RésistanceS 28-03-2008

Pour mieux comprendre

Etat des lieux de l'extrême droite francophone

Ces derniers mois, les représentants incarnés de l'extrême droite belge francophone ont encore attiré l’attention sur eux. La « guerre des clans » qui a fait exploser le Front national de Daniel Féret, en septembre dernier, a été au coeur de l'actualité. Mais le FN n'est pas le seul à s'agiter dans le paysage nationaliste, populiste et xénophobe. D'autres « fronts nationaux », mouvements et organisations, politiques ou politico-religieux, ainsi que des librairies et des maisons d'éditions confidentielles, en sont également les acteurs. Voici la radioscopie de ce paysage, proposée par l'Observatoire belge de l'extrême droite.

Par Manuel ABRAMOWICZ


Partis politiques électoralistes
Avant 1985, l'extrême droite belge francophone était totalement morcelée : divers groupuscules en rivalité les avec les autres animaient alors la « scène nationaliste ». Il y a avait le Parti des forces nouvelles (PFN), issu du Front de la jeunesse, une organisation néofasciste née en 1974 à l'Université de Liège et soutenue par Le Nouvel Europe magazine d'Emile Lecerf, un ex-membre de l'association culturelle de la SS nazie. Il y avait aussi le Mouvement social nationaliste (MSN), l'Europese partij – Parti européen (Epe), l'Union pour une nouvelle démocratie (UND), le Parti libéral chrétien (PLC, fondé par les radicaux de l'ex-Cepic, l'aile droite du Parti social-chrétien)...

En 1985, un ancien membre du Parti pour la Liberté et le Progrès (PLP, l'ancêtre de l'actuel Mouvement réformateur), Daniel Féret, met sur pied en Belgique le Front national (FN), influencé par le récent succès du parti homonyme conduit en France par Jean-Marie Le Pen. Grâce à la création de ce FN, dont le label est un gage de succès, Daniel Féret va prendre le leadership de l'extrême droite électorale francophone. Bénéficiant de l'adhésion, par vagues successives, de plusieurs groupuscules de l'époque (Epe, PFN, PLC, UND, MSN..), de l’arrivée de transfuges en provenance de partis politiques de droite (UDRT, PRL et PSC) et d'importants succès électoraux (entre 1989 et 1995), le docteur Daniel Féret va cependant freiner, pour d'étranges raisons, le développement du Front national. Depuis lors, le FN belge s'est totalement folklorisé par ses nombreuses crises internes, tentatives de putsch anti-Féret et créations d'autres « fronts nationaux ». En 1995-96, il y eut par exemple la fondation du Front nouveau de Belgique (FNB), en 2005, l'apparition de Force nationale (FNationale)...

Suite à une longue opération interne visant à destituer Daniel Féret de son poste de « président à vie », il y a aujourd'hui deux clans qui se disputent le nom du Front national. En effet, en septembre 2007, les « réformateurs » du Front national, conduits par le sénateur Michel Delacroix et le secrétaire général frontiste Patrick Sessler (un ancien cadre du PFN néonazi et négationniste), prenaient le pouvoir du bureau politique de ce parti de « droite nationale ». Ils ont depuis exclu Daniel Féret et plusieurs de ses partisans. Néanmoins, ces derniers proclament qu'ils sont toujours les propriétaires légaux du FN. Mais en réalité, seule une infime minorité du parti s’est regroupée autour de Féret, du député fédéral Patrick Cocriamont, de son « éminence grise » Daniel Leskens (deux ex-nervis du Front de la jeunesse) et d'un jeune conseiller communal wallon, Salvator Nicotra, qui anime dans sa commune le « Front national fleurusien ». L'« autre FN » semble quant à lui avoir pu récupérer la majorité des derniers mandataires et militants. Sa direction est en effet constituée de tous les députés wallons frontistes, de son sénateur Michel Delacroix et de son nouveau député bruxellois, Patrick Sessler (en remplacement d'un député du FN-Féret décédé récemment). Les autorités judiciaires en charge des multiples dossiers ouverts à l'encontre du Front national, de Daniel Féret et de son entourage donnent aujourd'hui raison au clan des « réformateur du FN ». Cependant, Daniel Féret et « sa bande » continuent à se revendiquer du frontisme.

