RésistanceS 12-12-2008 - Article réactualisé le 23-12-2008

L'extrême droite devant les tribunaux


Un haut dirigeant du Vlaams Belang condamné pour négationnisme


Membre-fondateur et vice-président de 1978 à 2001 du Vlaams Belang, Roeland Raes a apporté son soutien manifeste aux négationnistes. A ceux qui nient, pour des raisons politiques, le génocide des Juifs commis par la dictature nazie durant la Seconde Guerre mondiale. Toujours dirigeant et éminence grise du parti nationaliste flamand d'extrême droite, il vient d'être condamné par la Justice pour avoir enfreint la loi antinégationniste de 1995.


Roeland Raes (quatrième en partant de gauche) sur un tract du Vlaams Blok/Belang pour les élections européennes de 1994. Les deux derniers à l'extrême droite sont Franck Van Hecke et Karel Dillen, le deuxième (de 1996 à 2008) et premier (de 1978 à 2006) président du parti nationaliste flamand d'extrême droite - Document : Archives Hugo Gijsels/Ceges-Soma.


Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné, ce 12 décembre, Roeland Raes pour infraction à la loi contre négationnisme. Ce haut dirigeant du Vlaams Belang (il fut sénateur de ce parti et surtout son vice-président de 1978 à 2001 !), a été condamné à quatre mois de prison (dont trois ans de sursis), à des dommages et intérêts de 1.000 €, ainsi que des frais de procédure à verser au Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme et au Forum des organisations juives d'Anvers, les deux parties civiles à l'origine de cette affaire judiciaire.

Un VBiste pro-négateurs à la TV
Le 31 mai 2001, ce dirigeant du VB avait tenu des propos pronégationnistes lors d'une interview pour le magazine télévisé hollandais «Netwerk Actualiteitenmagazine» (NCRV). Son entretien avait été réalisé au secrétariat national du Vlaams Blok/Belang, à Bruxelles. Le Centre pour l'égalité des chances a rappelé qu'au cours de cette interview «Roeland Raes était interrogé sur ses sympathies pour des ''négationnistes'' qui prétendaient que les chambres à gaz et le génocide des Juifs ne seraient qu'un mythe». Roeland Raes mettra également en doute l’authenticité du «journal d’Anne Frank», la jeune juive cachée à Amsterdam puis déportée avec sa famille par les nazis, dont le carnet de notes fut retrouvé ensuite par son père, le seul survivant de la famille Frank, et publié sous la forme d'un livre après la guerre. Les propos nauséabonds de Raes avaient choqué les organisations antiracistes. Et manifestement tombaient sous le coup de la loi antinégationniste.

Pour un représentant du Forum des organisations juives, «le message de Roeland Raes est évident. Il veut semer le doute sur l’extermination systématique des Juifs, sur l’existence des chambres à gaz, et même sur celui du ''Journal d’Anne Frank''. Par ces déclarations, il justifie et approuve implicitement le génocide et le minimalise considérablement. Il tente dans ses questions de semer le doute sans directement nier les choses. Cela a autant d’effets psychologiques et négatifs que lorsque l’on nie et réfute directement».

Pour le directeur adjoint du Centre pour l’égalité des chances, Edouard Delruelle, «le tribunal a opportunément rappelé que nier ou minimaliser le génocide commis par les nazis est tout simplement une infraction qui n’est pas tolérable dans une société démocratique».


Au Vlaams Blok/Belang, les négationnistes ont été (sont encore ?) nombreux. En premier lieu, le président-fondateur du parti, Karel Dillen, ici dans les années 1990 en compagnie de son ami français Maurice Bardèche (à droite). En 1952, Dillen avait traduit, du français au néerlandais, un ouvrage de ce dirigeant d'extrême droite d'outre-Quiévrain... le premier livre négationniste ! - Document photo : Archives Hugo Gijsels/Ceges-Soma.


Eminence grise du Vlaams Belang, toujours en 2008
En novembre 2000, RésistanceS.be révélait que le même Roeland Raes avait déjà tenu des propos favorables aux négationnistes. Au cours d'une conférence publique d'extrême droite organisée à Bruxelles, auquelle assista un membre de RésistanceS.be, le dirigeant VBiste affirma que le vote favorable de son parti pour la loi antinégationniste, en 1995, avait été fait par pur calcul politique. Dans le but d'éviter la poursuite de sa diabolisation dans le paysage politique. Ce vote en faveur de ladite loi fut «une des plus graves erreurs historiques» du Vlaams Blok/Belang, selon Raes. Malgré cette loi, les partisans du négationnisme sont encore nombreux à l'extrême droite, y compris au VB. Comme vient de le démontrer la justice belge en condamnant Roeland Raes.

Egalement dirigeant de Voorpost, un «groupe d'action nationaliste» qui propageait aussi les thèses négationnistes à une certaine époque, Roeland Raes reste toujours pour l'heure une personnalité de premier plan au sein du Vlaams Belang. Notamment comme l'une de ses éminences grises. Récemment, Uitgeverij Egmont, les éditions de cette formation d'extrême droite, publiait son dernier livre : «60 nationalistische figuren». Un ouvrage réhabilitant, notamment, d'anciens dirigeants de la collaboration flamande pronazie durant la guerre 39-45. Comme par hasard, bien entendu...

Manuel Abramowicz

Information du 23 décembre 2008
Le dirigeant du Vlaams Belang Roeland Raes a annoncé qu'il irait en appel de sa condamnation pour infraction à la loi antinégationniste. La suite de cette affaire judiciaire sur RésistanceS.be...

 

NOUVEAU La cour d'Appel de Bruxelles a condamné le 15 septembre 2010 Roeland Raes pour négationnisme


© RésistanceS – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 12 décembre 2008 et réactualisé le 23 décembre 2008.

 

 

NOUVEAU La cour d'Appel de Bruxelles a condamné le 15 septembre 2010 Roeland Raes pour négationnisme


Dans les années 1990, Roeland Raes avec Hubert Defourny, le leader de l'extrême droite identitaire wallonne © Photo: Georges Berghezan

 


Pour plus d'informations
sur Roeland Raes, lire sur
RésistanceS.be :

Affaire Roeland Raes (suite et pas fin) : le Blok est négationniste !

Roeland Raes,un idéologue de la «Race»

L’université de Gand codirigée par le Vlaams Blok


Sur le négationnisme, lire
la section de RésistanceS.be
consacrée à ce sujet :