaanderen (B&H-VL) avaient également fait le déplacement jusque Lille. Les militants de la division flamande de l’organisation néonazie internationale skinhead sont très jeunes et extrêmement radicaux. En mars de cette année, le tribunal correctionnel de Furnes (Flandre occidentale) condamnait trois de leurs responsables pour racisme et apologie du nazisme, à des peines de prison (). La présence de militants de B&H-VL au défilé lillois «solidariste» confirme leur mobilité, leur activisme transfrontalier et la poursuite de leur combat pour la «race blanche». D’autres activistes de Blood & Honour étaient également présents à la manif du Front populaire solidariste.



RésistanceS.be avait raison !

Le même 8 octobre, la division française de Blood and Honour (B&H Hexagone) organisait à Marseille l’ISD Memorial, le rendez-vous annuel proposé par les divisions nationales de B&H en mémoire de leur dirigeant-fondateur Ian Stuart Donaldson (ISD). Malgré cet événement incontournable de la scène nazie-skin, et comme l’avait évoqué RésistanceS.be , des membres et sympathisants français de l’organisation néonazie ont tout de même préféré se rendre au défilé proposé à Lille par les nouveaux «solidaristes».

Cette information a été officiellement confirmée dans le bilan de l’ISD Memorial de B&H Hexagone diffusé sur le blog néonazi «NS revolt». Une information d’origine d’extrême droite qui contredit les démentis du site «anti-antifa» d’Hervé Van Laethem (le dirigeant-fondateur de Nation), renforcés par l’avis de Georges-Pierre Tonnelier, un des derniers responsables du FN «réunifié», comme quoi RésistanceS.be avait diffusé une fausse nouvelle à ce sujet.

La présence de néonazis de la RVF et de Blood and Honour à la manifestation du Front populaire solidariste signifie une fois de plus que le naturel (idéologique) revient toujours au galop. La participation active du mouvement Nation et de dirigeants du FN «réunifié» à cette même manifestation démontre leurs connexions maintenues avec une extrême droite sulfureuse. Mais bien entendu, ses principaux intéressés affirmeront que tout cela est le fruit de l’imaginaire et des mensonges des antifascistes. Décidément l’extrême droite est incapable d’assumer son identité.

Tatiana VERTAELENS

 


Les preuves de RésistanceS.be en photos

(extraites du reportage vidéo réalisé par le quotidien français Nord Eclair)



Lors de la manifestation du Front populaire solidariste, le 8 octobre 2011 à Lille, la délégation des néonazis anglais de la Racial Volunteer force, conduite par Mark Atkinson en personne, son dirigeant-fondateur © Image Nord Eclair

 



Un des membres de Blood & Honour-Vlaanderen au défilé lillois du 8 octobre 2011 du Front populaire solidariste © Image Nord Eclair

 



Autres néonazis présents à Lille avec les «nouveaux» solidaristes © Image Nord Eclair

 

Déjà le 8 mai dernier… à Paris cette fois-ci


Ils nient tout lien avec les néonazis, et pourtant, ils manifestent souvent avec eux.


La présence de néonazis dans des manifestations d’une extrême droite souhaitant apparaître comme présentable aux yeux des médias, n’est pas une première. Bien avant le défilé lillois du 8 octobre dernier organisé par les mouvements à l’initiative du Front populaire solidariste (revoir ci-dessus), des activistes de groupes nostalgiques de l’«Europe blanche» nationale-socialiste hitlérienne ont toujours fait de l’«entrisme» dans les cortèges de la droite radicale. Partageant souvent une identique histoire, un héritage commun, des mêmes idéaux, leur présence y est tolérée.

Le 8 mai de cette année, dans les rues de Paris, lors de la manifestation annuelle de l’extrême droite radicale (dont certains représentants sont à la base de la création du Front populaire solidariste , RésistanceS.be avait déjà repéré plusieurs néonazis. Au sein de la délégation française des «nationalistes autonomes» (NA), le néerlandais Eite Homan s’y trouvait par exemple. A l’initiative d’une mouvance néonazie, les NA représentent une nouvelle façon d’agir politiquement, avec un style «relooké» et des slogans essentiellement anticapitalistes, afin de séduire des jeunes.


Front national-socialiste !

Actif depuis les années 1980, Eite Homan a dirigé plusieurs groupuscules ouvertement néonazis hollandais, comme le FAP-Arbeiderspartij (Parti des ouvriers) ou l’Aktiefront Nationale Socialisten (ANS, Front d’action des nationaux-socialistes). A ce titre, il est très vite devenu un des maillons essentiels des réseaux européens NS (national-socialiste). Leader aujourd’hui de la mouvance nationaliste autonome en Hollande, Eite Homan est un professionnel de l’action subversive.

Son déplacement à Paris le 8 mai dernier n’avait certainement pas pour uniquement but de juste participer à une manifestation de rue. Eite Homan y était présent aussi pour renforcer les liens entre les nationalistes autonomes hollandais, allemands et français.

A quelques mètres de ce dirigeant néonazi européen se trouvait la délégation belge conduite par le mouvement Nation, avec à sa tête l’incontournable Hervé Van Laethem. Dans les années 1980-1990, ce dernier dirigeait le groupe néonazi «l’Assaut», alors déjà en contact avec la même nébuleuse politique qu’Eite Homan. En compagnie des nationalistes autonomes français, le mouvement Nation participa à l’organisation de la manifestation du 8 octobre dernier, à Lille, du Front populaire solidariste. Toujours comme par hasard… bien entendu !

T.V




L’Hollandais Eite Homan (en madaillon en haut à droite), leader de la mouvance «nationaliste autonome» (néonazie), dans les rue de Paris, le 8 mai 2011, lors de la manifestation annuelle de l’extrême droite radicale (grande photo à gauche). Le même personnage (en bas à droite), au début des années 2000, exprimant son soutien «anti-impérialiste» à Oussama Ben Laden. L’islamophobie de l’extrême droite est à géométrie variable… ©  Photos : Réflexes (http://reflexes.samizdat.net) et Kafka (http://kafka.antifa.net).

 


 

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© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be –– Article mis en ligne le 18 octobre 2011.

 

 

 

 

 

 


Les nouvelles preuves des liens maintenus de l’extrême droite avec les néonazis !




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