RésistanceS 22-12-2006

Portrait

Roland Pirard, un pur et dur au service du Vlaams Blok/Belang


Au milieu des années 1990, avec d'autres « cadres » du PFN néonazi et après un passage à la direction du Front national, Roland Pirard a rejoint le Vlaams Blok/Belang. Pirard fait aujourd'hui partie de la « direction francophone » de ce parti séparatiste flamand. Suite à une erreur commise par un élu PS, il a été élu au CPAS de Berchem-Sainte-Agathe (Bruxelles). Portrait.


Ancien cadre du PFN néonazi et actuel dirigeant de la section francophone du Vlaams Blok/Belang, Roland Pirard va désormais siéger au CPAS de la commune bruxelloise de Berchem-Sainte-Agathe © Photo : Manuel Abramowicz – juin 1989.

Ce 20 décembre, la RTBF et divers quotidiens (« Le Soir », « La Libre »...) annoncent l'élection au Centre public d'aide sociale (CPAS) de la commune bruxelloise de Berchem-Sainte-Agathe d'un conseiller Vlaams Blok/Belang (VB). Cette élection a été possible suite à une erreur commise par un conseiller PS. Ce représentant du VB s'appelle Roland Pirard. Les médias ayant traité l'information n'ont pas pu décrire dans le détail le parcours de cet individu. Le voici.

Du PFN néonazi au FN libéral
Membre du VB, parti séparatiste national-solidariste flamand, Roland Pirard (° 1957) est surtout depuis plusieurs années un dirigeant de l'extrême droite pure et dure issue de la mouvance néonazie. C'est un transfuge francophone ayant adhéré au « Blok» au milieu des années 1990.

Il provient en effet de la droite nationaliste radicale francophone. Dans les années 1980-90, il dirigeait le Cercle Copernic, un groupe de réflexion spécialisé notamment dans la nostalgie de l'Europe nazie. La revue de ce cercle, « Volonté européenne », permettait d'entretenir des liens entre divers groupes néonazis continentaux (PFN belge, PNF français, NR autrichiens et italiens...). « Volonté européenne » et le Cercle Copernic manifestèrent également leur soutien à l'intégrisme chiite iranien, considéré alors comme un allié objectif des « nationalistes européens » (comme l'a expliqué récemment encore « RésistanceS » dans l'une de ses enquêtes : voir le lien ci-contre). Favorable à Jean-Marie Le Pen, Roland Pirard apporta son appui en Belgique au Parti des forces nouvelles (PFN), un groupuscule néonazi, antisémite et négationniste, soutenu à l'époque par Léon Degrelle, l'ex-chef de la « Division Wallonie » de la SS hitlérienne. Il passa ensuite, en 1989, au Front national (FN) de Daniel Féret.

Au FN, Roland Pirard fut nommé secrétaire général et s'occupera de la formation idéologique des « cadres » du parti lepéniste belge. Dans sa « lettre d'informations » personnelle, baptisée « Civis », il remit au goût du jour Joris Van Severen, dirigeant de l'extrême droite flamande des années 1930 et théoricien du « national-solidarisme », une adaptation à la flamande du « national-socialisme » allemand. Après un échec cinglant pour prendre le contrôle du parti, Pirard claqua la porte du « FN féretiste » avec d'autres ex-PFN. Qui, faute de pouvoir relancer un nouveau parti nationaliste francophone, rejoindront le Vlaams Blok (VB), au milieu des années 1990.

Depuis, Roland Pirard poursuit son combat politique au sein du VB. Son épouse est par ailleurs conseillère communale pour le parti séparatiste flamand, depuis les élections de 2000. Elle fut réélue en octobre dernier. Ensemble, ils participent à la gestion de la « section francophone » du VB qui édite la publication « Vérités bruxelloises ». Mais en coulisses, ils entretiennent des liens avec des francophones singularisés par leurs discours anti-Vlaams Blok/Belang.



Roland Pirard a été l'éditeur-directeur de plusieurs publications de l'extrême droite radicale, comme « Volonté européenne » et « Civis » (document : Archives Hugo Gijsels – RésistanceS).


Théoricien de la « guerre raciale »
Totalement « vlaamsblokkérisé », Roland Pirard poursuit néanmoins son combat en synergie avec les plus radicaux du « nationalisme fascistoïde ». Ainsi, le 2 décembre dernier, il participa à Lebbeke, dans les environs de la ville flamande de Dendermonde, au premier congrès international d'« Euro-Rus ». Le but de cette association est d'établir des relations internationales entre l'extrême droite occidentale et celle active dans l'ex-URSS.

Ce congrès auquel participa le leader bruxellois du Vlaams Blok/Belang, considéré comme un « congrès néonazi » par le quotidien flamand « De Morgen », a rassemblé la crème de la crème du nationalisme ultra, adepte du retour à l'« Ordre nouveau ». Citons : les français Yann Ber Tillenon (président de l'association nationaliste païenne bretonne Kêrvreizh) et Guillaume Faye (ex-leader du GRECE et actuel théoricien de la « guerre raciale »), l'anglais Nick Griffin (président du Parti nationaliste britannique, le BNP), le belge Robert Steuckers (dirigeant du réseau Synergies européennes et proche de la mouvance radicale pro-Vlaams Blok / Belang), l'américain David Duke (leader de la droite extrême aux Etats-Unis, ex-chef du KKK et invité au récent colloque international négationniste, organisé à Téhéran, par les autorités intégristes iraniennes)...

L'appartenance idéologique et les fréquentations politiques de Roland Pirard, devenu par accident conseiller au CPAS de Berchem-Sainte-Agathe, démontre une fois de plus que le Vlaams Blok/Belang n'a pas changé de nature doctrinale. Il reste un parti d'extrême droite, pur et dur, abritant dans ses rangs des disciples d'idéologies nauséabondes et révolues.


Manuel ABRAMOWICZ

© RésistanceS – L'Observatoire de l'extrême droite - www.resistances.be – info@resistances.be Bruxelles – Belgique – 22 décembre 2006

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