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Tchernobyl, WTC et autres désintoxications : les impostures médicales de la Scientologie

11 septembre 2001. Un terrible attentat aérien détruit les tours jumelles du Word Trade Center, à New York. Des jours durant, les pompiers s’affairent dans les décombres. Secondés par des hommes en t-shirt jaune, efficaces et dévoués. Des « ministres volontaires » de la Scientologie. Désintéressés ?

Parmi eux, des membres de la « clinique » Downtown Medical, une clinique située à deux rues du WTC et qui propose des programmes de désintoxication aux drogués, mais aussi aux personnes ayant subi des doses massives de toxines. Comme par exemple les pompiers et autres secouristes travaillant dans les décombres des tours.

Selon un article du New York Times, publié le 4 octobre 2003, un membre de cette clinique est payé pour conseiller la clinique. Et les pompiers y vont, abandonnant parfois les traitements médicaux en cours – inhalateurs, antidépresseurs, médicaments pour la tension notamment – au profit de ce programme entièrement gratuit et qui bénéficie du soutien du principal syndicat des pompiers de la ville.

Gratuit ? Façon de parler… En réalité, le « traitement » coûterait 5 à 6000 dollars par personne. Mais la secte bénéficie du soutien de personnalités que n’effraye pas la somme rondelette d’un million de dollars, et l’acteur Tom Cruise aurait ainsi financé une bonne part du traitement de 155 pompiers et employés du service des urgences. Des hommes qui, sans doute, sont prêts à tout essayer.
Au menu des soins : des séances de sauna, des pilules contenant vraisemblablement de la niacine – un produit qui, à doses excessives, est toxique pour le foie, mais que la « clinique » administre à des doses de plus en plus élevées (1) – et de l’exercice. Résultat ? Pour le Docteur Gots, qui, en 1988, a rédigé un rapport accablant sur le régime en question, l’affaire se résume en un mot : charlatanisme.

En effet, ce n’est pas la première fois que la Scientologie tente de vendre ses impostures médicales à des victimes de catastrophes en tous genres. En 1987, elle avait réussi à faire signer un contrat à la ville de Shreveport, en Louisiane, suite à l’incendie d’une salle de transformateurs. Devant les coûts de plus en plus élevés du traitement, les assureurs avaient fini par commander une expertise à un médecin indépendant. Le rapport du Docteur Gots, désigné pour cette mission, mis fin au contrat.

Après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986, des enfants furent « soignés » par les méthodes de désintoxication hubbardiennes. Là encore, l’infiltration en est la clé de voûte ; ce sont en effet divers passe-droits et dessous de mains qui ont permis à la secte d’accéder à l’ancien hôpital de la Nomenklatura moscovite, pour y traiter notamment les enfants irradiés de Tchernobyl, ainsi que l’a dénoncé en son temps une émission « Envoyé Spécial » (France 2). Et là encore, la « procédure de purification » s’est avérée une vaste fumisterie, comme en témoignait la pédiatre Olga Andreievna, laquelle a été relayée par la ministre russe de la santé, A.D. Tsaregorodtsev, qui a finalement interdit en 1996 tout usage des procédés scientologues.

Rappelons que la Scientologie est une habituée des procès pour escroquerie, abus de confiance et autres exercice illégal de la médecine. En 1978 déjà, Ron Hubbard lui-même était condamné par contumace à quatre ans de prison et 36000 francs français d’amende pour escroquerie. Depuis, les procès intentés à la scientologie ou à certains de ses membres sont légion. Et les rapports des commissions d’enquête parlementaires, tant française que belge, épinglent eux aussi ses pratiques peu orthodoxes. Enfin, le 6 mai 2002, le « dossier d’éthique » lourd de 120 pages du pianiste belge Alain Stoffen, scientologue repenti, suscitait l’ouverture d’une information judiciaire au tribunal de grande instance de Paris. Motifs de plainte : « escroquerie et extorsion en bande organisée, chantage, exercice illégal de la médecine et de la pharmacie ».

Nadia GEERTS

© RésistanceS – Bruxelles – Belgique – 31 mai 2004

(1) la Niacine est également incriminée par un témoignage devant la Commission d’enquête parlementaire belge comme étant l’une des deux substances qui est administrée par Narconon dans le but de briser la résistance des patients.



 

 

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