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La secte scientologue continue à courtiser les adolescents !

Les dernières intoxications
de la scientologie

C’est maintenant par le biais de Narconon, un pseudo programme de désintoxication mis au point par Ron Hubbard, que la secte de la scientologie tente de séduire les jeunes.

En novembre dernier, lors d’un colloque consacré aux drogues et dépendances et destiné à des rhétoriciens, la scientologie était une fois encore au rendez-vous, sous le masque de l’association Narconon, bien connue pourtant pour être une émanation de la scientologie. La vigilance est donc plus que jamais de mise, malgré les dénégations offusquées des représentants officiels de la secte. Lesquels prétendaient, lorsque RésistanceS avait, en septembre 2003, épinglé leur action de prosélytisme à la sortie d’une école de la capitale, que leur présence à cet endroit n’était que le fait du hasard…

Un colloque infiltré par la secte, via Narconon
C’était les 6 et 7 novembre derniers. Un colloque organisé par l’association « Ose la science », deux jours durant, sur le thème « Jeunes, sciences et dépendances », réunissait à Namur quelque trois cent rhétoriciens. Au menu, beaucoup d’interrogations, de questionnements, de discussions, mais aussi des rencontres avec des « spécialistes » : une ex-droguée, un animateur d‘un centre pour toxicomanes, une pharmacienne, un policier, etc.

Là où le bât blesse, c’est lorsqu’on découvre que l’ex-toxicomane venue témoigner de son parcours est une adepte de l’Eglise de Scientologie. Et qu’elle ne se prive pas d’en faire la publicité, de manière déguisée, par le biais de la distribution de prospectus émanant de l’asbl Narconon.

L’association organisatrice du colloque ignorait manifestement tout des liens étroits qu’entretient Narconon avec la secte de scientologie. Et c’est en toute bonne foi qu’elle s’est adressée à Narconon, laquelle s’est bien gardée, évidemment, de parler de son peu reluisant sponsor. Ce qui démontre la nécessité absolue d’informer, encore et toujours. La secte de scientologie dispose de moyens puissants, et sa seule et unique raison d’être est l’attrait de membres dans ses filets. Elle dispose d’ailleurs pour cela de nombreuses sociétés écrans (voir encadré). À nous de les déjouer.

« Ose la Science » a bien entendu informé les étudiants présents de la malencontreuse infiltration dont ils avaient été la victime. N’empêche qu’il semble qu’il faille redoubler de vigilance : la scientologie continue de briguer les adhésions des (très) jeunes.

Narconon, une antenne de la scientologie
Narconon propose depuis 1966 un programme de désintoxication mis au point par « l’auteur et humaniste » (sic !) L. Ron Hubbard. De l’aveu même de l’Eglise de scientologie, ce programme « éducatif », qui coûterait la bagatelle de 15000 $ US, est destiné notamment aux écoliers. Ce qu’elle se garde bien de préciser, c’est que le but de ce programme est de substituer à une dépendance un autre type de dépendance, dont le commerce est sans nul doute fort juteux pour la secte en question.

Narconon n’en est pas à sa première tentative d’infiltration, loin de là. Et si cette asbl est amplement présentée sur le site officiel de la scientologie, l’association belge du même nom n’existe plus officiellement, elle, depuis juillet 1988, date de sa dissolution…

Il semblerait cependant que Narconon ait été remplacée par une nouvelle structure nommée « Non à la drogue, oui à la vie », subventionnée par la scientologie et dirigée par Flavio Spirito et Ludo Vermeulen. Et de toute évidence, Narconon, fût-ce sans statut officiel, continue à propager son message.

Narconon, scientologie ? Oui
La secte de scientologie démontre ainsi une fois de plus sa capacité à surfer sur la vague en se donnant une apparente virginité de bon aloi. Car qui donc irait soupçonner une ex-toxicomane allant bénévolement à la rencontre des jeunes d’être aussi et surtout la porte-parole d’une organisation sectaire nuisible ? La manœuvre est habile, et d’autant plus qu’il doit se trouver, parmi les toxicomanes en quête de sevrage, une bonne proportion de personnes à la dérive, fragilisées et qui auront bien besoin, au cours de leur désintoxication, d’une âme secourable… Et puisque les toxicomanes courent rarement les rues regroupés sous une bannière, quoi de plus logique que d’aller à la rencontre du public-cible à la source, c’est-à-dire parmi les adolescents ?

Avec un peu d’adresse, il doit être possible de faire des toxicomanes d’hier des scientologues de demain, d’autant plus dévoués à la cause qu’ils auront trouvé dans la scientologie une planche de salut.

La scientologie, la loi et le paravent de la vertu
Renseignements pris auprès de l’équipe sectes de la police fédérale, il s’avère que l’incursion d’une adepte de la scientologie dans un colloque, et même la diffusion de documents par celle-ci, lors d’un événement auquel elle a été conviée à un tout autre titre n’a rien d’illégal. Tout au plus les organisateurs du colloque auraient-ils pu interrompre son exposé lorsqu’ils se sont rendus compte de la manœuvre. Hélas, tant que les organisations sectaires nuisibles – que sont à coup sûr la scientologie, Narconon et ses autres avatars – ne seront pas passibles de poursuites judiciaires, il ne faudra compter que sur la perspicacité et la vigilance des organisateurs de colloques, rencontres et autres conférences.

Quant à Monique De Turck, venue si gentiment témoigner de son parcours de toxicomane, il s’avère qu’outre ses « qualités » de scientologue et de porte-parole de Narconon, elle est aussi active dans une « Commission des Citoyens pour les Droits de l’homme » (CCHR), laquelle prétend lutter contre les « abus » de la psychiatrie, exactement comme Criminon, une autre antenne de la Scientologie... Cette CCHR a pour autre raison d’être la défense des intérêts de la secte de scientologie au nom des droits de l’homme. Ce qui met en évidence, si besoin était, l’équation fallacieuse que la Scientologie veut à toute force nous faire entrer dans la tête : scientologie = défense des droits de l’homme et lutte contre la toxicomanie, causes vertueuses s’il en est.
Rappelons toutefois que si aux Etats-Unis, la secte de scientologie a réussi à se faire reconnaître comme une religion, l’Europe est nettement plus circonspecte quant à la confiance à accorder à ce que d’aucuns considèrent comme une organisation sectaire nuisible, voire une organisation criminelle. En mars 2003, le juge Van Espen inculpait 9 membres de la secte pour appartenance à une « organisation criminelle », « escroqueries » et « exercice illégal de la médecine ».


Nadia GEERTS

© RésistanceS – Belgium - 29 janvier 2004.


 

 

Plus d’informations sur ce sujet ?

Consulter les articles sur la scientologie dans notre dossier sur les sectes.

Au sujet de Narconon, voir aussi :

http://narconon.critique.free.fr/faits-principaux.htm


http://www.antisectes.net/narconon-hubbard.htm