RésistanceS 19-11-2006

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Le dirigeant négationniste Reynouard arrêté en France

Le négationnisme est devenu totalement marginal. Obsolète. Cependant, une dernière fraction de négateurs poursuive le combat pour nier le génocide juif et réhabiliter le nazisme. Parmi ceux-ci, il y a Vincent Reynouard. Exilé à Bruxelles, il vient d'être arrêté en France chez des néonazis locaux. Chef de la branche francophone de VHO, un groupuscule de propagande négationniste fondé par des militants du Vlaams Blok, il sera prochainement jugé. L'enquête devrait également déterminer qui soutenait ce criminel, en France et en Belgique.

LA DERNIÈRE BANDE DE NÉGATEURS-MENTEURS NEONAZIS : de gauche à droite, lors d'un « congrès révisionniste » (sic), en 2003 en Flandre, feu Bert Eriksson (ex-VMO et Vlaams Blok), Vincent Reynouard (ex-Parti nationaliste français et européen), Siegfried Verbeke (ancien VMO et VB) et Paul Kruger (pseudonyme du porte-parole de Blood and Honour-Vlaanderen). Document photographique : RésistanceS.

Au courant du milieu de la semaine passée, Vincent Reynouard (37 ans) a été arrêté en France. Recherché par la police locale, suite à diverses condamnations pour négation du génocide juif commis par les nazi, il vivant en exil en Belgique, depuis plusieurs années. Chez nous, il dirige le cercle semi-clandestin Vision historique objective (VHO), branche francophone d'une secte négationniste portant les mêmes initiales et fondée en 1985, à Anvers, par des dirigeants de la première heure du Vlaams Blok (VB). Revenu dans son pays clandestinement au début de ce mois, Vincent Reynouard devait y donner une conférence sur le négationnisme, en Seine-Saint-Denis.

Cueilli dans un nid de néonazis
Cette conférence était organisée par un groupe clandestin néonazi dirigé par un activiste bien connu, Roger D. La police, sans doute mise au courant par un indic, n’avait plus qu’à y cueillir Vincent Reynouard. Poursuivi en Alsace pour ses activités négationnistes, il a directement été livré à la justice alsacienne. Qui l’a mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, le 14 novembre, à Saverne (Bas-Rhin).

D'ici quelques mois, Vincent Reynouard sera jugé pour l’ensemble des faits qui lui sont reprochés en France, a indiqué le procureur de la République de Saverne. La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a déjà annoncé son intention de se porter partie civile dans cette affaire. Les actions judiciaires, à la base de l’arrestation de Vincent Reynouard, furent enclenchées contre lui suite à la diffusion massive de nombreux exemplaires d'un opuscule nauséabonde : « Holocauste ? Ce que l'on vous cache ». Ses destinataires, minutieusement sélectionnés par le néonazi négationniste, étaient des syndicats d'initiative, des musées et des mairies. Plusieurs d’entre eux déposèrent plaintes.

Désormais, Vincent Reynouard pourra enfin être jugé pour ses crimes. Après bien d’autres négationnistes (Robert Faurisson, Olivier Mathieu, Ernest Zündel, Siegfried Verbeke….) ou certains de leurs partisans (l'hebdomadaire Rivarol, par exemple).


COMPLOT JUDÉO-MAÇONNIQUE : L'ÉTERNEL OBSESSION DES ANTISÉMITES. Couverture d'un des nombreux opuscules de propagande du néonazi catholique intégriste Vincent Reynouard (document : RésistanceS).

Par ailleurs, il faudra maintenant également déterminer clairement les liens politiques et la liste de ceux qui ont apporté leur soutien à Vincent Reynouard. Notamment dans son exil à Bruxelles. Dans notre capitale, on sait qu'il est hébergé, avec sa famille, dans une communauté religieuse intégriste catholique installée dans la commune d’Ixelles. Dans les années 1990, ce groupe religieux avait déjà proposé l'asile à Olivier Mathieu, un autre français en fuite pour les mêmes raisons que Reynouard. Chez nous, le néonazi fréquente des catholiques traditionalistes.

