RésistanceS 03-01-2007

Réaction à un article

Droit de réponse de Roland Pirard

Nous avons reçu un droit de réponse de Roland Pirard, mandataire du Vlaams Blok/Belang, suite à la publication d’un article à propos de son élection au CPAS de la commune bruxelloise de Berchem-Saint-Agathe. Nous publions ci-dessous ce droit de réponse, à l’exception des annotions ne pouvant être prises en compte par la loi sur le droit de réponse.

« Je veux rectifier quelques mensonges parmi d'autres concernant ma personne, étalés dans l'article « Roland Pirard, un pur et dur au service du Vlaams Blok/Belang ».
Je n'ai jamais été « cadre du PFN néonazi ». J'ai donné quelques conférences au local de ce parti en 1988 (soit il y a plus de 18 ans...) ! Les thèmes de ces conférences ne concernaient pas la « guerre raciale ») mais étaient culturels ou géopolitiques (guerre Iran/Irak...).
Je ne me suis jamais considéré comme un « dirigeant de l'extrême droite pure et dure issue de la mouvance néonazie ». J'ai toujours rejeté cette classification absurde entre « droite » et « gauche » et je ne me suis jamais revendiqué du national-socialisme allemand.
Le Cercle Copernic n'était pas « nostalgique de l'Europe nazie » mais était un cercle identitaire, opposé à la destruction des cultures européennes par l'américanisation culturelle.
La revue Volonté européenne, à laquelle j'ai participé et qui n'existe plus depuis près de 20 ans (!), ne servait pas de lien entre divers groupes néonazis continentaux et elle n'a jamais présenté une vision idyllique de IIIème Reich.
Je n'ai jamais non plus voulu prendre la direction du FN belge.
Quant à la revue « Vérités bruxelloises », je ne collabore en rien à sa publication.
La conférence de Lebbeke, où ma participation s'est limitée à un résumé de l'histoire de la Russie, n'était pas un « congrès néonazi » mais un congrès sur le rapprochement, nécessaire, entre l'Europe et la Russie face à l'impérialisme américain. Ce thème correspond à ma vision gaulliste d'une grande Europe.
Je n'ai pas seulement eu des contacts avec l'« extrême droite ». J'ai aussi fréquenté des politiciens qui sont « politiquement corrects ». J'ai même été membre de plusieurs partis « politiquement corrects »...
Les accusations de « néonazisme » et d'adepte d'« idéologies nauséabondes et révolues » que vous portez contre ma personne sont très graves, elles constituent un véritable appel à la haine et elles portent atteinte à mon honneur et à ma respectabilité.
Mon engagement politique concerne les problèmes qui se posent aujourd'hui. Je ne regarde pas constamment dans mon rétroviseur vers une seule époque ! L'Histoire ne se limite pas à la période 1933-1945.
Enfin, en tant qu'esprit voltairien et libre, je refuse le « prêt à penser », les tabous et les dogmes des églises de Gauche qui veulent imposer leurs fantasmes idéologiques criminels à toute la population. C'est la raison de mon engagement politique.

Roland PIRARD



Notre réaction au droit de réponse de R. Pirard (VB)

 


Manifestation « identitaire » à Anvers, en janvier 2004. Les « identitaires » rassemblent les plus extrémistes de l'extrême droite européenne qui ont déjà apporté leur soutien militant à la plupart des partis et organisations nationalistes de « Droite » (Front national belge et français, Vlaams Blok/Belang, Voorpost, Front nouveau de Belgique...). Roland Pirard, conseiller bruxellois CPAS du Vlaams Blok/Belang, est désormais proche de ceux-ci. Ces derniers ont cependant un véritable problème d’identité : sans Histoire qui les honore, pour exister et militer, ils récupèrent tout simplement les slogans de la gauche radicale (par exemple celui de la Ligue communiste révolutionnaire) et les drapeaux (voir sur cette photo) du mouvement libertaire et anarcho-syndicaliste. Vous avez dit « identité » ? © photo Blokbuster.