Le FN-Delacroix-Sessler poursuit pour sa part la « reconstruction » du parti pour en faire « une grande formation de droite nationale et populiste » (selon sa Newsletter n°5, datée du 16 mars 2008). Il précisait encore dans un des derniers éditoriaux de son site Internet : « Il s'agit maintenant de créer un Front National moderne, structuré, organisé et efficace dont l'ambition est d'occuper la place importante qui lui revient dans notre paysage politique ». Pour la bonne et simple raison, selon eux que « le temps est venu de rassembler les forces vives, d’où qu’elles viennent, pour créer le grand parti de droite nationale et populiste que les Wallons et les Bruxellois méritent ». Le FN de Michel Delacroix et de Patrick Sessler est aussi à l'initiative, en avril 2007, du Comité belge de soutien à Jean-Marie Le Pen (CBSJMLP), présidé par l'ancien président-fondateur de Belgique & Chrétienté (voir plus bas).

Depuis l'exclusion de Daniel Féret du FN, le Front nouveau de Belgique, fondé en 1995-96 par Marguerite Bastien, une députée fédérale frontiste de l'époque, a décidé d'arrêter pour le moment ses activités politiques. Il a rejoint le nouveau Front national. Son journal mensuel, Le Bastion, est d'ailleurs devenu, au début de ce mois de mars, l'organe de presse officiel du parti de Delacroix-Sessler.

Quant à Force nationale (FNationale), ce FN est en totale décrépitude. Formé en 2005 par des anciens du parti de Féret, dont le sénateur Francis Detraux qui en deviendra le président, et des membres du Bloc national (un parti n'ayant existé que quelques mois), la FNationale se présente aux élections communales de 2006, et y engrange des scores ridicules en général, mais quelques élus communaux et deux conseillers provinciaux. Parmi eux : le secrétaire politique du parti, Juan Lemmens, un ex-député régional bruxellois du Front national (entre 1995 et 1999). Lemmens siège depuis au Conseil provincial du Brabant wallon. A l'heure actuelle, ce parti d'extrême droite ne fait plus parler de lui et son président prépare son adhésion au nouveau FN. Pour sa part, afin de rebondir sur l'échiquier électoral, Juan Lemmens a le projet de lancer aux prochaines élections régionales (en juin 2009) des listes « Bruxelles d'abord » dans la capitale et « Wallons d'abord » en Région wallonne. Le syndrome de la folie des grandeurs ? Certainement...

Il existe encore un dernier « Front » : le Front des Bruxellois (FDB), également actif sous le nom de Front démocratique bruxellois. Implanté uniquement à Bruxelles, même s'il eut l'ambition de fonder un Front des Wallons, le FDB est mené par Paul Arku. Provenant des rangs du Vlaams Belang, il adhère avec Patrick Sessler au FN de Féret en 2004. Ce qui lui permet de se faire élire député bruxellois aux dernières élections régionales. Après des conflits internes, habituels au FN, il claque la porte du parti, garde son mandat politique et participe d'abord à la création de Force nationale, puis crée pour finir, à la veille des élections communales d'octobre 2006, le Front des Bruxellois. Malgré ses déclarations enthousiastes, ces élections sont pour ce Front un échec cuisant. Depuis, Paul Arku – qui reste député au Parlement bruxellois –, est de plus en plus discret.

Résumons maintenant la situation des « Front nationaux ». Ils sont au nombre de cinq : le FN-Delacroix-Sessler (majoritaire et propriétaire légal du sigle), le FN-Féret (minoritaire, totalement marginalisé, groupusculaire et embourbé dans les nombreuses affaires judiciaires qui éclaboussent son « président à vie »), le Front nouveau de Belgique (FNB, qui a fusionné avec le nouveau FN, sous la forme d'une tendance interne), Force nationale (FNationale, de plus en plus fantomatique) et enfin le Front des Bruxellois (qui reste de nos jours toujours en hibernation). Le portrait de cette extrême droite électorale reste donc des plus chaotiques. Pire pour elle : le « Waterloo électoral » qu'a subi Jean-Marie Le Pen à l'élection présidentielle française, au printemps dernier, pourrait aussi constituer une onde de choc négative, au niveau électoral, pour les frontistes belges, comme le confirment d'ailleurs les derniers sondages.


Le site Internet belge Altermedia (voir plus bas) s'est mis au service du nouveau Front national, le FN-Delacroix-Sessler - Document : Observatoire de l'extrême droite – RésistanceS.



