RésistanceS 17-11-2006

Le NSV, un cercle étudiant nationaliste, a trente ans


VB-NSV, des liens pour un Ordre nouveau

Le Vlaams Belang d'aujourd'hui jure ses grands dieux qu'il n'est plus le Vlaams Blok de hier. Du passé faisons table rase, clame la jeune génération dirigeante du VB conduite par Filip Dewinter. Issue des rangs du NSV, une bonne partie de la direction VBiste fêtera ce 18 novembre, à Anvers, le trentième anniversaire d'existence de ce cercle d'étudiants nationalistes adeptes de la croix celtique, comme les néonazis...

Des étudiants du NSV en présence de militants de l'Assaut et de la Jong wacht, deux groupuscules néonazis héritiers du Vlaamse militanten orde (VMO), après une manifestation nationaliste © photo RésistanceS.


Ce samedi 18 novembre, le Nationalistische Studentenvereniging (NSV, cercle des étudiants nationalistes) va fêter, dans la ville d'Anvers (son principal fief), ses trente années d’existence en présence de dirigeants du Vlaams Belang (VB). Une preuve de plus des connexions maintenues entre le VB et le NSV.

Le président du comité d’organisation de cet anniversaire est par exemple Filip Dewinter en personne, le big-boss charismatique du VB. Comme lui, plusieurs hauts dirigeants du parti d'extrême droite flamand proviennent du NSV. Une organisation d’extrême droite marquée par son radicalisme et ses multiples liens historiques avec le milieu néonazi, négationniste et antisémite. Une preuve encore que le VB reste un parti bien différent des autres. Et qu'à la moindre occasion, le naturel revient rapidement au galop.

Une jeunesse pure et dure pour le Blok
Officiellement, le Nationalistische Studentenvereniging n’a aucun lien avec des partis politiques. Concrètement : il n'est rien moins qu'un mouvement étudiant lié directement au Vlaams Blok/Belang. Comme son histoire l'enseigne.

Le NSV est une scission du Katholieke vlaams hoogstudenten verbond (KVHV) apparue en 1976. Le clash au sein de cette association d’étudiants catholiques se produisit après un long conflit entre sa tendance modérée, conduite par Bart Vandermoere (de la Volksunie, le principal parti nationaliste flamand de l'époque), et les ultras, menés par Edwin Truyens. Peu de temps après, Edwin Truyens fera partie du premier cercle des dirigeants du Vlaams Blok, fondé en 1978. Promu économiste du nouveau parti, il sera le responsable de son service d’études. Tout en étant le représentant officieux de la tendance catholique intégriste du Blok. Presque tout membre du VB qui se respecte et qui a entrepris des études après 1976, était ou est encore membre du NSV. « Onze Levensbeschouwing », son manifeste, publié en 1982, fut écrit par Edwin Truyens et Hans Carpels, un autre cadre blokker. En 1984, ce dernier succéda à Truyens au poste de président du NSV.

Avant de devenir le dirigeant du NSV, le big-boss actuel du Vlaams Belang, Filip Dewinter, le fut du NjSV, la branche lycéenne du cercle des étudiants nationalistes adeptes de la croix celtique (document : Archives Hugo Gijsels - RésistanceS).

Le programme de cette association étudiante se réfère au national-solidarisme. Cette idéologie est apparue en Flandre dans les années trente. C'est un corpus doctrinal adapté du national-socialisme allemand. En grande partie, le programme du NSV est une transcription quasi mot pour mot, à la fois du manifeste de Were Di (un cercle de réflexion idéologique national-socialiste, dissout il y a quelques jours) et de celui du Vlaams Blok (issu idéologiquement de Were Di). Dès ses premières années de combat, le NSV revendique l’amnistie inconditionnelle des ex-collabos, va lutter contre le socialisme, le communisme et l’avortement. Son modèle de société se base sur un système d’apartheid, afin de garantir la « pureté de la race ». Comme le VB, le NSV rêve d'une Flandre indépendante, construite par une « communauté homogène »... soit une « race pure ».


Filip Dewinter, leader et référence
Tout en accord avec leur manifeste raciste, les membres du NSV font régulièrement parler d’eux. La plupart du temps lors de manifestions violentes ou d'actions commando contre des cibles de gauche (militants, cafés, piquets de grève, manifestions, locaux de réunion…). Les personnes d'origine étrangère sont également parmi les cibles du NSV. Dans ses premières années d’existence, une collaboration intense s’était établie sur le terrain avec la plupart des groupes d’action nationaliste, comme le VMO de Bert Eriksson, le Taal aktie komité (Tak) ou le Voorpost. Ce dernier groupe est dirigé par des dirigeants du Vlaams Blok, comme Roeland Rae (vice-président de 1978 à 2000), Francis Vanden Eyden (député fédéral), Luk Vermeulen (responsable de son service de sécurité)...

Six ans après sa création, le NSV va se doter d'une branche active dans les écoles secondaires, le Nationalistische jongstudenten verbond (NjSV). Cette association est la continuation, mais sous un autre nom, du Vlaamse scholieren actie groepen (VSAG). Le changement de dénomination fut réalisé par Filip Dewinter, dirigeant de l’époque du VSAG. Ensuite, le même Dewinter siègera à la présidence nationale commune du NSV-NjSV et dirigera par après le NSV, durant ses études en journalisme à Anvers. De la direction du NSV, il passa directement à celle du Vlaams Blok en 1983-84.