Corrections, rappels historiques et vérités

Le 3 octobre 2006, RésistanceS.be publiait un article sur les pro-islamistes d'extrême droite (). Il concernait essentiellement les agissements passés du Cercle Copernic, groupe confidentiel de réflexion idéologique alors proche du Parti des forces nouvelles (PFN). L'un des « piliers » de ce cercle, le dénommé Roland Pirard, est depuis plusieurs années militant du Vlaams Blok/Belang (VB).

Le 22 décembre dernier, RésistanceS.be publiait un article suite à son élection au CPAS de la commune bruxelloise de Berchem-Saint-Agathe (). C'est suite à ce deuxième article que Roland Pirard nous a communiqué son droit de réponse. Dès lors qu’il n’a réagi en aucune manière au premier article, nous pouvons considérer qu'il n'a rien à redire à son contenu.

Le rappel du passé militant de Roland Pirard et de ses activités politiques actuelles lui pose problème. Ce qui est normal lorsqu’on travaille désormais pour un parti d'extrême droite « politiquement correct ». Il est vrai qu'au sein du Vlaams Blok/Belang, la tendance est plutôt au profil « soft », même si ce parti a été fondé par des revanchards de la défaite nazie de 1945 et est toujours constitué aujourd'hui de purs et durs du nationalisme basé sur un système d'apartheid.

Des articles sur les liens de tel mandataire ou de tel cadre du VB avec des organisations radicales provoquent toujours en interne des tensions entre les divers courants formant ce parti nationaliste flamand séparatiste. Nous prenons donc bonne note du droit de réponse de Roland Pirard, conseiller au CPAS de Berchem-Saint-Agathe du Vlaams Blok/Belang. Nous prenons bonne note, mais...

Cadre ou collaborateur du PFN ?
Que Roland Pirard n'ait pas été un « cadre » du Parti des forces nouvelles (PFN), nous en convenons. Il en a cependant été un sympathisant et participa à la fin des années 1980 à la vie politique de ce groupuscule néonazi qui considérait les SS comme des modèles pour les combats d'aujourd'hui. Plusieurs liens formels existaient entre ce PFN et les anciens SS wallons de Léon Degrelle, alors regroupés dans l'amicale les Bourguignons.

Le Cercle Copernic de Roland Pirard donnait des conférences au PFN, pas à notre connaissance à Amnesty international ou dans les locaux anderlechtois du Musée de la Résistance ou de ceux du Musée de la Déportation à Malines, ni pour le public du WWV. Le choix du PFN était idéologique. Pirard ne pouvait ignorer le corpus doctrinal du PFN où alors, il faut le considérer comme un naïf. Puisqu’il n’émet aucune critique par rapport au programme et aux orientations politiques des « Forces Nouvelles », nous pouvons supposer que ceux-ci n’étaient pas, pour le Cercle Copernic, des obstacles à la collaboration.

Thèmes culturels, géopolitiques et historiques
La consultation du programme des conférences du Cercle Copernic confirme l'argumentaire de Roland Pirard exprimé dans son droit de réponse. En effet, les thématiques de son cercle de réflexion idéologique ne se rapportaient pas à la « guerre raciale » (thème de prédilection du PFN), mais étaient culturels ou géopolitiques. Cependant, Pirard oublie de préciser qu'ils étaient également de nature historique, mais replacés dans une perspective contemporaine.

Un exemple parmi d'autres: le 8 octobre 1987, un des « cadres » du Cercle Copernic donna une conférence au PFN intitulée : « José Antonio et la Phalange, son héritage actuel ». José Antonio fut l'un des principaux chefs et idéologues du fascisme espagnol à l'époque de la Guerre civile, la Phalange était son organisation politico-militaire. Chaque année, le 20 novembre, aujourd'hui encore, des fascistes et néofascistes – dont plusieurs belges, proches de Roland Pirard, comme par hasard - honorent en Espagne le souvenir de José Antonio. Quant aux articles de « Volonté européenne », la revue officielle du Cercle Copernic, des sujets culturels ou géopolitiques figuraient dans ses sommaires, ainsi que des articles historiques.