Mouvements d'action politique et groupes de pression

Dans l'ombre des formations politiques électorales d'extrême droite francophone, il subsiste de petits mouvements, pour la plupart groupusculaires. Ils agissent lors d'actions politiques ou culturelles confidentielles. Certains de ces mouvements et groupes sont proches - ou l'ont été - de l'un ou l'autre « front national ». Ils regroupent le plus souvent des individus caractérisés par leur propension à la dérive de l'élitisme. Posture bien connue de ceux qui affirment proposer l'« unique et la meilleure stratégie » pour sortir les nationalistes poujadistes et xénophobes ou les identitaires orthodoxes de leur marginalisation. Pour eux, c'est l'histoire qui leur donnera raison... Pour l'heure, ils se replient sur des positions ultra droitistes, voire même de type ultra gauchistes, au sens où ils critiquent sans cesse la normalisation des « réformistes » de leur propre camp politique, tout en se « minorisant » encore d'avantage, comme si le réductionnisme les satisfaisait finalement. La « résistance au changement » est une de leurs caractéristiques.

Fondé en 1999 par des dissidents du FN et du FNB, le mouvement Nation est le prototype de cette tendance minoritaire de l'extrême droite. Rejetant la « droite nationale », celle des FN, il préconise un corpus « nationaliste-révolutionnaire », connu aussi sous ses initiales « NR ». La stratégie NR contemporaine a pour principal théoricien feu François Duprat (1). Malgré ses discours « révolutionnaires » (dont le but est d'attirer des jeunes en rébellion contre le système), Nation a récupéré - il y a peu de temps encore - le président-fondateur de l'éphémère UMP-Belgique. Cette UMP belge se revendiquait alors ouvertement de Nicolas Sarkozy et de son programme ultra libéral. Autre élément pouvant faire douter de la nature « révolutionnaire » de Nation : sa militance commune avec les contre-révolutionnaires de Belgique & Chrétienté (B&C). Née à Liège en 1989, cette association anime effectivement une nébuleuse national-catholique connue pour son combat contre les « forces subversives » visant à déstabiliser l'« Europe chrétienne », selon des « théories du complot », si chères jadis à Henry Coston, un écrivain obsessionnel du « complot judéo-maçonnique ». B&C n'aime vraiment pas le désordre, raison pour laquelle elle préfère ceux qui défendent l'Ordre nouveau (2). Belgique & Chrétienté et Nation participent ensemble aux activités de la mouvance dite « identitaire ». Avec le Front nouveau de Belgique (FNB), cette mouvance a tenté - ces dernières années – de proposer une alternative électorale au FN féretiste. Sans succès. Les chances électives des « Identitaires » sont de plus en plus compromises depuis la fusion organique du FN avec le nouveau Front national.

Dans cette mouvance, on retrouve également, active depuis 2000, la « bannière wallonne » de l'association européenne Terre & Peuple (T&P). Basée près de Lyon, T&P se singularise par son approche racialiste. Elle préconise en effet une Europe des peuples ethniquement purs contre le « cosmopolitisme ». Le racisme biologique, avec T&P, n'est dès lors jamais très loin... La bannière wallonne de Terre & Peuple, également proches des radicaux du mouvement nationaliste flamand (comme le Voorpost), est constituée en grande partie d'activistes de la mouvance identitaire. Le député fédéral Front national Patrick Cocriamont et son assistant parlementaire Daniel Leskens, tous deux restés fidèles à Daniel Féret, sont adeptes de ce groupe néopaïen. Derrière T&P-Wallonie, se trouve encore, depuis 2005, Renaissance sociale (RS), une association caritative « identitaire » active de façon aléatoire à Charleroi. Mais depuis que des mouvements de défense des victimes de la crise économique se sont mobilisés contre elle, RS a dû plier bagages. Pour devenir désormais quasi clandestine...

Le pôle intellectuel de la mouvance identitaire est quant à lui à la charge du publiciste néo-droitiste Robert Steuckers et de son cercle personnel, le réseau Synergies européennes. Dans les années 1980-1990, M. Steuckers était l'idéologue le plus en vue des nationalistes purs et durs, notamment ceux du Parti des forces nouvelles. Son CV militant mentionne qu'il provient des directions française et belge du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (Grece), l'organisme fondateur de la Nouvelle Droite. Il fut l'un des piliers du Grece-Belgique, alors présidé par l'actuel dirigeant de la bannière wallonne de Terre & Peuple. Cet intellectuel de l'ombre a également milité, fin des années 1970, au sein du Front nationaliste populaire (FNP), conduit par feu Jean-Robert Debbaudt, bras droit à cette époque de l'ex-SS wallon Léon Degrelle et futur membre du Vlaams Blok puis, finalement, cadre du mouvement Nation.

Dans cette mouvance, il faut encore signaler la présence du collectif Papa, maman et moi. Fondé par le président Belgique & Chrétienté, Alain Escada, son objectif est de lutter pour la défense bec et ongles des valeurs morales de l'Europe chrétienne. Ce collectif propose, ici et là, différentes manifestations publiques. Le service d'ordre « militarisé » de ces dernières est en général sous la responsabilité de Jeune Nation, la structure regroupant les jeunes militants du mouvement Nation.