Comme le Vlaams Blok/Belang, le Nationalistische Studentenvereniging veut que la « Belgique crève » en explosant. Cette affiche du NSV est-elle un appel au terrorisme ? (document : Archives-RésistanceS).

A l'instar de Filip Dewinter, plusieurs importants dirigeants et élus actuels du VB firent donc leur endoctrinement politique au NSV : Frank Vanhecke, Joris van Hauthem, Karim van Overmeire, Jurgen Ceder, Koen et Marijke Dillen, Bart Laeremans, Erik Arckens, Dominiek Lootens et bien d'autres. Le principal agent de liaison entre le NSV-NjSV et le Vlaams Blok fut Luc Dieudonné, alias Jan Stalmans. Dans ce milieu, ce personnage de l’ombre est également connu sous le pseudonyme de « Herakles ». Cet adepte d’opérations barbouzes collaborait régulièrement Branding, le bulletin du NSV. Pour l’anecdote : auparavant, ce dernier avait pour titre Signaal… comme celui de la propagande allemande nazie durant l’Occupation.

Ce 18 novembre, le Nationalistische Studentenvereniging fêtera son trentième anniversaire d'existence et de combat pour le nationalisme nostalgique de l'Ordre nouveau... en présence du gratin du Vlaams Belang. Un parti comme un autre ?

Wim HAELSTERMAN


A propos de cet article
L'auteur de celui-ci, Wim Haelsterman, est l'un des premiers correspondants flamands de RésistanceS. Il a été une première fois publié, sous le titre de « Pures & dures ! Historique des jeunesses nationalistes flamandes de 1947 à 1997 », dans RésistanceS (revue imprimée), numéro 0, mai-juin 1997, pages 13 à 17. ll a été revu, raccourci et réactualisé par Alexandre Vick en novembre 2006.

Des étudiants violents au service du VB

Le NSV se présente comme un « syndicat étudiant ». Il a toujours été caractérisé par sa violence et ses discours ouvertement racistes. Et par ses connexions avec le Vlaams Blok/Belang.

Le Nationalistische Studentenvereniging est présent sur plusieurs campus universitaires en Flandre (essentiellement à Anvers, Gand et Louvain) et à Bruxelles (à la VUB et dans plusieurs Hautes-écoles). Ses principaux alliés sont des groupes d’action comme le Tak et le Voorpost. Dans les années 70-80, il agissait - main dans la main - avec le VMO… une « milice » flamingante et néonazie. Il avait alors aussi des contacts militants et politiques avec les francophones du groupe néonazi l’Assaut.

Occident néonazi comme référence
En France, le Gud (Groupe union défense), un « syndicat » étudiant actif à la faculté d’Assas (Paris) était le correspondant français du NSV. Aujourd’hui dissout, le Gud se fit connaître par ses actions commando ultra violentes contre ses adversaires. Il inspira fortement le NSV, comme le mouvement Occident, d'obédience néonazie et interdit par les autorités françaises en 1968, suite à ses habituels bagarres de rue avec les gauchistes, entre autres de la Ligue communiste révolutionnaire.

La nostalgie de cette époque violente reste cultivée. Une affiche actuelle du NSV reprend entièrement l’affiche légendaire d’Occident, adaptée à la « sauce flamande ». Le NSV se considère comme l’héritier direct de cette mouvance étudiante nationaliste, néofasciste et pour qui la violence peut être un mode d'action régulier.

D'abord l'affiche actuelle du NSV, en-dessous celle d'Occident, un mouvement néonazi, dissout par les autorités françaises en 1968 et référence des étudiants du Vlaams Belang. L'affiche d'Occident trônait dans le bureau personnel de Filip Dewinter (documents : RésistanceS).

Soutenues par les responsables du Vlaams Belang de Filip Dewinter, les manifestations du NSV se terminent le plus souvent en batailles rangées autour du slogan « Belgïe barst » (Que la Belgique crève). La branche active dans les écoles et lycéens du NSV, le Nationalistische jongstudenten verbond (NjSV), diffusait en 1996 des autocollants reprenant le logo de Combat 18, un groupe néonazi anglais terroriste. Un autre autocollant, à la même époque, proclamait que le « révisionnisme n’est pas illégal », un an après le vote de la loi anti-négationniste.

Filip Dewinter fut le premier président du NjSV, puis devint l’un des dirigeants les plus marquant du NSV. Aujourd’hui, il reste le leader charismatique et historique de ce « syndicat » étudiant ultra violent et néofasciste. Une preuve encore que le Vlaams Belang reste le Vlaams Blok, avec ses références politiques les plus nauséabondes…

Manuel ABRAMOWICZ

 

© RésistanceS – www.resistances.be – info@resistances.be - Bruxelles – 17 novembre 2006

 


 

 


Dirigés par Filip Dewinter, le NjSV et le NSV sont des adeptes de la croix celtique... comme les néonazis (document : Archives Hugo Gijsels - RésistanceS).

Chant de guerre
En toute camaraderie, le NjSV et le NSV aiment chanter lors de « cantus ». Extrait des paroles d'un de leur chant :

« (…), un Marocain, (…) et un nègre, un communiste, un étranger, nous les balançons tous dans leur cercueil /
Un chien rouge avec une grande bouche, nous l'envoyons par le fond /
Un sale juif, un maoïste, un fransquillon et un socialiste, la BRT (ndlr : ancien nom de la télévision et radio VRT) et le syndicat, nous les désossons jusqu'à la moelle (…) ».

Cité dans « Le Vlaams Blok » de Hugo Gijsels
(éditions Luc Pire, Bruxelles, 1993, p. 64).


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