Quelques titres d'articles pour s'en convaincre : « Inédits politiques d'Abel Bonnard » (article consacré à l'édition de textes de cet ancien ministre vichyste publiés par Avalon, une maison d'éditions néonazie, antisémite et négationniste française, in « Volonté européenne », n°19, été 1987, pp. 9 à 11), « Le dernier Aigle a rejoint ses dieux » (au sujet de la mort de Rudolf Hess, un des principaux dirigeants du IIIe Reich nazi et dauphin d'Adolf Hitler, n°19, été 1987, pp. 13 et 14), « Le strasserisme » (le courant « révolutionnaire » du parti nazi d'Adolf Hitler, in n°22, printemps 1988, pp. 9 à 14), « Il y a 50 ans : l'Anschluss » (même numéro, pp. 15 à 18), « Schlageter » (article sur Albert Léo Schlageter, dirigeant nationaliste allemand qui participa à l'écrasement d'une rébellion communiste en Allemagne en 1919, in n°23, été 1988, pp. 18-19), « Henri Ier le fondateur du premier Reich populiste allemand » (in n°24, automne 1988, pp. 17 à 19), « Le Tenno a rejoint ses ancêtres » (article d'hommage à Hiro Hito, l'empereur du Japon, in n°25, hiver 1989, pp. 7 à 10), « Histoire de l'Etat français (1940-1945) » (même numéro, pp. 12 à 18)...

L’Histoire pour guider l’avenir
Tous les articles « historiques » - nombreux par rapport aux articles « culturels » ou « géopolitiques » - de « Volonté européenne » se rapportent quasi exclusivement à une seule période de l'Histoire du XXe siècle (de 1918 à 1945) et aux mêmes idéologies (le nazisme, le fascisme et leurs « sous-produits », par exemple, le « strasserisme » ou le « solidarisme »). Ces articles sont écrits sur un mode iconographique, sans aucune critique négative. Le mode de désignation des personnages historiques évoqués (le dictateur Adolf Hitler, son bras droit Rudolf Hess, le collaborateur pronazi français Abel Bonnard, le maréchal-dictateur Philippe Pétain, l'empereur japonais Hiro Hito...) sont respectueuses. Le vocabulaire usité permet de blanchir la nature profondément criminogène du nazisme par exemple ou du régime de Vichy... Ils sont effectivement écrits uniquement à décharge et pas à charge : aucune référence n’est faite à leurs responsabilités criminogènes.

De plus, le rappel de l'Histoire a clairement pour objectif d'armer idéologiquement les combattants européens d'aujourd'hui. Dans l'article de « Volonté européenne » consacré au « strasserisme » et à son idéologue-dirigeant, Otto Strasser, l'auteur termine celui-ci par ces mots : « Otto Strasser fait partie de l'héritage politique européen et certains aspects de son programme peuvent incontestablement nous guider dans l'avenir » (in n°22, printemps 1988, p. 14). L'une des « thèses » du « strasserisme » était - comme le rappelait elle-même « Volonté européenne » - de « combattre la juiverie, la franc-maçonnerie et le catholicisme ultramontain, c'est-à-dire- trop inféodé au Vatican »... Effectivement, comme il le précise dans son droit de réponse, Roland Pirard « ne regarde pas constamment dans (son) rétroviseur vers une seule époque ! L'Histoire ne se limite pas à la période 1933-1945 », mais il regarde néanmoins de temps en temps dans son rétroviseur et toujours vers la même période.

Du FNF au FN, en passant par le FDF et la VU
Le choix du Parti des forces nouvelles pour organiser les conférences du cercle copernicien et diffuser sa revue, « Volonté européenne » n'était pas anodin. D'ailleurs, le CV militant de Pirard démontre un activisme au sein ou lié à des organisations/partis clairement identifiés par les meilleurs spécialistes du domaine (y compris des études universitaires en sciences politiques, le CRISP...) comme appartenant à l'extrême droite, malgré des noms parfois moins identifiables : Front socialiste populaire (FSP), revue « Conscience européenne » (liée au « Clan », soit le Cercle de liaison et d'action nationaliste), Front nationaliste-Nationalistische front (FNF) intégrant alors l'Europese partij-Parti européen (Epe, un groupuscule néonazi prenant l'ex-SS wallon Léon Degrelle comme référence principale), PFN (déjà cité), Front national, Vlaams Blok/Belang, Eurorus...