Autre « création » d'Escada : l'Alliance pour la souveraineté nationale (ASN). Lancée en 2005, l'ANS s'est donné pour but « de coordonner une campagne d'opposition à la Constitution européenne et à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne ». Pour cette alliance, la « Constitution européenne est anti-chrétienne et anti-patriote ». Depuis son apparition, sa présence sur le terrain est restée extrêmement limitée. L'ASN n'est qu'un gadget organique utilisé à de rares occasions. Comme le furent beaucoup d'autres initiatives folkloriques d'Alain Escada, tel les ambitieux Groupes de jeunes polémistes nationalistes (GJPN) qui promettaient de déstabiliser le monde politique traditionnel, rien de moins ! A part l'une ou l'autre apparition furtive, les GJPN sont restés à leur état végétal.

Dans la catégorie groupe de pression, il faut encore ranger le cercle Vision historique objective (VHO). Implanté dans une communauté ixelloise religieuse intégriste, proche du lefebvrisme (voir ci-dessous), VHO est le pseudopode francophone du cercle Vrij historisch onderzoek (initiales identiques). Ce dernier apparaît au début des années 1980 à Anvers dans la mouvance commune au Vlaamse militanten orde (VMO, néonazi) et au Vlaams Blok (VB). Son principal objectif : la réhabilitation du régime nazi. Sa méthode : la négation du génocide qu'il a commis durant la Deuxième Guerre mondiale. Depuis l'apogée électorale du VB (en 1991), la fin des années d'or de l'activisme de rue de l'extrême droite et le vote de la loi antinégationniste (en 1995), le cercle VHO est devenu une véritable secte politique. Officiellement, seul le journal français Rivarol ose encore prendre sa défense publiquement dans ses colonnes. Officieusement, un réseau de solidarité nationaliste existe à l'égard des deux derniers dirigeants (et militants ?) de VHO qui sont très régulièrement poursuivis devant les tribunaux. L'un de ceux-ci est le français Vincent Reynouard, exilé à Bruxelles depuis ses ennuis judiciaires outre-Quiévrain. A l'agenda judiciaire : le début du procès de ce dernier et donc de la branche francophone de VHO. Reynouard est également le fondateur du Mouvement de combat Saint-Michel (voir catégorie suivante).

Au sein de l'extrême droite francophone, il existe un mouvement d'action politique entièrement au service du Vlaams Belang. C'est l'Alliance bruxelloise contre le déclin (ABCD). Inconnue du grand public, cette alliance portait auparavant le nom de Rassemblement pour le renouveau (RPR), lui-même formé sur les ruines du groupe Bruxelles-Identité-Sécurité (BIS). Le BIS avait alors été fondé par plusieurs des actuels dirigeants de la mouvance identitaire. Le principal responsable du BIS et maintenant de l'ABCD provient du Front national de Daniel Féret et avant ça du Parti des forces nouvelles (PFN). L'ABCD distribue, en général avant des élections, des tracts de type poujadiste qui ne font qu'indirectement référence au VB. La tentative de former, depuis maintenant plus de 10 ans, une structure francophone efficace en faveur de ce parti nationaliste flamand est un total échec. En plus de l'ABCD, un journal du Vlaams Belang, Vérités bruxelloises, est édité en français par l'association des Amis de Johan Demol, du nom de son leader bruxellois. Il faut savoir que Demol est aujourd'hui la proie de nombreuses critiques au sein même de son parti d'adoption. Effectivement, la direction du VB-Brussel est actuellement traversée par une importante « guerre des clans », dont Johan Demol pourrait être le fusible qui sautera pour sauver les meubles. Plus d'informations à ce sujet dans une prochaine édition de RésistanceS.


Affiches et autocollants du Parti des forces nouvelles. Le PFN était un groupuscule néonazi des années 1980. Son parrain politique était l'ex-SS wallon Léon Degrelle. Plusieurs « cadres nationalistes » du PFN sont toujours actifs aujourd'hui au FN-Féret, au FN-Delacroix-Sessler, au mouvement Nation, à l'Alliance bruxelloise contre le déclin, chez Altaïr, aux Amis de Drieu-la-Rochelle... - Documents : Observatoire de l'extrême droite – RésistanceS.



