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L’ancien curé attaque « RésistanceS », mais pas l’extrême droite ?

Le Père Samuel, ex-curé de l’église catholique, s’attaque à « RésistanceS ». Et dénonce une campagne menée contre lui, dont le but aurait été de le lier à l’extrême droite. Nous confirmons la sympathie que lui voue l’extrême droite.

Il y a quelques semaines « RésistanceS » mettait en ligne un article sur le père Samuel, à l’occasion de l’inauguration de son église Saint-Antoine-de-Padoue, à Montignies-sur-Sambre (dans la périphérie de Charleroi), en décembre 2001. Lors de cette inauguration, plusieurs dirigeants importants du parti socialiste local (le bourgmestre de Charleroi Jacques Van Gompel et le Ministre-Président de la Région wallonne Jean-Claude Van Cauwenberghe) ainsi que du parti social-chrétien (le bourgmestre de Dinant Richard Fournaux) étaient présents. Cette présence politique de haut niveau est un soutien implicite au père Samuel, ancien prêtre catholique, qui fut exclu en 1990 par sa hiérarchie religieuse pour ses pratiques non-conventionnelles.

Anticléricaux et traditionalistes : même combat ?
Comme les quotidiens « La Libre Belgique » ou « Le Soir », « RésistanceS » avait épinglé cette drôle d’alliance : entre un ex-curé catholique, dénoncé par ailleurs comme étant un intégriste, et des édiles démocratiques, parmi lesquels des représentants du PS, un parti singularisé par son anticléricalisme historique et son progressisme programmatique. Totalement à l’opposé des traditionalistes religieux.

« RésistanceS », toujours dans cet article sur Samuel, rapportait également qu’un groupuscule d’extrême droite, la Ligue chrétienne belge – LCB (1) – avait annoncé officiellement et publiquement qu’elle allait verser les restes de son patrimoine financier à « l’œuvre du Père Samuel » (voir « Moniteur Belge » : N° 025332, 26/10/2000). L’information sur le don annoncé de l’asbl d’extrême droite au Père Samuel circulait – via le Net – depuis plus d’un an au moins. Ce qui ne semble pas avoir heurté cet ex-prêtre de l’église catholique. Cette information du domaine public fut également relevée par une conseillère communale du groupe Ecolo au conseil municipal de la ville de Charleroi, en décembre de l’année dernière.

Samuel attaque… un coup dans l’eau !
Le 4 février, au cours d’une conférence de presse, le Père Samuel prit la parole pour « remettre les pendules à l’heure » (dixit « La Dernière Heure » du 5/02/02) avec l’un de ses avocats, Michel Graindorge – on se demande bien ce qu’il fait là ! L’ancien prêtre catholique y affirma que la remise du don annoncé par la LCB à son bénéfice n’avait jamais été fait et dit l’avoir refusé. Dont acte ! Cependant, face aux accusations du Père Samuel à notre encontre (« RésistanceS » fut nommément cité), nous répondons :

  • Nous n’avons jamais affirmé qu’il était d’extrême droite (pour s’en convaincre, le père Samuel et Michel Graindorge auraient dû mieux lire notre article).
  • Nous avons simplement informé de ce qu’un groupe d’extrême droite apportait, dans un acte officiel (reconnu par notre législation), son soutien financier à « l’œuvre du Père Samuel » (sic).
  • Pour le prouver, nous n’avons fait que reproduire un document des plus officiels (un extrait du « Moniteur Belge »), publié depuis le 26 octobre 2000 (soit plus d’un an avant la publication de l’article de RésistanceS qui pose maintenant problème au père Samuel) et largement diffusé (sur Internet notamment). Ce document est toujours, à l’heure actuelle, consultable à tout moment et par tout le monde.
  • Nous signalons pour finir que le Père Samuel n’a jamais jugé utile de répondre d’une façon ou d’une autre à cette information publique diffusée par un organe de l’Etat belge

Par ailleurs :

  • Nous ne pensons pas que le Père Samuel ait la faculté supranaturelle de pouvoir déceler l’identité – politique entre autres - de ceux qui lui versent anonymement des dons financiers (comme il le reconnaît). Ni de connaître l’identité de tous les membres de son assemblée religieuse. Parmi eux, il se peut que soient représentés diverses tendances philosophiques et politiques, de la gauche à la droite, voire de l’extrême droite pourquoi pas ? Comme parmi les lecteurs de notre site d’ailleurs !
  • Nous avons pris bonne note des réclamations formulées par le Père Samuel et de la récusation par celui-ci de ses liens supposés avec l’extrême droite, le 4 février dernier au cours de la conférence de presse qu’il a donnée au Centre International de Presse (IPC, Bruxelles).

Cependant, si le Père Samuel n’est pas d’extrême droite et refuse le soutien de celle-ci, il reste, comme l’écrivent à maintes reprises des journaux tels que « La Libre Belgique » et « Le Soir », un ex-prêtre de l’église catholique singularisé par son refus de la modernisation de l’église catholique et son attachement à de vieilles pratiques religieuses. C’est pourquoi il est décrit comme un pur produit du courant intégriste et un sectaire. En effet, il ordonne la messe de façon traditionaliste : en latin, le « dos tourné au peuple »,… comme d’autres intégristes d’origine catholique, par exemple ceux de la Fraternité Saint Pie X, dont les liens en Belgique et en France avec l’extrême droite sont, eux, bien connus de tout un chacun.