Roland Pirard affirme maintenant avoir adhéré également à des partis « politiquement corrects ». Il s'agit semble-t-il du Front démocratique des francophones (FDF) et de la Volksunie (VU). Une adhésion remontant à la fin des années 1970 et bien étonnante parce que ces deux partis étaient totalement opposés, antagonistes...

Une chose est sûre, entre-temps et jusqu'à aujourd'hui, il fut surtout présent au sein de formations d'ultradroite, comptant toujours dans leurs rangs des néonazi. Lorsque Roland Pirard fut secrétaire général du Front national (soit le numéro deux du parti), au début des années 1990, le FN avait déjà abrité de nombreux nostalgiques de la croix gammée et autres croix de Bourgogne (symbole des Rexistes de Léon Degrelle). Sans que pour autant le secrétariat général frontiste émette une quelconque mise en garde...

Liens directs avec le néonazisme ?
Le Cercle Copernic avait-il pour sa part des liens directs avec le néonazisme ? L'un des éditeurs responsables de sa revue « Volonté européenne », Emile Robe, était un membre actif de très longue date du « mouvement néonazi belge ». Chef du groupe Rex national, Robe fit partie de nombreuses autres initiatives visant à réhabiliter le rexisme de Léon Degrelle. Non content d'être la couverture légale de « Volonté européenne », il animait la publication « Bec et Ongles », tribune de promotion des groupes néonazis de l'époque, comme le démontrent les nombreux numéros que nous avons consulté.

« Volonté européenne » ouvrira encore ses colonnes au Parti des forces nouvelles (dans son n°23, été 1988, pp. 3 à 6, avec une interview de Daniel Gilson, le dirigeant principal du PFN), mais aussi au Parti nationaliste français (PNF), une formation dissidente du Front national animé par des vieux militants, dont des ex-SS français, soutenus par des jeunes néonazis. Le service d'ordre du PNF était constitué à l'époque des JNR, un mouvement de nazis-skins. Outre des encarts de promotion pour le PNF publiés régulièrement, dans son n° 24 (automne 1988), « Volonté européenne » diffusa une interview de Patrice Chabaille, le secrétaire général du PNF, dans laquelle il était fait référence à la « race blanche ». Dans un article de présentation du PNF, publié dans le numéro précédent, « Volonté européenne » mentionnait : « Le PNF s'affirme nationaliste français et européen. La Nation constituant une communauté d'hommes de même race et de même culture. Ce souci de l'intégrité raciale n'a cependant rien à voir avec un quelconque ''petit racisme'' méprisant les autres peuples et races ».

En effet, cette vision nationaliste n'a rien à voir avec le « petit racisme », puisqu'il s'agit du « grand racisme », lié au « chacun chez soi », soit à un système d'apartheid mondial qui permettrait, par exemple, l'expulsion de tous les « Blancs de souche » d'Amérique du sud, d'Afrique et d'Asie par exemple, mais également de tous les Belges de sang non-flamand de Flandre...

Avec les « identitaires »
Les « promotions » politiques positives du Cercle Copernic ne concernent, comme le démontre la collection de « Volonté européenne » et comme le rappellent les lignes ci-dessus, que des partis et organisations clairement reconnaissables dans un camp idéologique identique. Aucun encart pour des partis de droite classique (« politiquement corrects ») ou des associations culturelles neutres. « Volonté européenne » était un organe purement d'extrême droite, même si le terme « droite » dérange Pirard. A celui-ci, il préfère le terme « identitaire », soit ! Ceux qui se revendiquent comme « identitaires », en France par exemple, proviennent en droite ligne des rangs nationalistes les plus ultras, formés entre autres de néonazis qui ont soutenu à un moment donné ou non des partis de droite extrême. Roland Pirard est donc un « identitaire » comme le Bloc identitaire en France ou le mouvement Nation en Belgique. Ce dernier d'ailleurs soutient officiellement Roland Pirard et son épouse (conseillère communale Vlaams Blok/Belang depuis 2000). Le couple Pirard est considéré par Nation comme des « identitaires ».

