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Affaire Roeland Raes (suite et pas fin)

Le Blok est négationniste !

Fausses purges staliniennes au Vlaams Blok. Roeland Raes paye la note pour les autres complices blokkers du négationnisme. La presse dénonce le double langage de ce parti nationaliste, antipopulaire et antisocial. Depuis très longtemps déjà, ‘RésistanceS’, comme feu la revue antifasciste ‘CelsiuS’, avait pour sa part consacré des dossiers détaillés sur cet idéologue de la ‘race blanche’. Comme le reconnaîtront Bénédicte Vaes dans ‘Le Soir’ et Annick Hovine dans ‘La Libre Belgique’ (1). Voici un premier tour d'horizon de la situation. Un dossier plus complet sur les liens du Blok avec le milieu négationniste, vous sera prochainement proposé sur notre site.

Après ses propos négationnistes sur une chaîne de télévision hollandaise, Roeland Raes, cofondateur en 1978 et vice-président du Blok depuis lors, mais également son idéologue principal, a donc démissionné de toutes ses fonctions politiques ainsi que de son mandat d'administrateur de l'Université de Gand. Le Blok lave ses mains sales en famille. Néanmoins, Raes n'est que le sommet d'un iceberg aux odeurs de gaz nazi. Le ‘bouc Emissaire’ (la tête de Turc !) et l'éventail qui cache une légion d'acharnés partisans des écrits maladifs de la bande à Robert Faurisson et autres assassins de la mémoire. Effectivement, au Blok il y a encore d'autres individus qui affirmèrent - à plusieurs reprises - que les nazis n'avaient pas commis les crimes contre l'humanité pour lesquels ils furent pourtant condamnés au procès international de Nuremberg.

Dillen, traducteur négationniste
Par exemple, en octobre 2000, dans la commune d'Asse, Jos Rogiers fut ainsi élu au conseil communal. Ce responsable local de longue date du Blok est l'auteur de plusieurs pamphlets négationnistes. D'autres élus et dirigeants de cette formation politique sont restés actifs dans des structures militantes parallèles. Le groupe d'action nationaliste Voorpost (fondé en 1976) est l'un de ces pseudopodes blokkers. A l'époque où le VB prenait de l'importance dans le paysage politique flamand, Voorpost diffusait toujours de la ‘littérature révisionniste’ via son service de vente de livres par correspondance. Plusieurs représentants politiques et cadres du parti d'extrême droite flamand di! rigent toujours pour l'instant Voorpost, c'est le cas du député fédéral Francis Vanden Eynde et de Luc Vermeulen. Ce dernier, candidat VB en 1999, est par ailleurs le responsable du service d'ordre du Blok.

Voorpost a aussi apporté son soutien au groupuscule négationniste VHO, quelques temps après sa création à Anvers, vers 1984, par un autre ‘compagnon de route’ du Bloc flamand. VHO est en Europe le plus important réseau de propagande négationniste. Plusieurs candidats et élus VB seront également liés à VHO.

Bien après le vote de la loi antinégationniste, en 1995, d'autres hauts dirigeants blokkers vont continuer à collaborer avec ce milieu nauséabonde. Notamment via ‘Dietsland Europa’, la revue de Were Di, un cercle de réflexion très ‘NS’ (national-socialiste !) à la base du manifeste de fondation du VB et qui se chargea de la formation idéologique de la plupart de ses cadres actuels. Le comité de rédaction de ‘Dietsland Europa’ est constitué de plusieurs leaders VB : Wilfried Aers, Gerolf Annemans, Bart Laeremans, Ignace Lowie et bien entendu Roeland Raes (selon l'ours du numéro d'octobre 2000 de ‘Dietsland Europa’). Créée par Karel Dillen (fondateur et président de 1978 à 1996 du VB), cette revue participa abondamment à la diffusion en Flandre des! thèses fictives des négateurs. Par ailleurs, Karel Dillen est l'auteur de la traduction en néerlandais de ‘Nuremberg ou la Terre promise’ de Maurice Bardèche. Ecrit en 1948, ce livre est le premier ouvrage négationniste ! Des organisations politiques pro-Blok se chargeront, toujours à l'heure actuelle, de sa distribution.

Dernièrement encore, le négationniste français Bardèche - qui aimait se définir comme étant un ‘écrivain fasciste’ - bénéficiait une fois de plus des honneurs du ‘Vlaams Blok-magazin’ (dans le numéro d'octobre-novembre 2000). Il resta jusqu'à sa mort, en août 1998, l'ami personnel de Karel

Dillen. Franck Van Hecke, le président actuel du VB, est pour sa part l'un des protégés de Dillen. Le premier connaît donc très très bien le milieu négationniste, notamment pour l'avoir fréquenté au Parlement européen.

‘Revisionisme is geen misdaad’
njsv-negat.jpg (6938 bytes)Philip Dewinter, le numéro 2 du parti nationaliste d'extrême droite et aujourd'hui principal ‘procureur’ contre Raes, est lui aussi un des protégés du traducteur du livre négationniste de Bardèche. De plus, dans les années quatre-vingt, Dewinter était lié au VMO, au Voorpost et au PFN, trois groupuscules néonazis et négationnistes. Après avoir dirigé le NJSV, durant ses années lycéennes,  il présidera le NSV, un groupuscule étudiant nationaliste qui avait déjà des liens étroits avec son équivalent français, le GUD, connu pour ses actions violentes, son antisémitisme primaire et sa conversion de longue date au négationnisme.

Plus tard, la branche lycéenne du NSV (le NJSV) éditera un autocollant proclamant : ‘Revisionisme is geen misdaad’ (‘le révisionnisme n'est pas un crime’). Ce dernier était toujours diffusé en 1997, soit deux ans après le vote de la loi antinégationniste, entre autres, votée par le Blok !

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Philip "Filip" Dewinter a présidé - au début des années 80 - l'organisation NJSV, connue pour ses actions violentes et utilisant la croix celtique, un des symbôles des néonazis ! Plus tard, le NJSV se lancera dans une campagne de propagande pour défendre les négationnistes.

Les derniers propos Raesistes (jeu de mot de circonstance inventé par le journal ‘La Libre Belgique’) sur le Judéocide sont donc l'expression d'un sentiment largement partagé - certes à voix base et sans micros ni caméras - au sein du Blok. Un Blok qui nie désormais, pour des raisons politiquement correctes, son passé négationniste. Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose...

Manuel ABRAMOWICZ

(1) Bénédicte Vaes notait, le 28 février, dans ‘Le Soir’ : ‘Manuel Abramowicz, qui anime un site antifasciste (www.resistances.be), relève depuis des années les attaches de Roeland Raes, théoricien principal du Blok, avec le milieu négationniste’. Le même jour, dans ‘La Libre Belgique’ , Annick Hovine rappelait que la revue ‘RésistanceS’, dans son numéro de janvier-février 1998, avait déjà dénoncé Raes comme un sympathisant de ceux qui nient les crimes nazis. L'ex-vice-président du VB, selon ‘RésistanceS’, ‘lors d'une conférence organisée par des néonazis bruxellois’, deux ans après le vote de la loi antinégationniste, avait publiquement exprimé son soutien politique au combat négationniste. A l'époque, les révélations de ‘RésistanceS’ suscitèrent des remous au sein de la direction du Blok. L'actualité, nous donne maintenant raison sur notre action d'information entamée voici plusieurs années. Nous continuerons donc notre combat contre la désinformation de l’extrême droite.