RésistanceS 05-11-2006

L'article ci-dessous a également été publié sous forme de page Opinion dans l'hebdomadaire Le Journal du mardi du 31 octobre 2006, sous le même titre, et dans le quotidien La Libre Belgique du 2 novembre 2006 sous le titre de ''Cordons en extension''



Cordon sanitaire rompu par le gouvernement israélien


De Tel Aviv à Schaerbeek, banalisation de l'extrême droite


Le cordon sanitaire a été rompu par l'actuel gouvernement israélien. Comme ce fut déjà le cas, il y a quelques années, pour équilibrer et stabiliser son gouvernement d'union nationale, le premier ministre israélien y intègre désormais l'une des pires formations d'extrême droite de l'Etat hébreu. Dans ce même gouvernement, les travaillistes (les socialistes locaux) siègent.

Un problème ? Une preuve encore que les idées d'extrême droite influencent - de plus en plus - les partisans de la démocratie musclée. Y compris ceux des rangs socialistes.

Manuel Abramowicz, auteur du ''Guide des RésistanceS à l'extrême droite'' (éditions Labor) et coordinateur de la rédaction de RésistanceS.be. Pierre Eyben, docteur en sciences et porte parole du collectif liégeois A Contre Courant (www.acontrecourant.be).
 


La présence des travaillistes dans le gouvernement israélien conduit par Ehoud Olmert (du parti Kadima, droite nationaliste, ex-Likoud) et leur participation à la guerre du Liban ne semblent pas avoir ému, outre mesure, l’Internationale socialiste. Celle-ci rassemble la majorité des formations politiques d'obédience social-démocrate du monde entier. Le parti travailliste israélien est membre de cette internationale, tout comme les deux partis socialistes belges (le PS de Elio Di Rupo et le SP.a de Johan Vande Lanotte). Pourtant, la guerre menée, cet été, par l'Etat Hébreu au Liban avait suscité beaucoup d’interrogations et de réactions de la part des organisations de gauche.

Sans éprouver la moindre sympathie pour le Hezbollah, beaucoup se sont en effet questionnés sur l’opportunité et les objectifs réels de cette guerre qui a durement touché, en premier lieu, la population civile libanaise et a eu, pour principale conséquence, de renforcer la popularité du parti nationaliste islamiste et d’affaiblir l’Etat libanais, dans son ensemble.

L'extrême droite israélienne au gouvernement
Aujourd’hui, un nouveau cap est franchi en Israël. Le parti d’extrême droite ''Israël Beitenou'' d’Avigdor Lieberman rejoint la coalition gouvernementale israélienne. Aux dernières élections, ce parti avait réalisé une réelle percée, avec l'élection de onze députés à la Knesset (le parlement national).

Israël Beitenou est une formation raciste : elle revendique clairement des mesures ségrégationnistes visant à séparer les Israéliens : d'un côté, les Juifs, de l'autre, les Arabes du pays. Il propose également d'isoler et d'enclaver plus encore les Palestiniens, ainsi qu'une redéfinition des frontières d’Israël visant à son élargisement par l'annexion de colonies en Cisjordanie. Israël Beitenou, c'est un peu, au niveau politique, le Hamas israélien !


Avigdor Lieberman, leader de l'extrême droite israélienne... aujourd'hui au pouvoir à Tel Aviv.

Banalisation de l'extrême droite
L'intégration de l'extrême droite dans l'actuel gouvernement d'Ehoud Olmert est symptomatique d'un mouvement plus général. Partout dans le monde, les partis et organisations antidémocratiques bénéficient d'un flux favorable. Parfois même avec la complicité de formations social-démocrates, dont l'histoire politique démontre pourtant leur attachement à l'antifascisme.