Conférence de Lebbeke, un « meeting néonazi » ?
Concernant la « conférence de Lebbeke » : celle-ci n'était en effet pas à proprement parler un « congrès néonazi ». C'est le quotidien flamand « De Morgen » qui parla de celui-ci en ces termes, pas RésistanceS. Néanmoins, Roland Pirard édulcore la nature organisationnelle de cette conférence en parlant uniquement de son but : « le rapprochement, nécessaire, entre l'Europe et la Russie face à l'impérialisme américain ».

Le mandataire VB oublie de préciser qui étaient ceux qui siégèrent à ses côtés le 2 décembre 2006 dans la commune de Lebeke : des dirigeants ou des idéologues de l'extrême droite pure et dure britannique, flamande, anglaise, française, bretonne... Parmi eux, David Duke, ex-leader de l’une des branches du Ku Klux Klan (KKK) et dirigeant actuel des plus extrémistes néofascistes américains. Duke est notamment un des acteurs clé de ceux qui rêvent d'une « internationale révisionniste ». Et il était présent, le même mois, au congrès négationniste organisé sous l'égide d'autorités politiques iraniennes.

Comme le Cercle Copernic jadis, le VB revendique encore de nos jours une « Communauté homogène »
Il est bon de rappeler pour terminer que Roland Pirard est depuis de nombreuses années membre du Vlaams Blok/Belang. Son épouse (depuis les élections communales de 2000) et lui-même (suite aux élections communales de 2006) représentent ce parti politique - la première au conseil communal, le second au CPAS – dans la commune bruxelloise de Berchem-Saint-Agathe. Le Vlaams Blok/Belang : un parti démocratique, ne pouvant être qualifié d'extrême droite ? Le VB pour lequel roule désormais Pirard est une formation qui se revendique de la « Droite », ultranationaliste, séparatiste anti-Belge et constitué toujours de dirigeants de l'extrême droite pure et dure (notamment issue du groupe Voorpost et des Jongeren Aktief).

Ces derniers restent des nostalgiques des « héros » des combats de jadis, parmi lesquels Bert Eriksson, le leader de la milice paramilitaire néonazie VMO, qui, juste avant son décès, le 2 octobre 2005, participait à des meetings clandestins avec les nazi-skins de Blood and Honour pour célébrer Adolf Hitler ou nier le génocide des Juifs commis par sa dictature sanguinaire ! En novembre 2005, le « magazine » du VB, le parti de Roland Pirard, lui rendra un vibrant hommage. Bert Eriksson restera aussi une référence des « identitaires », les actuels « compagnons de route » de Roland Pirard. Par ailleurs, les chefs du VB (donc de Pirard) revendiquent depuis la fondation du parti une Flandre indépendante s'arc-boutant exclusivement sur une « communauté homogène », soit un peuple biologiquement non-mélangé, selon les références du nationalisme germanique (auquel le VB souscrit). Ce qui signifie que la Flandre pour laquelle se bat aujourd'hui Roland Pirard devrait se constituer sur base d'une « race pure », et de ce fait sur un système d'apartheid.

Roland Pirard est « politiquement correct » à l'égard de l'histoire, du manifeste de fondation et des objectifs actuels du Vlaams Blok/Belang. Il est donc fidèle à ses engagements de jadis, à l’époque de « Volonté européenne » et du Cercle Copernic. Seuls les mots changent, et leurs définitions se modifient au gré de l'air du temps. Pour éviter d'être stigmatisé ?

Bien entendu, si Roland Pirard n'est pas celui que nous avons décrit dans nos deux articles le concernant, nous lui offrirons la possibilité de publier sur RésistanceS sa reconnaissance officielle de l'existence du génocide commis par le régime nazi, sa dénonciation de ses fréquentations du Parti des forces nouvelles, le regret de son soutien apporté au Parti nationaliste français, son affirmation qu'Adolf Hitler, Hiro Hito et Philippe Pétain, au même titre que Staline ou Pol Pot, furent de véritables dictateurs de régimes criminels.

Roland Pirard, pour nous convaincre qu'il n'est peut-être pas celui que nous avons décrit, devra également dénoncer la présence au sein du VB de personnalités politiques clairement nostalgiques d'une certaine période historique de l'Europe. Roland Pirard a lui aussi le droit de changer. Mais encore faudrait-il le prouver. Pour notre part, nous avons juste décrit, preuves à l'appui (provenant directement des documents officiels liés à Roland Pirard), le parcours politique d’un militant nationaliste européen.

