RésistanceS 06-02-2007

Alliance nationale franco-italienne

Nicolas Sarkozy : modèle du post-fascisme ?


En Italie, le candidat de l'UMP à la présidentielle française, Nicolas Sarkozy, est soutenu par Gianfranco Fini. Le patron des ''post-fascistes'' italiens vient en effet de lui apporter un nouveau témoignage de sympathie. Comme l’avaient déjà fait, en Belgique, des anciens de Force nationale, une dissidence du Front national de Daniel Féret. Un hasard ?

Gianfranco Fini, le principal partisan de Nicolas Sarkozy en Italie, durant un meeting électoral. Le logo néofasciste du MSI est toujours d'actualité pour son héritier.


Nicolas Sarkozy, le chouchou du moment, dans les sondages concernant la course à l'Elysée, ratisse large. Et bien au-delà des frontières de son propre pays. Le préfacé de ''Testimonianza'' (''Témoignage''), la version italienne de son livre-manifeste, est Gianfranco Fini en personne, le président-fondateur de l'Alliance nationale (AN).
L'AN est la principale formation de droite en Italie, après Forza Italia de Silvio Berlusconi. Se revendiquant aujourd'hui de centre-droite, l'Alliance nationale est toujours considérée, à Rome, comme ''post-fasciste'', c’est à dire un parti issu du fascisme italien.

De Mussolini à Sarkozy
L'AN est effectivement l'héritière directe du Mouvement social italien (MSI). Le MSI fut jusqu'en 1995 le plus important parti néofasciste en Europe. Prolongement du Parti national fasciste, créé en 1921 par Benito Mussolini, le MSI était actif sur la scène politique italienne depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale. C'est le MSI qui inspira en France, en 1972, la constitution du Front national, un cartel électoral rassemblant alors divers groupuscules d'extrême droite, néofascistes et néonazis sous la conduite de Jean-Marie Le Pen.


En 1972, le Front national français va s'inspirer des Italiens du MSI et reprendre leur logo. Ici, une affiche des années 1970 du FN de Jean-Marie Le Pen.

Le symbole du MSI est déjà à cette époque la flamme tricolore. De nos jours, il est toujours celui des FN français et belge. Ce sigle historique du néofascisme européen figure également sur le fanion actuel de l'Alliance nationale de Gianfranco Fini. Ce dernier tente pourtant, depuis le milieu des années 1990, de négocier un tournant ''politiquement correct'', dans un objectif opportuniste. Le patron politique des post-fascistes romains, qui avait déclaré, lors de la transformation du MSI en Alliance nationale, être plus proche du gaullisme de Jacques Chirac que du frontisme de Jean-Marie Le Pen, a trouvé aujourd'hui en Nicolas Sarkozy un nouveau modèle français. C'est pour cette raison qu'il a préfacé l'édition italienne du livre du candidat UMP à la présidentielle française du mois d'avril prochain. Détail important, la version italienne du précédent ouvrage de Sarko (''La République, les religions et l’espérance'') avait elle aussi été préfacée, en 2005, par le même Fini.

A ce sujet, Alessandro Mantovani, le correspondant particulier à Rome du quotidien français ''L'Humanité'' notait en janvier dernier :

''Pour un dirigeant français, les liens avec cette droite d’origine totalitaire peuvent créer quelques embarras. Car, au-delà de l’image moderniste de Fini, on trouve toujours, dans les sièges de l’AN, des symboles du régime mussolinien : portraits et sculptures du Duce, jeunes néofascistes aux crânes rasés. Nicolas Sarkozy semble pourtant très content de l’amitié de Gianfranco Fini qui signe les préfaces de ses livres''.


Le portrait du dictateur fasciste Mussolini se trouve encore de nos jours dans des locaux de l'Alliance nationale de Gianfranco Fini.

"Sarko facho" ?
Mehdi Ouraoui, auteur d'un texte sur le blog de ''Libération'' concernant la dernière préface de Fini pour Sarkozy, écrit:

''Voir préfacer un livre de candidat à la présidentielle par Fini est inquiétant. La pré-campagne a été marquée par des débats un peu futiles sur l'expression "Sarko facho" (notamment après une chanson de Renaud). Aujourd'hui, les contacts du candidat UMP avec les post-fascistes de l'Alliance nationale méritent de faire partie du débat public.''

En Belgique, outre le Mouvement réformateur, l'UMP Nicolas Sarkozy est aussi soutenu par des anciens de Force nationale, une dissidence nationaliste d'ultradroite du Front national de Daniel Féret. Ceux-ci ont d'ores et déjà l'ambition de développer, comme le signalait en décembre dernier RésistanceS.be, une ''UMP à la Belge''. Comme par hasard, bien entendu...

Manuel Abramowicz

© RésistanceS – Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 6 février 2007.

 

 


Couverture de l'édition italienne de ''Témoignage'', le dernier livre de Nicolas Sarkozy


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