Le père Samuel avec nous ?
A la place de cette mauvaise lecture de notre article, de cette conférence de presse sans doute coûteuse (une salle à l’IPC n’est pas peu chère), de l’engagement d’un brillant avocat et en plus de son démenti, nous aurions préféré de la part du père Samuel – s’il partage toutefois cette approche - un discours effectif, fort et public dénonçant l’extrême droite, le fascisme, le totalitarisme, l’histoire antisémite du christianisme, l’islamophobie, la haine des autres, les discriminations racistes, la xénophobie et le racisme (voir encadré).

D’autant plus que la région de Charleroi, où le père Samuel prêche, reste l’un des derniers bastions de l’extrême droite francophone. Il aurait ainsi pu participer à la résistance contre l’intolérable et l’obscurantisme. Mais cela est une autre histoire…

 

La rédaction de « RésistanceS »
Bruxelles, 20 février 2002.

 

La Ligue chrétienne belge (LCB) fut active dans la région de Charleroi de 1992 à 2000. Ce groupuscule avait pour spécialité la lutte contre la « pornocratie » (sic) et « l’immigration sauvage ». Dans les années septante, son président-fondateur, Ludger Piret, collaborait au « Nouvel Europe magazine », un journal ouvrant ses colonnes à l’extrême droite. Par ailleurs, la LCB fut liée à plusieurs entreprises d’extrême droite : au « Cri du Citoyen », au Front nouveau de Belgique (FNB), au Front national (FN) de Daniel Féret.

 

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Au sujet de cette « affaire », relire notre premier article sur le père Samuel (mis en ligne le 16 décembre 2001) : « Les socialistes au cœur d’une dangereuse alliance politico- religieuse ? »

Lire aussi:

L’avis d’un militant de la gauche carolo contre le curé intégriste et raciste

 

 


Samuel pas raciste ?

A vous de juger :

Puits de science religieuse, le chrétien d’Orient a un problème ancestral avec l’islam, dont il se dit grand spécialiste. Il cite de mémoire les extraits les plus belliqueux du Coran, les offensives historiques du monde musulman contre la chrétienté au fil des siècles.Très soucieux de son image, conscient de la nécessité d’apparaître « politiquement correct », Samuel hésite à s’exprimer sur cette question délicate. Mais la tentation est trop forte, la conviction trop profonde : «  Chaque Musulman qui naît est une bombe pour l’Occident », lâche le catholique intégriste.

Source : « Le Soir » des 16 et 17 février 2002.



L’Opus Dei petitement soutenu par l’extrême droite

L’article du quotidien « La Dernière Heure » publié, le 5 février 2002, au sujet de la réaction du père Samuel, nous apprend que la Ligue chrétienne belge (LCB) aurait versé le reste de son patrimoine financier (soit 73,30 ? !), non pas au père Samuel, comme annoncé officiellement au « Moniteur Belge », mais à l’Opus Dei. Ce mouvement intégriste catholique, contrairement à Samuel, est bel est bien reconnu par les autorités vaticanes, puisqu’il fait directement partie des organes internes les plus proches du pape Jean-Paul II. Selon « La Dernière Heure », le don de la LCB, un groupuscule d’extrême droite et raciste (pour rappel), aurait été reçu et « accepté de bon cœur » par l’Opus Dei. Amen… (M.AZ).

 


Samuel : petit portrait
Un bon ami
de la presse belge ?

Le vrai nom du père Samuel est Charles-Clément Boniface Azdemir. Depuis 1990, les autorités religieuses l’ont suspendu. En cause : sa conception non-conventionnelle de la religion, son hostilité à l’actuelle hiérarchie romaine et sa pratique de l’exorcisme.

Il s’oppose à l’actuelle ligne religieuse du Vatican, comme d’autres anciens du catholicisme officiel (par exemple, les maurrassiens d’extrême droite de la Fraternité Saint-Pie X). La messe, Samuel la donne en latin et dos à ses fidèles. Néanmoins celui-ci continue à reconnaître le pape et à revendiquer son attachement à l’église catholique. En été 1994, avec ses adeptes, il participait à la manifestation d’hommage organisée à l’occasion du deuxième anniversaire du décès du roi Baudouin.

En outre, Samuel est un expert en communication. Le monde des médias, il le connaît fort bien. Résultat : il semble être, en particulier, apprécié par certains organes de la presse belge. Il n’est donc pas rare de lire des articles qui lui sont royalement favorables, sans l’ombre d’une nuance (bonjour la déontologie !), dans « La Dernière Heure » du 5 février 2002 notamment.

Dans ces cas-ci, les pratiques religieuses « originales » de Samuel sont tout simplement « oubliées ». Et on passe aussi allègrement sous silence les propos de ses opposants. Notamment ceux d’une association anti-sectes, de membres de la commission d’enquête parlementaire sur les sectes et ceux des autorités religieuses représentatives (M.AZ).