Mouvements d'action politico-réligieux

L'association Belgique & Chrétienté a déjà été évoquée dans notre radioscopie de l'extrême droite francophone. B&C provient d'un milieu politico-religieux intégriste où se retrouvaient notamment une série de petits cercles patriotiques, belgicains et régressifs : Mouvement Dynastique (fondé en 1962), Rassemblement des patriotes (scission en 1989 du précédent), le lobby anti-IVG Pro Vita (fondé en 1973)... Ce milieu a apporté à plusieurs reprises un appui, direct ou indirect, au Front national et/ou au Front nouveau de Belgique.

Les quelques cadres de l'association B&C sont très liés à la branche belge de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX). Apparue en 1971, elle est depuis lors implantée à Bruxelles, Gand, Anvers et Namur. La FSSPX est le mouvement religieux international de feu monseigneur Marcel Lefebvre, exclu de l’Eglise catholique par les autorités papales en 1988. Cette « église parallèle » traditionaliste voue un culte de la personnalité au maréchal Pétain et exploite les théories étatiques de Charles Maurras, le théoricien du « nationalisme intégral » et de l'« antisémitisme d'Etat », pour galvaniser ses troupes. En 1985, un des chefs de la FSSPX, par ailleurs magistrat militaire, apporta ses conseils stratégiques au docteur Daniel Féret. Le fils de ce magistrat intégriste deviendra par ailleurs l'un des députés du FN en 1991. Plusieurs élus frontistes provenaient il y a peu de temps encore de la FSSPX. Actuellement, celle-ci se fait de plus en plus discrète sur ses liens avec l'ultra droite fascisante. Il faut savoir que les connexions avec B&C ne sont pas du goût de tous les membres de cette « fraternité ».

Le président de B&C, Alain Escada, est également très proche de l’Institut français Civitas, lié aux lefebvristes. Actif en France, cet organisme bénéficie néanmoins de contacts en Belgique. Alain Escada en personne dirige par exemple France jeunesse Civitas, la section juvénile de cet institut catholique de formation idéologique et de propagande. L'objectif de Civitas est de rassembler « des laïcs catholiques engagés dans l’instauration de la Royauté sociale du Christ sur les nations et les peuples », d'après sa notice de présentation. Civitas prône l'établissement d'une « Cité catholique », concept étatique religieux théorisé par Jean Ousset, collaborateur pronazi durant l'occupation allemande de la France (1940-1944), fondateur et dirigeant de l'organisation la Cité Catholique, ancêtre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X de monseigneur Marcel Lefebvre.

Des activistes de cette mouvance politico-religieuse catholique d'extrême droite fréquentent aussi parfois d'autres courants orthodoxes de l'Eglise, comme les Légionnaires du Christ et l’Opus Dei. Par ailleurs, une mouvance néopaïenne nationaliste et raciste est aussi présente au coeur de l'extrême droite. Mais elle semble aujourd'hui affaiblie par le renouveau intégriste catholique.

Dans la catégorie « mouvements politico-religieux », il faut encore signaler l'existence du Mouvement de combat Saint-Michel. Cette structure politique a été mise en place en 2005 par Vincent Reynouard (ancien cadre du PNFE, un groupuscule français néonazi, et leader de VHO : revoir plus haut) et un certain Jean-Jacques Stormay, qui lui milite en France. La raison de sa fondation fait suite au « constat [de l']échec de la voie démocratique et parlementaire suivie jusqu’ici par la droite nationale », selon son manifeste. Le Mouvement de combat Saint-Michel adopte une orientation idéologique officiellement basée sur le « national-socialisme », le « révisionnisme » (c'est-à-dire le négationnisme des crimes nazis) et le « catholicisme traditionaliste » (en particulier celui proche de la FSSPX). Sur le site Internet de VHO, les opuscules du mouvement de Reynouard et Stormay sont vendus par correspondance. En 2004, Jean-Jacques Stormay avait déjà écrit une petite brochure (de 14 pages) : « La démocratie est radicalement incompatible avec la pensée de droite ». Tout un programme... pour ces obsessionnels nostalgiques de la croix chrétienne... façon gammée.



Publicités en 1999, pour les éditions Mengal, les opuscules Altaïr et Polémique, parues dans le journal de la section de Charleroi du Front national de Daniel Féret - Document : Observatoire de l'extrême droite – RésistanceS.