Chez nous, lors des récentes élections communales, des conseillers communaux d'origine immigrée et d’extrême droite ont été élus sur plusieurs listes de partis dits démocratiques (dont la liste PS menée par la vice-Première ministre Laurette Onkelinx dans la commune bruxelloise de Schaerbeek). En Slovaquie, en juin, un nouveau gouvernement s'est constitué autour du parti de ''gauche'' Smer (également membre de l'Internationale socialiste) avec l'appui de deux formations d'extrême droite (le Parti national slovaque, SNS, et le Mouvement pour une Slovaquie démocratique, HZDS). En Bulgarie, le leader ultranationaliste Volen Siderov, ouvertement xénophobe, est passé au second tour de l’élection présidentielle en octobre dernier. En Hongrie, à l'occasion du cinquantième anniversaire du soulèvement populaire de Budapest, Wilfried Martens, ex-premier ministre social-chrétien belge (1979-1992) et président du Parti populaire européen (PPE), défilait récemment dans une manifestation anti-gouvernemental conduite par la droite et l'extrême droite locale. En France, dans quelques mois, c'est Jean-Marie Le Pen qui pourrait à nouveau faire, comme en avril 2002, la surprise du premier tour des présidentielles...

Ces cinq exemples européens révélent à nouveau la dangereuse recrudescence de l’extrême droite ainsi que sa banalisation (les deux problématiques étant intimement liées).

Ni extrême droite ni Ordre nouveau religieux
A nouveau, il est du devoir de tous les démocrates de réaffirmer - avec force - qu’il n’existe pas d’extrême droite acceptable et que le devoir des formations démocratiques (et a fortiori de celles de gauche) est de conserver un solide cordon sanitaire pour isoler l’extrême droite dans le paysage politique.

Qu'il faut aussi – et surtout – refuser que les idées nauséabondes des VB, des FN, des néofascistes des Loups gris turcs ou des intégristes islamiques revendiquant un Ordre nouveau religieux contaminent le monde politique. Un monde aujourd'hui essentiellement aux mains de gestionnaires imperturbables. Des gestionnaires, hélas, de plus en plus enclin – dans le seul but de rester au pouvoir ! - à accepter la transformation des démocraties parlementaires en démocraties musclées. Le réflexe de la forteresse assiégée ne peut conduire qu'aux pires dérives. En Israël comme en Slovaquie, en passant par la Bulgarie, la Honrie, la France et la Belgique... aussi.

Manuel ABRAMOWICZ et Pierre EYBEN

 

Synergie de RésistanceS avec les grands médias


Le journal RésistanceS (www.resistances.be) est devenu depuis sa création en 1997 une des meilleures références des grands médias dans le domaine de l'information sur l'extrême droite. Régulièrement, nous sommes consultés et référés par les principaux journaux belges. La presse étrangères (française, espagnole, italienne, japonaise...) s'adressent également à RésistanceS.

Nous intervenons à la télévision et dans la presse écrite.

C'est ainsi qu'une version plus courte de l'article ci-dessus a également été publiée, dans les pages ''Opinions'' :

• de l'hebdomadaire Le Journal du mardi du 31 octobre 2006, sous le même titre.

• du quotidien La Libre Belgique du 2 novembre 2006 sous le titre de ''Cordons en extension''.


RésistanceS dans le quotidien La Libre Belgique du 2 novembre 2006.

 

© Manuel Abramowicz & Pierre Eyben - RésistanceS – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 5 novembre 2006

 

 

RésistanceS contre la pensée unique

RésistanceS n'aime pas la pensée unique ni son politiquement correct.

Pour cela lire, notamment, sur notre site :

Des ''immigrés'' nationalistes sur des listes démocratiques (carte blanche de RésistanceS publiée dans le quotidien Le Soir)

Démocratie : En Belgique ? Les grandes questions des petits partis sur une particratie monochrome et un parti unique

Combattants marocains contre le nazisme…

Combat contre les négateurs et leurs complices

Ne dites plus "Holocauste" , SVP !

La guerre des mots, le retour des nazis ?

L'extrême droite est criminogène !

Combattre l’extrême droite, autrement

Les Loups gris au service du national-islamisme