Rien d'étonnant à cela : Vincent Reynouard se revendique comme étant un militant politique à la fois « national-socialiste », « révisionniste » et « catholique traditionaliste ». Il est l'auteur de plusieurs pamphlets de propagande négationniste, mais également de doctrine politique visant à la fusion de ses combats. Pour les mener, avec un complice, il vient de fonder d'ailleurs le Mouvement de combat Saint-Michel (voir ci-dessous le lien vers le Who's who du « réseau Reynouard »).

De tout temps, des adeptes chrétiens intégristes se sont engagés dans les rangs néonazis. Ainsi, plusieurs groupes religieux catholiques comptent dans leurs propres troupes des nostalgiques de la croix gammée. Ce milieu confidentiel politico-religieux sert surtout de courroie de transmission permettant aux néonazis d'établir des synergies stratégiques avec l'ultradroite BCBG. Dans un objectif commun : le combat contre le système actuel.

 

OCCIDENT CATHOLIQUE COMBATTANT : Vincent Reynouard est le cofondateur du Mouvement de combat Saint-Michel. Il se revendique du « national-socialisme », du « révisionnisme » (le négationnisme) et du catholicisme intégriste (document : RésistanceS).

Qui sont ses complices belges ?
Vincent Reynouard, certes marginalisé dans ce milieu politico-religieux, jouit néanmoins de plusieurs partisans, parce qu'il dit tout haut ce qu'ils pensent en silence. La trace du néonazi catholique traditionaliste est dès lors observée dans la périphérie des intégristes belges. Ceux-ci partagent avec Vincent Reynouard plusieurs références idéologiques et analyses politiques identiques. Tout comme des leaders de la dite « mouvance identitaire », dont plusieurs fréquentent également ce même milieu politico-religieux, comme par hasard.

Parmi ces leaders, certains furent impliqués dans le « mouvement négationniste », notamment lorsqu'ils militaient au sein de l'Assaut. Ce groupe néonazi (1988-1993) apportait alors son soutien à l'Anec, une organisation de propagande visant à la négation du génocide juif conduit par un certain... Vincent Reynouard. Les années passent, les liens subsistent ? L'arrestation de Vincent Reynouard pourra certainement répondre à cette essentielle question.

Déçus de ceux qui partageaient jadis les mêmes combats, mais qui pour des raisons opportunistes les abandonnèrent, Vincent Reynouard sera maintenant tenté de se mettre à table et de donner la liste de ses complices français et belges. L' « Affaire Reynouard » ne fait que commencer...

Alexandre VICK

Remerciement au journaliste parisien Jean-Yves Camus pour ses informations transmises sur l'arrestation en France du négateur Vincent Reynouard.


Lire aussi :

• Le Who’s who du « réseau Reynouard » - Enquête sur les derniers négateurs-menteurs

© RésistanceS – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 19 novembre 2006


VINCENT REYNOUARD : un gourou négationniste enfin arrête. Va-t-il parler et dénoncer ses complices français et... belges ?

L'« Affaire Reynouard » ne fait que commencer...


Négationnisme ?
Le négationnisme consiste à nier, dans un but politique, le génocide des Juifs européens commis par la dictature nazie pendant la Deuxième Guerre mondiale. Les adeptes du négationnisme veulent « blanchir » le nazisme de ses crimes contre l’Humanité. Les négationnistes proviennent en règle générale de l’extrême droite et restent encore aujourd’hui liés à la mouvance antidémocratique.

(définition extraite du « Guide des résistances à l'extrême droite », de Manuel Abramowicz, publié aux éditions Labor, en 2005).

Sur RésistanceS.be
Pour approfondir le sujet, lire nos articles suivants :

Le Who’s who du « réseau Reynouard » - Enquête sur les derniers négateurs-menteurs

VHO : Création d’une branche francophone

La Belgique reste une plaque tournante des « négateurs-nazis »

Siegfried Verbeke, dirigeant belge du négationnisme, condamné à un an de prison ferme !

Les frères Verbeke : deux négationnistes condamnés

Propos antisémites et négationnistes sur un forum Internet d’ultradroite belge

« Rivarol », Chard et leurs amis n'aiment pas les juifs