RésistanceS.be 31-08-2011

Nostalgie pour un parti d’extrême droite collabo flamand sous l’occupation nazie ?


Règlement de comptes et révélations sur les purs et durs de la N-VA


Des informations confidentielles viennent d’être diffusées sur l’existence d’une structure «secrète» au cœur de la N-VA de Bart De Wever. Elle se caractériserait par des idées racistes et homophobes. Ses initiales (VNV) sont les mêmes que celles du plus important parti flamand d’extrême droite qui s’engagea dans une collaboration sans bornes avec les nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Hasard ou preuves de la nostalgie en Flandre pour l’Ordre nouveau qui y régna sous l’occupation allemande ?

 

Bart De Wever
Extrait d’un tract électoral pour les élections régionales de 2009 de Bart De Wever, le président de la N-VA. Un parti aussi constitué de revanchards nostalgiques de la Flandre de l’An 40 ? – Doc. Tractothèque


Rien ne prouve que la Nieuw-vlaamse alliantie (N-VA) est un parti antidémocratique et proche des thèses de l’extrême droite, mais force est de constater qu’une certaine nostalgie pour la Flandre collaborationniste reste très vivante au sein du parti de Bart De Wever.

C’est ce qui ressort d’un e-mail rendu public récemment sur Facebook par Bas Luyten, ex-collaborateur du président du parlement flamand Jan Peumans (N-VA) et ex-président des jeunes N-VA. Bas Luyten est également le compagnon de Kim Geybels. Elue en 2010, comme sénatrice pour la N-VA, celle-ci en fut rapidement écartée et dut démissioné du Sénat suite à des révélations à propos d’un trafic de drogue à l’occasion d’ un voyage en Thaïlande. Depuis lors, le couple Luyten-Geybels a décidé de se venger de la N-VA.

La révélation de ce courrier interne se fait donc dans le cadre d’un règlement de comptes. Il date de 2007 et émane de Theo Francken, actuel député de la N-VA et considéré également comme son spécialiste sur les questions liées à l’immigration. L’objet de son e-mail concerne une invitation adressée à des parlementaires et militants de la N-VA pour assister à une réunion confidentielle. Ce rendez-vous s’est fait en juillet 2007 au nom d’un dénommé Vlaams-nationale vriendenkring, en abrégé VNV. Sous les allures d’une organisation des plus discrète, voire carrément secrète, ce «cercle national-flamand d’amis» va se présenter comme le courant les plus ultraconservateurs de la N-VA. Ce VNV agira aussi sous le nom plus farfelu des «amis du gros», soit les amis de Bart De Wever en personne !


VNV et Ordre nouveau
Avec le choix de ses initiales, c’est aussi une référence sans détour au parti d’extrême droite flamand de l’Avant-guerre qui est fait : le Vlaams nationaal verbond (VNV), en français : Union national-flamande. Prenant exemple sur le nazisme d’Adolf Hitler, ce VNV fut fondé en 1933 par Staf De Clerq. Pendant la dernière guerre mondiale, cette formation électorale a collaboré avec l’occupant nazi pour instaurer en Flandre et à Bruxelles un régime d’Ordre nouveau (). A la Libération, plusieurs de ses dirigeants ont été arrêtés et lourdement condamnés, mais d’autres ont très rapidement été réhabilités.

Le choix fait par le Vlaams-nationale vriendenkring de prendre des initiales identiques est-il le fruit du hasard ? Cela serait étonnant car le VNV de Staf Declerq est en effet resté après 1945 une référence majeure pour toute la droite nationaliste radicale flamande et notamment pour ceux qui, en 1978, fonderont le Vlaams Blok (actuel Vlaams Belang, le parti d’extrême droite flamand).




Le couple Kim Geybels et Bas Luyten, ancienne sénatrice et ex-cadre de la N-VA, à la Une du magazine Humo pour y dénoncer les coulisses racistes et homophobes du parti de Bart De Wever.

Racisme, «Roze leeuwen»…
Le «néo-VNV», animé par des dirigeants et parlementaires de la N-VA, constitue, selon des informations révélées par le couple Luyten-Geybels dans l’hebdomadaire néerlandophone Humo et sur Facebook, l’aile d’ultradroite du parti nationaliste flamand. Dans ce courant interne se trouve le sénateur Karl Vanlouwe et la députée Liesbeth Homans. Cette dernière est aussi une proche collaboratrice de Bart De Wever. Le Vlaams-nationale vriendenkring se donne pour tâche de « dessiner les grandes lignes de la politique (et surtout de la fin) de ce pays », c’est-à-dire la participation à la destruction de l’Etat belge, l’objectif final des nationalistes flamands purs et durs. Il se réunit de manière très discrète  au moins deux fois par an.

Toujours selon le duo Bas Luyten et Kim Geybels, les propos racistes et homophobes seraient réguliers lors de la tenue, à huis clos bien sûr, des réunions de ce cercle confidentiel national-flamand. Parmi ses cibles : les «Roze leeuwen» (les lions roses). Ce nom désigne les nationalistes flamands connus pour leur homosexualité. Plusieurs parlementaires et cadres de la N-VA en seraient. Dans les autres partis, y compris au très puritain Vlaams Belang, il y a aussi des Roze leeuwen. Ce qui a régulièrement fait débat chez les «nationaux-flamands».

Pour en revenir à la réunion du VNV de juillet 2007, elle s’est tenue à la Vlaams Huis (Maison flamande) de Bruxelles. Etonnant, cet établissement est animé par des nationalistes flamands de gauche, et même marxisant pour certains.



«Puni par balle»
L’invitation à cette réunion de 2007 est signée par le député Theo Francken, sous le titre de «VNV-leider Francken», c’est-à-dire son dirigeant. Dans un postscriptum, il appelle à la «discrétion totale» sur sa tenue et sur les activités du Vlaams-nationale vriendenkring en général. Le parlementaire N-VA précise à cet égard que quiconque briserait le silence sur l’existence de ce cercle confidentiel sera « puni par balle » ou devra passer la nuit seul avec le propriétaire de l’établissement où la réunion a eu lieu. Un propriétaire dont l’homosexualité est bien connue de tout le milieu nationaliste nordiste.

Comme on peut le constater, les leaders de la nouvelle droite nationaliste flamande ne manquent pas d’«humour»… Un masque cachant cependant un discours des plus radical ciblant les adversaires – les ennemis – de la «cause flamande» et son ordre renaissant. A l’ombre du drapeau de la N-VA ?

Johan GULBEKIAN
RésistanceS.be - Vlaanderen

 

 

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© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 31 août 2011.

 

 

 

 



Est-ce le fruit du hasard ? Au sein de la N-VA de Bart De Wever, il existe une structure secrète dont les initiales sont les mêmes que le Vlaams nationaal verbond (VNV), le plus important parti d’extrême droite flamand qui durant la Seconde Guerre mondiale collabora avec l’occupant nazi. Ci-dessus, reproduction d’une de ses affiches de propagande.


Sur la N-VA, lire sur RésistanceS.be :

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Sur le VNV et son dirigeant Staf De Clercq, lire sur RésistanceS.be :

Staf De Clercq : un collabo nazi de référence pour le Vlaams Blok

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Les collabos belges vont-ils être amnistiés ?

 


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