RésistanceS 14-01-2006

Extrême droite : rien ne change

Le journal « Rivarol » soutient toujours les négationnistes et ex-SS


• Au sommaire d'un des derniers numéros de « Rivarol » se trouve une campagne de soutien à des criminels néonazis.
• Le même hebdomadaire d'extrême droite français rend aussi hommage, une nouvelle fois, à un ex-SS.
• « Rivarol » prouve ainsi que l'extrême droite reste fidèle à ses origines idéologiques.
• Extraits d'un canard nauséabond.


Les SS, élite de la dictature nazie, restent des modèles pour « Rivarol »…



Mal dans sa peau, l'extrême droite aime se travestir. Se présenter sous des masques « politiquement corrects ». Afin d'éviter les poursuites judiciaires, elle s'est dotée d’un vocabulaire codé servant à désigner ses multiples ennemis, réels ou fantasmés. Mais le naturel revient toujours au galop. Pour s'en rendre compte, il suffit de se pencher sur les colonnes de sa presse confidentielle, bien loin de ses tracts « grand public ».

Nous avons ainsi consulté l'un des derniers numéros de « Rivarol », un opuscule « fascistoïde » parmi d'autres, nourrissant les obsessions des « hommes de race blanche » paniqués par la perspective de perdre une mythique Europe ancestrale.


Soutien aux négateurs du génocide nazi
Dans son édition datée du 6 janvier dernier, cet hebdomadaire - s'autoproclamant comme étant celui « de l'opposition nationale et européenne » (quel programme ambitieux !) - affirme sans pudeur ses amitiés politiques indéfectibles. Dans un appel solennel à ses lecteurs, « Rivarol » leur propose – dans sa version « papier » comme sur son site Internet - en effet de manifester ouvertement et directement leur « amitié » et leur « soutien » à quatre «prisonniers révisionnistes » (sic).

Pour ce faire, le canard crypto-vychiste liste les coordonnées des prisons dans lesquelles ces derniers sont actuellement emprisonnés – en Allemagne pour trois d’entre eux, et le dernier en Autriche. Motifs ? Violation des lois sur le racisme, l'antisémitisme et/ou le négationnisme (qui vise à nier le génocide commis par la dictature nazie et ainsi réhabiliter celle-ci). Parmi ces « prisonniers révisionnistes », se trouve le dénommé Siegfried Verbeke, de nationalité belge, mais vomissant sa « belgitude » pour raison « nationale-raciale », à l’instar des dirigeants et activistes du Vlaams Blok/Belang.



« Rivarol », comme d'autres journaux et organisations de la même lignée idéologique, soutient les négationnistes, ceux qui nient la réalité nazie.

Bien connu des lecteurs de RésistanceS (1), Siegfried Verbeke est un ancien dirigeant du Vlaamse militanten orde (VMO) –un groupement néonazi flamand qui visait, dans les années 1970, à faire imploser la Belgique –, et le cofondateur du cercle VHO, l’une des plus importantes organisations négationnistes actives en Europe. Verbeke et sa petite entreprise de haine ont déjà été soutenus à plusieurs reprises, comme d'autres négateurs-menteurs, par « Rivarol ».

Grâce à la campagne de solidarité lancée il y a quelques jours par ce dernier, Verbeke et ses trois autres comparses recevront des cartes de soutien de la part de lecteurs « rivaroliens ».


Hommage à un ex-SS
Dans ce même numéro du 6 janvier dernier, « Rivarol » rend une nouvelle fois hommage, dans sa rubrique « Nos deuils », à un « digne » ancien collaborateur de la dictature hitlérienne, Maurice Ranc. Ce dernier provenait des rangs maurrassiens, le courant politique national-chrétien d'extrême droite apparu dans les années 1920-1930 en France sous l'égide de Charles Maurras, un antisémite radical. Durant la Deuxième Guerre mondiale, Ranc fit partie tour à tour de la Milice, organe répressif et multicriminel de l'Etat illégal du dictateur Pétain, de la Légion des volontaires français (LVF) combattant sous les ordre des nazis et de la Waffen-SS, l'élite du IIIe Reich. Après la guerre, et dès l'apparition de « Rivarol », en 1952, il en devint un « fidèle rivarolien » (sic).

Par son soutien aux « prisonniers révisionnistes » et son nouvel hommage à un ex-SS, ce journal soutenant toutes les tendances possibles et imaginables de l'extrême droite (des néonazis aux ultralibéraux de la « droite nationale ») manifeste une énième fois ses sympathies politiques et son ancrage idéologique. Nauséabonds.

Alexandre VICK

(1) Pour un portrait du négateur-menteur Siegfried Verbeke, relire notre article : Siegfried Verbeke, dirigeant belge du négationnisme, condamné à un an de prison ferme !


© RésistanceS – www.resistances.be - Bruxelles – Belgique – 14 janvier 2006.

 

 


La Une du numéro du 6 janvier dernier de « Rivarol », journal anti-cosmopolite, donc pro-antisémite.