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DANS LES COULISSES DE LA POLITIQUE BELGE

Droite chrétienne-extrême droite,
une longue romance

Au sein du Parti social-chrétien (PSC), comme au sein de son grand frère flamand (le CVP), une phalange favorable à "l'union des droites" (centristes et extrémistes) s'est toujours manifestée sans complexe. Depuis 1999, l’un des leaders de ce "lobby" conservateur quittait définitivement le PSC.

"Déçu par les soi-disants nouvelles valeurs mises en avant par la nouvelle politique du PSC", le quotidien "le Soir" du 31 mars 1999, annonçait que Bernard de Marcken de Mercken, l’échevin populiste social-chrétien d’Etterbeek, quittait son parti. L’auteur de l’article émettait l’hypothèse que ce départ avait été motivé pour d’autres raisons. Par exemple, la place en "ordre inutile" que lui avait réservé le PSC sur la liste régionale. Le journaliste du "Soir" rappelait encore que Bernard de Marcken de Mercken appartenait au groupe Sociaux-chrétiens 2000, "proche de la droite la plus extrême". Il aurait peut-être été utile de donner plus de détails sur cette tendance.

Une plaque tournante de la "Droite plurielle"
Auparavant, cette tendance réactionnaire s’appelait PSC 2000. Elle était un des "enfants" naturels du CEPIC (l’ex-aile ultradroite du parti social-chrétien qui avait soutenu un parti néofasciste dans les années 70). Au début des années 80, le gratin de la droite nationale du PSC fréquentait les conférences du PSC 2000. Il n’était pas le seul.

Daniel Féret (président-fondateur du Front national), Patrick Sessler (un ancien cadre d'un groupuscule néonazi et actuel bras-droit de Johan Demol, le président bruxellois du Vlaams Blok), Frédéric Erens (un dissident du FN passé au Vlaams Blok), Georges Matagne (ex-dirigeant du Parti des forces nouvelles, un groupuscule négationniste), Alain Escada (directeur d'un journal raciste et président de Belgique & Chrétienté, une association intégriste catholique proche du FN), Robert Steuckers (ex-idéologue de groupuscules nationalistes radicaux)… participèrent également à plusieurs assemblées du groupe de Bernard de Marcken de Mercken.

Quant à son frère, Jean, lui aussi bien placé au sein de cette tendance favorable à un Etat fort, il est régulièrement présent, à Paris, le dernier week-end du mois de septembre. Comme par hasard, au même moment de la fête annuelle du Front national français.

En février 1996, le même Jean de Marcken de Mercken rendit visite à son "amie" (sic) Marguerite Bastien, lors d’un meeting du Front nouveau de Belgique (FNB), à Drogenbos. Plusieurs membres de la tendance ultraconservatrice du PSC avaient déjà pris leur carte d'adhérant au FNB. Le service d’ordre de ce meeting était, quant à lui, assuré par les gros-bras du groupe néonazi l’Assaut. Il se trouvait encore à côté de Jean de Marcken de Mercken, le "gourou" d'un groupuscule sectaire néopaïen et le chef d'un parti néorexiste. Une belle brochette représentative de la "droite plurielle".

Simon HARYS

Source : "RésistanceS", n° 6, printemps 1999, p. 5. Article adapté pour le site RésistanceS, le 9 septembre 2000. 

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