La rédaction

 


La revue « Volonté européennes » (1985-1989) a servi de tribune médiatique à plusieurs partis nationalistes de droite, comme le Front national de Jean-Marie Le Pen ou les Républicains allemands, mais également aux purs et durs du nationalisme européen d’orientation néonazie, comme le Parti des forces nouvelles, le Parti nationaliste français ou le mouvement Troisième voie (document : Archives Hugo Gijsels-RésistanceS).

 


Les conférences « historico-contemporaines » du Cercle Copernic de Roland Pirard s'organisaient notamment dans les locaux du Parti des forces nouvelles, un groupuscule bruxellois néonazi et négationniste. Extrait de « Volonté européenne » de l'été 1987 (document : Archives Hugo Gijsels-RésistanceS).

 


Pages consacrées au Parti des forces nouvelles dans « Volonté européenne » de l’été 1988. Au même moment, le PFN était toujours l’un des piliers de la propagande négationniste antisémite, sans aucune critique émise par le Cercle Copernic (document : Archives Hugo Gijsels-RésistanceS).

 


« Volonté européenne » (ici dans son n°24, automne 1988) publiait des encarts de promotion pour le Parti nationaliste français (PNF), formation fondée notamment par des anciens de la division française de la SS nazie (document : Archives Hugo Gijsels-RésistanceS).

 


Autre encart de promotion dans « Volonté européenne » (n°25, hiver 1989) pour le PNF. Ce parti était aussi soutenu en Belgique par Jean-Pierre Hamblenne, directeur-fondateur d'« Altaïr », une revue ouvrant ses colonnes à diverses personnalités néonazies et qui soutiendra également le Front national belge. Comme Roland Pirard qui en deviendra son secrétaire général au début des années 1990 (document : Archives Hugo Gijsels-RésistanceS).

 


Deux pages consacrées, sans aucune critique à charge, au PNF, dans « Volonté européenne » en été 1988. Par la publication d'articles et d'encarts de promotion pour le PNF, le Cercle Copernic suscite l'adhésion à celui-ci (document : Archives Hugo Gijsels-RésistanceS).

 

 


Promotion dans « Volonté européenne » (n°22, printemps 1988) d'une organisation raciste, fondée par un ancien militant du parti socialiste français. « Trop d'immigrés » reprend comme sous nom un vieux slogan de l'extrême droite raciste et antisémite française. Le Cercle Copernic lui apportera néanmoins son appui en Belgique (document : Archives Hugo Gijsels-RésistanceS).

 

 


Article de « Volonté européenne » (in n° 19, été 1987) favorable à un livre d'Abel Bonnard, ministre du gouvernement dictatorial de Vichy et collaborateur de la dictature nazie, publié chez Avalon, des éditions françaises néonazies et négationnistes (document : Archives Hugo Gijsels-RésistanceS).

 

 


« Volonté européenne » publiait des articles « culturels » et « géopolitiques », mais également « historiques ». Comme ici dans son numéro n°25 (hiver 1989) (document : Archives Hugo Gijsels-RésistanceS).

 

 


Evocation sans aucune critique du maréchal Philippe Pétain, dans « Volonté européenne » (n°25, hiver 1989) (document : Archives Hugo Gijsels-RésistanceS).

 

 


En 1993, alors secrétaire général du Front national de Daniel Féret, Roland Pirard édite « Civis », sa propre « lettre d'information ». Comme « Volonté européenne », « Civis » rappelle un certain passé de l'Histoire européenne et les idéaux de leaders historiques qui sont alors revendiqués comme modèles pour les combats nationalistes d'aujourd'hui (document : Archives Hugo Gijsels-RésistanceS).

 

[RésistanceS – www.resistances.be – info@resistances.be – Droit de réponse, réaction et documents photos mis en ligne le 3 janvier 2007].

 

 


 

 

L’article remis en cause par Roland Pirard

o Roland Pirard, un pur et dur au service du Vlaams Blok/Belang

L’article notamment sur Roland Pirard non remis en cause par l’intéressé :

o L'extrême droite pro-intégriste islamique, existe !