Librairies, éditions, revues et sites Internet

Commençons notre état des lieux de cette dernière catégorie par les plus vieilles de ses structures. Comme par exemple Dismas et Altaïr. L'origine des éditions Dismas remonte au milieu des années 1970. Actives sous le nom des éditions du Baucens, elles diffusaient alors des ouvrages niant l'existence des chambres à gaz nazies, et, par conséquent, le génocide des Juifs européens. A l'époque, leur existence avait suscité de vives polémiques. Leurs deux fondateurs sont toujours actifs, en 2008, avec les éditions Dismas. Des éditions qui éditent quelques ouvrages, mais surtout vendent par correspondance un large éventail de livres qui ne peuvent que séduire les lecteurs d'extrême droite. Essentiellement orientées vers des auteurs nationaux-catholiques, ses éditions sont basées à Haut-le-Wastie. Editée à partir de Braine-l’Alleud depuis le début des années 1970, la revue confidentielle Altaïr se consacre à la poésie nationaliste, tous courants confondus : de la droite nationale à la droite néonazie ! Son fondateur fut chroniqueur « littéraire » à Forces Nouvelles, la publication du parti du même nom (PFN). Le nom d'Altaïr est également celui de ses propres éditions, aux compétences artisanales. En automne 1984, ce sont les éditions Altaïr qui avaient réédité « Le Mensonge d’Auschwitz », un pamphlet publié pour la première fois en français par la Fédération d’action nationale-européenne (Fane), une organisation néonazie antisémite française. D'autres opuscules négationnistes seront édités par ses éditions belges. Altaïr est en contact avec la librairie Dismas et son directeur-fondateur écrit assez régulièrement des articles religieux dans Pour qu'Il règne, l'organe officiel belge de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (revoir plus haut). Le patron d'Altaïr a aussi été longtemps un fan inconditionnel du docteur Féret. Une promotion pour cette revue et cette maison d'éditions figurait toujours, en mars 2008, sur le site Internet de Patrick Cocriamont, le député fédéral du FN féretiste.

Dans le petit cercle de l'édition d'extrême droite, nous observons la présence des éditions Bernard Mengal. Officiellement, ces éditions n'existent plus. Mais plusieurs de ses productions sont encore en circulation. On pouvait ainsi en acheter récemment à la librairie liégeoise Primatice (voir plus bas). Du nom de son fondateur, elles sont apparues à Bruxelles au début des années 2000. Confidentielles et donc inconnues du grand public, les éditions Bernard Mengal sont de toute évidence ancrées à l’extrême droite 100 % raciste. Elles publient essentiellement les ouvrages d’un seul auteur, le français Pierre Chassard, dans lesquels les propos racistes et antisémites sont réguliers. Pour sa part, Bernard Mengal est une personnalité active politiquement depuis le début des années 1980. Il a été membre ou proche de divers mouvements néofascistes, comme le Comité de liaison et d’action nationaliste (Clan), le Front nationaliste, le Mouvement de résistance national-européen, le Rassemblement d'action pour la renaissance européenne (Rare), le Front national, l’association des Amis de la Renaissance européenne, le Front nouveau de Belgique... Il a également collaboré ou été le responsable de publications d'extrême droite: Altaïr, Combat païen, Megin, Racines... Bernard Mengal est aussi connu du milieu sectaire politico-religieux païen, comme fondateur de l'Association des Successeurs des Âses. Des publicités pour les productions des éditions Bernard Mengal sont notamment apparues dans Rivarol, journal néofasciste français lié à Belgique & Chrétienté et au mouvement Nation. Prochainement s'ouvrira à Bruxelles un procès contre Bernard Mengal pour racisme. Le webmaster et chef de l'actuel service d'Etude du FN-Delacroix-Sessler est également impliqué dans ce dossier judiciaire.

Certaines structures de diffusion d'écrits d'extrême droite, nationalistes ou catholiques intégristes ont pignon sur rue. Installée depuis plusieurs années dans la commune bruxelloise populaire de Schaerbeek, Polémique, une bouquinerie de seconde main, est tenue par Alain Escada, le président de Belgique & Chrétienté, déjà évoqué ici. Le nom de ce magasin est le même que celui de l'hebdomadaire qu'Escada publia de 1995 à 2003. Si à ses débuts, il était possible de s’y procurer des livres et des publications d'extrême droite, aujourd'hui, la librairie Polémique s'est réorientée dans la vente de revues et d'objets militaires. Moins risqué sur le plan judiciaire et plus rentable au niveau financier. Business is business... Polémique, via son patron, reste cependant très proche du milieu politico-religieux catholique. Tout comme la Librairie Jacques. Située près de l'avenue Louise, dans le quartier chic de Bruxelles, cette librairie s'est spécialisée dans les livres et objets de culte religieux. Néanmoins, dans ses rayons se trouvent quelques pamphlets idéologiques. Ils nous expliquent que le monde est sous la coupe de « puissances occultes » maléfiques. Le « cosmopolitisme », le « mondialisme », la franc-maçonnerie... sont les responsables de tous nos malheurs, sans parler de la « haute-finance vagabonde et anonyme ». Il est possible d'ailleurs de se procurer à la Librairie Jacques, en les commandant, des ouvrages - expédiés de Paris - du français Henry Coston, le grand spécialiste de la dénonciation de la « mainmise des Juifs sur le monde ». Aux élections législatives de juin 2007, la patronne de ce lieu religieux a fait campagne pour le parti des Chrétiens démocrates fédéraux (CDF), la dissidence des radicaux du centre démocrate Humaniste (cdH, ex-PSC). Jacques semble être moins extrémiste que Polémique...

