RésistanceS.be 06-07-2011

Un groupe d'action d'extrême droite dans la périphérie du Vlaams Belang


Du TAK au VB


Le Taal-Aktie-Komitee a été fondé en 1971-1972 par des membres de la Volksunie (VU) et du Vlaamse militante orde (VMO). En 1977, le TAK participe à la création du Vlaams nationale partij, l'ancêtre du Vlaams Blok/Belang. Les liens entre ce groupe de choc et le parti d'extrême droite sont toujours d’actualité.

 



Le second président dans l'histoire du Vlaams Blok/Belang (de 1996 à 2008), Frank Vanhecke, provient des rangs du TAK. Sur cette photo ci-dessus, prise dans les années 1970, il parade lors d'une «promenade» de ce groupe d'action nationaliste – Doc. : Blokwatch (photo)


C'est en 1971-1972 que le Taal-Aktie-Komitee (TAK) a été fondé. Ses fondateurs sont des affiliés (ou d'anciens adhérents) du parti nationaliste Volksunie (VU, l'ancêtre de l'actuel N-VA de Bart De Wever) et de son service d'ordre historique, le Vlaamse militanten orde (VMO). Plusieurs membres-fondateurs du Vlaams Blok (VB, l'ancêtre du Vlaams Belang) proviennent en droite ligne de la VU, du VMO et du TAK.

Frank Vanhecke, président du parti d'extrême droite flamand de 1996 à 2008, militait dans sa jeunesse dans les rangs du Taal-Aktie-Komitee. Avec celui-ci, Vanhecke rejoint le Vlaams nationale partij (VNP), un nouveau parti d'extrême droite, fondé en octobre 1977 par des dissidents radicaux  de la VU. Le chef d'orchestre du VNP est Karel Dillen. Il est aussi l'un des dirigeants de Were Di, un cercle de réflexion ouvertement raciste et revendiquant une Flandre indépendante sous la coupe d'un État autoritaire d'Ordre nouveau.

La direction du VNP est composée de quatre personnes : Dillen, Leo Wouters et G. Slegers, tous deux anciens sénateurs de la Volksunie, et enfin Wim Verreycken. Ce dernier, comme Frank Vanhecke, est issu des troupes du TAK. C'est aussi le cas de Frans Wymeersch, déjà adhérant avant 1977 du Vlaams republikainse partij (fondé par le TAK).


Des parlementaires du TAK
En 1978, le Vlaams nationale partij est à la base du cartel électoral nationaliste Vlaams Blok (VB). L'année suivante, ayant gagné la direction du VB, le VNP le transforme en parti politique à part entière. Le TAK en sera un de ses piliers. Plusieurs de ses activistes feront de brillantes carrières politiques au son sein du VB.

Dans l'agenda du journal du Vlaams Blok, les actions du Taal-Aktie-Komitee sont mentionnées, invitant même ses propres membres à y participer. Nombreux sont les mandataires communaux, provinciaux, régionaux et fédéraux du Vlaams Blok/Belang à prendre part aux actions musclées du TAK, comme membres ou comme sympathisants dudit comité.





Comme le Vlaams Blok, le TAK est un partisan acharné de l'amnistie des nationalistes flamands qui collaborèrent activement, durant la Guerre 40-45, avec l'occupant allemand. Ci-dessus : couverture de mars 1994 du mensuel du VB (à gauche), une de ses brochures pour l'amnistie (à droite), écrite en 1993, par Wim Verreycken, l'un de ses parlementaires par ailleurs aussi membre du Taal-Aktie-Komitee et un autocollant du TAK (en haut à droite) – Doc. Crisp, AFF et Archives Hugo Gijsels / RésistanceS.be


Le TAK dans une «secte totalitaire»
La bonne relation entre le VB et le Taal-Aktie-Komitee sera néanmoins légèrement assombrie au début des années 1990. Un mini clash apparut quand Rob de Wispelaere, membre du TAK et élu conseiller provincial du Vlaams Blok dans le Limbourg, claqua la porte de la formation nationaliste d'extrême droite. Dans le quotidien flamand De Morgen, du 22 décembre 1992, il dénonça son parti comme étant une «secte totalitaire». A cette occasion, Rob de Wispelaere condamna officiellement le «racisme de Filip Dewinter», le dirigeant le plus médiatique du VB.

De nos jours encore, le même Filip Dewinter est souvent présent dans des communes à facilité de la périphérie bruxelloise, aux premiers rangs des manifestations du TAK. A l'instar d'autres élus de son parti d'extrême droite. Le TAK et le VB forment pour finir un bon ménage. Totalitaire.

Manuel ABRAMOWICZ

 


Note de la rédaction
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© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 6 juillet 2011.


 

 

 

 



Au sommaire de ce dossier de RésistanceS.be :

Tic TAK, boum !

Violence mortelle flamingante à la base du TAK

Du TAK au Vlaams Blok/Belang


 



Le TAK revendique l'amnistie des collaborateurs pronazis.


Lire le dossier de RésistanceS.be sur ce thème

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A lire également sur le nationalisme flamand d'extrême droite :

Le Vlaams Belang, stop ou encore ?

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Dans l'histoire du VMO, bras militariste du mouvement national-flamand

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Le parti des casseurs frappe, encore et encore…

 

 

Dossier sur Were Di, le groupe nationaliste pour une «Flandre blanche» à la base du corpus idéologique du TAK et du Vlaams Blok/Belang

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