A Liège, l'extrême droite « intellectuelle » a aussi tenté une implantation avec la librairie Primatice. Elle fut des plus éphémères : ouverte dans la cité Ardente en juin dernier, elle ferma ses portes définitivement en janvier de cette année. Installée dans le coeur historique de la ville de Liège, Primatice était une succursale de Primatice-Paris, la librairie des éditions Dualpha de Philippe Randa. Ce sont les productions de ce dernier qui constituaient l'essentiel du stock de cette librairie liégeoise. Ses propriétaires font partie d'un milieu, peu connu, de littéraires d'extrême droite ou proches en tout les cas de sa mouvance. Suite aux différentes actions de protestation contre l’ouverture de Primatice, le mouvement Nation est venu lui apporter son soutien musclé, ainsi d'ailleurs que l'ancien dirigeant du mouvement Ref, un groupuscule néorexiste dissident de l'ancien front wallon Agir.

A côté des librairies évoquées ici, il existe des cercles et des revues voués aux « écrivains maudits », à ceux qui durant l'occupation nazie de la France mirent leur talent au service des « boches ». Le Bulletin célinien, comme son nom le laisse supposer, est une revue consacrée à l'écrivain français Céline, l'auteur d'un pamphlet antisémite célèbre. Depuis son apparition en 1982 à Bruxelles, ce bulletin reçoit, tout naturellement, un écho favorable dans l'ensemble de la presse d'extrême droite. De plus, il n'est pas rare de trouver à la vente le dernier numéro du Bulletin célinien lors de manifestations nationalistes de droite, comme la fête des Bleus-Blanc-Rouges du FN lepéniste, dans les principales librairies françaises d'extrême droite, mais également à la bouquinerie bruxelloise Polémique. Cette revue confidentielle était également mise en vente à Liège chez Primatice. Le directeur-fondateur de ce bulletin est l'auteur d'un livre retraçant positivement l'histoire de l'hebdomadaire néofasciste français Rivarol. Ouvrage publié chez Dualpha, une structure commerciale d'ultra droite. Comme par hasard, bien entendu... Dans le même milieu, l'association des Amis de Drieu-la-Rochelle (ADLR) est aussi présente. Ce « club littéraire » est animé depuis 1993 par Daniel Leskens, un ancien membre de la direction du Front de la jeunesse et du Parti des forces nouvelles, passé à la direction du Front national en 1991. L’ADLR est restée jusqu’à présent extrêmement confidentielle. Cependant, dès son apparition, elle a reçu le soutien de plusieurs personnalités d'extrême droite, tel feu Jean Mabire, un écrivain spécialiste de l'histoire des Waffens SS et ex-idéologue de Terre & Peuple, déjà évoqué ici. En Belgique, à ses débuts, l’ADLR était soutenue par le Bulletin Célinien et le journal Polémique d'Alain Escada. En 2008, ce cercle existe toujours, mais semble en sommeil. Il faut dire que son dirigeant doit coûte que coûte sauver la peau politique de son patron, Patrick Cocriamont, le seul élu fédéral du FN-Féret.

L'extrême droite francophone est aussi présente sur Internet. La multiplication de ses sites confirme sa « lézardisation » généralisée. La plupart des partis électoralistes, mouvements d'action politique déjà évoqués ici réalisent leur propre espace virtuel. Comme c'est le cas de deux interfaces web « pluralistes » : Novopress.be et Altermedia.be. Tous les deux se définissent comme des agences de presse au service de la cause identitaire et nationaliste. Ils sont les antennes belges francophones de deux réseaux internationaux portant les mêmes noms. Ces sites internet diffusent les communiqués de presse de mouvements et partis d'extrême droite (FN-Delacroix-Sessler, mouvement Nation, Belgique & Chrétienté, Synergies européennes...), mais aussi les dépêches d'agences de presse officielles (comme Belga) et des articles de grands médias. Articles et dépêches qu'Altermedia et Novopress reprennent de manière illégale. Le projet Novopress trouve sa source aux Etats-Unis, au sein de l'ultradroite originaire du courant « réformateur » de l'un des nombreux KKK, la célèbre organisation raciste et néonazie américaine. La plate-forme belge francophone de Novopress est animée par le dirigeant-fondateur du mouvement Nation. C'est donc ce dernier – et ses alliés, comme Belgique & Chrétienté – qui profite de la tribune médiatique offerte par Novopress. Le portail français est aux mains du Bloc identitaire (ex-Unité radicale), l'organisation-soeur en France de Nation. Novopress est par ailleurs une scission d'Altermedia. Cette dernière apparait au milieu des années 2000. En avril 2005, un responsable d'Altermedia-France est physiquement agressé à Nice par le meneur du Bloc identitaire, par ailleurs responsable de Novopress (3). Comme on l'aura compris, l'entente identitaire n'est pas ici au beau fixe. Altermedia-Belgique (francophone) semble être proche désormais du nouveau FN. Pour sa part, Altermedia-Flandre est co-animé par un ancien de la section néerlandophone du Front national féretiste et aujourd'hui pilier de la Nieuwe-solidaristische alternatief (NSA), un réseau fédérant la plupart des organisations nationalistes radicales flamandes. La NSA estime que le Vlaams Belang est désormais une formation politique modérée, d'essence national-libérale. Donc, ayant trahi la cause identitaire. Question chiffres : Altermedia bénéficie de 20 antennes nationales, contre 13 pour Novopress.


Que conclure de cette radioscopie ?

Cet état des lieux de la « galaxie » de l'extrême droite francophone prouve une fois de plus que la « jungle nationaliste » est constituée de nombreuses structures en concurrence les unes avec les autres. Entièrement divisée par des éternelles « guerres de clans » endogènes, cette galaxie politique n'a pas réussi, dans les années 1990, à se fédérer en un seul « front national », ce qui lui aurait certainement permis à l'époque de se développer comme le Vlaams Blok / Belang en Flandre.

Aujourd'hui, l'unité des adeptes de l'Ordre nouveau n'est toujours pas à l'agenda, et pour cause. Mais de toute manière, la fin des guéguerres intestines entre nationalistes et identitaires ne signifierait nullement un essor électoral. En effet, aux dernières élections, en Belgique, comme en France, on a pu observer un reflux important du vote protestataire habituellement en faveur des partis de l'ultra droite nationaliste. L'heure de la fin du frontisme et du Vbisme a-t-elle sonné ? C'est bien possible. Il faudrait alors se poser la question de savoir pour qui voteront leurs anciens électeurs.


Manuel Abramowicz

Notes :
(1) François Duprat : Idéologue des néofascistes et autres néonazis négationnistes, il devient dans les années 1970, le dirigeant du courant radical du Front national français de Jean-Marie Le Pen. Son courant s'était doté de sa propre structure : les Groupes nationalistes-révolutionnaires de base (GNR). En Belgique, plusieurs organisations se sont revendiquées de Duprat. Une édition belge des Cahiers européens, l'un de ses journaux, existait au milieu des années 1970. C'est un réseau national-catholique intégriste néonazi qui se chargeait alors de la réalisation des Cahiers européens-Belgique. En 1978, François Duprat meurt dans un attentat à la bombe. Pour l'extrême droite, les coupables sont tout désignés : les militants d'une inexistante organisation juive révolutionnaire. En réalité, il s'agirait d'un règlement de compte interne, orchestrée par une tendance adversaire de celle de Duprat au sein du Front national (celle des « solidaristes »). Une autre piste conduirait à des services secrets français. François Duprat - qui voyageait beaucoup à l'étranger - aurait été un agent de l'un d'eux. Un documentaire TV en cours de tournage reviendra prochainement sur cette importante énigme de l'histoire des assassinats politiques.
(2) Le 9 septembre 2000, le mouvement Nation a organisé à Bruxelles un meeting intitulé « Pour un Ordre Nouveau ». Y participaient : des dirigeants de l'extrême droite allemande (du NPD néonazi), française (du Gud, un groupe étudiant néofasciste) et serbe (du Parti radical, ultra nationaliste, comptant dans ses rangs des criminels de guerre).
(3) Selon le communiqué d'Altermedia.fr « Quand le Bloc débloque », diffusé le 23 avril 2005.


© RésistanceS – Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le vendredi 28 mars 2008.

 



L'extrême droite belge francophone : l'éternelle division endogène


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• Vous pouvez également consulter les différents articles de la revue RésistanceS évoquant les structures du microcosme politique évoqué dans la présente radioscopie.

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Avec en communication : « 28-MARS-2008 »


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